1er d�cembre 2004


� Pour l'instant, c'est le trou noir, dit l'entra�neur du CAMO Michel Larouche.
On vient � la piscine et on sait qu'on ne fait pas une belle job. �
photo : Robert Mailloux
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Le blues de Michel Larouche

Les Jeux olympiques sont finis, les vacances aussi, et Michel Larouche croule sous le travail. Dire qu'il a le cafard serait peut-�tre forcer la note. Mais pas beaucoup. L'entra�neur-chef du club de plongeon CAMO a l'impression de faire du surplace, voire aller � reculons.

Depuis deux ans, l'entra�neur d'Alexandre Despatie et d'�milie Heymans ne vivait que pour les Jeux d'Ath�nes. Gr�ce au programme Objectif 2004, il pouvait travailler �troitement avec l'�lite de CAMO en vue du grand rendez- vous olympique. Des moments privil�gi�s pour ce perfectionniste qui ne cache pas que la rentr�e, � la mi-octobre, a �t� difficile.

� Pour l'instant, c'est le trou noir, dit-il, assis sur une chaise pliante sur le bord de la piscine du Centre Claude-Robillard. On vient � la piscine et on sait qu'on ne fait pas une belle job. Apr�s s'�tre g�t�, on retourne en arri�re. �

En vertu du programme Objectif 2004, le ratio entra�neur/athl�tes �tait de un pour cinq. Aujourd'hui, c'est un pour 12. � C'est clair pour nous qu'apr�s les Jeux, on entrait dans une phase de d�veloppement �, dit-il, pleinement conscient que les conditions sont loin d'�tre id�ales. � On n'offre pas un bon service � des athl�tes conune Alexandre Despatie ou �milie Heymans. On ne peut pas leur offrir toute l'attention qu'ils requi�rent. �

Michel Larouche reste quand m�me optimiste. Des discussions sont en cours avec le Centre national multisport de Montr�al afin de trouver de l'argent qui permettrait de le lib�rer pour qu'il passe plus de temps avec les plongeurs d'�lite. � Il n'y a rien de plus frustrant que de savoir que tu ne peux pas faire de travail de qualit�, dit-il. �a ne m�ne nulle part. �

Despatie en demande
Alexandre Despatie, lui, a poursuivi l'entra�nement, tout comme son partenaire en synchro, Philippe Comtois, qui souhaite tirer sa r�v�rence aux Championnats mondiaux aquatiques, en juillet 2005 � Montr�al. Despatie participera d'ailleurs ce week-end � sa premi�re comp�tition depuis les Jeux : le championnat Invitation CAMO, qui regroupera � Claude-Robillard plus de 200 plongeurs juniors et seniors de sept pays.

Sollicit� � de tous bords tous c�t�s �, pour employer les mots de son entra�neur, Despatie, m�daill� d'argent au tremplin de trois m�tres � Ath�nes, traverserait lui aussi un petit blues post-olympique. � Il doit concilier ses engagements avec l'entra�nement, ses activit�s sociales et sa famille, dit Michel Larouche. Il trouve �a difficile. Il n'a pas beaucoup de temps pour lui. Ce n'est pas �vident d'�tre toujours � 100 % quand tu as continuellement quelque chose derri�re la t�te. Apr�s les F�tes, il va falloir faire le grand m�nage. Alexandre va devoir faire des choix. �

Larouche a lui-m�me connu un apr�s-Jeux tr�s charg�. Il a multipli� les conf�rences et ne compte plus les r�ceptions auxquelles il a d� assister, en plus de son travail habituel. � C'est sept jours sur sept depuis le 18 octobre. C'est particuli�rement difficile et c'est la famille qui est en train d'�coper. �

Pendant ce temps, Plongeon Canada est en restructuration et n'a plus d'entra�neur-chef. L'incertitude r�gne �galement au plan financier. Ottawa a annonc� en octobre qu'il d�bloquait 11 millions suppl�mentaires � l'intention des entra�neurs d'athl�tes amateurs. La quote-part de Plongeon Canada s'�l�ve � 380 000 $, mais M. Larouche ignore toujours comment l'argent, qui doit �tre d�pens� avant la fin mars, sera r�parti entre les clubs du pays. � On navigue dans la brume pour l'instant. On ne sait rien. Il n'y a pas beaucoup de consultation. �

Montr�al 2005 : pas une priorit�
� huit mois des Championnats mondiaux aquatiques, les attentes ne sont par ailleurs pas aussi �lev�es qu'on aurait pu le croire, m�me si Alexandre Despatie, champion du monde � la tour � Barcelone en 2003, est porte-parole de l'�v�nement.

� C'est triste � dire, mais on ne peut pas accorder la m�me importance � toutes les comp�titions �, dit Michel Larouche. L'accent est plut�t mis sur les JO de 2008. � On aura besoin de nouveaux plongeons et il faut prendre le temps de les apprendre, sinon on va avoir du retard. Il y a des comp�titions d'envergure chaque ann�e, alors il faut faire des choix.

� Et puis, si les Championnats mondiaux �taient si importants pour les instances canadiennes ou m�me pour les organisateurs, ils nous auraient s�rement approch�s pour nous demander comment faire pour y obtenir de bons r�sultats. Aux Jeux, on a toujours le Comit� olympique dans le dos. Mais pour les Championnats, il n'y a eu aucun contact. Aucun objectif n'a �t� fix�. �

Une belle occasion manqu�e. Et un message inqui�tant pour les organisateurs des Championnats, qui ont d�sesp�r�ment besoin de vendre des billets pour boucler leur budget.

Un centre national d'excellence ?

Jean-Fran�ois B�gin

Michel Larouche a bien l'intention de mener � terme le cycle olympique qui culminera � P�kin.

Mais comme il l'a dit en ao�t � Ath�nes, il tendra l'oreille si un pays �tranger lui fait une offre all�chante. � Tout d�pend des offres. Mais je ne travaille pas et je ne travaillerai jamais pour l'argent. C'est plus la possibilit� savoir de meilleures conditions pour les entra�neurs et les athl�tes qui me ferait bouger, si on me disait : on te donne un soutien scientifique et m�dical, un gymnase pour le travail au sec, etc. �

� On est probablement le seul pays qui n'a pas de gymnase pour ses athl�tes �, ajoute-t-il en pointant du doigt les installations de fortune, en bordure de la piscine, o� ses plongeurs s'entra�nent hors de l'eau.

Il r�ve encore de voir se mat�rialiser le Centre national d'excellence qu'il appelle de ses voeux depuis si longtemps. Qu�bec pr�te l'oreille � ses demandes, mais Plongeon Canada ne veut rien savoir de centraliser le d�veloppement de l'�lite. � C'est triste, parce que c'est prouv� que les structures sportives les plus performantes sont celles qui sont sp�cialis�es, comme en Australie, en Chine ou au Mexique.

� Ces deux derni�res ann�es, avec le projet Objectif 2004, on a pratiquement cr�� un mini centre national. Comme par hasard, on a obtenu les meilleurs r�sultats de l'histoire du Canada au cours de cette p�riode-l�. Et pourtant ils n'y croient pas.�


une page mise en ligne le 1er d�cembre 2004 par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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