Au fil du cœur
médaille de Vermeil
XXVI ème grand concours international 1995
Académie Internationale de Lutèce
Pierre GRAND’EURY
Illustrations : Françoise GRAND’EURY
« C’est une poésie toute simple qui semble, comme les psaumes, puiser sa fraîcheur , sa pureté et sa lumière à l’aube des Temps.
C’est le chant transparent de l’eau vive sous l’éclat des cimes ou l’ombre des sous-bois .
Dans cette mélodie, le regard douloureux du poète sur les détresses du monde devient plus poignant.
Mais, triste ou émerveillé, c’est toujours vers une élévation, une expansion de l’âme, une « recherche d’absolu » que nous emporte cette voix palpitante venue du fond des âges.
« flèche de cathédrale »
« en quête d’infini »
Cet élan vers « la divine lumière » atteint toute sa beauté « sur l’autel de l’amour »
« au plus profond de toi
Brille le feu d’amour »
« au plus profond de toi
Jaillit la source pure »
« au plus profond de toi
Naît la force de Vie »
Alors, ce chant discret mais transparent comme le cristal d’une source pure reflète la lumière de l’idéal et du rêve.
« l’aspiration de l’âme
vers l’Amour absolu »
Et l’on sent, Au fil du cœur, passer le souffle de l’amour universel . »
Marie-Thérèse HORTE-MALET
de la Société des gens de Lettres de France
table des poèmes
naissance d’un poème 5
Pâques 6
Bienheureux enfant 7
Innocence d’enfant 8
Des mouches pour parure 9
Gorazdé 10
Le pont des soupirs 11
Dans la nuit de ton sein 12
Ascension 13
Mais l’aurore était blême 14
Mon chemin 15
Transcendance de l’art 16
Un poème 17
Dépose ton fardeau 18
A l’ombre de l’Amour 19
Les sirènes du Diable 20
Transparence 21
Au plus profond de toi 22
Mon père 23
Effata 24
Lampe-tempête 25
Le lac Victoria 26
Est une joie profonde 27
Tous les matins du monde 28
L’Amour s’est posé sur mon cœur 29
Pas l’Homme sans Dieu 30
Laisse ton cœur 31
La Vie ne connaît pas de couchant 32
Le vautour 33
La vie est un long fleuve 34
Chartres 35
Toi, poète 36
Dans la forêt du monde 37
Toi qui viens à la vie 38
Pouvoir dire « je t’aime » 39
Être 40
Que serait donc 41
Révolution 42
Dans le champ de l’Amour 43
Qui donc a retenu la mer? 44
Le bois de santal 45
Son âme 46
Le monde a besoin de toi 47
Silence 48
Larmes d’enfant 49
Pour l’enfant qui s’endort 50
A l’orée de nos cœurs 51
Viennent alors ces temps 52
naissance d’un poème
Tu naquis d’un instant
D’indicible bonheur
Au matin émergeant
De l’infinie froideur
Tu naquis d’un sourire
Illuminant les cieux
Comme perle de myrrhe
Embaumant de saints lieux
Tu naquis d’un visage
Rayonnant d’un amour
Qui se donne en partage
Sans quête de retour
Comme le papillon
Effleurant une fleur
Tu guides le crayon
Qui dévoile mon cœur
Tu jaillis du néant
Comme un éclair d’orage
Bousculant mon penchant
Au doux vagabondage
Tu nais au fil du cœur
Au détour de l’instant
Où mon âme se meurt
De ton enfantement
Pâques
Feu de lumière
Fulgurance d’éternité
Incandescence d’Amour
Pureté d’eau vive
Dieu au cœur de l’Homme
Ce fut la nuit
Le jour se lève
L’Homme renaît !
bienheureux enfant
Petit corps d’enfant
Creuset d’immensité
Tes généreux élans
Fondent l’Amour du monde
Petite âme innocente
Foyer de pureté
Ta flamme vacillante
Rayonne sur le monde
innocence d’enfant
Naïf brandon d’amour
D’un généreux élan
Tu te jettes confiant
Dans des serres de vautour.
Tu ne sais pas encore
Que des bras grand ouverts
Peuvent apporter la mort.
Tu ne sais pas encore
Que ces mains qui te serrent
Peuvent étouffer ton rire
Sans pitié, sans remord
Tu ne sais pas encore
Car tu n’es qu’un enfant !
Eau pure de diamant
Tu te promènes nu
Candide et ingénu.
