Edition originale, 1981
Série Noire n°1856
Gallimard
Biogrphie critique
de J-F Gérault
Encrage, Références- 2000
The
Prone Gunman
Traduction USA de
La position du
tireur couché
de J-P Manchette
Réédition
dans la collection Carré Noir, Gallimard, 1985
|
Article de Domenic
Stansberry
--Titre original: Noir Manifesto<
- première publication:
octobre 2003, dans The New Review of Literature
--
Copyright© 2003 Domenic
Stansbery --
**
les chiffres 1
à 8 renvoient aux notes
qui suivent le texte **
En 1982, après la publication
de La positon du tireur couché,
Jean-Patrick Manchette, le grand auteur français de romans
policiers, abandonna complètement le genre. Durant la
décade précédente, il avait
écrit dix romans, tous de la veine du roman noir, finement
ciselés, livres d’une grande
originalité, au style dépouillé
et choquants de violence. Ces livres –qui
le rendirent
célèbre en tant que père du
néo-polar,
le Nouveau Roman policier français- reprirent les anciens
schémas
du roman noir et les refondirent dans des critiques politiques
féroces.
Mais après La position du
tireur couché , dans lequel il avait
poussé son style d’écriture
à ses limites, Manchette abandonna
définitivement.
Jean-François Gérault, biographe de Manchette1,
laisse entendre que la raison du silence de ce romancier est tout
simplement qu’il n’avait plus rien à
dire. Il avait épuisé le genre. Et il est tentant
de
dire que cet épuisement est subit uniquement par Manchette,
un
artiste au bout du rouleau, mais la vérité est
que ce dilemme
n’est pas l’apanage de Manchette. Et il ne
l’est vraiment pas. Beaucoup
d’écrivains de fiction policière se
trouvent dans la
même situation de nos jours, avec un présent
complètement
épuisé et un passé jonché
de clichés.
Manchette était un gauchiste désabusé
par l’échec du radicalisme politique
français. Lorsqu’il se lança dans le
roman policier noir au début des années 1970, il
y reconnu dans la forme de celui-ci, comme Hammet avant lui, une
réaction contre le modernisme littéraire avec ses
soumissions aux références
littéraires, à
l’expérimentation formelle et au langage châtié.
Le roman policier noir, avec ses racines dans les
"pulps"2,
était
une forme délicieusement "sous-littéraire ",
née du public populaire ; dans cette absence de
prétention, Manchette
a trouvé un déterminisme à
l’état brut qui
dédaignait l’humanisme sentimental du roman
bourgeois et qui dévoilait
toutes les corruptions et les faussetés de l’ordre
établi.
A l’époque où Manchette se mit
à travailler la forme, le roman policier en France
était à l’arrêt,
dominé par de vieillottes histoires
d’enquêtes et qui se concentraient sur la
description des rouages de la résolution d’un
crime. Manchette renforça la forme, en partie en
insufflant à ses personnages une moralité
existentielle qui rappelle celle de Camus, mais aussi en refusant de
romancer ou de fournir un
but à la violence brutale qui dominait ses écrits
de fiction.
Ce n’est que récemment que les romans de Manchette
furent disponibles aux
USA, et
Ben Ehrenreich, qui écrit pour « Village
Voice »3
, est parmi les critiques qui permirent
l’introduction de Manchette auprès du public
américain. Ehrenreich souligne particulièrement
la voix narrative qu’utilise Manchette pour
décrire les paysages du noir et comment cette voix
s’allégea au fil des années,
cinématique et non introspective,
jusqu’à ce que, à
l’époque de La position du
tireur couché , la narration de
Manchette ne décrit presque plus la vie
intérieure de ses personnages, se concentrant au contraire
presque entièrement sur la réalité
objective- un style qui mène à un niveau de
détachement suprême le "montre, ne raconte pas" (show,
don’t tell), la règle de
Hemingway.
En finale, il en résulte un récit d’une
violence à vous glacer le sang,
au rythme soutenu, assez proche de celui de A tombeau ouvert
(The Fast One, 1933) de Paul Cain4
. Mais, au contraire de Paul Cain, dont les
qualités d’écrivain sont celles du
primitivisme, Manchette fait agir ses personnages avec des intentions
symboliques délibérées et complexes.
