26 février 2006

Les filles de Sylvie Bernier ont vu leur mère redevenir athlète
Les filles de Sylvie Bernier n'étaient pas nées quand leur mère a épaté le monde en remportant une médaille d'or olympique en plongeon, aux Jeux de Los Angeles, en 1984.

Catherine, Annabelle et Florence sont âgées de 14, 12 et 10 ans. Bien sûr, on leur a raconté l'histoire de la médaille de leur mère sous toutes ses coutures. Elles ont grandi aux côtés de ce petit objet doré, tant convoité par ces temps olympiques. Elles ont vu maintes fois des vidéos de l'exploit et leur mère fait encore des back flips dans la piscine familiale à Rosemère.
« Imaginez, à 42 ans, il faut lui dire de se calmer », rigole l'aînée, Catherine.
Mais jusqu'aux Jeux de Turin, les filles de Sylvie Bernier étaient surtout impressionnées par ce qu'elles appellent « l'après-médaille » : la photo de leur mère dans la section sport d'un livre d'anglais à l'école, un professeur qui découpe la signature de leur mère au bas d'un devoir, un monsieur poilu qui veut un autographe sur sa bedaine dans un grand magasin, etc.
« En temps normal, l'effet médaille en moins, ma mère est pareille -pareille comme une mère », souligne Annabelle, le plus sérieusement du monde.
« Elle nous regarde aller, elle nous chicane... Mais quand elle a été nommée chef de mission adjointe de la délégation canadienne à Turin, c'est comme si l'athlète olympique en elle était réapparue ! »
Enchantée de reprendre du service au sein de l'équipe olympique, Bernier a recommencé à s'entraîner sérieusement - elle fait du spinning sur vélo stationnaire - et s'est mise à cuisiner de la bouffe « bio-grano ».
Elle a téléphoné à chaque médaille
« Depuis qu'elle est là-bas, elle a téléphoné à chaque fois que le Canada a gagné une médaille, on ne pouvait rien manquer », poursuit Catherine.
« C'est vraiment quelque chose de la sentir si passionnée par sa mission.
« C'est comme si on avait toujours su qu'elle était une championne olympique, mais là, on le voit. »
Cela dit, aucune des filles de Sylvie Bernier ne caresse le rêve olympique.
Elles sont toutes sportives et font toutes un peu de compétition pour le plaisir, mais il est hors de question de prendre la direction du sport d'élite.
« On connaît trop bien les deux côtés de la médaille», dit la petite Florence.
« Maman avait 39 ans quand elle a finalement terminé ses études universitaires », ajoute-elle, avec une mine qui laisse croire que ça ne lui arrivera pas, à elle.
Catherine veut travailler dans les communications comme sa mère, mais sans faire le détour par la compétition sportive. Elle fait du ski et de l'escrime, mais juste pour le plaisir.
« J'ai fait un peu de plongeon, mais ma mère m'a vite encouragée à sortir de là, car on me comparaît tout le temps », confie-t-elle.
Florence fait de l'équitation et du trapèze alors qu'Annabelle fait des compétitions de cheerleading.
« On préfère pratiquer beaucoup de sports juste pour le plaisir plutôt que de consacrer notre jeunesse à la performance et commencer à vivre à 25 ans » résume Catherine.
Comme je m'étonne de cette grande sagesse si jeune, le mari de Sylvie Bernier et l'heureux père du trio d'adolescentes, Gilles Cloutier, sourit et explique.
Le couple a décidé de promouvoir le sport-loisir-santé auprès de ses filles, plutôt que la course à la performance.
De toute façon, il faut être «spécial» pour être un athlète olympique, continueront les filles.
« Notre mère est une personne extrême, c'est difficile de l'arrêter », confie Catherine.
« Même en vacances, elle veut nous faire escalader un volcan », ajoute Florence, encore sous le choc du dernier plan de son athlète de mère pour leurs vacances au soleil en famille, durant la semaine de relâche.
Ce sera le premier voyage de la famille « absolument sans travail », expliquent, avec bonheur, les trois jeunes filles.
« Mais on ne peut pas trop se plaindre, car on aimerait bien aller à Pékin avec maman si elle est encore de la délégation », s'empressent-elles de préciser.
« On suit beaucoup la carrière d'Alexandre Despatie. »
Des Alpes italiennes au mont Gabriel
Attendue mardi à Montréal, Sylvie Bernier sera de retour sur les pistes enneigées deux jours plus tard, cette fois-ci au mont Gabriel dans les Laurentides.
Bernier et son aînée, Catherine, participeront jeudi à la Compétition de ski au bénéfice des personnes atteintes de fibrose kystique, en collaboration avec les athlètes d'élite.
Plusieurs autres athlètes olympiques et compétiteurs de haut niveau seront aussi de l'événement, dont Bruny Surin (médaille d'or relais athlétisme, Jeux d'Atlanta, 1996), Mélanie Turgeon (Championne du monde en descente) et Lucie Guay (médaillée olympique, kayak, Sarajevo, 1984).
C'est Ken Read, une légende du ski olympique, qui a créé ces journées de ski pour la fibrose kystique, à la naissance de son neveu, atteint de la maladie. Andrew, le neveu, a maintenant 22 ans, c'est un ingénieur et il émerveille tous ceux qui participent à la cause depuis que le grand skieur les a ralliés. Pour savoir la suite de l'histoire, il faut skier avec Sylvie Bernier et Catherine, jeudi au mont Gabriel. N'oubliez pas votre chèque.
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