Odete de Joao Pedro Rodrigues Site Officiel de

direction de la photographie Rui Poças

 

Odete

de João Pedro Rodrigues

 

Revue de presse

 

 

 

João Pedro Rodrigues nous trace le portrait d’êtres écorchés et secoués par une existence qui ressemble à la vie : imprévisible et déstabilisante.

 

Jean-François Roberge - La Voix du Village, Montréal, Canadá, Oct 2005

 

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Passé relativement inaperçu au dernier festival de Cannes, Odete en était pourtant l’un des films les plus marquants. Deuxième coup d’éclat pour le portugais João Pedro Rodrigues, brillant auteur il y a cinq ans d’un chef-d’œuvre du cinéma fantastico-gay, O Fantasma. Odete, elle, serait plutôt queer, selon la formule en vigueur pour parler d’un hypothétique troisième sexe : le dernier film de João Pedro Rodrigues vogue sur les rives incertaines de l’identité et du désir, avec comme point d’aboutissement une image renversante qu’on se gardera bien de déflorer. Dans Odete, il y a d’abord Rui qui voit périr son grand amour Pedro dans un accident de voiture et souffre le martyr ; il y a Odete qui désire ardemment un enfant et se fait larguer par son compagnon ; et puis l’improbable : Odete qui affirme être enceinte de Pedro, laissant Rui hostile et incrédule.

De cette trame initiale naissent les circonvolutions d’un étrange récit dans lequel les choses peu à peu mutent et se transforment. Il y a du Cronenberg chez Rodrigues, influence déjà pressentie dans O Fantasma, même s’il est à la fois moins horrifique et plus sentimental que le cinéaste canadien. Ici l’impuissance face au désir sans objet, la hantise de la perte et de la solitude font imaginer des solutions originales aux personnages pour pallier leur état de manque. Cinéma d’obsessionnel, cinéma érotomane aussi, dont la fine membrane mélodramatique ne demande qu’à se laisser déborder, à éclater en gerbes colorées (belle photographie de Rui Poças), ce que João Pedro Rodrigues répugne encore un peu à faire, tenu par un rigorisme un peu sec. Il faut voir pourtant cet érotisme morbide dont le film est capable, cette sentimentalité vibrante face au deuil pour comprendre qu’on tient l’un des cinéastes les plus prometteurs de sa génération. Faire l’expérience d’Odete, c’est moins entrer dans un univers délirant et en transe qu’avancer à pas feutrés dans un couloir sombre, où des silhouettes se frôlent dans une proximité érotique et dans la plus intense des solitudes.

Jean-Sébastien Chauvin - Chronicart, jan 2006

 

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"Odete" : une jeune femme entêtée, un amant inconsolable

 

Qu'est-ce qu'une histoire ? De quoi est fait un récit au cinéma ? Avec Odete, la réponse pourrait être la collision de deux éléments : un chagrin éprouvant rendant impossible un travail de deuil, un lancinant désir d'enfant. Comment ces deux états psychologiques peuvent-ils se rencontrer ? C'est tout le principe du deuxième long métrage de Joao Pedro Rodrigues, qui conjugue peinture mélodramatique des sentiments et mise en place d'un dispositif abstrait, une forme de boucle faussement parfaite qui s'incarnera dans l'ultime séquence et y atteindra une sorte de coeur théorique en partant de l'expérience des personnages du film.

Apprenant la mort dans un accident d'un de ses jeunes voisins, Odete, qui est vendeuse dans un supermarché, annonce qu'elle est enceinte du défunt et se comporte en conséquence, donnant l'image d'un chagrin à la fois extrême et théâtral. L'inconsolable amant du mort semble, quant à lui, refuser une telle situation et repousse la jeune femme en même temps que l'idée qu'elle pourrait dire la vérité. L'entêtée Odete va, dès lors, se rapprocher inexorablement du jeune homme.

QUESTIONS SUR L'IDENTITÉ SEXUELLE

Les lents chemins parcourus par l'une (se faire à l'idée d'une grossesse ou plus exactement s'en convaincre) et l'autre (surmonter le chagrin de la perte de l'être aimé) aboutiront à une jonction qui aura, dramatiquement, autant de vertus sentimentales que théoriques. Les rituels de la mort, l'enterrement, les visites au cimetière scandent la première partie du film. Ils constituent tout un théâtre funèbre propice à l'expression codée des émotions des uns et des autres, une mise en scène de la disparition et de l'absence.

Comme un bon nombre de films contemporains, Odete s'amuse à questionner la nature de l'identité sexuelle. Une notion qui est en effet régulièrement mise au coeur du récit pour en être, à chaque fois que cela est possible, évacuée. Ici, le masculin et le féminin se confondent, s'entremêlent, s'absorbent mutuellement, parfois non pas tant en raison d'une indifférenciation abstraite que dans la contrainte même de leur altérité. Ce qui est d'ailleurs posé dans le film comme une question banale avant la naissance d'un enfant (garçon ou fille ?) devient son principe caché. Odete peut-elle devenir Pedro ?

Le coup de force vers lequel tend le scénario — remplacer un homme mort par une femme vivante — est le résultat d'une entreprise évidemment surhumaine, surnaturelle. Tous les efforts du personnage principal ne sont guidés que par un même objectif, celui d'imposer aux autres et au monde la force de son propre imaginaire. Tel est le dessein d'Odete, qui fait du film de Joao Pedro Rodrigues, sous ses aspects de mélodrame moderne, conceptuel et conscient de soi, une réflexion sur les pouvoirs même du cinéma.

Jean François Rauger, Le Monde,  11.01.06

 

 

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Voici un film porté par le désir, un désir sans chapelle ni doctrine, en constante redéfinition de lui-même, pervers et polymorphe. Pas de flicage des sentiments ici, pas de rétention du plaisir, pas de crainte surtout de l’excès qui ne soit magistralement renversée. Le réalisateur portugais se montre plus insituable que jamais. Son intelligence profonde tient dans la façon de faire du personnage de Rui - et son deuil interminable -, d’Odete - et son désir d’enfant -, les pôles électriques d’une histoire possible. Et sa générosité, celle d’être aller chercher ce corps nouveau, surnuméraire (sublime Ana Christina de Oliveira), qui l’oblige à trouver sa folie propre, entre les rayons suréclairés d’une grande surface. Dans le cinéma européen, il est un de ceux encore là pour faire bouger nos vieux rêves.

Patrice Blouin, Les Inrocks Paris, 11 janv. 2006

 

 

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On dit souvent des premiers films qu’ils sont parfaits de maîtrise, le doute ne survenant que plus tard, lorsque l’on s’attelle au suivant, et qu’apparaissent des défis et des impasses dont on n’avait pas conscience. « Odete » est de ces seconds films. Après le célébré « O fantasma » (2000), balade nocturne et onirique où un jeune éboueur courait après ses fantasmes et ses désirs homosexuels dans une ville silencieuse et presque fantastique, João Pedro Rodrigues a fait le pari de ne pas capitaliser sur le style et les thèmes remarquablement homogènes de ce premier long métrage. Curieuse et intrigante, la forme d’ « Odete » semble résulter d’une grande et belle envie de cinéma. Elle est presque kaléidoscopique, comme l’est le casting où se croisent débutants, comédiens plus aguerris ou non professionnels. S’y révèle la puissance du jeu de Nuno Gil, tout d’un bloc fissuré par la douleur du personnage de Rui, et l’obstination assurée (déjà maternelle ?) de celui d’Ana Cristina de Oliveira, lunaire et épanouie Odete.

Combatif et doué, João Pedro Rodrigues s’empare des genres comme le mélodrame, en l’illustrant par un prologue extrêmement prononcé, des gestes tendres au drame soudain, appuyés par l’arrivée de la pluie. Il faut remarquer-là la générosité d’« Odete », qui prend le risque de ne pas rester sur des rails, mais de bifurquer afin de rendre hommage à une époque où le refus d’un gris omnipotent et contemporain passe par l’utilisation des couleurs pop ou d’une palette thématique variée, voire d’une référence suivie au film « Breakfast at Tiffany » de Blake Edwards, entre le ludisme, le premier degré et une irrévérence plus risquée. Des superbes plans du cimetière, où la caméra émerge des ornements floraux posés sur les tombes, à des mouvements de grue amples et appuyés, « Odete » fait preuve d’une générosité, dont la sincérité est, en ces temps de cynisme plutôt efficace au cinéma, la plus belle des audaces et des gageures.

Julien Welter, ARTE

 

 

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Odete, film moins “pédé” que résolument transsexuel, voire hermaphrodite, est une transposition de Vertigo, qu’il déplace et prolonge : où James Stewart  reste en dehors, Odete choisi de se fondre dans l’image adorée.

 

Sébastien Bénédict - Webmagazine Plumenoire.com, France, 17-10-2005

 

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Un météore foudroyant, Odete, second film en état de grâce de João Pedro Rodrigues, réalisateur du déjà génial O Fantasma.

