Au fil du cœur

 

 

médaille de Vermeil

XXVI ème grand concours international 1995

Académie Internationale de Lutèce

 

 

 

 

 

 

 

 

Pierre GRAND’EURY

 

 

 

 

 

 

Illustrations : Françoise GRAND’EURY

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« C’est une poésie toute simple qui semble, comme les psaumes, puiser sa fraîcheur , sa pureté et sa lumière à l’aube des Temps.

C’est le chant transparent de l’eau vive sous l’éclat des cimes ou l’ombre des sous-bois .

Dans cette mélodie, le regard douloureux du poète sur les détresses du monde devient plus poignant.

Mais, triste ou émerveillé, c’est toujours vers une élévation, une expansion de l’âme, une « recherche d’absolu » que nous emporte cette voix palpitante venue du fond des âges.

« flèche de cathédrale »

« en quête d’infini »

Cet élan vers « la divine lumière » atteint toute sa beauté « sur l’autel de l’amour »

« au plus profond de toi

Brille le feu d’amour »

« au plus profond de toi

Jaillit la source pure »

« au plus profond de toi

Naît la force de Vie »

Alors, ce chant discret mais transparent comme le cristal d’une source pure reflète la lumière de l’idéal et du rêve.

« l’aspiration de l’âme

vers l’Amour absolu »

Et l’on sent, Au fil du cœur, passer le souffle de l’amour universel . »

 

 

Marie-Thérèse HORTE-MALET

de la Société des gens de Lettres de France

 

 

 

 

 

 

 

 

table des poèmes

 

 

naissance d’un poème 5

Pâques 6

Bienheureux enfant 7

Innocence d’enfant 8

Des mouches pour parure 9

Gorazdé 10

Le pont des soupirs 11

Dans la nuit de ton sein 12

Ascension 13

Mais l’aurore était blême 14

Mon chemin 15

Transcendance de l’art 16

Un poème 17

Dépose ton fardeau 18

A l’ombre de l’Amour 19

Les sirènes du Diable 20

Transparence 21

Au plus profond de toi 22

Mon père 23

Effata 24

Lampe-tempête 25

Le lac Victoria 26

Est une joie profonde 27

Tous les matins du monde 28

L’Amour s’est posé sur mon cœur 29

Pas l’Homme sans Dieu 30

Laisse ton cœur 31

La Vie ne connaît pas de couchant 32

Le vautour 33

La vie est un long fleuve 34

Chartres 35

Toi, poète 36

Dans la forêt du monde 37

Toi qui viens à la vie 38

Pouvoir dire « je t’aime » 39

Être 40

Que serait donc 41

Révolution 42

Dans le champ de l’Amour 43

Qui donc a retenu la mer? 44

Le bois de santal 45

Son âme 46

Le monde a besoin de toi 47

Silence 48

Larmes d’enfant 49

Pour l’enfant qui s’endort 50

A l’orée de nos cœurs 51

Viennent alors ces temps 52

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

naissance d’un poème

 

Tu naquis d’un instant

D’indicible bonheur

Au matin émergeant

De l’infinie froideur

Tu naquis d’un sourire

Illuminant les cieux

Comme perle de myrrhe

Embaumant de saints lieux

Tu naquis d’un visage

Rayonnant d’un amour

Qui se donne en partage

Sans quête de retour

Comme le papillon

Effleurant une fleur

Tu guides le crayon

Qui dévoile mon cœur

Tu jaillis du néant

Comme un éclair d’orage

Bousculant mon penchant

Au doux vagabondage

Tu nais au fil du cœur

Au détour de l’instant

Où mon âme se meurt

De ton enfantement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pâques

 

 

Feu de lumière

Fulgurance d’éternité

Incandescence d’Amour

Pureté d’eau vive

 

Dieu au cœur de l’Homme

 

Ce fut la nuit

 

Le jour se lève

 

L’Homme renaît !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

bienheureux enfant

 

 

 

Petit corps d’enfant

Creuset d’immensité

Tes généreux élans

Fondent l’Amour du monde

 

 

Petite âme innocente

Foyer de pureté

Ta flamme vacillante

Rayonne sur le monde

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

innocence d’enfant

 

Naïf brandon d’amour

D’un généreux élan

Tu te jettes confiant

Dans des serres de vautour.

