3 juin 2005
Blythe Hartley se qualifie pour les Mondiaux

LONDON - En plongeon, le tremplin de un mètre est une épreuve un peu bâtarde. Peu spectaculaire aux yeux des mordus, elle n'est pas présentée lors des Jeux olympiques ou sur le circuit Grand Prix, où on lui préfère le synchro. Seuls les Championnats du monde inscrivent le un mètre à l'horaire.
Le un mètre, c'est comme une descente en ski alpin sur une pente... du mont Saint-Bruno. Ou une course de 100 mètres sans bloc de départ. Ou un match de soccer intérieur. Ou de la nage synchronisée sans musique. Ou un match de roller-hockey. Bref, c'est bien beau, mais ce n'est pas la vraie affaire.
Pour tout dire, les plongeurs ne s'y entraînent pratiquement jamais. Tout au plus pratiquent-ils ces plongeons une semaine ou deux avant les championnats canadiens.
Mais en cette année de championnats du monde, il y a des médailles à l'enjeu. Et, comme on le sait, on ne niaise pas avec les médailles.
D'ailleurs, le Canada a d'excellentes chances de monter au moins une fois sur le podium lors de cette épreuve particulière aux Mondiaux de Montréal, le mois prochain.
Blythe Hartley a effectué un pas en ce sens, hier après-midi, à London, lors de la première journée des Championnats canadiens de plongeon. La plongeuse de North Vancouver a enlevé le un mètre haut la main, se qualifiant ainsi pour les Mondiaux.
Hartley a facilement devancé l'Albertaine Martha Dale. Les Québécoises Véronique Lemieux, Marie-Josée Lacroix, Meaghan Benfeito et Isabelle Mackrous, un quatuor de CAMO, ont suivi dans l'ordre.
Hartley, 23 ans, ne s'était pas alignée sur un mètre depuis les Mondiaux de 2003, à Barcelone, où elle avait remportée le bronze. Deux ans plus tôt, au Japon, elle avait gagné la première médaille d'or canadienne de l'histoire à des Championnats du monde aquatiques.
Malgré cet impressionnant palmarès, Hartley n'accorde que peu d'attention au un mètre.
« Je me concentre principalement sur le trois mètres. Le un mètre, je fais ça à temps perdu. L'an dernier, année olympique, je n'en ai pas fait du tout. Par contre, ça ne demande pas autant d'entraînement que les deux autres épreuves, beaucoup plus exigeantes techniquement », a expliqué Hartley après avoir cueilli sa médaille d'or.
Ainsi, chez les femmes, vous ne verrez pas de trois sauts périlleux et demi comme c'est le cas au trois mètres. À deux périlleux et demi, la limite est atteinte. Les gars, eux, se rendent jusqu'à trois et demi, par en avant.
Hier, Hartley, très régulière, a amassé 304,47 points, un excellent pointage pour elle. Sa meilleure marque au niveau national est de 315 points, tandis qu'elle a obtenu 300,81 points pour sa médaille d'or de 2001, un record mondial de l'époque.
Où se situe-t-elle sur la scène internationale à l'heure actuelle « Aucune idée, a franchement répondu la médaillée de bronze en synchro aux Jeux olympiques d'Athènes. En 2001, ça a été vraiment un choc de gagner l'or. Je voulais finir parmi les six premières. En 2003, je savais que j'avais des chances. »
Chose certaine, les Chinois, eux, auront une plongeuse spécifiquement préparée pour cette épreuve.
Hartley est la seule plongeuse canadienne à s'être automatiquement qualifiée au un mètre. Deuxième, Martha Dale devra attendre le résultat du trois mètres pour connaître son sort. Si, tel que prévu, Hartley est aussi sélectionnée sur trois mètres, Dale aura son billet pour Montréal.
| Dans le remous |
Despatie mutilé...
Oui, vous avez bien lu, Alexandre Despatie a été mutilé lors du Grand Prix de Fort Lauderdale, à la mi-mai. Les blessures sont encore apparentes - deux grosses brûlures de cigarette sur l'avant-bras gauche. Bon, n'appelez pas la police, c'est Despatie lui-même qui s'est infligé ce supplice. Il s'agit d'un pacte d'amitié avec le plongeur chinois Wang Feng. Despatie a même pris du retard. Feng est déjà rendu à quatre brûlures, contre trois pour le Québécois, qui promet cependant de se rattraper...
Dur, dur, la tour
L'épreuve de la plate-forme de 10 mètres n'est pas de tout repos pour le corps. Parlez- en à Émilie Heymans, qui soignait hier une légère blessure à une épaule avec de la glace. Il y a un mois, à Montréal, elle a dû se retirer de la Coupe Canada en raison d'un claquage à un bras. Une semaine plus tard, à sa première compétition internationale depuis les Jeux olympiques d'Athènes, Heymans a rebondi de belle façon, remportant le Grand Prix de Fort Lauderdale. Malgré cet excellent résultat, la championne du monde assure que les sélections nationales de London sont loin de représenter une formalité. « Il y a plusieurs bonne plongeuses, je ne peux pas me pogner le beigne », a imagé la championne du monde, hier après-midi. Les préliminaires et la demi-finale du 10 mètres féminin auront lieu cet après-midi.
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