 

E-Illico Magazine, França, 17-10-2005

 

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Le réalisateur de O Fantasma met en scène le triomphe de l’amour sur la mort en piratant les codes du mélodrame. Soulignons la fascinante performance d’Ana Cristina de Oliveira. 

 

Michel Defoy - Voir Magazine, Montréal, Canadá, 13/19-10-2005

 

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Odete confirme bel et bien que João Pedro Rodrigues compte désormais parmis les cinq ou six meilleurs en activité. 

Une grande histoire d’amour morbide cernée par l’ombre hitchcockienne de Vertigo, un mélodrame totalement barré, où l’outrance gothique s’allie à une légèreté narquoise.

 

Jean-Marc Lalanne - Les Inrockuptibles, França, 25/31-5-2005

 

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Ana Cristina de Oliveira e Nuno Gil, pour beaucoup, c’est le plus beau couple du Festival de Cannes. Le plus bizarre également. Ils se complètent mystérieusement comme la ligne droite et la folle spirale.

 

Patrice Blouin

 

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C’est un œuvre ambitieuse qui ne s’embrasse d’aucune règle pour aller jusqu’au bout de sa logique. Le cinéaste prend le temps de suivre les méandres psychologiques des ses personnages e nous offre des scènes rarement vues ailleurs.

 

Tiscali-27/05/2005

 

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Odete, Mélodrame étrange et dérangeant de JP, qui continue son exploration sans fard de l’aliénation mentale a travers une vision tragique dénuée de romantisme.

 

Ecrans le blog ciné -25/05/2005

 

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Un mélodrame portugais, pop et généreux, qui maintient la curiosité jusqu'à un dénouement… plutôt (dé)culotté ! 

Odete fait preuve d’une générosité, dont la sincérité est, en ces temps de cynisme plutôt efficace au cinéma, la plus belle des audaces et des gageures. 

Julien Welter - Arte-tv, 21-5-2005

 

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Le jeune cinéaste portugais, João Pedro Rodrigues, n’est pas un inconnu. Il est l’auteur béni d’O Fantasma, premier film si catégorique que, échappant au cinéaste lui même, il fait partie de la mythologie d’un certain cinéma pédè : Pink Narcissus du troisième millénaire, Chant d’Amour contemporain, Irma Vep gay, le fantasme-fantôme reste un phare indépassé. En précisant évidemment qu’O Fantasma n’était pas seulement un film pour tantes hallucinées mais un grand film tout court, annonçant la naissance d’un cinéaste qui, avec son Odete se confirme. 

Avec ce deuxième film très réussi, on remarque que le réalisateur, manifestement, est engagé en cinéma comme dans une œuvre longue et déterminée, usant d’une touche très particulière dans la fabrication de ses personnages, déjà présente dans son premier opus. Car nos trois héros (Odete, la radieuse Ana Cristina de Oliveira ; Rui, le séduisant Nuno Gil et Pedro, le beau João Carreira), sont proches, à la fois, de la pureté des modèles bressonniens (leur minimum en fait un maximum) et de modèles idéaux des chromos enchantés de Pierre et Gilles. 

 

Gérard Lefort, Olivier Séguret - Libération, 20-5-2005

 

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Odete est le premier grand rôle de Ana Cristina de Oliveira. Et quel rôle ! Son personnage effectue un véritable voyage intérieur au cour duquel elle troque ses grands sourires, ses minijupes ultracourtes et ses cheveux longs pour l’apparence et une identité d’homme ténébreux, avec un sus un amant homosexuel.

 

Isabelle Regnier - Le Monde, 20-5-2005

 

 

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L’œuvre de JP peut être compare avec un ‘Chant d’amour du XXI siècle, sombre, violent et trivial mais beau comme un éclat de lave bleue.

Odete traite du désarroi de deux êtres abandonnées, hantes par l’amour, obsedés par la mort et poursuivis par le fantôme de leur désir.

 

Le film français – 18/05/2005

 

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"Résumé brutalement, l'argument d'Odete ressemblerait à quelque chose comme : «C'est l'histoire d'une superbe jeune femme qui s'identifie à un pédé mort.» En termes eschyliens, ce serait plutôt une tragédie universelle de la passion : fatum et fantômes sur les fleuves de l'éternel retour. En formules contemporaines, on conceptualiserait autour de l'irréductibilité des corps, l'opposition des sexes, la confusion des genres, le fameux cross gender. Mais en langue fassbinderienne, on dirait tout bonnement : «L'amour est plus froid que la mort.»

Le jeune cinéaste portugais João Pedro Rodrigues n'est pas un inconnu. Il est l'auteur béni d'O Fantasma, premier film si catégorique que, échappant au cinéaste lui-même, il fait partie de la mythologie d'un certain cinéma pédé : Pink Narcissus du troisième millénaire, Chant d'amour contemporain, Irma Vep gay, le fantasme-fantôme reste un phare indépassé. En précisant évidemment qu'O Fantasma n'était pas seulement un film pour tantes hallucinées, mais un grand film tout court, annonçant la naissance d'un cinéaste qui, avec son Odete, se confirme.

Fée Clochette. Pedro (le joli João Carreira) et Rui (le séduisant Nuno Gil) forment un jeune et beau couple dont on a à peine le temps de faire connaissance à l'occasion d'un long baiser d'au revoir à la sortie d'un bar de nuit qu'il faut déjà lui dire adieu dans un fracas de tôle. La mort fauche le premier dans un accident automobile pour lequel le second est susceptible d'éprouver une sorte de culpabilité indirecte par la faute d'un putain de téléphone portable. Entre les larmes de l'amant et la douleur de la famille, la tristesse est là. Dans laquelle va s'infiltrer la fille de la fée Clochette, Odete (la radieuse Ana Cristina de Oliveira), sexy patineuse-vendeuse dans un super marché.

Comme on se frapperait le front pour y enfoncer une drôle d'idée, Odete décrète, juste après avoir été plaquée par son amant au moment où elle lui demandait un enfant, qu'elle veut concrétiser son envie avec Rui, le jeune veuf. La fin de non-recevoir ressemble à un sauve-qui-peut la dingue à l'autre bout de la planète. Mais le désir est un loup pour l'homme, et Odete va s'obstiner auprès de son fiancé impossible, jusqu'à la plus sensationnelle figuration de la transfiguration sexuelle où ce sont autant les rôles que les genres qui s'inversent et nous tourneboulent.

Ainsi de Rui, homme du troisième type mis en transe. Ainsi surtout d'Odete, qui surgit de la coquille de l'homosexualité transcendée en une nouvelle Vénus. Avec ce deuxième film très réussi, on remarque que le réalisateur, manifestement, est engagé en cinéma comme dans une oeuvre longue et déterminée, usant d'une touche très particulière dans la fabrication de ses personnages, déjà présente dans son premier opus. Car nos trois héros sont proches, à la fois, de la pureté des modèles bressonniens (leur minimum en fait un maximum) et de modèles idéaux des chromos enchantés de Pierre et Gilles.

Canons. Ils relèvent d'une certaine grandeur hiératique mais n'abdiquent pas un certain érotisme pour papier glacé. Ils sont canoniques (les amours à trois de Roméo, Tristan et Juliette), mais restent canons. Y compris au sens musical du terme, puisque Odete se regarde comme une aria et s'écoute au rythme moderne de ses musiques. Beau travail, à cet égard, du consultant musical Frank Beauvais, qui a fait don au film d'une bande-son idéale que l'on réentendait l'autre nuit dans la plus belle fête de Cannes. Comme une scène inédite d'Odete, cette fête transformait tous ses invités en amis.

Gérard Lefort et Olivier Seguret - "Liberation" 20 Mai 2005

 

 

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"On dit souvent des premiers films qu’ils sont parfaits de maîtrise, le doute ne survenant que plus tard, lorsque l’on s’attelle au suivant, et qu’apparaissent des défis et des impasses dont on n’avait pas conscience. « Odete » est de ces seconds films. Après le célébré « O fantasma » (2000), balade nocturne et onirique où un jeune éboueur courait après ses fantasmes et ses désirs homosexuels dans une ville silencieuse et presque fantastique, João Pedro Rodrigues a fait le pari de ne pas capitaliser sur le style et les thèmes remarquablement homogènes de ce premier long métrage. Curieuse et intrigante, la forme d’ « Odete » semble résulter d’une grande et belle envie de cinéma. Elle est presque kaléidoscopique, comme l’est le casting où se croisent débutants, comédiens plus aguerris ou non professionnels. S’y révèle la puissance du jeu de Nuno Gil, tout d’un bloc fissuré par la douleur du personnage de Rui, et l’obstination assurée (déjà maternelle ?) de celui d’Ana Cristina de Oliveira, lunaire et épanouie Odete.