Tu ne sais pas encore

Que des bras grand ouverts

Peuvent apporter la mort.

Tu ne sais pas encore

Que ces mains qui te serrent

Peuvent étouffer ton rire

Sans pitié, sans remord

Tu ne sais pas encore

Car tu n’es qu’un enfant !

Eau pure de diamant

Tu te promènes nu

Candide et ingénu.

Tu ne sais pas encore

Qu’un jour il te faudra

Cacher ta nudité

Qu’un jour tu percevras

Que l’amour est violé

Dans un monde trompeur

Qui n’a plus de pudeur

Et sombre à corps perdus

Pour avoir asséché

Le cristal de nos cœurs

Garde-toi, bel enfant

Dans ton monde innocent

Afin de rayonner

Amour et pureté

 

 

 

 

 

 

des mouches pour parure

 

C’est sur un tas d’ordures

Que je t’ai découvert !

Des mouches pour parure

Tu recherchais ta mère

 

C’est sur un tas d’ordures

Que ta mère creusait.

Des mouches pour parure

De peur elle tremblait

 

C’est par ce tas d’ordures

Que ce monde dément

Des mouches pour parure

Assassine un enfant

 

Comme une fleur éclose

Sur le fumier d’un champ

J’ai vu pleurer la rose

Qui perlait de l’écran

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gorazde

 

Il saigne dans la ville

Comme il saigne à mon cœur.

Combien de temps encore

Pour agir faudra-t-il ?

Laisserons-nous encore

Des hommes à tuer ?

Laisserons-nous encore

Des femmes à violer ?

Laisserons-nous encore

Des enfants à broyer ?

 

 

Il saigne dans mon cœur

Comme il saigne à mon cœur

 

Plus jamais le soleil

Ne pourra se coucher

Sans qu’un rayon vermeil

Rougi du sang versé

A nos cœurs endurcis

Ne vienne rappeler

L’enfer de GORAZDE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le pont des soupirs

 

Sous ton arche de marbre

Passent les gondoliers.

Reflet marmoréen

Sur ta lagune bleue

Un anneau tu deviens

Pour tous les amoureux

 

Dans ton arche de marbre

Crient les condamnés.

Chemin marmoréen

Sur ta lagune bleue

Un tombeau tu devins

Pour tous ces malheureux

 

Les cachots sont fermés…

Chantent les gondoliers…

Sur ta lagune d’or

L’amour a triomphé

Sous l’arche de la mort

Dans un tendre baiser

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« il y eut un soir

Il y eut un matin »

Genèse 1 - 5

 

 

dans la nuit de ton sein

 

Dans la nuit de ton sein

Une vie a germé…

Il y eut une vie !

Dans la nuit de ton sein

La mort m’a sacrifié…

Il y eut une mort !

Dans la nuit de ton sein

Je suis mort sans défense

Pour ne pas avoir pu

Crier mon innocence !

Dans la nuit de ton sein

J’étais une lueur

Disposée à briller

Et donner sa chaleur !

Dans la nuit de ton sein

Je t’ai chérie, Maman,

Et sache qu’à jamais

Je serai ton enfant !

Que tu le veuilles ou non,

 

Il y eut une vie

Il y eut une mort !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Passage pour la Vie

Du magma au cristal !

 

Combat au cœur à cœur

Pour un monde meilleur !

 

Combat au corps à corps

Pour un Homme meilleur !

 

Aspiration de l’âme

Vers l’Amour absolu !

 

Flèche de cathédrale

En quête d’infini !