Tu ne sais pas encore
Qu’un jour il te faudra
Cacher ta nudité
Qu’un jour tu percevras
Que l’amour est violé
Dans un monde trompeur
Qui n’a plus de pudeur
Et sombre à corps perdus
Pour avoir asséché
Le cristal de nos cœurs
Garde-toi, bel enfant
Dans ton monde innocent
Afin de rayonner
Amour et pureté
des mouches pour parure
C’est sur un tas d’ordures
Que je t’ai découvert !
Des mouches pour parure
Tu recherchais ta mère
C’est sur un tas d’ordures
Que ta mère creusait.
Des mouches pour parure
De peur elle tremblait
C’est par ce tas d’ordures
Que ce monde dément
Des mouches pour parure
Assassine un enfant
Comme une fleur éclose
Sur le fumier d’un champ
J’ai vu pleurer la rose
Qui perlait de l’écran
Gorazde
Il saigne dans la ville
Comme il saigne à mon cœur.
Combien de temps encore
Pour agir faudra-t-il ?
Laisserons-nous encore
Des hommes à tuer ?
Laisserons-nous encore
Des femmes à violer ?
Laisserons-nous encore
Des enfants à broyer ?
Il saigne dans mon cœur
Comme il saigne à mon cœur
Plus jamais le soleil
Ne pourra se coucher
Sans qu’un rayon vermeil
Rougi du sang versé
A nos cœurs endurcis
Ne vienne rappeler
L’enfer de GORAZDE
le pont des soupirs
Sous ton arche de marbre
Passent les gondoliers.
Reflet marmoréen
Sur ta lagune bleue
Un anneau tu deviens
Pour tous les amoureux
Dans ton arche de marbre
Crient les condamnés.
Chemin marmoréen
Sur ta lagune bleue
Un tombeau tu devins
Pour tous ces malheureux
Les cachots sont fermés…
Chantent les gondoliers…
Sur ta lagune d’or
L’amour a triomphé
Sous l’arche de la mort
Dans un tendre baiser
« il y eut un soir
Il y eut un matin »
Genèse 1 - 5
dans la nuit de ton sein
Dans la nuit de ton sein
Une vie a germé…
Il y eut une vie !
Dans la nuit de ton sein
La mort m’a sacrifié…
Il y eut une mort !
Dans la nuit de ton sein
Je suis mort sans défense
Pour ne pas avoir pu
Crier mon innocence !
Dans la nuit de ton sein
J’étais une lueur
Disposée à briller
Et donner sa chaleur !
Dans la nuit de ton sein
Je t’ai chérie, Maman,
Et sache qu’à jamais
Je serai ton enfant !
Que tu le veuilles ou non,
Il y eut une vie
Il y eut une mort !
Passage pour la Vie
Du magma au cristal !
Combat au cœur à cœur
Pour un monde meilleur !
Combat au corps à corps
Pour un Homme meilleur !
Aspiration de l’âme
Vers l’Amour absolu !
Flèche de cathédrale
En quête d’infini !
Ascension
6 juin 1944
mais l’aurore était blême
Combien de vies brisées
Combien d’espoirs perdus
Combien de cœurs aimés
Qui ne reviendront plus ?
Souffle de liberté !
Sous tes embruns sanglants
Tu noies ces corps broyés
Par le feu du Tyran …
On a volé ton sang,
Sacrifice suprême !
Tu n’avais pas vingt ans
Mais l’aurore était blême !
C’est sur ton sang versé
Sans passion, sans haine,
Qu’au matin s’est dressée
Une croix de Lorraine !
Sur le marbre sanglant
Ton nom reste gravé.
Tu renais au jusant
Au rythme des marées !
mon chemin
Je taille mon chemin
A la force du cœur
Dans le roc du destin
Au burin de sueur
Je gravis mon chemin
A la force de l’âme
A la lueur sans fin
D’une divine flamme
Mais où va ce chemin
Aux méandres multiples
Lu sur le parchemin
De mon humble périple ?
Il faudra qu’en chemin
Je rende à Dieu mon âme
A l’aube d’un matin
Où s’éteindra la flamme !
Qu’au moins sur ce chemin,
Sinueux, sans retour,
Je sème au vent marin
Un doux parfum d’amour …
transcendance de l’art
Les notes sont figées
Sur la partition
Comme pierres dressées
Jalonnant un sillon…
Mais que vienne l’artiste…
La note devient chant
Et la pierre batiste
Un voile de gisant !
Et le chant devient messe
Dans la nef étoilée
Et le gisant se dresse
Dans son voile doré !
