au fil de la vie
médaille d’ OR
Prix
Martin SAINT-RENE dit le PRINCE des POETES2003
de l’Académie des Poètes Classiques de France
Pierre GRAND’EURY
( poésie classique – illustrations de Françoise GRAND ‘EURY )
http://monsite.wanadoo.fr/poesiepge/
« Pierre GRAND’EURY a composé le recueil
Au fil de la vie avec la même précision de l’élan artistique, la même ampleur éblouissante des visions que lorsqu’il commandait les arabesques mouvantes de la Patrouille de France.Il a quitté relativement jeune l’Armée de l’Air mais il a continué à s’élever toujours plus haut, avec ses ailes de poète, vers un idéal de beauté, de bonté et d’amour. Hélas, que découvre-t-il en survolant le monde ? L’horreur infernale du mal et la détresse insoutenable . Ses ailes sont meurtries mais la lumière est toujours en lui… celle de la Foi, celle de l’Amour total suprême qui n’a d’égal que l’évocation du Cantique des cantiques, ce chef d’œuvre de l’Humanité qui
Est devenu également le sien dans la Sulamite :
… Ton corps s’ouvre à l’Amour comme une fleur éclose …
La forme des poèmes est variée mais toujours respectueuses des règles de l’art. A ses pantoums, dont les visions simultanées ont des retours tantôt lancinants, tantôt éblouissants, alternent des sonnets sculptés dans le marbre, des quatrains isolés, concis comme des aphorismes et des chants aux vers courts d’une harmonieuse fraîcheur intemporelle.
Ainsi s’écoule au fil de la vie qui, tout au long de ce recueil, développe le thème philosophique du temps qui passe déjà abordé par l’auteur dans ses précédents recueils mais étudiés ici dans toute ses phases de longueur et d’intensité différentes, suivant le moment de la vie.
Soulignés par des leitmotive, se déroulent le Temps de Dieu, le temps de l’Homme, celui de l’Amour, celui de l’Espérance, et le temps du Silence où l’âme rejoint Dieu !
« Lorsque l’ultime note à la fin d’un cantique
Dans l’infini se perd, le silence qui suit
Reste encore prière et l’âme alors, sans bruit,
A l’encens se confond en volute mystique »
« Le Phénix immortel », le Temps, inépuisable dans ses phases toujours renaissantes est illuminée par la Femme, la sienne, Françoise, par la Sulamite, la Vierge, Mère Thérésa…, la Terre …
« Ô toi, femme bénie, à genoux près du feu,
Contemplant ton enfant dans son lit de dentelle »
Le recueill est illustré par Françoise GRAND’EURY dont le talent allie harmonieusement les traits fermes à la fluidité souple des lignes pures de la Vie. Elle souligne les flots d’images bouleversantes qui revêtent la pensée entraînée par un rythme régulier qui lui donne le maximum d’ampleur et de beauté.
Marie-Thérèse HORTE-MALET
Sociétaire de la Société des gens de Lettres, de l’Académiedes Poètes Classiques de France, de la Société des Poètes
Français, de la Société des Poètes Classiques
Prologue
Le monde est transcendé .. divine fulgurance !
Des mains du Créateur a jailli la beauté ..
Dans le froid de la nuit le mal perd patience !
La toge de Satan cèle l’iniquité ..
Des mains du Créateur a jailli la beauté
Comme perle du lys la subtile fragrance !
La toge de Satan cèle l’iniquité ..
Souillure d’un enfant en sa pure innocence ..
Comme perle du lys la subtile fragrance
C’est pour l’Homme que Dieu distille sa bonté ..
Souillure d’un enfant en sa pure innocence ..
Larmes , poussière d’or en leur banalité .
C’est pour l’Homme que Dieu distille sa bonté ..
Dans le champ de l’amour , le feu de l’espérance .
Larmes , poussière d’or en leur banalité .
Pour un monde entraîné dans la déliquescence !
Dans le champ de l’amour , le feu de l’espérance .
La croix offre au cosmos sa verticalité !
Pour un monde entraîné dans la déliquescence
Deux bras écartelés .. l’horizontalité !
La croix offre au cosmos sa verticalité !
Le long du bois sacré s’enroule la garance ..
Deux bras écartelés .. l’horizontalité !
Le monde est transcendé .. divine fulgurance !
Voici le temps pour l’Homme , à l ‘aube de ce jour ,
De naître de l’intime abandon d’une mère ..