 

 

 

 

 

Ascension

 

 

 

 

 

 

 

 

6 juin 1944

 

 

mais l’aurore était blême

 

 

Combien de vies brisées 

Combien d’espoirs perdus 

Combien de cœurs aimés 

Qui ne reviendront plus ?

 

 

Souffle de liberté !

Sous tes embruns sanglants

Tu noies ces corps broyés

Par le feu du Tyran …

 

On a volé ton sang,

Sacrifice suprême !

Tu n’avais pas vingt ans

Mais l’aurore était blême !

 

 

C’est sur ton sang versé

Sans passion, sans haine,

Qu’au matin s’est dressée

Une croix de Lorraine !

Sur le marbre sanglant

Ton nom reste gravé.

Tu renais au jusant

Au rythme des marées !

 

 

 

 

 

 

mon chemin

 

Je taille mon chemin

A la force du cœur

Dans le roc du destin

Au burin de sueur

 

Je gravis mon chemin

A la force de l’âme

A la lueur sans fin

D’une divine flamme

 

Mais où va ce chemin

Aux méandres multiples

Lu sur le parchemin

De mon humble périple ?

 

 

Il faudra qu’en chemin

Je rende à Dieu mon âme

A l’aube d’un matin

Où s’éteindra la flamme !

 

Qu’au moins sur ce chemin,

Sinueux, sans retour,

Je sème au vent marin

Un doux parfum d’amour …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

transcendance de l’art

 

 

Les notes sont figées

Sur la partition

Comme pierres dressées

Jalonnant un sillon…

 

Mais que vienne l’artiste…

La note devient chant

Et la pierre batiste

Un voile de gisant !

 

Et le chant devient messe

Dans la nef étoilée

Et le gisant se dresse

Dans son voile doré !

 

La pierre s’est faite Homme

Emergeant de la nuit,

La note Te Deum

Glorifiant l’infini !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

un poème …

 

Un poème ?

Tendre baiser d’amour

Déposé le matin,

Caresse de velours

Effleurant le vélin …

 

Un poème ?

Cri de souffrance vaine

D’indicible impuissance

Face au torrent de haine

Et de désespérance …

 

Un poème ?

Emotion fugitive

Au détour d’un bonheur

Comme un filet d’eau vive

Rafraîchissant un cœur …

 

Un poème ?

Geste d’amour gratuit

Pour l’ami inconnu,

Lumière dans la nuit

Quand tout paraît perdu …

 

 

 

 

 

 

 

dépose ton fardeau

 

Dépose ton fardeau

Aux marches de ta peine…

Allège ton fardeau

De sa charge de haine…

Alors tu seras fort

Pour soulager ton frère

En prenant à ton bord

Le poids de sa misère …

 

 

 

Dépose ta rancœur

Aux marches du pardon…

Laisse parler ton cœur

Contre toute raison !

Alors tu seras fier

D’accueillir sur ton sein

Les larmes de ton frère

Blanchi de noirs desseins !

 

 

 

 

Alors tu pourras

Déposer ta joie d’Homme

Sur l’autel de l’Amour !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

à l’ombre de l’amour

 

Grâce à l’ombre portée

Je sais

D’où jaillit la lumière !

 

 

Grâce à la chaleur

Je sais

D’où rayonne le feu !

 

Au plus noir de la nuit

Cherche

La source luminescente

 

Au plus profond de la vie

Cherche

La source incandescente

 

 

 

Alors

Tu trouveras Dieu

Qui t’attend 

Inlassablement

A l’ombre de l’Amour !

 

 

 

 

 

 

les sirènes du diable

N’écoute pas, jeunesse,

Les sirènes du Diable !

 

La beauté d’une femme

Transcende sa pudeur.

De ton amour la flamme

Exalte sa candeur.

La courbure d’un sein

Appelle ta caresse.

La fraîcheur de son teint

En fait une déesse.

Le secret de son corps

Est champ que tu laboures

Pour l’ensemencer d’or

Et récolter l’Amour !

N’écoute pas, jeunesse,

Les sirènes du Diable !

 

Laisse ton cœur s’ouvrir

A l’infini des cieux.