La pierre s’est faite Homme
Emergeant de la nuit,
La note Te Deum
Glorifiant l’infini !
un poème …
Un poème ?
Tendre baiser d’amour
Déposé le matin,
Caresse de velours
Effleurant le vélin …
Un poème ?
Cri de souffrance vaine
D’indicible impuissance
Face au torrent de haine
Et de désespérance …
Un poème ?
Emotion fugitive
Au détour d’un bonheur
Comme un filet d’eau vive
Rafraîchissant un cœur …
Un poème ?
Geste d’amour gratuit
Pour l’ami inconnu,
Lumière dans la nuit
Quand tout paraît perdu …
dépose ton fardeau
Dépose ton fardeau
Aux marches de ta peine…
Allège ton fardeau
De sa charge de haine…
Alors tu seras fort
Pour soulager ton frère
En prenant à ton bord
Le poids de sa misère …
Dépose ta rancœur
Aux marches du pardon…
Laisse parler ton cœur
Contre toute raison !
Alors tu seras fier
D’accueillir sur ton sein
Les larmes de ton frère
Blanchi de noirs desseins !
Alors tu pourras
Déposer ta joie d’Homme
Sur l’autel de l’Amour !
à l’ombre de l’amour
Grâce à l’ombre portée
Je sais
D’où jaillit la lumière !
Grâce à la chaleur
Je sais
D’où rayonne le feu !
Au plus noir de la nuit
Cherche
La source luminescente
Au plus profond de la vie
Cherche
La source incandescente
Alors
Tu trouveras Dieu
Qui t’attend
Inlassablement
A l’ombre de l’Amour !
les sirènes du diable
N’écoute pas, jeunesse,
Les sirènes du Diable !
La beauté d’une femme
Transcende sa pudeur.
De ton amour la flamme
Exalte sa candeur.
La courbure d’un sein
Appelle ta caresse.
La fraîcheur de son teint
En fait une déesse.
Le secret de son corps
Est champ que tu laboures
Pour l’ensemencer d’or
Et récolter l’Amour !
N’écoute pas, jeunesse,
Les sirènes du Diable !
Laisse ton cœur s’ouvrir
A l’infini des cieux.
Laisse ton corps frémir
A l’azur de ses yeux,
Au souffle du désir.
Dans un arc de feu
Ecoute la gémir.
Alors tu comprendras
Que cet amour à deux
Est unique ici-bas,
Que c’est un don de Dieu
Qu’il ne reprendra pas !
N’écoute pas, jeunesse,
Les sirènes du Diable !
transparence
Devenir transparent
Au souffle de la vie
Qui façonne notre âme
En voile sous le vent !
Devenir transparent
A ce feu de l’Amour
Qui consume notre âme
Comme fumée d’encens !
Devenir transparent
A la fraîcheur de l’onde
Qui fait briller notre âme
Tel l’éclat du diamant !
Devenir transparent
A cet appel de Dieu
Qui fait vibrer notre âme
Tel l’airain au battant !
au plus profond de toi
Au plus profond de toi
Brille le feu d’Amour …
Au plus profond de toi
Jaillit la source pure …
Au plus profond de toi
Naît la force de Vie …
Au plus profond de toi
Dieu vient d’apparaître
Dans ce large sourire
Dans ces bras grand ouverts
Dans cet élan du cœur
Dans ces larmes de joie !
Car, sur qui peut-Il compter
Pour se manifester
Si ce n’est que sur toi ?
Puisque seul ton coeur d’Homme
Sait matérialiser
L’invisible divin
Qui veille au fond de toi !
mon Père
Tu t’es penché, mon père
Sur mon sourire d’enfant …
Je t’ai chéri, mon Père,
Avec mon cœur d’enfant …
Et tu partis, mon père,
Malgré mes pleurs d’enfant …
Pour l’éternité !
Effata !
Ressuscitant l’éveil
Au rayon du soleil
Effata !
Distillant ton chemin
Au détour du chemin
Effata !
Fulgurant l’horizon
Au piqué du faucon
Effata !
Ouvre-toi !
Ouvre-toi à ton frère
Et tu seras soleil
Promesse d’abondance …
Ouvre-toi à ton frère
Et tu seras matin
Aurore d’espérance…
Ouvre-toi à ton frère
Et tu seras faucon
Témoin de délivrance…
lampe-tempête
Comme lampe-tempête
Au plein de l’ouragan
Dans la nuit qui s’apprête,
Briller intensément !