La position du tireur couché
( The prone gunman dans la traduction du
poète James Brook) est probablement le meilleur roman de
Manchette.
Et le plus sombre. Le personnage principal en est un assassin
professionnel, Martin Terrier, employé par une agence de
renseignement contrôlée par les
Américains, connue seulement sous le nom de " la Compagnie".
Après dix années de service, Terrier retourne
dans sa ville natale pour y retrouver son amour d’enfance,
fille d’un propriétaire d’usine de
province. Avec l’argent qu’il a gagné
par ses assassinats politiques, Terrier espère
pouvoir emmener la jeune femme et mener une vie idyllique. Mais son ex
petite amie est devenue une
ménagère alcoolique qui se moque de Terrier
lorsqu’il
essaye de la séduire. De plus, la Compagnie n’a
aucune intention de se passer de Terrier. Il en résulte une
violente poursuite
dont le point fort sera une fusillade durant laquelle Terrier prendra
une balle dans la tête. La balle ne l’a pas
diminué physiquement,
mais le laissera sans aucun désir. En finale, comme son
père
avant lui, Terrier vit une vie de somnambule, serveur dans un
café, proférant sans fin des mots
inintelligibles durant son sommeil.
Alors que les œuvres précédentes de
Manchette étaient chargées de satire politique
acérée –dirigée aussi bien
contre la gauche que la droite- La position du
tireur couché décrit, comme le
dit
Ehrenreich « un monde vaincu, privé de
choix et d’espoir
» .
Lorsque son livre fut terminé, Manchette fut incapable
d’en terminer un autre, et passa le restant de sa
carrière
à écrire des scénarios de films et
à traduire
des auteurs américains de romans policiers.
Dans le parcours que suivit la carrière de
Manchette comme auteur de romans noirs, il est possible de
reconnaître le parcours du genre lui-même. Par plus
d’un aspect, c’est un
genre figé dans le temps, voire même allant
à reculons. En fait, si vous examinez les
présentoirs de best-sellers, de
ce côté-ci de l’Atlantique, il
n’est pas difficile de
soutenir qu’aujourd’hui le roman policier grand
public est, en ce tournant
de siècle, dans un état proche de celui
de sa contrepartie
française dans les années 1960 : figé
à cause
de ses conventions, par les attentes du public et par la
rigidité
de ses éditeurs. Réduit au manque de
pertinence,
une distraction pour lecteurs s’ennuyant dans les
aéroports et
sur les plages. Une simple marchandise.
Bien sûr, le roman policier, avec ses racines dans les " pulps
", a toujours été une marchandise. Ce qui
s’est produit, c’est que le monde plus sombre du
roman noir a été remplacé par une
différente sorte de roman policier : le thriller commercial
(plus que probablement, le battage présent sur la jaquette
l’annoncera comme un thriller littéraire, genre
qui en fait disparut presque totalement avec Graham Greene). Et ces
thrillers, malgré leurs similitudes superficielles avec le
roman noir, ont des intentions esthétiques et politiques
plutôt opposées à celles de Manchette
et des écrivains qu’il admirait.
La tradition du roman noir, dans laquelle s’inscrivait
Manchette par ses écrits, a ses racines dans le langage
courant et se concentrait sur les crimes du désir de gens
confinés dans leurs conditions sociales. Les
écrivains du roman noir, comme
David Goodis, Jim Thompson, Dorothy Hughes, Chester Himes et Charles
Williams
étaient des déterministes sociaux, dont les
œuvres font
apparaître une réelle empathie pour les petites
gens, les
marginaux qui ont été
écartés, exclus, piégés.
Ceux qui entreprennent alors des actions
désespérées pour échapper
au piège, et qui finalement échouent.
En contraste, la philosophie primaire de la nouvelle sorte de
mélodrames policiers ne partage pas de telles
préoccupations. Ces livres sont en fait
bien plus apparentés aux vieux "dime novels"5 Western,
qui se concentraient sur le sauvetage de Pollyanna6
attachée en travers de la voie de
chemin de fer.
