22 juillet 2003

« Wow ! La championne du monde ! »
Toute réservée, Émilie Heymans retrouve ses proches
François Béliveau
La championne du monde de plongeon à la tour de 10 mètres est sans contredit plus sûre d'elle sur un tremplin que sur l'escalier de la gloire. Émilie Heymans, hier, semblait parfois traquée et confuse au milieu des dizaines de journalistes venus accueillir à Dorval l'équipe CAMO, après les exploits d'Émilie, d'Alexandre Despatie, autre médaillé d'or à la tour, et de Blythe Hartley, médaillée de bronze au tremplin d'un mètre.
« On n'a jamais été très démonstratifs nous-mêmes, ont admis ses parents Éric et Marie-Paule Heymans », qui attendaient leur fille avec fébrilité. Ex-champions belges, lui comme international junior de soccer et elle au fleuret, s'étant classée neuvième aux Jeux olympiques de 1976 à Montréal, les parents d'Émilie aiment son attitude. « À 21 ans, elle est maintenant une femme, mais ses succès ne risquent pas de lui monter à la tête. Elle reste réservée. »
En effet, après ce long voyage de Barcelone à Montréal via Amsterdam, la nouvelle reine du 10m ne semblait pas emballée de devoir se prêter à des dizaines d'entrevues avant d'embrasser son ami de coeur Pier-Félix Lavoie-Rondeau et son chien Scott qui attendaient patiemment, à l'écart des caméras.
Arrivée au Canada à l'âge d'un an, Émille a même tenté de minimiser sa performance de la semaine dernière : « J'ai plongé avant toutes les meilleures et j'avais moins de pression, a- t-elle raconté. J'ai réalisé que les Chinoises sont humaines et qu'elles peuvent être battues. Ça c'est important pour moi et les autres. J'ai réalisé mon rêve, mais ce n'est pas terminé, ce n'est qu'une étape. »
L'ex-gymnaste, convertie au plongeon il y a dix ans, reprend l'entraînement intensif jeudi en vue des Jeux Panaméricains dans huit jours. Une compétition incontournable, certes, mais la poursuite de son rêve serait d'obtenir autant de succès aux Jeux d'Athènes, dans un an, et surtout de défendre son titre avec succès aux Championnats du monde de natation de 2005... à Montréal.
« Mais là, ce serait le plus grand défi, dit-elle. À cause des attentes. C'est plus difficile quand c'est chez toi, devant les tiens. »
Quand les journalistes, rassasiés, l'ont laissée à ses proches, ceux-ci s'exclamaient: « Wow! La championne du monde! »
Au milieu de toutes ces émotions, l'Albertaine Blythe Hartley, qui a décidé de s'installer au club CAMO en vue des Jeux d'Athènes, semblait surprise d'un tel accueil. L'ex-championne du monde d'il y a deux ans baignait avec joie dans cette ambiance.
Comtois savourait...
L'un des plus heureux, toutefois, était ce vétéran Philippe Comtois, bientôt 27 ans, qui est devenu père de la petite Charlotte pendant les mondiaux. Sa femme Christiane, rentrée hier de l'hôpital, n'était pas présente à Dorval mais Comtois savourait l'évolution de son club, au même titre que l'entraîneur Larouche.
« Ça fait 13 ans qu'on me considère le grand frère d'Alex. On savait déjà qu'il serait un champion. Après son saut final j'étais convaincu qu'il terminerait au moins deuxième », a raconté celui qui, il n'y a pas si longtemps, a subi une blessure qui a failli mettre fin à sa carrière. Lui- même ex-champion canadien, en sabbatique comme entraîneur à Laval, il vise lui aussi les Jeux d'Athènes.
une page mise en ligne le 22 juillet 2003 par SVP