Contre vents et marées,
Du dangereux chenal,
Guidant la traversée,
Être au port le fanal !
Dans un monde en déroute
Où s’épaissit la nuit,
Où l’emporte le doute,
Être ce feu qui luit !
le lac Victoria
Le soleil rougeoyant
Du sang du Rwanda
Embrase le couchant
Du lac Victoria
Ô lac, tes eaux livides
Engloutissent des corps
Que des hommes impavides
Mutilèrent à mort
Plus jamais sur ta rive
Je ne pourrai rêver
D’une source d’eau vive
Jaillissant du rocher
Chaque jour le soleil
Au levant sèmera,
Ensilé de la veille,
Le sang du Rwanda
Jusqu’à l’aurore ultime
Où l’Homme pardonné
Sublimera ses crimes
Dans ton miroir doré
est une joie profonde
Au plus noir de la nuit,
Est une joie profonde
Cette flamme qui luit !
Au creux du désespoir,
Est une joie profonde
La visite d’un soir !
Au froid de la douleur,
Est une joie profonde
L’effleurement d’un cœur !
Au fond de la misère,
Est une joie profonde
L’humble obole d’un frère !
Au soleil de l’Amour,
Est une joie profonde
Ton geste sans retour !
« tous les matins du monde sont sans retour »
tous les matins du monde
Tous les matins du monde
Transcendent la douleur
Des paumés de la nuit
Qui guettent le bonheur
A l’aube qui fleurit …
Tous les matins du monde
Transcendent la souffrance
Des mourants dans la nuit
Qui guettent l’espérance
A l’aube qui revit …
Tous les matins du monde
Transcendent le désert
Des prisonniers, la nuit,
Qui guettent la lumière
A l’aube qui bleuit …
Tous les matins du monde
Transcendent la laideur
Des pires lâchetés
Commises dans l’horreur
De l’aube qui gémit …
Mais l’on verra toujours
Sur l’horizon immonde
Se lever sans retour
Tous les matins du monde !
« l’amour s’est posé sur les choses
comme une lumière ou un oiseau »
Jacques de Bourbon-Busset
de l’Académie Française
(La force des jours)
l’Amour s’est posé sur mon cœur
L’Amour s’est posé sur mon cœur
Comme un papillon sur la fleur
Féconde
L’Amour s’est posé sur mon cœur
Comme un soleil sur la froideur
Du monde
L’Amour s’est posé sur mon cœur
Comme un souffle sur la fraîcheur
De l’onde
L’Amour s’est posé sur mon cœur
Calice d’or où le bonheur
Abonde
pas l’Homme sans Dieu
Pas d’ombre
Sans soleil
Pas de tempête
Sans souffle
Pas de brûlure
Sans feu
Pas de mort
Sans Vie
Pas l’Homme
Sans Dieu
laisse ton cœur …
Laisse ton cœur
Epouser la beauté
Laisse ton cœur
A l’Amour s’enflammer
Laisse ton cœur
A l’Autre se donner
Laisse ton cœur
A Dieu s’abandonner
« Dans leurs yeux brillera la seule espérance
qui ne se trompe pas, celle de la vie
qui ne connaît pas de couchant »
Daniel-Ange
la vie ne connaît pas de couchant
Dans le regard figé
De l’homme handicapé
Une seule espérance
Dans les yeux desséchés
De ce désespéré
Une seule espérance
Dans les yeux horrifiés
De la femme violée
Une seule espérance
Dans les yeux tuméfiés
De l’enfant torturé
Une seule espérance
Dans les yeux embrumés
De l’homme emprisonné
Une seule espérance
Emergée d’un monde bouillonnant
Comme soleil au matin naissant
La Vie ne connaît pas de couchant !
le vautour
Pauvre enfant décharné,
Sur cette terre aride,
Tu vas, désespéré,
En pleurs, le ventre vide
Le vautour, affamé,
En retrait, l’œil avide,
Voit la mort avancer
Dans ton regard livide.
Sur ton corps affaissé
Il s’abat, triomphant.
Tu meurs, abandonné
Au monde indifférent .
Combien de temps encore
Ce monde sans amour
Parera-t-il la Mort
Des ailes du vautour ?
la vie est un long fleuve
Viens arrimer ton cœur
Au flanc de la galère
D’où les chants et clameurs
Montent en humble prière
A la force des rames
Est dompté le courant
Comme à force de drames
Le cœur se fait vaillant
Ne reste pas assis
Hésitant sur la rive
Comme l’Homme indécis
Promis à la dérive
Ne sois pas attiré
Par ces noirs flots fangeux :
C’est le Mal impliqué
Dans ce monde hideux !
