5 juin 2005
LONDON - Arturo Miranda, plongeur canadien d'origine cubaine sélectionné pour les Championnats du monde de sports aquatiques, fait face à une suspension de six mois qui pourrait l'empêcher de participer à la compétition qui aura lieu le mois prochain dans l'île Sainte-Hélène.
Déjà sélectionné au trois mètres synchronisé, Miranda, 34 ans, tentera aujourd'hui de se qualifier pour l'épreuve individuelle dans le cadre des Championnats canadiens de plongeon qui ont lieu à London.
En mars, un comité de discipline de Plongeon Canada lui a imposé une suspension de six mois après avoir reçu une plainte d'une jeune plongeuse de 15 ans selon laquelle Miranda a eu une relation sexuelle avec elle, d'après un article publié hier dans le Toronto Star.
Âgé de 33 ans à l'époque, Miranda était le coéquipier de la jeune fille, une athlète prometteuse de la région montréalaise, en plus d'avoir été son entraîneur à temps partiel. L'incident s'est déroulé dans la chambre d'hôtel de la plongeuse à l'occasion des Championnats canadiens d'hiver, à Calgary, en mars 2004.
La sanction devait être effective le 1er avril, mais Miranda a interjeté appel auprès de Plongeon Canada et il n'a pas manqué une compétition depuis.
Ayant porté plainte il y a 14 mois, la famille de la plongeuse ressent de plus en plus de frustration devant la longueur du processus. Une plainte a également été déposée à la police de Calgary, mais aucune accusation n'a été portée.
Directeur par intérim de Plongeon Canada, Benoit Séguin a reconnu hier qu'un processus disciplinaire était en cours, mais il a refusé de confirmer l'identité des personnes impliquées.
« Pour l'instant, le processus suit son cours. Le comité d'appel mis sur pied par Plongeon Canada fait ses recherches et son travail, mais je ne peux pas donner plus de détails. Je commenterai une fois la décision prise. Le processus se déroute à l'intérieur de nos moyens, et ce, de façon professionnelle, dans le respect des parties impliquées. Est-ce trop long ou trop court ? On travaille à l'intérieur des politiques en place », a indiqué M. Séguin lors d'un entretien téléphonique.
M. Séguin a refusé de dévoiler l'identité des membres du comité d'appel, précisant néanmoins qu'ils « n'étaient pas nécessairement liés au monde du plongeon ».
De son côté, Miranda, qui a longtemps plongé dans la région de Montréal, n'a pas voulu commenter l'histoire lorsque La Presse l'a invité à le faire au terme de la compétition, hier soir. « C'est très malheureux qu'une telle chose vienne porter ombrage aux Championnats nationaux de plongeon. J'adorerais vous donner ma version complète de ce qui est arrivé, mais depuis le début du processus, les deux parties ont convenu d'un accord de confidentialité. De toute évidence, l'autre partie n'a pas suivi cette règle. Je veux continuer à respecter ma partie de l'accord, et après tout ça, je m'attends à être exonéré de tout blâme », a déclaré Miranda.
Ce dernier s'est entraîné à Miami pendant la majeure partie de la dernière année. En 2000, il a été choisi par l'équipe canadienne, mais la fédération cubaine a refusé de le libérer.
Dans une entrevue au Toronto Star, la plongeuse, qui participe malgré tout à la compétition de London, a relaté sa version de cette relation à laquelle elle dit ne pas avoir consenti.
En mars 2004, alors qu'elle était seule dans sa chambre, Miranda aurait cogné à la porte, disant vouloir discuter de son épreuve du lendemain. Elle l'a laissé entrer, il s'est assis sur le lit et il a commencé à parler.
« Je suis allée à la toilette, il m'a suivi m'a prise par les hanches, m'a retournée et m'a embrassée. Je l'ai repoussé et j'ai dit : « Qu'est-ce que tu fais ? Non ! Ce n'est pas correct ! » a raconté la jeune fille.
Se disant confuse et en étant de choc, elle a cherché à effacer cet événement de ses pensées. Par la suite, les deux ont continué à discuter et ont regardé la télévision. Toujours selon la version de la plongeuse, Miranda aurait ensuite récidivé, réussissant cette fois à aller jusqwau bout.
Aujourd'hui, la jeune fille s'en veut de ne pas avoir opposé plus de résistance à Miranda, même si elle se sentait démunie et complètement isolée. Elle croyait que son premier refus avait été assez clair.
« J'y repense souvent, a-t-elle dit au Toronto Star. Je me souviens de ce qui est arrivé, mais vous savez, quand vous faites un rêve et c'est comme si vous vous regardiez ? C'était comme ça. C'était comme si j'étais là, mais je n'étais pas là. Quand ça se déroulait, c'était comme si je regardais ça arriver et j'étais immobile. J'étais comme un cadavre. »
Elle a tout déballé à ses parents à son retour à la maison. Ces derniers ont alors porté plainte.
Selon la décision unanime du comité de discipline de Plongeon Canada, le comportement de Miranda est une sérieuse contravention au Code de conduite de la fédération.
Notre revue de presse sur cette affaire
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