Laisse ton corps frémir

A l’azur de ses yeux,

Au souffle du désir.

Dans un arc de feu

Ecoute la gémir.

Alors tu comprendras

Que cet amour à deux

Est unique ici-bas,

Que c’est un don de Dieu

Qu’il ne reprendra pas !

 

N’écoute pas, jeunesse,

Les sirènes du Diable !

 

 

 

 

 

transparence

 

 

Devenir transparent

Au souffle de la vie

Qui façonne notre âme

En voile sous le vent !

 

 

Devenir transparent

A ce feu de l’Amour

Qui consume notre âme

Comme fumée d’encens !

 

 

Devenir transparent

A la fraîcheur de l’onde

Qui fait briller notre âme

Tel l’éclat du diamant !

 

 

Devenir transparent

A cet appel de Dieu

Qui fait vibrer notre âme

Tel l’airain au battant !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

au plus profond de toi

 

 

Au plus profond de toi

Brille le feu d’Amour …

Au plus profond de toi

Jaillit la source pure …

Au plus profond de toi

Naît la force de Vie …

 

Au plus profond de toi

Dieu vient d’apparaître

Dans ce large sourire

Dans ces bras grand ouverts

Dans cet élan du cœur

Dans ces larmes de joie !

 

Car, sur qui peut-Il compter

Pour se manifester

Si ce n’est que sur toi ?

 

 

Puisque seul ton coeur d’Homme

Sait matérialiser

L’invisible divin

Qui veille au fond de toi !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mon Père

 

 

Tu t’es penché, mon père

Sur mon sourire d’enfant …

 

 

Je t’ai chéri, mon Père,

Avec mon cœur d’enfant …

 

 

 

Et tu partis, mon père,

Malgré mes pleurs d’enfant …

 

 

 

Pour l’éternité !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Effata !

 

Ressuscitant l’éveil

Au rayon du soleil

Effata !

 

 

Distillant ton chemin

Au détour du chemin

Effata !

 

 

Fulgurant l’horizon

Au piqué du faucon

Effata !

 

Ouvre-toi !

 

Ouvre-toi à ton frère

Et tu seras soleil

Promesse d’abondance …

 

Ouvre-toi à ton frère

Et tu seras matin

Aurore d’espérance…

 

Ouvre-toi à ton frère

Et tu seras faucon

Témoin de délivrance…

 

 

 

 

 

 

lampe-tempête

 

 

Comme lampe-tempête

Au plein de l’ouragan

Dans la nuit qui s’apprête,

Briller intensément !

 

 

Contre vents et marées,

Du dangereux chenal,

Guidant la traversée,

Être au port le fanal !

 

 

Dans un monde en déroute

Où s’épaissit la nuit,

Où l’emporte le doute,

Être ce feu qui luit !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le lac Victoria

 

Le soleil rougeoyant

Du sang du Rwanda

Embrase le couchant

Du lac Victoria

 

Ô lac, tes eaux livides

Engloutissent des corps

Que des hommes impavides

Mutilèrent à mort

 

Plus jamais sur ta rive

Je ne pourrai rêver

D’une source d’eau vive

Jaillissant du rocher

 

Chaque jour le soleil

Au levant sèmera,

Ensilé de la veille,

Le sang du Rwanda

 

 

Jusqu’à l’aurore ultime

Où l’Homme pardonné

Sublimera ses crimes

Dans ton miroir doré

 

 

 

 

 

 

 

 

est une joie profonde

 

 

Au plus noir de la nuit,

Est une joie profonde

Cette flamme qui luit !

 

 

Au creux du désespoir,

Est une joie profonde

La visite d’un soir !

 

 

Au froid de la douleur,

Est une joie profonde

L’effleurement d’un cœur !

 

 

Au fond de la misère,

Est une joie profonde

L’humble obole d’un frère !

 

 

Au soleil de l’Amour,

Est une joie profonde

Ton geste sans retour !

