22 juillet 2003


La mère d'Alexandre Despatie, Christiane,
a fait la bise au nouveau champion mondial.
photo : Martin Chamberland

« C'est bon de voir que tout le monde est encore là... »

Simon Drouin

Il est parti pour Barcelone inquiet de sa préparation et sceptique quant aux possibilités de s'illustrer, il est revenu à Montréal souriant, radieux... et nouveau champion du monde de la tour de 10 mètres.

Accompagné de ses équipiers et entraîneurs de l'équipe canadienne de plongeon, Alexandre Despatie a vécu d'autres émotions fortes quand une centaine de parents, amis et partisans l'ont bruyamment accueilli à son arrivée à l'aéroport de Dorval, hier soir, soit 48 heures après sa victoire historique aux Championnats du monde aquatiques.

« C'est toujours le fun de revenir et de voir que tout le monde est encore là pour toute l'équipe. Vous ne savez pas ce que ça veut dire pour nous, ça vaut beaucoup », ont été les premiers mots de Despatie lorsqu'il a pris le micro devant une bonne douzaine de caméras.

Le nouveau « champion du monde » - il trouve encore tout drôle de prononcer ces mots - a aussi tenu à remercier ses collègues et entraîneur, en particulier Émilie Heymans, qui a « motivé » tout le monde en raflant l'or d'entrée de jeu au 10 mètres féminin (voir autre texte).

Enchaînant les « directs » à la chaîne, le plongeur de 18 ans - qui a aussi fini sixième au trois mètres, une performance exceptionnelle - a patiemment raconté les tenants et aboutissants de sa journée magique de samedi. Il a surtout été question du dernier plongeon qui lui a valu la première place, un périlleux arrière de deux rotations et demie, accompagné de deux vrilles, un saut qu'il a ajouté à sa « liste » il y a à peine trois mois.

« Même pour être sur le podium, je savais que ça me prenait ce plongeon-là. On était quatre qui auraient pu se promener un peu partout sur le podium, ça nous prenait donc tous ce dernier plongeon. Rendu en haut, je savais que ma chance était là, fallait que je la prenne, sinon j'attendais un ou deux ans de plus... »

« Un état de découragement »
Pourtant, avant de mettre le cap sur la capitale catalane, Despatie n'était pas dans le meilleur état d'esprit, ayant raté une semaine complète d'entraînement en raison d'une maladie. « Pour la première fois, il nous a dit qu'il était incertain, avant de partir, qu'il ne savait pas ce qu'il pourrait faire à la compétition », a fait remarquer son père, Pierre Despatie.

En préliminaires, le plongeur de 18 ans a bousillé ses deux premiers sauts, ce qui l'a plongé dans « un état de découragement », aux dires de son entraîneur, Michel Larouche. Ce dernier lui a alors servi un discours visant à « recentrer » l'athlète sur la tâche à accomplir. Despatie a répondu à l'appel de façon magistrale, ce qui a fortement impressionné son entraîneur.

« Ce n'est pas évident pour un athlète d'écouter quand il est dans cet état d'esprit, a signalé Larouche. Alexandre a été capable de se recentrer, ce qu'il n'avait pas réussi à faire aussi bien dans les années précédentes, »

Avec ce triomphe aux mondiaux, Despatie est conscient que les attentes du public seront forcément élevées en prévision des Jeux olympiques d'Athènes, en 2004. « Tout ce qu'on va entendre, c'est médaille d'or, médaille d'or et médaille d'or... À nous de ne pas penser à ça et de se concentrer sur les bonnes affaires. » En attendant, Despatie participera aux Jeux panaméricains, qui s'amorcent le ler août en République dominicaine.

Deux heures après son arrivée à Dorval, Despatie a mis le cap vers Toronto pour accompagner un coéquipier de l'équipe canadienne, Arturo Miranda, qui doit ramener son auto à Montréal demain. Voilà un bel exemple du bel esprit d'équipe qui règne au Centre Claude-Robillard et dont Despatie a largement fait état hier. « On se sent vraiment dans une famille », a conclu le champion du monde.


une page mise en ligne le 22 juillet 2003 par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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