Fulgurance mystique au creuset de l’amour
Pour deux corps éblouis aux confins du mystère !
Ce fut le temps pour Dieu de donner sans retour
Au froid nu du cosmos le feu de sa lumière .
Sa largesse infinie épouse le contour
D’un éternel bonheur promis à notre terre .
Le temps de Dieu
Les temps de l’Homme
C’est le temps du sourire à l’Autre qui l’attend ,
D’une franche amitié ; quelle indicible joie !
La ferveur d’un chant pur que Dieu , du ciel ,entend ,
Transcende la splendeur d’une arche qui flamboie .
En ces instants bénis , Dieu , magnanime , étend
Sur les blés ondulant comme un voile de soie ,
Une batiste d’or ; exalté , l’Homme tend
La vasque de ses mains au soleil qui rougeoie .
Que s’arrête le temps , une seconde encor..
Que se fige en l’instant la perle de rosée
Gardant le souvenir de notre âme apaisée
Lorsque naît la beauté dans un silence d’or .
Que dans l’éternité se fige le décor
D’une chambre dorée où la belle épousée
Se donne éperdument , à peine apprivoisée ,
Pour trouver dans l’amour le plus divin trésor .
Prendre le temps d’aimer dans un monde sordide
Comme un rayon épouse un pétale livide
Ou le nuage plein féconde le désert ..
Laisser aller le temps au rythme de sa vie
En cueillant en chemin les fruits d’un ciel ouvert
Aux aspirations d’une âme inassouvie ..
Le temps de Dieu
Les temps de l’Homme
C’est le temps du silence où résonne en nos cœurs
Le bruissement pur et fécond des étoiles !
Ecouter au matin le murmure des fleurs
Quand se donne au soleil le parfum de leurs voiles ..
Dieu ne se perçoit bien que dans les profondeurs
Du secret de ton corps , toi , l’Homme qui dévoiles
La richesse d’une âme aux subtiles couleurs
Comme un peintre exposant la beauté de ses toiles .
Le temps de Dieu
Les temps de l’Homme
C’est le temps de l’amour consumé par le feu
Du regard d’une femme adorée , éblouie ,
Unissant à jamais , dans un troublant aveu ,
Deux êtres destinés au commun d’une vie .
Qu’il est beau cet amour , cet abandon à Dieu ,
De ces corps enflammés quand leur âme assouvie
Découvre enfin la paix , accalmie au milieu
De notre humaine route au malin asservie .
Le temps de Dieu
Les temps de l’Homme
Le voilà donc Son temps , dans toute son horreur ,
Quand l’enfant outragé rend son âme angélique
Sous les coups meurtriers de l’infâme tueur
Flétrissant cette chair , petit corps angélique .
Pourquoi , Dieu tout puisant , en Ta juste fureur ,
Ne terrasses-Tu pas l’assassin fanatique ?
Ne vois-Tu pas briller , dans toute leur candeur ,
Ces perles d’innocence , émouvante supplique ?
Le temps de Dieu
Les temps de ‘Homme
C’est le temps de la guerre où culmine le mal
Sur des monceaux de corps , innocentes victimes ,
Un morbide théâtre au décor infernal
Où s’activent , hautains , les acteurs de ce crime .
Pourquoi , Dieu , tous ces morts , cette nuit de cristal ?
Sinistre puanteur des dépouilles opimes
Dont Satan triomphant , tyrannique et brutal ,
Se drape des linceuls , lauriers illégitimes !
Le temps de Dieu
Les temps de l’Homme
C’est le temps de la peine où le cœur se morfond
Dans le dédale froid de la désespérance
Lorsque l’Homme , blessé , dans un sommeil profond ,
Plonge pour oublier le fil de sa souffrance .
Dieu pleure , compatit , et sa douleur se fond
Au feu de Son amour . Quelle magnificence
Dans ce flot de bonté qui se donne et répond
A la détresse humaine en sa munificence !
Le temps de Dieu
Les temps de l’Homme
Mais c’est aussi le temps de vivre intensément
De la beauté du monde en sa noble parure
Pour l’Homme émerveillé quand , amoureusement ,
Il consume la sève au feu de la nature !
Et Dieu se réjouit car , dans son cœur aimant ,
A l’Homme Il a donné la Terre , enluminure
De vert , de bleu et d’or ; le feu , l’onde , le vent
Pétrissent le chemin de l’humaine aventure .