Dans le thriller contemporain, Pollyanna peut se présenter
sous beaucoup de formes. Elle peut être une jolie femme
menacée par un tueur en série, un
garçon menacé par un père
abusif. Ou l’Amérique
elle-même, menacée de destruction
nucléaire, ou par le terrorisme, ou par un
président perdant la raison. Ces romans peuvent agir dans le
sens de certaines causes estimables – appartenant
à cette partie-ci, du spectre politique, ou à
l’autre – mais on peut toujours y retrouver une
même chose : on peut diviser le monde clairement entre le
bien et le mal. Et, en fin de compte, le bien triomphera.
Certains peuvent considérer cette affirmation, pourtant
simpliste, comme étant une bonne chose- mais ce genre de
moralisation est contraire aux attitudes les plus sombres et
les plus réelles du genre. Le but de la plupart
des thrillers contemporains, avec leurs valeurs appartenant
à la classe moyenne et leur penchant pour les
révélations, est de mobiliser et de dompter
les impulsions mêmes qui donnèrent
naissance à la sensibilité qui est celle du noir.
Leur but est de détruire le monde marginal, et par ceci je
ne veux pas dire le seul milieu du crime, mais plutôt la
marginalité de l’imagination, le domaine secret de
la psyché, les domaines les plus obscurs de Hadès
qui habitent et animent l’âme individuelle.
Les fondateurs du genre avaient des buts complètement
différents.
Dans Double assassinat dans la rue Morgue
(1841), Edgar Allan Poe créa son premier conte «
rationnel », comme il l’appela : une histoire dans
laquelle le détective fait appel à
l’analyse pour résoudre les crimes. Ce
récit engendra un grand nombre d’imitateurs et un
tout nouveau genre pu éclore, genre dont la manifestation
contemporaine est le procedural qui met
l’accent sur la police et le processus judiciaire, avec la
recherche des indices en utilisant la logique inductive. Cependant si
nous nous penchons sur Poe, processus et logique (en fait,
l’acte d’analyse lui-même) sont en finale
vues comme une manifestation supplémentaire du surnaturel.
Dans Double assassinat dans la rue Morgue,
les méthodes d’ Auguste Dupin pour
résoudre les crimes, bien qu’épousant
la volonté d’analyse, utilisent en finale des
raccourcis intuitifs et des associations non rationnelles. Et
dans le conte rationnel suivant de Poe, Le
mystère de Marie Roget,
la brillante solution analytique apportée par Dupin au
meurtre d’une jeune femme à
Paris est éclipsée à la fin par un
crime similaire, dans une réalité
similaire–ayant lieu, non dans Paris l’exotique7 , mais
dans un New York quotidien - et dans
laquelle finalement le système d’analyse
déductive échoue. Pour Poe, l’esprit
rationnel non seulement existe pour servir le supranaturel, mais il en
tire ses origines -et ses vues sur les procédés
d’analyse accroissent le paradoxe. En tant
qu’artiste, il n’était pas du tout
intéressé de mettre de l’ordre dans les
détails inexpliqués. Bien au contraire. Son
intérêt était pour les fissures, pour
les crevasses entre le monde tangible et l’invisible,
et établir des lignes de communication entre ces
deux entités.
Les chemins que suit la
littérature policière après Poe sont
multiples et entrelacés. Aboutissant de l’autre
côté de l’Atlantique à Arthur
Conan Doyle et son détective drogué, et aux pulps
américains où ses conventions fusionnent avec celles du dime Western et trouvent de
nouvelles formes de celles-ci dans l’œuvre de John
Caroll Daly8 ,
et plus tard dans Hammett et Spillane.
Aboutissant aussi aux Français,
à Baudelaire, à Maurice Renard
(l’auteur de Les
mains d’Orlac
). Aux expressionnistes allemands, Wiene et Lang, dont les influences
allèrent du film allemand à Hollywood puis
resurgirent dans le roman noir américain.