 

 

 

 

 

« tous les matins du monde sont sans retour »

 

tous les matins du monde

 

Tous les matins du monde

Transcendent la douleur

Des paumés de la nuit

Qui guettent le bonheur

A l’aube qui fleurit …

 

Tous les matins du monde

Transcendent la souffrance

Des mourants dans la nuit

Qui guettent l’espérance

A l’aube qui revit …

 

Tous les matins du monde

Transcendent le désert

Des prisonniers, la nuit,

Qui guettent la lumière

A l’aube qui bleuit …

 

Tous les matins du monde

Transcendent la laideur

Des pires lâchetés

Commises dans l’horreur

De l’aube qui gémit …

 

 

Mais l’on verra toujours

Sur l’horizon immonde

Se lever sans retour

Tous les matins du monde !

 

« l’amour s’est posé sur les choses

comme une lumière ou un oiseau »

Jacques de Bourbon-Busset

de l’Académie Française

(La force des jours)

 

 

 

l’Amour s’est posé sur mon cœur

 

 

 

L’Amour s’est posé sur mon cœur

Comme un papillon sur la fleur

Féconde

 

L’Amour s’est posé sur mon cœur

Comme un soleil sur la froideur

Du monde

 

L’Amour s’est posé sur mon cœur

Comme un souffle sur la fraîcheur

De l’onde

 

L’Amour s’est posé sur mon cœur

Calice d’or où le bonheur

Abonde

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

pas l’Homme sans Dieu

 

 

 

Pas d’ombre

Sans soleil

 

 

Pas de tempête

Sans souffle

 

 

Pas de brûlure

Sans feu

 

 

Pas de mort

Sans Vie

 

 

Pas l’Homme

Sans Dieu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

laisse ton cœur …

 

 

Laisse ton cœur

Epouser la beauté

 

 

Laisse ton cœur

A l’Amour s’enflammer

 

 

Laisse ton cœur

A l’Autre se donner

 

 

Laisse ton cœur

A Dieu s’abandonner

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Dans leurs yeux brillera la seule espérance

qui ne se trompe pas, celle de la vie

qui ne connaît pas de couchant »

Daniel-Ange

 

 

 

la vie ne connaît pas de couchant

 

Dans le regard figé

De l’homme handicapé

Une seule espérance

Dans les yeux desséchés

De ce désespéré

Une seule espérance

Dans les yeux horrifiés

De la femme violée

Une seule espérance

Dans les yeux tuméfiés

De l’enfant torturé

Une seule espérance

Dans les yeux embrumés

De l’homme emprisonné

Une seule espérance

 

Emergée d’un monde bouillonnant

Comme soleil au matin naissant

La Vie ne connaît pas de couchant !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le vautour

 

 

Pauvre enfant décharné,

Sur cette terre aride,

Tu vas, désespéré,

En pleurs, le ventre vide

 

Le vautour, affamé,

En retrait, l’œil avide,

Voit la mort avancer

Dans ton regard livide.

 

 

Sur ton corps affaissé

Il s’abat, triomphant.

Tu meurs, abandonné

Au monde indifférent .

 

Combien de temps encore

Ce monde sans amour

Parera-t-il la Mort

Des ailes du vautour ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

la vie est un long fleuve

 

Viens arrimer ton cœur

Au flanc de la galère

D’où les chants et clameurs

Montent en humble prière

 

A la force des rames

Est dompté le courant

Comme à force de drames

Le cœur se fait vaillant

 

Ne reste pas assis

Hésitant sur la rive

Comme l’Homme indécis

Promis à la dérive

 

Ne sois pas attiré

Par ces noirs flots fangeux :

C’est le Mal impliqué

Dans ce monde hideux !