Le temps de Dieu
Les temps de l’Homme
Prendre le temps d’aimer , à l’ombre du silence ,
Le langoureux murmure étonné du ruisseau
Qui courtise une rose au pied d’un arbrisseau ,
Effleurant sa pudeur dans une révérence .
Se plaire à sublimer , dans sa magnificence ,
La beauté d’un sourire au chevet du berceau
Lorsque l’enfant s’éveille en radieux faisceau
Illuminant les cieux de sa pure innocence .
Laisser aller son âme à l’écoute de Dieu
En confiant son cœur , pour toujours , en tout lieu ,
Au doux feu de l’amour qui réchauffe le monde .
Harmoniser sa vie à la marche du temps ,
Au babil de l’enfant , au murmure de l’onde ,
Pour offrir à son corps un éternel printemps .
( dans l’argile du temps )
Le temps de Dieu , les temps de l’Homme
C’est le temps de prier pour l’Homme confiant
A l’auteur de ses jours le poids de sa souffrance .
Au pied de cette croix , prosterné , suppliant ,
Il s’abandonne à Dieu , divine providence .
Dans sa miséricorde , sur ce fils gémissant ,
Le Père s’attendrit ; en sa grande clémence
Il pardonne et dépose au front de son enfant
Le sceau de Son amour , éternelle semence .
Le temps de Dieu
Les temps de l’Homme
C’est le temps de la mort , au creux froid d’un matin ,
Un terme à la souffrance , à la joie , accordées ,
Où l’Homme agonisant transcende son destin
Dans cet adieu poignant aux rouges orchidées .
L’intimité de Dieu , telle un nid de satin ,
Concentre dans son cœur l’éclat des apogées
De notre parcours d’Homme , un fleuve adamantin
Qui roule dans ses flots nos rêves d’odyssées !
Le temps de Dieu
Les temps de l’Homme
Ainsi les temps de l’Homme , en sa fragilité ,
Unis au temps de Dieu , pour une éternité ..
Sur les chemins rugueux d’une terre escarpée
L’Homme blessé se donne au feu qui le conduit
Vers l’extase sublime où son cœur est séduit
Par le mystique éclat d’une étoile jaspée .
Lorsque l’aube s’éveille , émouvante épopée ,
Au soleil triomphant d’une sinistre nuit ,
Son âme exulte et vibre à l’insondable bruit
Qui perle de l’abîme en grave mélopée .
Un total abandon à l’amour éternel !
Communion sacrée à l’éther irréel !
Mystère d’un destin de bonheur et de sang !
Jailli du pur Alpha d’une gerbe de feu
A l’ultime Oméga d’un parcours flambloyant ,
Emanant du cosmos , l’Homme retourne à Dieu !
( dans l’argile du temps )
dans le silence on entend Dieu le silence est l’âme des choses
Marthe ROBIN proverbe français
le silence est un peu de ciel à voir ce que l’on fut sur terre
qui descend vers l’Homme et ce qu’on laisse
Ernest PSICHARI seul le silence est grand
tout le reste est faiblesse
Alfred de VIGNY
il est bon d’attendre en silence silence devant Yahvé
le salut de Dieu Lamentations 3-26
Habaquq 2-20
Silence , toute chair , devant Yahvé des cieux , tu fais entendre
Zacharie 2,17 la sentence ; la terre a peur
Prie et se tait !
Le silence qui suit du Mozart Psaume 76-9
Est encore du Mozart
Sacha GUITRY
Laisser aller son âme à l’ombre du silence
Aux marches de l’autel où brille l’ostensoir
Pour l’Homme agenouillé , lorsque tombe le soir ,
Confiant à son Dieu sa profonde souffrance .
Dans le silence , on entend Dieu !
Au creux froid de la nuit , écouter le silence
Qui perle du néant , subtil bruissement
D’un monde sidéral en son achèvement
Pour l’homme y pressentant la divine Présence .
Dans le silence , on entend Dieu !
Ruisselant des éclats des bombes explosées ,
Le sang humain se mêle aux nuages de feu
D’où tombe sur les morts le silence de Dieu
Comme un linceul moiré de Ses larmes sacrées .
Dans le silence , on entend Dieu !
Prendre le temps d’aimer à l’ombre du silence ,
Le langoureux murmure étonné d’un ruisseau
Qui courtise une rose au pied d’un arbrisseau ,
Effleurant sa pudeur dans une révérence .