Ne laisse pas passer
Ce vaisseau glorieux :
C’est notre humanité
Qui s’en retourne à Dieu !
Chartres
Deux flèches ciselées
Dans leur habit de pierre
Pierre d’autel dressée
En plein cœur du silence
Vitraux de bleus ourlés
En habit de lumière
Croix de pierre érigée
En plein cœur de la France
De l’Homme œuvre sacrée
Haut lieu de prière
Pour la Vierge marie
Pierre
Lumière
Prière
Absolu d’infini
toi, poète
Toi, poète !
Tu sais chanter l’Amour
Comme le troubadour
Qui fleurit le bonheur
Sur des ruines d’horreur !
Car du fond de l’enfer
Tu vois le ciel ouvert !
« Pour les amants, dans la forêt du monde,
l’amour est une clairière »
Jacques de Bourbon-Bussetde l’Académie française
dans la forêt du monde
Dans la forêt du monde
Pour deux cœurs amoureux
L’ombre d’une rotonde
Se referme sur eux
Dans cette tour d’ivoire
Ils sculptent leur bonheur
Et fondent en ciboire
L’intime cœur à cœur
Dans la forêt du monde
Il est une clairière
Où leur amour féconde
La divine lumière
toi qui viens à la vie
Flamme
Surgissant de la nuit !
Si tu n’es pas Amour
A quoi bon l’incendie
S’il ne brûle le Mal ?
Souffle
Emergeant du néant !
Si tu n’es pas Esprit
A quoi bon l’ouragan
S’il ne détruit le Mal ?
Source
De la terre ruisselant !
Si tu n’es pas Eau vive
A quoi bon le torrent
S’il n’emporte le mal ?
Diamant
Dans cet écrin de chair !
Si tu n’es pas Eau pure
A quoi bon la rivière
Où vit … la fleur du Mal ?
pouvoir dire « je t’aime »
Pouvoir dire « je t’aime »
Au soleil triomphant
Pouvoir dire « je t’aime »
Sur un berceau d’enfant
Pouvoir dire « je t’aime »
A ce papillon blanc
Pouvoir dire « je t’aime »
A ce corps palpitant
Pouvoir dire « je t’aime »
A cet oiseau chantant
Pouvoir dire « je t’aime »
A l’ami complaisant
Pouvoir dire « je t’aime »
A la femme qui souffre
A cet enfant qui pleure
A l’homme au bord du gouffre
A toi, seul , sans demeure
Pouvoir dire « je t’aime »
A mon pire ennemi
Au bourreau qui torture
A l’auteur d’infamie
D’odieuses salissures
Pouvoir dire « je t’aime »
Geste d’amour suprême…
Exultant de bonheur
Pouvoir dire « je t’aime » !
être …
Être l’oiseau qui chante
Au matin triomphant
D’une nuit ruisselante
D’horribles flots de sang !
« ce qui compte, ce n’est pas l’immense, c’est l’intense. L’intense éclaire l’immense »
Jacques de Bourbon-Busset
de l’Académie Française
que serait donc …
Que serait donc Vénus
Sous cette voûte immense
Sans son éclat intense
Annonçant l’Angelus ?
Que serait donc l’Amour
Dans cette foule immense
Sans sa chaleur intense
Irradiant alentour ?
Vénus illumine le ciel
L’Amour réchauffe l’Humanité
révolution
C’est Dieu assassiné
Au cri de « Liberté !»
Des hordes de soudards
Brandissant l’étendard
D’une haine implacable
En orgies ineffables
Ont souillé le sacré
D’un roi décapité
C’est Dieu assassiné
Au cri « Egalité ! »
Des hordes de soudards
Brandissant l’étendard
D’odieuse intolérance
Par ignoble vengeance
Ont troublé l’eau bénite
Du sang des Carmélites
Jamais ce sang versé
Ne pourra s’oublier
Car il a racheté
La France, Fille aînée
D’une Eglise outragée !
dans le champ de l’Amour
Dans le champ de l’Amour
J’en ai vu des sillons
Tirant droit, sans détour,
Sans altération
Dans le champ de l’Amour
J’en ai vu des sillons
A l’indécis contour
Lourds d’hésitation
Dans le champ de l’Amour
J’en ai vu des sillons
S’arrêtant au pourtour
De friche à l’abandon
Dans le champ de l’Amour
Dieu nous a déposés
Pour que notre labour
Exhale l’éternité …
Le Seigneur dit à JOB :
« Qui donc a retenu la mer ? »
Je lui dit : « tu n’ira pas plus loin.
Ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots
qui donc a retenu la mer ?
Ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots !
La lame déferlante
De l’inhumanité
Se gonflant, écumante,
Au rythme des nausées,
Rejette sur le roc
Des épaves sanglantes.
Mais Dieu a établi
Sur ce rocher béni
« Ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots »
Et l’on verra toujours
Au plus vil de l’horreur,
Dans la pire détresse,
Un rocher qui se dresse
Où reposer son cœur
A l’ombre de l’Amour !
« le bois de santal parfume
la hache qui l’abat »
Stan Rougier
( l’avenir est à la tendresse )
le bois de santal
La pureté de l’enfant violé
Transcende l’abjection du bourreau
L’innocence de l’homme condamné
Rachète l’injuste poids du fardeau
L’amour de la femme abandonnée
Sanctifie la rupture de l’anneau
La beauté de la Terre saccagée
Purifie le viol de ce joyau
Le sacré de l’église profanée
Fige le révolutionnaire drapeau
son âme
Sculpter son âme
Au silence de Dieu
Forger son âme
Au feu de Dieu
Lover son âme
Au creux de Dieu
le monde a besoin de toi !
Le monde a besoin
De ton sourire
Le monde a besoin
De ta pureté
Le monde a besoin
De ta force
Le monde a besoin
De ta joie
Le monde a besoin
De ta droiture
Le monde a besoin
De ta prière
Le monde a besoin
De ton amour
Le monde a besoin
De … toi
J’ai besoin de toi !
silence
Silence !
Au creux du puits sans fond
Où l’eau qui purifie
Par une immersion
Rachète toute une vie
Silence !
Au creux du tabernacle
Où Dieu qui est patient
Par un fécond miracle
Forge le repentant
Silence !
Au creux du lit de mort
Où la souffrance humaine
Par un doux réconfort
Transcende toute peine
larmes d’enfant
Les larmes d’un enfant
Sont des perles d’amour
Quand il s’endort
Sur un sein de velours
Les larmes d’un enfant
Sont des perles de rire
Quand il va s’esclaffant
Dans son ludique empire
Les larmes d’un enfant
Sont des perles d’horreur
Quand il gémit, mourant,
Sous les coups du tueur
Les larmes d’un enfant
Sont des perles d’effroi
Quand il s’en va, criant
Son total désarroi
Toutes ces perles d’or
Qui brillent au firmament
Transcendent le trésor
De ces larmes d’enfan
Pour l’enfant qui s’endort
Être poussière d’or
Sur la plage déserte
Pour l’enfant qui s’endort
Rêvant de découverte !
Être musique d’or
Dans le profond silence
Pour l’enfant qui s’endort
Rêvant d’une romance !
Être lumière d’or
Dans le ciel étoilé
Pour l’enfant qui s’endort
Rêvant d’immensité !
Être rivière d’or
Dans le désert brûlant
Pour l’enfant qui s’endort
Rêvant de l’océan !
nous avons partagé …
Nous avons partagé
La fraîcheur automnale
Du sentier ombragé
Où l’hiver s’installe
Nous avons partagé
L’intime profondeur
Du silence éthéré
Emplissant nos deux cœurs
Nous avons partagé
Le chant de la sitelle
Encor toute étonnée
D’un automne éternel
Nous avons partagé
En ce jour finissant
L’ultime éclat doré
Du soleil au couchant
à l’orée de nos cœurs
Sur le bord du chemin
Je t’ai cueilli, ma fleur,
Distillant ton parfum
Au gré de ta fraîcheur !
A l’orée de ton corps
Ta pudeur a laissé
Se consumer les ors
D’un désir partagé !
Sur le bord de ma vie
Le flot de ton amour
Transcende en harmonie
L’ivoire de ma tour !
A l’orée de nos cœurs
L’amour a confié
L’écume d’un bonheur
En tout parachevé !
viennent alors ces temps !
Nous sommes dans les temps
Où l’aube vient bleuir
L’acier froid de la nuit
Faisant naître la Vie
Toujours prête à fleurir
Et l’Homme ressurgit
Des nimbes du néant
Se dressant triomphant
Au cœur de l’infini
Quand la nuit vient figer
La flamme qui rougeoie,
La mort alors déploie
Son drapement glacé
Et l’Homme se pétrit
En pierre de gisant,
Son âme se donnant
Au souffle de l’Esprit
.