 

Ne laisse pas passer

Ce vaisseau glorieux :

C’est notre humanité

Qui s’en retourne à Dieu !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chartres

 

 

Deux flèches ciselées

Dans leur habit de pierre

 

 

Pierre d’autel dressée

En plein cœur du silence

 

 

Vitraux de bleus ourlés

En habit de lumière

 

 

Croix de pierre érigée

En plein cœur de la France

 

 

De l’Homme œuvre sacrée

Haut lieu de prière

 

 

Pour la Vierge marie

Pierre

Lumière

Prière

Absolu d’infini

 

 

 

 

 

 

toi, poète

 

 

 

Toi, poète !

 

 

Tu sais chanter l’Amour

Comme le troubadour

Qui fleurit le bonheur

Sur des ruines d’horreur !

 

 

 

Car du fond de l’enfer

Tu vois le ciel ouvert !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Pour les amants, dans la forêt du monde,

l’amour est une clairière »

Jacques de Bourbon-Busset

de l’Académie française

 

 

 

 

 

dans la forêt du monde

 

 

Dans la forêt du monde

Pour deux cœurs amoureux

L’ombre d’une rotonde

Se referme sur eux

 

Dans cette tour d’ivoire

Ils sculptent leur bonheur

Et fondent en ciboire

L’intime cœur à cœur

 

Dans la forêt du monde

Il est une clairière

Où leur amour féconde

La divine lumière

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

toi qui viens à la vie

 

Flamme

Surgissant de la nuit !

Si tu n’es pas Amour

A quoi bon l’incendie

S’il ne brûle le Mal ?

 

 

Souffle

Emergeant du néant !

Si tu n’es pas Esprit

A quoi bon l’ouragan

S’il ne détruit le Mal ?

 

 

Source

De la terre ruisselant !

Si tu n’es pas Eau vive

A quoi bon le torrent

S’il n’emporte le mal ?

 

 

Diamant

Dans cet écrin de chair !

Si tu n’es pas Eau pure

A quoi bon la rivière

Où vit … la fleur du Mal ?

 

 

 

 

 

 

 

 

pouvoir dire « je t’aime »

 

Pouvoir dire « je t’aime »

Au soleil triomphant

Pouvoir dire « je t’aime »

Sur un berceau d’enfant

Pouvoir dire « je t’aime »

A ce papillon blanc

Pouvoir dire « je t’aime »

A ce corps palpitant

Pouvoir dire « je t’aime »

A cet oiseau chantant

Pouvoir dire « je t’aime »

A l’ami complaisant

Pouvoir dire « je t’aime »

A la femme qui souffre

A cet enfant qui pleure

A l’homme au bord du gouffre

A toi, seul , sans demeure

Pouvoir dire « je t’aime »

A mon pire ennemi

Au bourreau qui torture

A l’auteur d’infamie

D’odieuses salissures

Pouvoir dire « je t’aime »

Geste d’amour suprême…

Exultant de bonheur

Pouvoir dire « je t’aime » !

 

 

 

 

 

 

être …

 

 

Être l’oiseau qui chante

Au matin triomphant

D’une nuit ruisselante

D’horribles flots de sang !

 

 

  • Être de la nature
  • Le témoin éternel
  • Drapé de la vêture
  • Du poète immortel !
  • Être porteur d’amour
  • Et le semer au vent
  • Fécondant le labour
  • De son divin ferment !
  •  

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    « ce qui compte, ce n’est pas l’immense, c’est l’intense. L’intense éclaire l’immense »

    Jacques de Bourbon-Busset

    de l’Académie Française

     

     

     

     

    que serait donc …

     

     

    Que serait donc Vénus

    Sous cette voûte immense

    Sans son éclat intense

    Annonçant l’Angelus ?

  • Que serait donc la fleur
  •  Dans ce jardin immense
  • Sans son parfum intense
  • Distillant son odeur ?
  •  

    Que serait donc l’Amour

    Dans cette foule immense

    Sans sa chaleur intense

    Irradiant alentour ?

     

     

    Vénus illumine le ciel

  • La fleur embaume le jardin
  • L’Amour réchauffe l’Humanité

     

     

     

     

    révolution

     

                                                         C’est Dieu assassiné

                                                         Au cri de « Liberté !»