Se plaire à sublimer , dans sa magnificence ,
La beauté d’un sourire au chevet du berceau
Lorsque l’enfant s’éveille en radieux faisceau ,
Illuminant les cieux de sa pure innocence .
Laisser aller son âme à l’écoute de Dieu
En confiant son cœur , pour toujours , en tout lieu ,
Au doux feu de l’amour qui réchauffe le monde .
Harmoniser sa vie à la marche du temps ,
Au babil de l’enfant , au murmure de l’onde ,
Pour offrir à son corps un éternel printemps !
Enchantement divin d’une aube qui s’éveille
Au murmure ébloui d’un ruisseau qui s’éprend
De la fraîche rosée ou de l’oiseau qui prend
Son matinal envol que l’azur ensoleille .
Dans le silence , on entend Dieu !
D’un monde indifférent écouter le silence
Devant tant de malheur , de souffrance et d’horreur
Que l’Homme , par orgueil , égoïsme et fureur ,
Sème sur le chemin de sa déliquescence .
Dans le silence , on entend Dieu !
Comme l’éclair jaillit d’une subite flamme ,
Pour deux cœurs éblouis , quand l’amour les surprend ,
Le silence fait or exulte en eux et rend
Témoignage du feu divin qui les enflamme .
Dans le silence , on entend Dieu !
Le bruit répand ses flot , tumultueux torrents...
Je n’ai pas entendu le lancinant murmure
De l’enfant épuisé par la faim qui l’emmure
Dans le ghetto mortel d’un monde indifférent .
Les ors brûlent de feux où tout n’est qu’apparent ..
Je n’ai pas reconnu l’oiseau sous la ramure ,
Cet humble roitelet dont la noble parure
Nimbe de son éclat le voile transparent !
Par le vacarme fou , la lumière aveuglante ,
Mon cœur est abusé , comme l’onde cinglante
Trouble la vision d’un monde harmonieux .
Pour que je puisse encor écouter la souffrance ,
Cueillir l’humilité dans ce monde orgueilleux ,
Je laisse aller mon âme à l’ombre du silence ..
( Dans l’argile du temps )
Le silence est prière , un cœur à cœur mystique
Où Dieu rencontre l’Homme en toute intimité .
Exhalé de la pierre à la froide beauté ,
Il vibre à l’unisson de la voûte gothique .
Dans le silence , on entend Dieu !
Silence glacial sur le champ de bataille
Succédant aux appels désespérés et vains
Des blessés , des mourants , carnages inhumains
Dont tout le sang versé se fige sur l’intaille .
Dans le silence , on entend Dieu !
Comme dans la pénombre une pierre irradie ,
Pour le chant de l’oiseau le silence est l’écrin
D’où perle en notes d’or un andante serein
Prélude au jour qui naît , divine symphonie . .
Quand le soleil rejoint son lit impérial
Et réduit notre Terre à l’étoile qui pleure
L’éclat magnifiant sa gloire antérieure ,
Ecouter le silence éthéré , glacial ..
Lorsque la mort étend son linceul nuptial
Et fige dans l’onyx le temps qu’un soir effleure
Comme l’ombre envahit le seuil d’une demeure ,
Ecouter le néant du froid abbatial ..
Alors l’âme s’unit à la frêle harmonie
Qui perle du cosmos comme une symphonie
Et vibre à l’unisson .. Dieu , que ce chant est beau !
C’est la voix du silence .. Exhumé de ses voiles
Monte , comme un murmure émergeant d’un tombeau ,
Le bruissement pur et fécond des étoiles !
( dans l’argile du temps )
Lorsque l’ultime note , à la fin d’un cantique ,
Se perd à l’infini , le silence qui suit
Reste encore prière et l’âme , alors , s’unit
A l’encens qui s’élève en volute mystique .
Dans le silence , on entend Dieu !
Devant le désarroi , la peine , la souffrance
Que supporte un ami , l’être que l’on chérit ,
Cet enfant torturé , cet innocent proscrit ,
Rien ne peut remplacer la chaleur du silence .
Dans le silence , on entend Dieu !
Dans la touffeur du jour , lorsque brûle le sable ,
Au frais de l’oasis où vient mourir le soir ,
Le silence se fond au soleil , ostensoir
Pour l’Homme où Dieu se donne , Amour inépuisable .
Dans le silence , on entend Dieu !