Combatif et doué, João Pedro Rodrigues s’empare des genres comme le mélodrame, en l’illustrant par un prologue extrêmement prononcé, des gestes tendres au drame soudain, appuyés par l’arrivée de la pluie. Il faut remarquer-là la générosité d’« Odete », qui prend le risque de ne pas rester sur des rails, mais de bifurquer afin de rendre hommage à une époque où le refus d’un gris omnipotent et contemporain passe par l’utilisation des couleurs pop ou d’une palette thématique variée, voire d’une référence suivie au film « Breakfast at Tiffany » de Blake Edwards, entre le ludisme, le premier degré et une irrévérence plus risquée. Des superbes plans du cimetière, où la caméra émerge des ornements floraux posés sur les tombes, à des mouvements de grue amples et appuyés, « Odete » fait preuve d’une générosité, dont la sincérité est, en ces temps de cynisme plutôt efficace au cinéma, la plus belle des audaces et des gageures."

Julien Welter in www.arte-tv.com

 

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Un ovni portugais, sexuel et mystique dans lequel une jolie patineuse de supermarché s’éprend d’un fantôme gay. Cinéaste ambitieux, Rodrigues s’autorise toutes les audaces poétiques et filme la nuit comme personne sur fond de ballades tristes ou d’envolées punk. Série Z ou mélo rigoureux ? Les deux, mon capitaine !

 

Yann Gonzalez et Elysabeth François, Max Magazine, jan.2006

 

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O Fantasma, premier long du cinéaste portugais, vous malmenait brutalement au gré de visions psychédéliques, scato, queer et cuir. Avec Odete, Joao Pedro Rodrigues resserre plus clairement l'étau de ses influences, ici criantes (de Bresson à Pasolini), et livre une œuvre toute aussi rugueuse dans ses partis pris. La narration y gagne en lisibilité, mais l'enchaînement brut des séquences vise toujours à réveiller les sensations les plus épidermiques. Odete patine entre les allées du supermarché où bosse également Alberto, son compagnon. Avant de se séparer, Pedro et Rui échangent un baiser interminable et des serments amoureux à la pelle. L'ambiance vire fissa à la sinistrose : Odete se fait lâcher par son fiancé pour avoir évoquer son désir de maternité, et Pedro meurt dans les bras de Rui, après un accident de voiture. En réponse invraisemblable à tous ces maux, Odete oublie Alberto et s'identifie à l'éphèbe décédé. Un ménage à trois macabre que le réalisateur enveloppe de sa mainmise esthétique sournoise : corps languides et dénudées, manège incessant entre attraction et répulsion, scènes étirées, répétées jusqu'au malaise... L'abstraction sordide de O Fantasma trouve ici un pendant faussement réaliste, dont Joao Pedro Rodrigues se plaît à tester en permanence l'équilibre instable. Odete, via ses atours de mélo glauque en quête désespérée de romantisme, demande de son spectateur une adhésion aveugle, au risque de le perdre au jeu de son impulsivité casse-gueule. L'outrance de la séquence finale reflète parfaitement, à cet égard, la tonalité d'un film où l'emphase déplacée tutoie une naïveté sublime.

 

François Cau, Le Petit Bouletin, Jan.2006

 

 

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Si le cinéma devait se résumer à un geste, ce serait celui d’Odete, l’amante éperdue, héroïne du magnifique film éponyme de Joao Pedro Rodrigues (O Fantasma). Sur la tombe de l’homme à qui elle voue un amour posthume, la jeune femme arrache des fleurs, en orne sa chambre. D’outre-tombe, elle exhume un amour encore palpitant, le ramène à la vie, transmué mais intact, par le seul sortilège de sa foi. Le geste se répète tout au long de la fiction et s’attache à de nombreux fétiches
Arracher au vivant pour contrer l’inéluctable : même principe qu’avec le cinéma. Quand l’image advient, elle porte intrinsèquement un deuil, la nostalgie d’un temps révolu, à jamais perdu. Mais, dans le même mouvement, elle est suspension, fixation du temps. En somme, conjuration. Et éternité.
Odete multiplie les actes et rituels conjuratoires. De tout son corps.
Sa grossesse, phénomène magique conçu dans la camera obscura de son esprit, oppose radicalement le vivant à la dégénérescence. Le film ne met pas en scène un désir d’enfant mais bien un désir de cinéma, fondé sur la croyance. Odete, à travers son refus de la mort et son goût pour le simulacre, n’a de cesse de réactiver les images, qui portent en elles leur propre décrépitude.
Donneuse et arracheuse de vie, dans un même mouvement, l’héroïne énonce la vérité du désir de cinéma, principe féminin s’il en est !
 

Sandrine - Contrechamp, voyages en cinéphilie (blog)

 

 

 

 

THE LESS SAID about Odete, the better. Suffice it to say that this Portugese thriller is compelling, creepy and boasts one of the most alarming and disturbing scenes you're likely to encounter in this year's festival.

When Pedro (Joao Carreira) is killed in a car accident, his grieving boyfriend, Rui (Nuno Gil), finds life unbearable. He'd kill himself (and he tries) were it not for the intervention of Odete (Ana Cristina De Oliveira), a beautiful young woman who believes she's been impregnated by Pedro from beyond the grave. Things get stranger and stranger in this fantastically dark drama from director João Pedro Rodrigues.

Is Odete manipulative? Or just an out-and-out whack job? You won't get any answers from the movie -- it's pure BYOI (Bring Your Own Interpretation). But, boy, does it have sumptuous atmosphere to spare, provided by photographer Rui Poças. Cinephiles will adore it (the French recently gave it a special mention award at Cannes). And everyone else? Well, it's not for everyone, but anyone who takes a chance on Odete will get the kind of payoff you only get in film festival showings. You'll leave haunted. Perhaps permanently.

Metro Weekly, Washington’s DC’s Magazine, 3-11-2005

Randy Shulman

 

 

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Like an especially depressing Portuguese episode of Six Feet Under – so in other words, riveting.

 

Melora Koepke - Montréal Hour Magazine, Canadá, 13/19-10-2005

 

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You’re left in no doubt that you’ve experienced a slice of real cinema.

 

Tom Charity - The Vancouver Sun, Canadá, 30-9-2005

 

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A surreal, queer melodrama. With blasts of naff pop music and a total refusal to play everything straight, Rodrigues taunts and teases his audience into submission.

 

Fiona Morrow - “Terminal City”, Vancouver, Canadá, 29-9-2005

 

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Not without a sense of humour, albeit of a tortured, Fassbinderesque variety, Odete casts an irreducibly strange eye on grief, love and hysterical pregnancy – or is it the transmigration of a soul? Totally sincere and splendidly perverse, Odete is both an ironic interrogation of gay male identity and a metaphysical black comedy about the looniest of fag hags.

 

Nathan Lee - Film Comment Magazine, Nova Iorque, EUA, Jul/Aout 2005

 

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Totally sincere and splendidly perverse, Odete is both an ironic interrogation of gay male identity and a metaphysical black comedy about the looniest of fag hags.

Rodrigues takes his paradoxical material all the way: he’s uncompromisingly ambivalent.

 

Filmcomment 08/2005

 

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The Portuguese talent's follow-up to his radical and brillant sex-and-garbage-saga O fantasma has the most mesmerizing direction of all films I've seen in Cannes - I was aesthatically thrilled from first moment to last. I'm still not sure about the story (hysterical pregnancy and whatnot), but he's a unique filmmaker, clearly working a field all of his own, has a peculiar vision of transformation and redemption.

 

Yun Fat - MilkPlus, discussion on film

 

 

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Double ‘O’ Heaven: The Vertigo Pop and Phantom Desires of João Pedro Rodrigues

When cruising the movies of João Pedro Rodrigues, maybe it’s best to start with a pair of blowjobs.

Number one, in Rodrigues’ 2000 debut feature O Fantasma, is notable because it is graphic in a casual sense, and because the lucky but throwaway character who drops to his knees before Sergio (Ricardo Meneses) in some Lisbon bathroom is only joining the director in paying tribute to nonactor and star Meneses’ extreme beauty. The second, in this year’s Odete, is less hardcore, yet hotter—it takes place in a steam room, after all—and a definite sign of Rodrigues’ development as a filmmaker. As the camera slowly creeps forward, moving above the roused crotch of Rui (Nuno Gil) to stare closely and sustainedly at his expression, the shot overtly recalls a major queer cinema touchstone, Andy Warhol’s Blow Job (1963). Audaciously, Rodrigues doesn’t merely mimic his influence, he attempts to outdo him. Whereas the face of the man in Warhol’s film is unreadable beyond evidence of pleasure, Rodrigues sets sight on the emotion submerged within sexuality, the way buried grief can be glimpsed through the cracks of an orgasmic grimace.

