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6 juin 2005

Despatie évite la catastrophe

London - Des Championnats du monde aquatiques sans sa grande vedette et porte-parole dans son épreuve principale ?

Farfelu à première vue, ce scénario catastrophe est venu bien près de se matérialiser aux Championnats canadiens de plongeon, hier, à London.

Après avoir reçu zéro point pour un plongeon raté en préliminaires, Alexandre Despatie a dû batailler ferme pour surmonter le déficit et ainsi gagner le trois mètres de façon beaucoup plus serrée que prévu.

Même s'il n'était pas totalement satisfait de sa prestation en finale, Despatie a néanmoins devancé Arturo Miranda et Philippe Comtois. Despatie, 20 ans mercredi, et Miranda, 34 ans, seront donc les deux représentants canadiens au tremplin de trois mètres.

Après la compétition, Despatie, déjà forfait au 10 mètres, a confirmé que la catastrophe n'était pas qu'une - autre ? - lubie de journaliste. Lui aussi a eu peur, au même titre probablement que le directeur général des Mondiaux, René Guimond, présent à la compétition.

« J'en parlais avec Arturo et je le lui disais : Admettons que je ne me sélectionne pas ? Il me disait de ne pas m'inquiéter, mais je savais que j'avais un plongeon de moins que tout le monde. Ce n'est pas du tout la même game. C'était vraiment important que je réussisse à revenir fort ce soir », a raconté un Despatie soulagé.

Lors des préliminaires de la matinée, le médaillé d'argent olympique de la discipline a été privé de point sur son troisième plongeon, un triple saut périlleux et demi renversé. Il ne l'a tout simplement pas exécuté.

Insatisfait de son approche, Despatie a d'abord stoppé son élan sur sa première tentative, ce qui lui a valu un « refus » et une déduction de deux points pour chaque note des juges. Il lui était arrivé la même chose lors du Grand Frix de Fort Lauderdale, compétition internationale qu'il a néanmoins gagnée à la mi-mai.

À sa deuxième tentative, il était encore moins à l'aise sur son approche. Un deuxième « refus » équivalant à un plongeon manqué, il s'est tout simplement laissé tomber à l'eau.

« Je n'ai pas été capable de travailler comme il faut de la semaine sur ce tremplin-là. C'est assez frustrant », a expliqué Despatie après sa victoire.

Faut-il s'inquiéter de cet incident à l'approche des Mondiaux ? « Pas du tout, a tranché Larouche. Ça fait partie du plongeon. Alexandre semblait un peu faible et pas aussi alerte qu'à l'habitude cette semaine. Il est revenu fort cet après-midi, et c'est bon pour lui. »

Quant à Miranda et Comtois, ils ont inversé les rôles par rapport aux dernières sélections olympiques. Miranda a pris l'avance en matinée et n'a jamais laissé à son rival la chance de revenir.

« Arturo a très bien plongé, il a fait ce qu'il fallait. J'ai fait de petites erreurs en finale, mais rien qui m'aurait permis de le rattraper de toute façon », a expliqué Comtois, qui doit conclure sa carrière aux Mondiaux de Montréal.

En théorie, Comtois doit prendre part au trois mètres synchro en compagnie de Miranda.

Ce dernier fait toutefois face à une suspension de six mois à la suite d'une relation sexuelle avec une plongeuse de 15 ans, survenue il y a 14 mois. Miranda interjette présentement appel de cette suspension imposée par un comité de discipline de Plongeon Canada. Âgé de 33 ans à l'époque, il était le coéquipier et l'entraîneur à temps partiel de la jeune plongeuse.

À ce sujet, Comtois a déclaré samedi à La Presse que c'était bien que les dirigeants de Plongeon Canada « mettent leurs culottes et prennent leurs responsabilités ». « Il le mérite » a-t-il ajouté en faisant référence à la possible suspension à laquelle fait face son coéquipier.

Hier, Comtois n'a pas voulu en rajouter, se contentant de dire que la décision n'était pas de son ressort. « Je n'ai rien d'autre à dire que je vais plonger aux Championnats du monde, c'est tout. »

Plongeon Canada refuse de dire quand la décision de son comité d'appel sera rendue, ni si elle le sera avant les Mondiaux.

10 m femmes: comme à Athènes
Les jeunes Roseline Filion, Marie-Ève Marleau, Meaghan Benfeito et Carol-Ann Ware ont offert leurs meilleurs efforts, mais elles n'avaient tout simplement pas les capacités pour déloger Émilie Heymans et Myriam Boileau, les deux représentantes canadiennes à la plate-forme de 10 mètres aux Jeux olympiques d'Athènes.

Impériale, Heymans a remporté son 25e titre canadien, hier après-midi, à London, amassant 973,02 points pour devancer Boileau (832,44) et Filion (789,39). Heymans, du club CAMO, et Boileau, du club de Pointe-Claire, ont donc été sélectionnées pour les Mondiaux de Montréal.

Régulière comme une horloge, Heymans a enfilé les entrées presque parfaites, s'attirant les neuf et même un 10 des juges.

« Je n'ai manqué aucun plongeon. Je suis vraiment contente d'avoir été capable de maintenir l'intensité tout au long de la compétition », a raconté la double médaillée olympique, qui croyait avoir réussi son deuxième pointage à vie.

Selon toute vraisemblance, les trois mois et demi de congé que s'est accordés Heymans au terme des JO d'Athènes lui ont fait le plus grand bien. Le fait de se concentrer sur une seule épreuve, contrairement à quatre à Athènes, a aussi considérablement réduit sa charge à l'entraînement.

La plongeuse de 23 ans souhaite maintenant travailler sur sa constance en prévision des Mondiaux, où elle défendra son titre de championne du monde.


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