Au creux du tabernacle enchâssé dans la pierre ,
Ecouter Dieu , Silence , opalin reposoir
Sur le marbre d’autel où l’Homme vient , le soir ,
Déposer , humblement , le poids de sa misère .
Ami ,
Ecoute le silence enchâssé dans la pierre ..
En fines gouttes d’or il se pose sur toi .
Sous l’arche de granit le Dieu d’amour , ton Père,
Transcende en pur cristal le feu de ton émoi .
En fines gouttes d’or il se pose sur toi .
Emergeant du cosmos il épouse la Terre ,
Transcende en pur cristal le feu de ton émoi ..
A genoux dans la nuit l’Homme se fait prière .
Emergeant du cosmos , il épouse la Terre .
Un silence de mort , un silence d’effroi ..
A genoux dans la nuit , l’Homme se fait prière ..
Larmes de désespoir , larmes de désarroi .
Un silence de mort , un silence d’effroi ..
Du vide de ton cœur jaillit une lumière !
Larmes d’un fol espoir , larmes source de foi ..
Ecoute le silence enchâssé dans la pierre !
( dans l’argile du temps )
Dans le silence , on entend Dieu !
Seul le silence est bon , au couchant de sa vie ,
Pour l’Homme impatient du salut de son Dieu
Qui , des cieux , fait entendre , avant l’ultime adieu ,
La sentence . La Terre a peur , se tait et prie . .
Dans le silence , on entend Dieu !
Dans l’agitation d’une vie absorbante
L’Homme est devenu sourd au cri du prisonnier ,
Insensible à l’odeur putride d’un charnier ,
Indifférent à son humanité souffrante .
Dans le silence , on entend Dieu !
Comme on entend le vent qui bruit dans les voiles ,
Ecouter , hors du temps , dans un monde irréel ,
L’âme et le cœur vibrant à l’infini du ciel ,
Le silence éthéré qui tombe des étoiles .
Ami , prends le temps du silence
Ecouter le silence éthéré de la pierre
Quand au pied de l’autel où l’Homme vient s’asseoir
Le cantique se rend à la chute du soir
Comme dans l’océan s’apaise la rivière
Attendre dans la nuit que brille une lumière
Pour l’ Homme agenouillé devant un ostensoir
D’où perle un clair-obscur comme renaît l’espoir
D’une paix retrouvée au creux de la prière
Quand tout semble perdu , laisser aller son cœur
Au souffle de la vie , indicible douceur
D’un zéphir apaisant sur un front nostalgique .
Au fil de la souffrance , esquisser le contour
D’un monde transcendé par une foi mystique.
Dans l’argile du temps , Dieu cisèle l’Amour !
( dans l’argile du temps )
Qui peut , mieux qu’un poète , enluminer l’amour ?
Sur un parchemin d’or naît une ligne pure
Comme au creux du désert ondule la courbure
Du sable de la dune au fugace contour.
Il grave au diamant l’ivoire de la tour
Où l’Homme cherche Dieu , diaphane parure
Pour l’âme s’exhalant de cette créature
En quête d’infini lorsque se meurt le jour .
Dans la plus froide nuit , sa plume reste ferme.
Le poète résiste au doute qui l’enferme .
Des perles de la pluie émerge un arc-en-ciel .
Même dans la douleur et la désespérance ,
Sous les noirs tourbillons d’un vent démentiel ,
Il puise dans l’amour toute sa fulgurance !
C’est le temps de l’amour
De l’atome au cosmos , dans toute la matière ,
Des gouffres abyssaux à l’éther sidéral ,
Ont jailli du néant les chants purs d’un choral
Que Dieu , parfait Amour , a gravé dans la pierre .
C’est le temps de l’amour
C’est dans le cœur de l’Homme à l’image divine
Qu’est déposé l’amour , ce précieux trésor ,
Rayonnant à jamais , comme un ostensoir d’or ,
Sur un monde soumis au mal qui le domine .
C’est le temps de l’amour
Mystère de l’amour , autant brise légère
Que souffle impétueux , flamme sous le boisseau
Que fol embrasement , souplesse du roseau
Ou dureté du cœur , parjures ou prière .
C’est le temps de l’amour
A l’ombre du silence émerge de la nuit
L’insondable froideur d’une étoile nacrée
Dont la pâle lueur encore inaltérée
Marque notre chemin d’un or qui nous séduit .
A l’écho de l’amour s’élève un faible bruit,
Murmure opalescent sous la voûte sacrée
De cet Homme perdu dont l’âme torturée
Trouve la paix de Dieu lorsque le jour bleuit .