 Odete ’s very first sequence is another place to begin when noting this director’s bold assertiveness in relation to famed artistic forefathers and funny uncles. The sequence opens with an embrace and ends with a very different one. In between, Rui and his love Pedro (João Carreira) tease each other and exchange a goodbye that fate quickly seems to change from casual to final. There are strong, simple musical ingredients: the tender femme-haunted foreshadowing of Greg Brown’s “Banjo Moon,” the bad tidings of a techno samba take on “ Moon River ,” Pedro and Rui’s favorite song. And there is highly stylized, choreographed action: a CPR kiss that yields a gush of blood; grief-stricken sobs that seem to provoke a sudden downpour. In terms of melodramatic impact, it all calls to mind the equally wet death sequence at the beginning of All About My Mother (1999). But Rodrigues’ approach, while just as bravura, isn’t quite so florid.

This commanding prelude just might be upstaged by the very next scene. Against the bright white light of a supermarket aisle, the word ODETE appears in flaring red capital letters. The text fades, and then—to a swooning flourish of strings—the film’s skinny-limbed title character roller-skates into view, all six-plus feet of her.

Movie introductions don’t come much more memorable than the one Ana Cristina de Oliveira receives in Odete, and her Jolie-gone-feral appearance proves that Rodrigues hasn’t lost his knack for finding physically stunning people to build a shot and ultimately a world around. Still, the radical use of music, the way those strings gather and release all the sorrow of the preceding scene, makes the deepest impression. Rodrigues takes a seemingly incidental background tune—Andy Williams covering “Both Sides Now”—and utterly transforms it through dramatic presentation. It’s the spine-shivering opposite of typical soundtrack product placement: in Rodrigues’ hands, Muzak attains operatic power.

 Odete is more methodical in terms of shot composition than Rodrigues’ sprawling first feature. When O Fantasma emerged, I labeled it Trash Narcissus, in reference to James Bidgood’s obsessive tribute to the splendor of a young Bobby Kendall. But whereas even the rotten city-porn ghetto sequence of Bidgood’s Pink Narcissus (1971) was filmed inside the director’s apartment, Rodrigues’ realist attentiveness trades the mirrored boudoirs and sapphire jungles that come with such extreme artifice for the real dirt and grime found on the borderline between city and country. Ultimately, O Fantasma’s subject isn’t narcissism so much as obsessive desire directed outward as well as inward. Since the heyday of Fred Halsted and Wakefield Poole, I can’t think of another film that has explored the sexual compulsion common to urban gay life so directly and at such length.

Scandalizing conservative viewers when it premiered in Venice , O Fantasma doesn’t fit anyone’s traditional idea of a state-funded film. If government money supported such a work in the US , Donald Wildmon’s head would explode, and Jesse Helms might finally meet his maker. Nor does Rodrigues’ first full-length movie—after a dramatic short (Happy Birthday , 1997) and two documentaries (Viagem à expo , 1998;O pastor , 1998)—adhere to the literary roots favored by Manoel de Oliveira, whom many might identify as the representative of Portuguese film. In its literal dedication to carnal prowls through urban realms, O Fantasma makes one shadowy man of Lisbon a counterpart to the Taipei father-and-son somnambulists of The River (1997), whose director Rodrigues admires. Meneses’ imperious charms and roving spirit also call the Terence Stamp of Teorema (1968) to mind. Today, according to the IMDb, Meneses has returned to his childhood town of Fuz Coa to help his mother run a family farm. There are no other films on his resume. Not so with the star of Odete, who has caught the attention of Michael Mann—and awarded a role in his Miami Vice—since completing the film.

 Odete does share certain distinctive traits with the divisive and relatively hermetic O Fantasma. Both announce themselves with bold crimson credits. Aside from rare moments of glaring fluorescence—at a swimming pool in O Fantasma, a supermarket in Odete—Rodrigues and cinematographer Rui Poças often immerse themselves in blackness. Whereas most filmmakers can’t wait to alter the night with a variety of bright lights, these two explore its naturalistic textures.

Likewise, the costumes and set design offset or reflect these dark shadows with a fetishist’s array of vividly colored items. In O Fantasma, many of them—Sergio’s bright yellow garbageman’s gear, a cop uniform, a torn Speedo, a latex bodysuit harking back to Les vampires (1915) and Irma Vep (1996)—carry sexual connotations. In Odete, they are romantic talismans attached to the deceased Pedro, from his striped soccer shirts to funereal flowers that resemble ripped chunks of flesh. Moving through stages of grief, Rui shifts from the black of mourning to bloody valentine colours. Chancing upon a vision of his lost beloved as Alex Chilton chokes out “I saw you” on the soundtrack, he’s bathed in the light in the stop sign; later, sprawled across his bed and lost in an endless loop of Mancini, his red underwear matches his guitar. If the latter tableaux verges on the pretty vacancy of fashion or advertisement, the narrative that frames it adds a psychological depth.

Aside from a closing-credits blast of “Dream Baby Dream,” O Fantasma’s descent into sexual obsession was nearly music-free, which makes its highly original and emotional deployment in Odete—Big Star, Bright Eyes, Scala’s children’s choir take on “Smells Like Teen Spirit,” and multiple “Moon River”s ring bells—doubly startling. Likewise, the previously somewhat solemn Rodrigues finds visual comedy in a ring sucked off a corpse’s finger (yet more oral action), a crazed leap into an open grave, or a late-night trip of a “mother” to the cemetery in black with matching stroller. (If Talk to Her [2002] is Almodovar’s “Girlfriend in a Coma,” then Odete is Rodrigues asking one to meet him at the “Cemetry Gates.”) At the heart of it all is Odete, a character who explodes the ugly term fag hag through the sheer force of her profanely spiritual insistence that she’s pregnant with a dead gay man’s child.

One might say that Odete’s impulses are written on the wind, to invoke both one of Rodrigues’ chief directorial influences—to whom he pays tribute more imaginatively and subtly than Todd Haynes—as well as its quite literal application to numerous scenes in the film: throughout, gusts alternately accompany or seem to provoke this wild child’s looniest acts. Rodrigues spells out Odete’s personality early on, when she throws her boyfriend out on his attractive bare ass after demanding a baby and turns to a Snoopy doll for comfort (her embrace of it a mocking echo of Pedro and Rui’s final hug a few minutes earlier). The beagle’s pal Woodstock looks down from a poster on her wall, then a sudden breeze blows through Odete’s window, directing her gaze outside, where Pedro’s despondent mother ducks into a funereal car. The little girl who wants a little boy has found her calling.

And down will come baby. Taking aim at het breeder and gay marriage sentimentality, the events that follow can be interpreted as black comic ingredients—a satire of both liberal sexual and conservative religious codes. But they can also be taken at face value: Odete is undeniably a spiritual film. As such, it is a mystic tale: spectral reflections of Odete—in mirrors, or more often, windows—sometimes dominate the frame more than the flesh-and-blood woman herself. But Rodrigues primarily performs a juggling routine of sorts with romantic symbols and religious iconography. The camera gazes down from a God’s-eye view at very particular moments, such as when Odete (whose name, as Dennis Lim has observed, brings Ordet [1955] and Mouchette [1967] to mind) lights votive candles around—and sleeps atop—Pedro’s grave at night, or when she places Pedro’s ring on one of Rui’s pillows. The new Pope may not approve of such rituals, but anyone with a heart or a sense of humour will.

Undoubtedly, Rodrigues is attracted to characters that disobey conventional mores. Odete shares the impulsiveness of O Fantasma’s Sergio, whose nocturnal adventures traverse a domain far beyond the comparatively tame and more self-aware public naughtiness found in the works of Rodrigues’ better-known contemporary François Ozon, not to mention the unimaginative hetero-clone courtship codes of contemporary commercial gay film. At times, Rodrigues overtly links the two characters, as when Odete, escaping from a hospital’s mental ward, prowls along train tracks and architectural edges with a lithe animalism. The sound of dogs barking accompanies both protagonists, though Oliveira’s gleefully devious features—a bit like a female counterpart to experimental filmmaker Jose Luis Rodriguez’s untamed looks—are perhaps more feline than canine.

When Rodrigues passed through San Francisco during O Fantasma’s festival travels, visits to many of the locations in Vertigo (1958) were high on his agenda, and it’s safe to say that he’s now constructed an excellent if minor 21st century filmic answer to that masterpiece, one that ends on a note of daffy optimism rather than tragic pessimism. Odete’s unique final shot proves that Rodrigues is as deft at serving up vivid endings as he is at crafting memorable beginnings. No longer claiming to be possessed by Pedro’s child, Odete seems possessed by the ghost of Pedro himself, a point that—anatomy be damned—she tries to drive home to a seemingly receptive Rui on his bed.