Avec des influences aussi diverses, le roman policier est par certains
aspects la forme romanesque la plus riche. En
même temps, paradoxalement, ce genre de romans est devenu
le plus codifié et le plus conventionnel,
possédant
une multitude se sous-genres –chacun d’eux avec ses
propres règles
et ses traditions, qu’un auteur ne peut mettre en cause
qu’au risque
de s’aliéner à la fois le lecteur et
l’éditeur. Il en résulte que le roman
policier n’est plus le moyen d’expression
révolutionnaire qu’il fut à une
période, mais
est de la propagande pour le statu quo. En d’autres mots, il
est devenu
aussi conventionnel que le roman littéraire traditionnel
avec
son insistance sur la construction des personnages et ses profondeurs
de vue sur la transformation de l’esprit.
Dans de telles conditions, il ne faudra très
longtemps pour avoir une explosion, une mise en pièces des
conventions, même si nous admettons
l’impossibilité
de se débarrasser des entraves sans avoir à les
réinstaller
à nouveau – et le fait que les nouvelles menottes
de l’année
peuvent, il faut bien l’admettre, ne pas
être reconnaissables
pour ce qu’elles sont, tant ces chaînes peuvent
être neuves
et scintillantes.
Durant ces trois dernières décennies,
les auteurs de littérature policière ont
cherché à transformer le genre en changeant
l’aspect de divers éléments tout en
laissant intactes les conventions structurelles sous-jacentes. En
changeant la race ou l’appartenance ethnique du personnage
principal, en rendant les décors plus exotiques et
détaillés de manière
réaliste, en accentuant le réalisme et le
traitement logique - rendant le roman policier essentiellement plus
respectable, une espèce de laboratoire
d’études sociales.
De tels changements, quels qu’en soient les
mérites sociaux ou la qualité de chaque auteur,
sont en finale des ornements baroques. Un déguisement du
cadavre pour pouvoir lui faire faire un autre tour de piste.
Il est en effet curieux que certaines des innovations les plus
récentes dans le domaine du noir ne furent pas,
dans leur plus grande partie, reconnues par les amateurs du genre,
cependant qu’elles étaient estimées
ailleurs. Je pense
à Angels (Des anges) de Dennis Johnson,
un road novel qui démarre dans un
dépôt des bus Greyhound à Oakland et se
termine dans la morgue d’une prison. Ou la
trilogie City of Glass (en français : Trilogie
new-yorkaise
-dont Cité
de verre,
est la première partie. NdT.)
de Paul Auster, qui mélange les traditions du post-moderne
et du noir. Ou Hard-Boiled
Wonderlandand and the End of the World
de Haruki Murakami, fusion entre des éléments de
science-fiction et le « hard-boiled » noir
Il est tentant de prétendre que
l’écrivain actuel de littérature
criminelle (il ou elle étant tout sauf un faiseur, un
employé des "comptables de New York") n’a
d’autre choix que de bouleverser, cul par dessus
tête, les diverses conventions du genre. Et de le faire de
manière que ce soit sacrilège et sauvage
à la fois. Envoyez les vieilles idoles au plancher !
Engueulez-les !
Il a pu y avoir une époque où Sherlock Holmes
était un personnage essentiel, mais au fil des ans il est
devenu un casse-pieds insupportable, avec sa pipe, ses mots
d’esprit, son autosatisfaction. Et les ombres de Marlowe et
de Sam Spade sont au bord de la même
sénilité jacassante.
Mais, les changements de structure, les expérience sur la
forme, une volonté de cracher à la face des
éditeurs, ignorer le lecteur inintelligent, tuer le
personnage
principal au milieu de la série, faire vaciller les limites
séparant fiction et non-fiction, brouiller les genres (voire
même prendre la piste opposée : être un
indéfectible
loyaliste, travailler avec les conventions moribondes alors que la
maison
brûle), tout ceci n’est en fin de compte que
tactiques s’attaquant
aux symptômes et non à leurs causes,
condamnées à échouer si elles ne
veulent pas reconnaître la vraie nature de
l’échec.
