direction de la photographie Rui Poças
La gueule que tu mérites
de Miguel Gomes
Revue de presse
La sortie
de “A Cara que Mereces “ a eu un grand impact dans la critique de cinéma
portugaise, après avoir impressionné les critiques des Cahiers du Cinéma : “Un
film portugais a été cité comme l’un des meilleurs films de 2004 par un des
rédacteurs de la revue française Les Cahiers du Cinéma. (..) Jean-Philippe Tessé
a choisit “A Cara Que Mereces“, de Miguel Gomes. (...)” , annonçait le journal
Público à la mi-février.
Jean-Philippe Tessé avait déjá cité le film dans le numéro de
décembre des Cahiers: “(...) Beauté supérieure du premier long-métrage de
l’ex-critique de cinéma Miguel Gomes. Remarqué pour ses courts métrages, Gomes
signe avec ” A Cara Que Mereces” un Peter pan à la portugaise, entre Kitano,
Céline et Julie et les septs nains (sans blanche Neige). Ferme dans ses choix
radicaux, le film développe une fantaisie sonore et visuelle qui a déjà séduit,
du Portugal au brésil, plus d’un collaborateur des Cahiers (...)”.
“(...)
A Cara que Mereces, film qui se décline entre l’"affabulation" et l’"affabulé".
Ni métaphorique, ni littéral : il se situe quelque part entre les deux, dans un
no man’s land que le film recherche, trouve et alimente jusqu’à la fin (jusqu’à
ce qu’il n’y ait vraiment plus personne sur terre).
(...) un film qui brise tous les liens "automatiques" au réel,
qui conduit le spectateur (en douceur) vers un modèle de réalité et un registre
de représentation (vers un "monde") aux règles inventées (et définies avec
précision) par le propre film. Le spectateur, comme dirait Straub, est "libre"
d’accepter ou non, mais une fois dedans, il n’y a pas de retour possible: le
"monde" se déroule de manière fluide et fidèle à ses prémisses, et ne reviens
jamais en arrière.
(... ) Entre la métaphore et la
littéralité, A Cara que Mereces (c’est son seul côté jubilatoire) ne nous laisse
qu’une certitude possible: celle du cinéma, simultanément illusion et vérité. Et
un peu d’aventure, parbleu ! ”
Luis Miguel Oliveira, Público, 25 mars 2005
“Le premier long métrage de Miguel Gomes est un travail
particulier, risqué, sensible, polémique, tout ce que nous voulions trouver dans
une première œuvre qui embarrasse les “nouveaux censeurs du cinéma portugais”.
(...) c’est un film unique, avec le pouvoir d’invoquer l’origine
du cinéma sans jamais lui être dévot. C’est une des meilleures sorties du cinéma
portugais et cette caravane passera, étrangère aux bruits sans fondements. Tout
comme ses héros, c’est un film qui est prêt à accepter un pacte de générosité et
à partir à l’aventure. Partagez-la”.
Francisco Ferreira, Expresso, 25 mars 2005
“(...) Qui dédaigne A Cara Que Mereces réfute non seulement
cette tendance mais ignore la relecture post-moderne que permet la perspective
décontractée et faussement innocente de Gomes, et même le travail de recherche
exhaustive qui le sous-tend et qui le transforme, bien ou mal, en un cas
singulier. Basé sur une expérience personnelle et un inventaire populaire, les
peurs, les fantasmes, les manies et les astuces propres à l’enfance défilent, de
manière inspirée, faisant de ce film une fable sur la croissance d’un homme qui
n’arrive pas à quitter l’enfance. Le tout saupoudré de l’ironie proverbiale qui
lui est habituelle(...)"
" Il est
impossible de ne pas se laisser aller à nouveau au pêché originel. Face à ce
nouveau film, le premier long métrage du réalisateur et ex-critique Miguel
Gomes, il est impossible d’éluder la question de son hypothétique positionnement
dans le contexte actuel du cinéma portugais, alors que certains théoriciens le
considèrent comme déjà disparu et d’autres, à travers la production actuelle,
doutent de la continuité entre le passé, le présent et le futur. Ou même de la
liaison avec ce qui vient de l’étranger.
Sous le prétexte de ce nouveau «mauvais exemple», celui de A
Cara que Mereces, certains sont venus défendre à nouveau la nécessité de
producteurs capables d’éliminer une fois pour toutes ´’inadéquation chronique du
cinéma national avec le public portugais et les défaillances récurrentes de sa
production. En ce qui concerne la dernière question, la diction inappropriée des
acteurs pour un film musical est montré du doigt, alors que sont passés sous
silence le travail de photographie enchanteur de Rui Poças ou le son appliqué de
Vasco Pimentel, pour ne pas parler du montage de Sandro Aguilar, comme
d’habitude, irréprochable, comme l’est d’ailleurs toute l’équipe de production
de O Som e a Fúria. (...)".

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