Warhol, Almodovar, Sirk, Hitchcock, Tsai, Pasolini, Bresson, Dreyer, Feuillade. These are mighty big cards for any cineaste to carry in his deck, and Rodrigues doesn’t always play them for maximum effect, or subjugate them in a way that allows his own auteurist impulses to reign. O Fantasma’s dedication to Sergio’s days and nights can be frustrating and even tedious because of the character’s emotionally remote quality. Odete’s back-and-forth between the title character’s crazed rituals and Rui’s dazed mourning verges on overly schematic, and when the two storylines begin to bleed into one another, the dialogue (“You frighten me”) and performances occasionally verge on a parody of European art film.

Yet has any recent European art film presented sexuality with the multi-faceted candour and unashamed flair for visual pleasure characteristic of Rodrigues’ two features to date? The explicit moments within recent works by Catherine Breillat, Bruno Dumont, and Gaspar No é , for example, either adopt mock-shock dramatic tactics, an air of moral severity, or both. “The human body is made of human parts. Why shouldn’t you show that?” Rodrigues told me during an interview in 2001. Thus far he’s chanced upon some amazing bodies to display. He’s still finding his way as a dramatist, but even in his relatively discreet new film’s final sex act, he’s revealing much more than you’ll find in porn’s psychologically and spiritually stunted rulebooks. Just as Warhol might envy Odete’s blowjob, Fassbinder would applaud its final image of buttfucking.

 

Cinema Scope Magazine, Johnny Ray Huston, USA

 

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 Odete certifies that Rodrigues is a major-league, versatile stylist. No director today shoots immersive darkness so accurately, and yet the stark Tsai- and Pasolini-inflected approach from O Fantasma also receives new, colorful layers. At the heart of it all is Odete, a character who explodes the ugly term fag hag through the sheer force of her profanely spiritual insistence that she's pregnant with a dead gay man's child.

 

Johnny Ray Huston , San Francisco Bay Guardian

 

 

 

 

 

João Pedro Rodrigues è un magnifico cineasta, senzo dello spazio e morbidezza di sguardo com cui accarezzare corpi, luoghi, emozioni.

 

Cristina Piccino - Il Manifesto, 19-5-2005

 

 

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Magnífica Obsessão  
 
Em "Odete" tudo faz sentido pleno no prazer necrófilo de contrariar o luto: se o amor é impossível, então desafiam-se todas as regras da resignação humana.

 
Na sua curta-metragem de estreia, "Parabéns" (1997), João Pedro Rodrigues arriscou a criação da surpresa e da inversão das expectativas, jogando com a funcionalidade do plano fixo que suspendia a acção: a câmara fixava o espaço do não-dito, tudo se passava fora de campo, colocando o desejo fora de campo, no elíptico rumor de um gato e de dois corpos "invisíveis". "O Fantasma" (2000) transformava essa elipse numa arrojada representação do corpo, com sexo oral explícito, e, embora não alienasse nunca o valor do sugerido, optava pela violência da confrontação física: os corpos chocavam com a urgência do prazer "impossível", em fantasmática incursão pela demanda de um paraíso perdido, em que o desejo, força substitutiva para um amor improvável, pudesse existir em acto e em efígie.  
 
"Odete", embora prossiga com inteira coerência o mundo em perda e em abismo dos filmes anteriores, coloca-se noutros parâmetros, no domínio do melodrama, sem os subterfúgios secretos de "Parabéns", nem o distanciamento provocatório de "O Fantasma": começamos pelo final de uma história de amor entre dois homens. Rui (extraordinária prestação de Nuno Gil, carregando no rosto toda a tristeza do mundo) e Pedro; assistimos a sua impossibilidade pela morte de um dos amantes; somos colocados perante a dor e a solidão com a crueza de um dos mais belos "dose-ups" de que temos memória, reminiscente dos fabulosos grandes planos do par amoroso (Elizabeth Taylore Monty Clift), em "Um Lugar ao Sol", mas isolado, perdido numa angústia que pressentimos, como na desfuncionalização que Hitchcock lhe conferia. Dois rostos que progressivamente se vão revelando na grandeza excessiva, que dilui contornos e confunde traços fisionómicos, dão o mote para um olhar magoado sobre a impotência e a solidão. Tanto como o grande plano que enche o ecrã, joga-se com o "top shot", picado vertical (típico dos musicais de Busby Berkeley), olhar substitutivo de um deus ausente, que assistisse pelo olho da câmara às pequenas tragédias quotidianas, instituídas em excepcionalidade: filma-se a discoteca de cima, confundindo os corpos com o ritmo frenético, que sinaliza a perda de rumo; filma-se, também de cima, o corpo exposto de uma mulher (a Odete do título, interpretada por Ana Cristina de Oliveira, como um "zombie", vinda de um filme de Tourneur, para assombrar a ficção com a sua fotogenia translúcida e perturbante), inexplicavelmente "possuída" pelo espíritodo morto, sobre uma campa, leito de morte e de comunhão com a loucura de querer transcender os limites do seu corpo mortal e do seu sexo.  
 
Amor louco. Pelo palimpsesto, operado sobre as regras tresloucadas do melodrama, passa a essência deste filme excessivo: não apenas Douglas Sirk, sinalizado na fabulosa sequência final pelo "lobby card" de "Tarnished Angels" (os anjos "chamuscados" que metaforizam as personagens em carne viva de "Odete"), mas também Vincente Minnelli e o John Stahl, febril e delirante de "Amar Foi a Minha Perdição". Subliminarmente, porém, persiste um tom de comédia negra de fantasmas corporizados, um inteligente e belíssimo exercício sobre uma memória filtrada e criativa de cinema.  
 
O mundo de João Pedro Rodrigues, cinéfilo compulsivo, respira cinema, alimenta-se vampiricamente de imagens e de sons, mas nunca se reduza uma acumulação simples de citações avulsas: é óbvio que uma das mais comoventes sequências do filme, aquela em que a mãe (fabulosa Teresa Madruga, em estado de graça) fala com o marido morto, sobre a campa deste, remete por inversão para "Os Dominadores" de John Ford; tornam-se evidentes os ecos de Bresson, na ritualização da morte, ou a ligação quase umbilical com a duplicidade aterradora de Kim Novak, em " Vertigo"; a lindíssima sequência da sauna "gay", filmada com rigor milimétrico e um bom gosto inexcedível, bem como a chuva que se abate, quase a despropósito, sobre os corpos feridos das personagens à deriva, evocam o Tsai Ming-liang de "O Rio" ou de "Vive l'Amour". No entanto, "Odete" não é um filme de retalhos citacionais, antes construindo a sua própria vertigem, no caos dos sentimentos revisitados e sentidos como únicos. A sua força advém-lhe da capacidade de fracturar a narrativa numa sequencialidade inevitável: a montagem surge como a única possível; o portentoso trabalho fotográfico de Rui Poças escolhe a paleta de cores que a construção interior das personagens exige; a banda sonora evolui ao sabor das duplicações ("Both Sides Now", a dar o subtil mote, no espaço distribuidor e "neutro" do supermercado) e de um aleatório controlado de incidências surrealizantes.  
 
Quando Odete aparece num preciso "travelling" para trás, do alto dos seus patins que lhe dão mecânica mobilidade, está, desde logo, presente a sua intervenção como anjo de um "teorema" viciado à partida: mulher forte em corpo transitório, predisposta à posse de um outro espírito, uma leve brisa que agita as cortinas ou uma magnífica obsessão pelo amor louco e impossível que só a morte permite. O casal de homens assume-se na inscrição da simbólica aliança ("we two drifters"), como a união dos que andam à deriva, dos que não possuem rumo, senão o da procura desesperada de uma razão para sobreviver ao vazio. Odete habita, sobretudo, esse espaço de vácuo, algures entre a irrealização pessoal e a necessidade de se travestir em resgatador (e exterminador) anjo de perdição e de salvação, em arrepiante simultâneo.  
 
Por isso, a secura narrativa da morte inicial encontra o seu contraponto conceptual na complexidade da gravidez histérica, de episódio em episódio, criando o simulacro de um filho, a imitar um real sempre irrealizável. Por isso é fulcral, tanto a caricatura da música "fetiche" dos amantes, "Moon River", em versão descontextualizada e rouca, quanto a oferenda do anel, na almofada, já reduzida è dimensão de um outro dedo, no espaço "sacrificial" do quarto de Rui, habitado pelo fantasma do amante e pela figura de elfo, exilado no mundo de prostituição de luxo, de Audrey Hepburn, chorando à chuva todas as impossibilidades do sentimento "verdadeiro". Por isso, ainda, quando se "transforma" em homem, transgredindo todas as sexualidades e todos os códigos de "normalidade", Odete se imola ao desejo do Outro, penetrando Rui na presença silenciosa e cúmplice de Pedro: o "chama-me Pedro" funciona então como renúncia è identidade, mas também como invocação a um amor universal e convulsivo, hetero e homossexual, narcísico e "altruísta".  
 