Tout ceci car, ce qui étranglait le genre est la conviction
que le rationalisme et la logique doivent
l’emporter. Un certain ordre doit être
restauré. Un certain bien doit triompher.
Telles sont les affirmations de petits esprits, du mercantilisme.
C’est le parti pris du monde
d’aujourd’hui, celui du "happy end
", d’un monde matériel
désespérément effrayé par
sa contrepartie obscure.
Les contes rationnels de Poe ont été donc
curieusement mal interprétés comme une
étant une embrasure donnant sur la méthode
analytique, bien que
l’énergie de ses contes ne vienne pas
d’histoires ayant une
logique à toute épreuve, et elles en sont loin,
mais
bien de l’endroit où ces histoires se fracturent,
de la gigantesque
fission qui mène toute narration.
Dans La
chute de la maison Usher,
par exemple,
la fracture à lieu, littéralement et au
figuré, au
moment où la maison Usher s’effondre,
disparaissant dans le petit
lac.
Dans Le
lien conjugal
(The
Getaway,
1959)
de Jim Thompson, on trouve un moment identique quand Ma Santis
apparaît, sortie de nulle part, pour sauver Doc McCoy et
Carole de leurs poursuivants, mais finit par envoyer les amants jaloux
dans un voyage infernal au travers de tas
d’excréments, de grottes
détrempées, rejoindre le royaume diabolique
d’El Ray.
Dans Et
tournent les chevaux de
bois
(Ride
the Pink Horse,
1946
)
de Dorothy
Hughes, c’est le moment où Sailor danse
sauvagement sur la place
où a lieu la fiesta, puis il se tourne et abat le bon flic,
celui
qui lui voulait du bien.
C’est au travers de telles crevasses, de telles fissures,
qu’en toute logique, lorsque le tangible et
l’invisible se rejoignent, le lecteur aperçoit
l’autre côté et donc entre en
conversation avec monde de l’obscur. Avec la destruction,
avec
la mort elle-même. C’est cette conversation qui est
le but ultime du noir. Pas la rédemption, pas
l’équilibre social. Pas
l’édification morale.
Si nous abandonnons cette conversation, au nom de la seule morale,
nous, qui nous imaginions participants, allons nous retrouver
plutôt comme le Martin Terrier de Manchette, comme
n’étant plus les personnages dangereux que nous
fûmes un jour, mais bien serveurs dans un café,
souffrant d’une balle
dans la tête. Pouvant peut-être encore
fonctionner…
Pour prendre les commandes.
Mais nos paroles seront vagues, à peine une écume
sortant de la bouche, et la nuit, comme Terrier, nous
délirerons sans fin durant nos rêves.
Domenic Stansberry
(traduction française: Etienne
Borgers, juillet 2005)
Traduction française Copyright© 2005 E.Borgers
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Notes
1Biographie
critique publiée chez Encrage,
collection Références, en 2000. NdT.
(retour
texte^)
2
Magazines américains de grande diffusion publiant de la
littérature populaire de tout genre. Ils
remplacèrent les dime novels après la Grande
Guerre et restèrent très populaires
jusqu’à la fin des années 40,
période à laquelle le livre de poche,
diffusé en masse, pris le relais. Les romans policiers
hard-boiled et noirs américains trouvent leurs
sources dans ces pulps, avec des auteurs tels Hammett et
Chandler (et dans Black
Mask, la revue pulp mythique qui
les publia -parmi de nombreux autres auteurs). NdT. (retour texte^)
3
Magazine
hebdomadaire publié à New York, fondé
en 1955
dans la mouvance de la presse alternative. NdT (retour texte^)
4Paul
Cain (à ne pas confondre avec James
M.Cain) collabore au début des années
1930 à la revue Black Mask.
Représentant typique de la tendance hard-boiled (dure) de la
littérature policière américaine de
l’époque. Il se distinguait par ses nouvelles au
rythme nerveux et fort violentes -dont il fit un roman, The
Fast One, en refondant
les premières. NdT.