                                                         Des hordes de soudards

                                                         Brandissant l’étendard

                                                         D’une haine implacable

                                                         En orgies ineffables

                                                        Ont souillé le sacré

                                                        D’un roi décapité

     

                       C’est Dieu assassiné

                       Au cri « Egalité ! »

                       Des hordes de soudards

                       Brandissant l’étendard

                       D’odieuse intolérance

                      Par ignoble vengeance

                      Ont troublé l’eau bénite

                      Du sang des Carmélites

     

  •                  C’est Dieu assassiné
  •                  Au cri « Fraternité ! »
  •                  Des hordes de soudards
  •                  Brandissant l’étendard
  •  D’injustice sordide
  •  En odieux séides
  •  Ont noyé dans le sang
  •  Leurs frères innocents
  •  

     

                    Jamais ce sang versé

                    Ne pourra s’oublier

                   Car il a racheté

                   La France, Fille aînée

                   D’une Eglise outragée !

     

     

     

     

     

    dans le champ de l’Amour

     

     

    Dans le champ de l’Amour

    J’en ai vu des sillons

    Tirant droit, sans détour,

    Sans altération

     

    Dans le champ de l’Amour

    J’en ai vu des sillons

    A l’indécis contour

    Lourds d’hésitation

     

     

    Dans le champ de l’Amour

    J’en ai vu des sillons

    S’arrêtant au pourtour

    De friche à l’abandon

     

     

     

    Dans le champ de l’Amour

    Dieu nous a déposés

    Pour que notre labour

    Exhale l’éternité …

     

     

    Le Seigneur dit à JOB :

    « Qui donc a retenu la mer ? »

    Je lui dit :  « tu n’ira pas plus loin.

    Ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots

     

     

     

    qui donc a retenu la mer ?

     

                             Ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots !

                             La lame déferlante

                             De l’inhumanité

                             Se gonflant, écumante,

                            Au rythme des nausées,

                            Rejette sur le roc

                           Des épaves sanglantes.

     

  •                        Les coques s’entrechoquent
  •                        Au gré de la tourmente,
  •                       Coques lourdes de haine,
  •                       D’innocence flétrie,
  •                       De souffrances, de peines,
  •                       D’orgueil, de vilenie !
  •  

     

          Mais Dieu a établi

          Sur ce rocher béni

          «  Ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots »

          Et l’on verra toujours

         Au plus vil de l’horreur,

     

                                                                Dans la pire détresse,

        Un rocher qui se dresse

        Où reposer son cœur

        A l’ombre de l’Amour !

     

     

     

     

    «  le bois de santal parfume

    la hache qui l’abat »

    Stan Rougier

    ( l’avenir est à la tendresse )

     

     

     

    le bois de santal

     

     

    La pureté de l’enfant violé

    Transcende l’abjection du bourreau

     

     

    L’innocence de l’homme condamné

    Rachète l’injuste poids du fardeau

     

     

    L’amour de la femme abandonnée

    Sanctifie la rupture de l’anneau

     

     

    La beauté de la Terre saccagée

    Purifie le viol de ce joyau

     

     

    Le sacré de l’église profanée

    Fige le révolutionnaire drapeau

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    son âme

     

     

    Sculpter son âme

    Au silence de Dieu

     

     

     

    Forger son âme

    Au feu de Dieu

     

     

     

    Lover son âme

    Au creux de Dieu

     

     

    le monde a besoin de toi !

     

     

    Le monde a besoin

    De ton sourire

    Le monde a besoin

    De ta pureté

    Le monde a besoin

    De ta force

    Le monde a besoin

    De ta joie

    Le monde a besoin

    De ta droiture

    Le monde a besoin

    De ta prière

    Le monde a besoin

    De ton amour

     

     

     

    Le monde a besoin

    De … toi

     

    J’ai besoin de toi !

     

     

    silence

     

    Silence !

    Au creux du puits sans fond

    Où l’eau qui purifie

    Par une immersion

    Rachète toute une vie

     

    Silence !