Tudo faz sentido pleno neste prazer necrófilo de contrariar o luto: se o amor é impossível, desafiam-se todas as regras da resignação humana. Odete é Sylvester, sem nunca abdicar de ser Sylvia, como no corrosivo clássico de Cukor, "Sylvia Scarlett". O amor, no sentido quase metafísico do termo, derruba todas as barreiras, desafia todas as falências do humano. Como se o mundo pudesse, afinal, ser feliz na sua infinita infelicidade...  
 

Mário Jorge Torres - "Público" 30.12.2005

 

 

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“Odete (…) tem uma tal intemperança que se fica preso à teia – culminando num desfecho tão imprevisto que levantou «bravos!» na sala e aplausos veementes. A história centra-se numa jovem empregada de hipermercado e na sua vontade de engravidar – fixando a sua afectividade perturbada num homossexual que acaba de morrer, numa obsessão tão desmedida que acaba por se transmutar nele.

 

A tensão óbvia entre o universo homossexual e aquela mulher em deriva amorosa é um dos aspectos mais estimulantes deste segundo filme de João Pedro Rodrigues que, cinco anos após O Fantasma, parece decidido a não se circunscrever ao território «gay», abrindo o seu espaço ficcional a camadas de público que o filme anterior punha à porta em modo consumado.

 

Odete é uma fita de uma beleza pungente (exímio o trabalho de fotografia de Rui Poças), fornecendo a Ana Cristina Oliveira a sua primeira grande oportunidade de se afirmar como actriz (…)”

 

Jorge Leitão Ramos - Expresso, 28 Maio 2005

 

 

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Ela controla

 

Com uma canção de Greg Brown explode o beijo de Pedro e Rui, em grande plano, o primeiro de Odete. Não é fácil falar deste amor louco que avaba como acabavam os melodramas de Douglas Sirk: Pedro sofre um acidente e morre nos braços do seu amante, sob chuva intensa, um vale de lágrimas. Para Odete, este fim é só um início. E um desafio, já que o filme procura virar do avesso a base melodramática do seu ponto de partida. Aparece a personagem do título, Odete (radiosa Ana Cristina Oliveira), patinadora “sexy” de um hipermercado lisboeta. Altera-se a musica, o “décor”, a escala dos enquadramentos, julgamos entrar noutro filme ( e raras vezes se assistiu a uma reunião tão eficaz: grande trabalho de Rui Poças na fotografia, de João Rui Guerra da Mata na decoração e guarda-roupa e de Frank Beauvais na escolha musical).

Odete quer ter um filho, mas rompe com o namorado Alberto (Carlotto Cotta). Descobrimos depois que ela mora na cave do prédio onde vivia Pedro. Até aqui, um conjunto enorme de elementos já definiu o terreno das personagens: naquele Portugal pop esconde-se a família e o casamento, o luto e a obsessão, a diferença de classes e o cristianismo. Chegamos ao primeiro momento de sideração do filme que casa as duas histórias: Odete, figura misteriosa, criatura de um subsolo social e existencial nunca antes sugerido pelo cinema português, ajoelha-se (para apanhar o telemóvel que atirou ao chão) quando a mãe de Pedro, Teresa (Teresa Madruga), sai do prédio para o velório do filho. Nesse instante, a câmara faz um rápido “travelling” à frente, em direcção a uma janela, e a genuflexão de Odete ganha um sentido radicalmente distinto da banalidade do gesto. Tudo se transforma a partir deste plano secreto. Não há dúvidas: é para uma oração fúnebre, para uma profissão de fé, para um território obscuro que João Pedro Rodrigues leva a sua heroína, rio sem regresso. Num filme tão apaixonado por Sirk, já não é no cinema de Sirk que estamos, antes num espaço transformista habitado por “Vertigo” (uma Kim Novak em busca do seu James Stewart?), pelos zombies de Tourneur, pelos milagres de Rossellini.

O ritmo, contudo, é sirkiano, arriscamos a dizê-lo, como nenhum outro filme o foi depois de Sirk. E é implacável. Muito haveria a dizer sobre o “relógio suíço” que calibra “Odete”, filme muito mais organizado pelo efeito das sequencias do que pelo valor expressivo dos planos (ao contrário da bela estreia de Rodrigues que foi “O Fantasma”, recentemente editado no dvd português do ano). Mas o grande mistério do filme sugeriu-o o realizador na sua nota de intenções à imprensa: “Odete alimenta-se da morte de Pedro, apodera-se dela, ou é o fantasma de Pedro que a possui?”.Intruso como o amante de “Parabéns!” e o caçador d’ “O Fantasma”, Odete, ela que rouba o anel dos “drifters” e prostra-se no túmulo de um homem que não conheceu, vive um luto virtual, mas não menos verdadeiro. Por isso é tão importante o momento em que Alberto volta à ficção, para provar que Odete já não é a mesma, que a “mis-en scène” a conduziu a parte incerta e que a sua experiência transcendental não pode voltar atrás. Na sua estranha ascensão, Odete o que diz? Que a vida é possível após a morte de quem se ama. Mais tarde é ela quem desce literalmente do céu (na discoteca) para consumar o travesti e a vertigem, em fusão com a imagem do espectro.

Acreditar no poder do cinema e dos avatares do romantismo. Na profanação de um grande amor pelo desejo vampírico e mitómano, mais forte que a verosimilhança dos corpos: é este o risco de “Odete”, o seu imenso triunfo. Finalmente transformados pelo olhar de Pedro, Odete e Rui chegam à magnífica hipótese de uma sexualidade onde “homo” e “hetero” se alimentam sem violarem a identidade um do outro. De perto, a morte controla o jogo, e observa aqueles que, em seu nome, conseguiram continuar a viver. Olhamos para os últimos anos do cinema: não há mais bela coroa de flores.

 

Francisco Ferreira, Expresso, 23 Dez. 2005

 

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Belíssimo filme de João Pedro Rodrigues, prolongando os temas (e os fantasmas) de O Fantasma, Odete talvez se possa definir como uma fábula sobre a pluralidade do amor – um desejo é sempre o desejo de outra coisa, um sexo nunca existe como uma “coisa” meramente sexual, enfim, um corpo é sempre o fantasma de outro corpo.

 

João Lopes - Cinema2000.pt, 27-5-2005

 

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 A carnalidade à flor da pele. Continua a sentir-se que poucos, como João Pedro Rodrigues, sabem filmar o desejo de forma tão assombrosa.

Kathleen Gomes - Público, 19-5-2005

 

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E depois do adeus  
 
Odete encena novos fantasmas cinematográficos nacionais: amor, sexo, perda, homossexualidade. 
 
O fantasma de Shakespeare chamar-lhe-ia tragédia de enganos.  
 
É uma legenda bem aplicada à segunda longa-metragem realizada por João Pedro Rodrigues, Odete (estreada hoje, dia 29), produzida por Rosa Filmes e dotada de um argumento-teia de simetrias agridoces.  
 
Tudo começa com um par amoroso a quem o infortúnio bate à porta, seguem-se trocas de identidades, má comunicação, busca da felicidade nos lugares errados. Muito barulho por nada? Passemos à descrição mais complexa: um casal de rapazes apaixonados tem um idílio de ano e meio, interrompido por um acidente de viação mortal - Pedro morre nos braços de Rui, seu amante de anéis e juras de amor trocados. E Pedro defunto será objecto da paixão doentia de uma rapariga, abandonada pelo namorado que não quer compromissos nem fazer-lhe o filho que ela tanto deseja.  
 
O argumento de João Pedro Rodrigues e Paulo Rebelo faz uma fascinante transferência de dores. Começa no choro e aprofunda-se, num jogo de espelhos comovente - Odete (Ana Cristina Oliveira), patinadora do supermercado e mãe falhada, agarra-se ao espírito de Pedro até ao ponto de desejar transformar-se nele e tomar o seu lugar junto de Rui (o estreante Nuno Gil). Por perto, há uma mãe-Pietá (Teresa Madruga); ao longe, há espíritos - engates, corpos nocturnos, gente alheada. Outros fantasmas. Do corpo viemos, ao corpo voltamos  
 
Este desdobramento de identidades é apoiado por uma imagética visual própria, com «grão de pele». As palavras são esparsas, os actores deixam-se transportar pela nudez das emoções - embora o filme aposte, igualmente, numa crua exposição do corpo, pouco habitual no cinema nacional. No início, há um longo beijo.  
 
Mais tarde, há nus frontais. Mas tudo isto é consumido pelo verdadeiro vórtice do filme - como se faz o luto de uma perda? Seja ela qual for?  
 
