18 mars 2006
Dans les hautes sphères de Radio-Canada, il existe une nouvelle ouverture d'esprit et même un intérêt certain pour ramener le sport à l'antenne. II est grand temps....
La période en cours démontre l'urgence de la situation. Pour voir Alexandre Despatie, Chantal Petitclerc, Maryse Turcotte et compagnie aux Jeux du Commonwealth à Melbourne, le public francophone doit se tourner vers CBC, qui offre un résumé d'une heure tous les jours sauf aujourd'hui à cause du curling.
« En ce moment, nous n'avons pas le budget », déplore le directeur des sports de la SRC, Daniel Asselin, qui n'a rien à voir avec cette situation anormale.
Par ailleurs, pour suivre Joannie Rochette, le couple Marie-France Dubreuil et Patrice Lauzon et autres Québécois aux championnats du monde de patinage artistique à Calgary dès lundi, on devra encore syntoniser CBC, qui diffusera en soirée aux heures de grande écoute.
II faudra aussi se tourner vers les chaînes anglaises, que ce soit CBC ou Sportsnet, pour voir le quatuor de Jean-Michel Ménard au championnat canadien de curling ou François Bourque et Geneviève Simard (les chefs de file de l'équipe canadienne, Erik Guay étant blessé) aux finales de la Coupe du monde de ski alpin ce week-end.
Nul doute que la décision de Radio-Canada de retirer l'émission Adrénaline, l'automne dernier, fait mal paraître les décideurs lors d'une année au cours de laquelle noss athlètess multiplient les excellentes performances.
« Je sens toutefois un vent favorable envers le sport; il y a même des choses qui sont à l'étude », indique Asselin au sujet des tractations en haut lieu.
Le manque d'argent n'est pas en cause
Le voyage à Turin de Mario Clément et de Robert Portelance, respectivement patron des émissions et des ventes publicitaires, a fait prendre conscience d'une disparité. C'est tant mieux. L'excuse du manque d'argent ne tient pas la route.
Qu'on enlève seulement deux épisodes d'une série qui coûte 700 000 $ de l'heure à produire et on va tout de suite récupérer 1,4 million au budget.
« Le problème de la diffusion du sport en français ne se situe chez les dirigeants à Montréal, mais plutôt à Ottawa, où le président Robert Rabinovich insiste pour faire de la SRC une chaîne culturelle », explique Raymond Coté, président de Sports Québec.
Le sport, c'est plus que les Jeux olympiques tous les deux ans que Radio-Canada fait très bien, soit dit en passant.
L'excellence sportive est une réalité au Québec et Radio-Canada doit cesser d'envoyer les téléspectateurs voir nos athlètes à CBC au nom de son statut de télé publique.
À propos, le nouveau vice-président Sylvain Lafrance a réagi vite et bien en ramenant Le Téléjournal à 18 heures dès son entrée en poste.
Le moment est venu de corriger l'anormalité et l'inégalité qui existe au Québec dans le sort par rapport au public anglais et à CBC.
Est-ce clair ?
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