    Au creux du tabernacle

    Où Dieu qui est patient

    Par un fécond miracle

    Forge le repentant

     

    Silence !

    Au creux du lit de mort

    Où la souffrance humaine

    Par un doux réconfort

    Transcende toute peine

     

     

     

    larmes d’enfant

     

    Les larmes d’un enfant

    Sont des perles d’amour

    Quand il s’endort

    Sur un sein de velours

     

    Les larmes d’un enfant

    Sont des perles de rire

    Quand il va s’esclaffant

    Dans son ludique empire

     

     

    Les larmes d’un enfant

    Sont des perles d’horreur

    Quand il gémit, mourant,

    Sous les coups du tueur

     

     

    Les larmes d’un enfant

    Sont des perles d’effroi

    Quand il s’en va, criant

    Son total désarroi

     

     

    Toutes ces perles d’or

    Qui brillent au firmament

    Transcendent le trésor

    De ces larmes d’enfan

     

     

    Pour l’enfant qui s’endort

     

     

    Être poussière d’or

    Sur la plage déserte

    Pour l’enfant qui s’endort

    Rêvant de découverte !

     

     

    Être musique d’or

    Dans le profond silence

    Pour l’enfant qui s’endort

    Rêvant d’une romance !

     

     

    Être lumière d’or

    Dans le ciel étoilé

    Pour l’enfant qui s’endort

    Rêvant d’immensité !

     

     

    Être rivière d’or

    Dans le désert brûlant

    Pour l’enfant qui s’endort

    Rêvant de l’océan !

     

     

    nous avons partagé …

     

    Nous avons partagé

    La fraîcheur automnale

    Du sentier ombragé

    Où l’hiver s’installe

     

     

    Nous avons partagé

    L’intime profondeur

    Du silence éthéré

    Emplissant nos deux cœurs

     

     

    Nous avons partagé

    Le chant de la sitelle

    Encor toute étonnée

    D’un automne éternel

     

     

    Nous avons partagé

    En ce jour finissant

    L’ultime éclat doré

    Du soleil au couchant

     

     

    à l’orée de nos cœurs

     

     

    Sur le bord du chemin

    Je t’ai cueilli, ma fleur,

    Distillant ton parfum

    Au gré de ta fraîcheur !

     

     

    A l’orée de ton corps

    Ta pudeur a laissé

    Se consumer les ors

    D’un désir partagé !

     

     

    Sur le bord de ma vie

    Le flot de ton amour

    Transcende en harmonie

    L’ivoire de ma tour !

     

     

    A l’orée de nos cœurs

    L’amour a confié

    L’écume d’un bonheur

    En tout parachevé !

     

     

     

    viennent alors ces temps !

     

     

                                                        Nous sommes dans les temps 

                                                        Où l’aube vient bleuir

                                                        L’acier froid de la nuit

                                                        Faisant naître la Vie

                                                        Toujours prête à fleurir

                                                        Et l’Homme ressurgit

                                                        Des nimbes du néant

                                                        Se dressant triomphant

                                                        Au cœur de l’infini

                                                       Quand la nuit vient figer

                                                       La flamme qui rougeoie,

                                                       La mort alors déploie

                                                       Son drapement glacé

                                                      Et l’Homme se pétrit

                                                      En pierre de gisant,

                                                      Son âme se donnant

                                                     Au souffle de l’Esprit

     

  •                                                  Viennent alors les temps
  •                                                 Où l’aube triomphante
  •                                                 Couvrira pour toujours
  •                                                 De son voile d’amour
  •                                                 L’Humanité souffrante.
  •                                                Alors l’Homme aux abois
  •                                                Déposera son cœur,
  •       
  •        Libéré du malheur,
  •         Au pied de cette Croix
  • Purifiée par le Feu
  • Dont le bois vertical
  • A l’odeur de santal
  • Rassemble tout à Dieu !
  • Viennent alors ces temps !
  •  

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    .

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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