Odete é, poder-se-ia dizer, um filme romântico negro, com múltiplas leituras - tudo depende do ponto de vista. Haverá quem o veja como obra de sexual gender (género sexual), pela «naturalidade» com que aborda os circuitos homossexuais ou sublinha a «diferença» (situando, aliás, a acção num lugar «marginalizado» - o cemitério - tal como no filme O Fantasma o protagonista reinava sobre as lixeiras municipais). Haverá, também, quem sinta Odete como uma película sobre a solidão, a pluralidade do desejo, a identidade urbana... E quem o guarde, ainda, como uma experiência ultra-romântica, que não se inibe de reivindicar ícones clássicos (caso do filme Breakfast at Tiffany's/Boneca de Luxo, com Audrey Hepburn); em suma, um casal perfeito, onde ser gay é um pormenor de somenos importância que apenas reflecte as vivências do realizador. Existe, igualmente, uma componente fantástica sugerida: possessões dos personagens ou possessão do seu realizador pelo filme anterior?  
 
E o próprio cinema dos primórdios não era visto como uma arte sobrenatural, as pessoas acreditando que as imagens eram espíritos?  

Silvia Souto e Cunha, Visão, Dez 2005

 

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O amor é bizarro  
 
O filme de João Pedro Rodrigues já conquistou três prémios internacionais.
 
Odete não é um filme português convencional. Pelo tom mórbido, mas acutilante, a película de João Pedro Rodrigues, que hoje chega às salas, cumpre o 'cliché' de não deixar ninguém indiferente.  
 
Quer se goste ou não, esta história de amor e obsessão assombra. Odete é louca, desvairada, possessiva de um amor ausente, que não o dela... ou poderá ser?  
 
A película foi apresentada no Festival de Cannes, França, onde recebeu o prémio 'Cinemas de Recherche'. Na Colômbia, conquistou o troféu de melhor filme em Bogotá. Em Belfort (França), Ana Cristina Oliveira, a protagonista, viu o seu desempenho reconhecido com o prémio de Melhor Interpretação Janine Bazin. São três excelentes 'cartões de visita' para um filme que, valendo muito pela fotografia, é arrojado, cru e transpõe barreiras. As da morte, em particular.  
 
Poderá um amor vingar depois da morte? Ou renascer, num outro corpo? É assim, bizarro, o argumento de João Pedro Rodrigues e Paulo Rebelo. Vida/morte, homossexualidade, relações entrecruzadas numa história de afectos, intensos, obsessivos... até ao limite.  

Sofia Canelas de Castro, Correio da Manhã, 29-12-2005

 

 

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Poderemos dizer que a beleza compulsiva e as fulgurantes pulsões que percorrem toda esta segunda obra de João Pedro Rodrigues derivam do outro mundo, isto porque depois do belíssimo preludio – poucas vezes um “close up” e uma jura de amor eterno foram tão belos e terminais – todos os corpos e todos os rostos surgem assombrados pela incapacidade de fazer um luto e de ultrapassar um fim, num desespero olímpico que conduz esses corpos e esses rostos magoados a forçarem todos os limites verosímeis e credíveis em busca de um desejo e de uma obsessão, possuídas por forças inclassificáveis que não controlam e que conduzem inevitavelmente á destruição de todas as barreiras físicas e sexuais, é o enaltecimento absoluto do amor.

Tão forte e tão sublime, tão desesperadamente romântico, passa por aqui o fetichismo lúgubre de hitchcock, Vertigo claro, do melodrama de Sirk e o melhor cinema romântico do período clássico americano, bem como o distanciamento revelador de Bresson…amalgama híbrida e originalíssima de um cinéfilo compulsivo em direcção a uma catarse própria.

E depois de “O Fantasma” eis que se podem sentir vibrantemente todas as marcas autorias do realizador: a perfeição e genialidade dos movimentos de câmara e dos enquadramentos, a beleza inaudita da fotografia de Rui Poças, um som envolvente e muito bem criado e aqui uma banda sonora luxuriante e apropriadíssima…e depois o prolongamento e não a repetição dos temas do filme anterior, aliás este filme com todas as variações do antecessor podia-se chamar também “O Fantasma”.


José Miguel Oliveira, rollcamera.blogspot.com

 

 

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Poderemos dizer que a beleza compulsiva e as fulgurantes pulsões que percorrem toda esta segunda obra de João Pedro Rodrigues derivam do outro mundo, isto porque depois do belíssimo preludio – poucas vezes um “close up” e uma jura de amor eterno foram tão belos e terminais – todos os corpos e todos os rostos surgem assombrados pela incapacidade de fazer um luto e de ultrapassar um fim, num desespero olímpico que conduz esses corpos e esses rostos magoados a forçarem todos os limites verosímeis e credíveis em busca de um desejo e de uma obsessão, possuídas por forças inclassificáveis que não controlam e que conduzem inevitavelmente á destruição de todas as barreiras físicas e sexuais, é o enaltecimento absoluto do amor.

Tão forte e tão sublime, tão desesperadamente romântico, passa por aqui o fetichismo lúgubre de hitchcock, Vertigo claro, do melodrama de Sirk e o melhor cinema romântico do período clássico americano, bem como o distanciamento revelador de Bresson…amalgama híbrida e originalíssima de um cinéfilo compulsivo em direcção a uma catarse própria.

E depois de “O Fantasma” eis que se podem sentir vibrantemente todas as marcas autorias do realizador: a perfeição e genialidade dos movimentos de câmara e dos enquadramentos, a beleza inaudita da fotografia de Rui Poças, um som envolvente e muito bem criado e aqui uma banda sonora luxuriante e apropriadíssima…e depois o prolongamento e não a repetição dos temas do filme anterior, aliás este filme com todas as variações do antecessor podia-se chamar também “O Fantasma”.


José Miguel Oliveira, rollcamera.blogspot.com

 

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Como reproduzir o quotidiano? Mas será que, ao filmar, se «reproduz» algo ou alguma coisa? Não será que filmar é inventar outro mundo, não alternativo, mas colado ao primeiro, como se o real se dilatasse cada vez que o filmamos, pensamos ou apenas imaginamos?

João Pedro Rodrigues é um cineasta dessas perguntas e respectivas inquietações. E também do estranho realismo fantástico que elas atraem. Era assim em «O Fantasma», volta a ser assim em «Odete», um filme sobre o amor literalmente mais forte que a morte — não apesar da morte, mas através dela.

 

João Lopes, cinema2000

 

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Quem viu O Fantasma, a anterior longa-metragem de João pedro Rodrigues, sabe até onde é que as personagens estão dispostas a chegar. Alteram a sua natureza (vão ao fundo dela?), dissolvem-se no mundo da fábula. Há sexo depois da morte.

Vasco Câmara - Público, 6-8-2004

 

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Odete incendeia... É uma fita de uma beleza pungente, fornecendo a Ana Cristina de Oliveira a sua primeira grande possibilidade de se afirmar como actriz. A sua beleza plasma-se em sofrimento e transfiguração até se tornar uma entidade andrógina, perturbadora de imaginários. Nuno Gil, o protagonista masculino, estreia-se no cinema com um desempenho fisicamente marcante que o olhar de João Pedro Rodrigues agasalha.

Este cintilante filme de João Pedro Rodrigues é a invenção de uma história de amor extremada e impossível, num registo que nos intriga, depois confunde, a seguir espanta e logo deslumbra. Protagonizada por Ana Cristina de Oliveira (descobre-se uma actriz!) e Nuno Gil.

 

Jorge Leitão Ramos - Expresso, Portugal, 28-5-2005

 

 

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Estreado na última semana do ano "Odete" corre o risco de cair no esquecimento do público, seja pelo encobrimento de outros títulos (“Corpses Bride” ou “King Kong”), seja pelo facto de ser um filme português.

Em boa verdade é um poema em bruto, um filme sobre um fantasma que não se vê apenas se sente, um filme de amor, de ausências, de obsessões e de morte.
Cada personagem vale o que vale, o espaço é uma personagem, o som (silêncio) é uma personagem, cada corpo cada objecto fazem parte de uma personagem. Que espaço existe? Pouco, mais visível no início, escuro e escondido no final. Sempre fotografado com detalhe cada personagem se sobrepõe a um espaço real, sendo o espaço um complemento interior de cada personagem.
Cada personagem são seres deslocados, seres alienados, destruidos alimentados por desejos e obsessões. Cada personagem alimenta-se de situações limites, praticamente inacreditaveis, que apenas acentuam o sentido poético da obra de João Pedro Rodrigues.

São os toques «sobrenaturais» que João Pedro Rodrigues dá a um mundo real (pelo menos para alguns) que tornam "Odete" uma obra tão deslumbrante, seja o vento que inrompe pela janela, ou a imensa chuva que se abate sobre o casal no momento da «despedida», ou ainda pelo brutal e cruel plano final onde temos a aceitação, ou a mera presença eterna do «amor».

Podemos concerteza afirmar que é uma obra romântica, o sentimento rege todo o filme, seja a perda ou a necessidade de ocupar um espaço vazio na própria vida ou na vida do próximo.
"Odete" é filmada de forma crua, inicialmente como um confronto, o fabuloso campo contra campo do velório, é um exemplo claro de invasão de espaços que mais tarde é nada mais que uma aproximação vital para a vida de ambos.