(retour
texte^)
5Fascicules
très bons marchés, publiant romans-feuilletons et
courts romans de littérature populaire; publiés
aux USA dès les années 1860. Leur prix : a dime
(nom donné à la pièce de 10 cents) est
à l’origine de leur appellation. NdT. (retour
texte^)
6Héroïne
toujours souriante et ingénue d’un roman de Eleonor
Porter; fut porté à
l’écran en 1920, film classique avec Mary Pickford
dans le rôle de Pollyanna. (retour
texte^)
7Exotique
du point de vue d’un Américain (que ce soit
Stansberry ou Poe). NdT.
(retour
texte^)
8Auteur
américain (1889-1958) de romans-feuilletons policiers et de
nouvelles de la grande époque des pulps, et un des
précurseurs de la tendance hard-boiled (dure) du roman
policier moderne- à laquelle appartiennent Hammett
et Chandler à leurs débuts.
On lui reproche souvent ses excès et son écriture
à l’emporte pièce, mais il reste que Daly
a introduit en
force un certain cynisme et la violence physique dans le roman
policier.
NdT.
(retour
texte^)
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Traduction
française
Série Noire n° 2696 (2003)
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Manifesto
for the Dead
Edition USA (2000)
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The Confession
Edition USA : 2004 - Trad.fr. 2007
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Domenic
Stansberry
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Domenic
Stansberry est un auteur américain connu principalement pour
ses romans policiers sombres et
originaux qui explorent les limites du genre tout
en répercutant
l’héritage du roman noir classique. Son dernier
roman, The confession
a reçu l’Edgar Allan Poe (un
célèbre prix attribué aux
œuvres appartenant à la
littérature policière,
publiés aux USA) pour son portrait
controversé
d’un psychologue légiste accusé
d’avoir étranglé sa
maîtresse.
Stansberry avait
été nominé trois fois pour le Prix
Edgar Allan Poe et une fois pour le Prix Hammett. Il est
également l’auteur de la
série Le mystère de North
Beach dans laquelle on trouve : Chasing
the Dragon , The Last day of Il Duce
(Les derniers jours d’Il Duce) et The Big Boom.
(North Beach est un des quarties historiques de
San Francisco, surnommé "la petite Italie".
C''était, durant
les années 1950,
le refuge de Jack Kerouc et des partisans du mouvement "beat" , avec
ses intellectuels rebelles, ce qui lui conféra sa
réputation anticonformiste. Quelques traces de cette
époque subsistent encore de nos jours dans cette partie de
la ville - NdT )
Parmi ses autres publications, Manifesto for the Dead
(Un manifeste pour les morts) est une œuvre de fiction qui
revisite les derniers jours de l’auteur culte de la
« pulp littérature »
américaine, Jim Thompson. The Spoiler
est le portrait incisif d’un reporter couvrant les faits
d’une équipe de baseball de seconde division ; Publisher
Weekly a décrit ce roman comme étant un
classique du genre.
Domenic Stansberry est né en 1952, à Washington,
et grandit en Californie. Il vit actuellement dans la Bay Area
(près de San Francisco) avec sa femme, la
poétesse Gillian Conoley, et leur fille. En plus de sa
carrière de romancier, il écrit pour le
cinéma et la vidéo et enseigne
l’écriture littéraire au Vermont
College.
Deux de ses romans sont publiés chez Gallimard
(Série Noire).
Il existe un site officiel
consacré à DOMENIC
STANSBERRY
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Bibliographie partielle
The Confession,
Hard Case Crime, 2004
Chasing the Dragon, St Martin's Press,
2004
Manifesto for the Dead, Permanent Press,
2000
The Last Days of Il Duce, St Martin's
Press, 1999
The Spoiler, Atlantic Monthly Press,
1987 (reprint 2002: Permanent Press)
Traductions françaises
La confession, J'ai Lu, 2007
Les vestiges de North Beach, Gallimard - Série Noire, 2006
Un manifeste
pour les morts, Gallimard - Série Noire, 2003
Les derniers jours d'Il Duce, Gallimard
- Série Noire, 2002 <
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Mise à jour: 20 septembre, 2005 - remise en page: 13 septembre 2009
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