Muito mais poderia ser dito em relação a "Odete", mas um segundo visionamento permitirá extrair ainda mais a elegância da câmara de João Pedro Rodrigues, assim como todos os pequenos detalhes que constroem toda a narrativa, a quente "Odete" é uma obra que nos mantem frios e fechados, mas passadas algumas horas é como se o “fantasma” nos falasse ao ouvido e nos abrisse uma nova visão sobre um amor eterno.

Mabsinto, Em Cena (blog)

 

 

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(…) João Pedro Rodrigues filma muito bem, muitíssimo bem mesmo, e, sem hesitação, pode hoje ser considerado um dos melhores cineastas portugueses com 30 e tal anos de idade. Como de resto, quer a sua curta metragem de estreia (Parabéns, 1997), quer a sua primeira longa (O Fantasma, 2000) o prenunciavam. Odete confirma-o, confirmando também a sua capacidade de direcção de actores. Nuno Gil, no protagonista masculino, e Teresa Madruga, entre os secundários, têm duas interpretações magistrais. O que, se no caso de Teresa não é de espantar (ela é uma das nossas grandes actrizes de cinema), já no de Nuno (um estreante) deve ser realçado.

JPR possui algo mais: aquilo a que podemos chamar uma memória de cinema. Em Odete isso é particularmente visível nos diversos piscar de olho cinéfilos a toda uma casta de clássicos do melodrama. Diga-se, contudo, que, em caso nenhum, se trata de “cópia”, antes de um assimilar perfeito de um universo possuído pela paixão, o qual JPR como que importa para a sua própria visão do mundo e das relações afectivas, invariavelmente marcadas pela homossexualidade. Relações afectivas sempre também (pelo menos nas suas duas longas metragens, mas, igualmente, de outro modo, na curta inicial) habitadas pela morte, pela violência e pela perversão; jamais pelo amor. As virtualidades da câmara de JPR,o seu rigor estético, a espantosa criatividade da sua mis-en-scène, a revelação de uma cidade obscura e desconhecida têm uma direcção única e inexorável: um “buraco negro”, em cujo vórtice as personagens se afundam sem remédio. (…)

 

Rodrigues da Silva, Jornal de Letras, 18 jan 2006

 

 

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A música de "Odete"

 

O cinema de João Pedro Rodrigues possui uma musicalidade que lhe é própria, uma linha melódica que oscila entre o austero e o lírico, visceralmente ligados à sua escrita, à sua «découpage» e sobretudo aos impulsos da sua «mise-en-scène». «O Fantasma», que apesar de tudo se relacionava com a música tal como uma oração apela ao silêncio absoluto, evocou-me uma improvável aproximação entre a modernidade romântica de Schöenberg e a virulência não menos romântica de um grupo como os Einstürzende Neubauten. Quando o realizador me fez o convite para trabalhar em «Odete» e começámos a reflectir sobre o seu tratamento sonoro, pressentimos em conjunto que o tema exigia, desta vez, um conflito mais frontal, mais alusivo à musica. Ela deveria integrar-se no quotidiano profissional de Odete, Pedro ou Rui, incarnar um laço amoroso, e em simultâneo sublimar o percurso das personagens. Tratou-se, em primeiro lugar, de estar o mais perto possível do comentário hollywoodiano de compositores como Frank Skinner e Joseph Gershenson, tal como ele surgia para magnificar os dramas de Douglas Sirk. Por outro lado, certos aspectos do argumento e da montagem de «Odete» transgrediam abertamente a base lírica do melodrama de estúdio, apoderavam-se dela internamente para a interpretar, a transformar e a integrar nos objectivos do realizador. Objectivos mais livres, mais inquietantes, mais poeticamente subversivos. De certa forma, «Odete» chegou-me às mãos como um melodrama flamejante e pós-hollywoodiano que teria a inteligência permanente de recusar qualquer ortodoxia neo-clássica.
 
 
Desde o início, sabíamos que uma partitura clássica embalsamaria o filme, e que, na melhor das hipóteses, ela não se tornaria mais do que um comentário elegante, um suplemento fácil de empatia, lá onde parecia essencial que a partitura fosse consubstancial às personagens, à sua dor, à sua sexualidade, à sua contemporaneidade. Do mesmo modo, João Pedro Rodrigues não desejava trabalhar com um compositor, antes criar uma ligação mais directa entre a música que rodeia as personagens nos seus locais de trabalho (a discoteca, o supermercado) e a música que aquelas sugerem.
 
 
A ideia de utilizar «Moon River», tema tingido de doçura e melancolia que serviria de emblema ao amor de Pedro e Rui, impôs-se ao longo do trabalho e implicou a modificação de uma cena. De seguida, graças à exigência e à tenacidade de João Pedro Rodrigues, tivémos a felicidade de trabalhar durante um longo período de tempo em Lisboa, desde a montagem final até às misturas. Havia imensas questões sem resposta, e começava a parecer difícil definir um estilo de música por personagem e por relação («easy listening» para Odete, «rock» e «techno» para Rui, música hollywoodiana para Pedro e as suas aparições) sem correr o risco da heterogeneidade, de uma fragmentação demasiado evidente, de partir num sentido que prejudicaria a estética geral do filme e colocaria em causa a sua coêrencia. Experimentámos em conjunto inúmeros trechos musicais de fontes distintas, procurando, para cada cena, o ênfase lírico e o contraponto dramático, até aproximar, o mais possível, os malabarismos subtis e permanentes do filme com as convenções do melodrama americano.
 
 
O equilíbrio que esperamos ter atingido, se o atingimos, deve muito a uma frase que me confessou João Rui Guerra da Mata, colaborador regular de João Pedro Rodrigues e responsável pela direcção artística do filme: «O meu assistente ficou chocado com a justaposição de um cartaz dos anos 50 e de um poster dos Sex Pistols. Compreendi o espanto, mas respondi-lhe que a coerência vinha certamente mais da beleza de cada uma das imagens, «a priori» antinómicas, que da verosimilhança ou do realismo da decoração pelos quais outro realizador talvez tivesse optado.» O mesmo se passou com a escolha musical: tentar criar pontes entre Heitor Villa-Lobos e Lydia Lunch, entre a intimidade quase rústica de Greg Brown e a energia electrónica dos jovens franceses do grupo M83. Espero que o resultado seja convincente e, se o é, deve-se principalmente à acuidade estética do autor do filme, cujo percurso cinematográfico e humano modestamente acompanhei, com muita honra. «Odete» é até hoje o filme de que mais me orgulho em ter colaborado.
 
 
 
 
As canções da banda sonora de «Odete»:
 
 
1. BANJO MOON (letra de Greg Brown), interpretação de Greg Brown
 
2. MOON RIVER (Johnny Mercer e Henry Mancini), de Il Carlo
 
3. SUMMER (Olivier Bombarda), de Olivier Bombarda
 
4. BOTH SIDES NOW (Joni Mitchell), de Andy Williams
 
5. NEVER MY LOVE (Don and Dick Addisi), de Bert Kaempfert
 
6. HAPPINESS (Bill Anderson), de Ken Dodd
 
7. SONG OF THE BLACK SWAN (Heitor Villa-Lobos), de Pink Martini
 
8. SMELLS LIKE TEEN SPIRIT (Kurt Cobain, Dave Grohl, Krist Novoselic), de Scala
 
9. LADY (Bert Kaempfert, Herbert Rehbein, Charles Singleton e Larry Kusik), de Jack Jones
 
10. M. DUPOND (Stefano Ghittoni e Cesare Malfatti), de The Dining Rooms
 
11. KANGAROO (Alex Chilton), de Big Star
 
12. HAVE MERCY ON ME (Johann Sebastian Bach), de Ekseption
 
13. CHAMPAGNE, COCAINE AND NICOTINE STAINS (Del Rio, Grenas, Lunch), de Lydia Lunch with The Anubian Lights
 
14. BROKEN BELL (Graham Reynolds), de Friends of Dean Martinez
 
15. MOON RIVER (Johnny Mercer e Henry Mancini), de Henry Mancini and his orchestra
 
16. A PERFECT SONNET (Conor Oberst), de Bright Eyes
 
17. SITTING (Anthony Gonzales e Nicolas Fromageau), de M83
 
18. NINE LIVES (Paul Varjak), de Paul Varjak
 
 
 
Texto de Frank Beauvais*
,"Expresso", 29 Dezembro 2005
 

*Frank Beauvais - Consultor musical de «Odete». Crítico de cinema, foi responsável pela selecção artística do «Entrevues - Festival International de Belfort», em França, entre 1999 e 2002. Realizou em 2005 a sua primeira curta-metragem, «À Genoux»

 

 

 

 

 

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