Au soleil qui paraît dans sa magnificence ,
Aimer s’abandonner comme , sans réticence ,
Un enfant qui se love au doux sein maternel ;
Alors résonne en nous cette extase infinie
De notre âme éblouie en quête d’éternel ,
Silence de l’amour qui perle en symphonie ..
( dans l’argile du temps )
C’est le temps de l’amour
Sourire illuminé d’une mère attendrie
Sur la mangeoire froide où repose l’Enfant ..
Mystère dans la nuit d’où monte , triomphant ,
Le murmure opalin d’une paix infinie .
C’est le temps de l’amour
Emotion d’un cœur au détour de la route ..
Ce doux pressentiment que se forge un destin
Au creuset de l’amour , l’espace d’un matin ,
Quand l’âme s’abandonne au charme qui l’envoûte !
C’est le temps de l’amour
Cette douce caresse au satin d’une épaule ,
L’ombre d’un pur désir effleurant la pudeur
D’un corps abandonné surpris dans sa candeur
Mais qui , déjà , répond au baiser qui le frôle .
C’est le temps de l’amour
à mon épouse
Au creux de ton amour j’ai déposé mon cœur
Comme un papillon d’or sur une fleur se pose !
A l’ombre d’un laurier se cache la tiédeur.
Dans l’arche de tes reins , vois , ma tête repose !
Comme un papillon d’or sur une fleur se pose ,
Au creux de ton amour j’ai lové mon bonheur.
Dans l’arche de tes reins , vois , ma tête repose !
Le nectar d’un pistil épanche son odeur .
Au creux de ton amour j’ai lové mon bonheur .
Tu rayonnes de joie au présent d’une rose .
Le nectar d’un pistil épanche son odeur .
L’apollon se complait dans sa métamorphose !
Tu rayonnes de joie au présent d’une rose .
De tes sens éveillés je me fais moissonneur !
L’apollon se complait dans sa métamorphose !
L’écume de la mer sème au vent sa blancheur ..
De tes sens éveillés je me fais moissonneur !
Je vois frémir ta lèvre où mon baiser se pose .
L’écume de la mer sème au vent sa blancheur ..
Ton corps s’ouvre à l’émoi comme une fleur éclose !
Je vois frémir ta lèvre où mon baiser se pose .
Au frisson du désir se mêle ta pudeur !
Ton corps s’ouvre à l’émoi comme une fleur éclose !
Au creux de ton amour j’ai déposé mon cœur .
Fulgurance mystique .. au feu de l’hyménée
Se consument les cœurs en total abandon.
C’est l’éblouissement quand l’amour se fait don ..
De la faveur de Dieu l’âme est enrubannée !
C’est le temps de l’amour
Au plus intime for du croyant , de l’athée ,
Brûle éternellement la flamme de l’amour .
Mais bien souvent le mal en voile le contour !
Dans tout jardin secret , une croix est plantée ..
C’est le temps de l’amour
A l’aube qui bleuit s’élève une prière ..
Silence de la pierre et pureté du cœur
Harmonieusement s’unissent en un chœur .
Ainsi naît de la nuit l’éclat d’une lumière .
C’est le temps de l’amour
De cette nef humaine , en un divin cantique ,
Monte comme un encens le plus beau chant d’amour
Que l’Homme puisse offrir à l’auteur de son jour ,
Cathédrale de pierre à la voûte gothique .
C’est le temps de l’amour
Toi , poète ,
Tu sais chanter l’amour
Comme le troubadour
Qui fleurit le bonheur
Sur des ruines d’horreur
Car du fond de l’enfer
Tu vois le ciel ouvert
Etre l’oiseau qui chante
Au matin triomphant
D’une nuit ruisselante
D’horribles flots de sang
Etre de la nature
Le témoin éternel
Drapé de la vêture
Du poète immortel
Etre porteur d’amour
Et le semer au vent
Fécondant le labour
De son divin ferment
( au fil du cœur )
Eternel résurgent d’un infini cosmique ,
L’amour a du torrent l’impétuosité ,
Du lac majestueux , la somptuosité ,
Transcendant cette eau pure en baptême mystique .
C’est le temps de l’amour
Semblable au diamant qu’effleure une lumière ,
L’amour pur , ce trésor divin et flamboyant
Que Dieu , dans sa bonté , donne à l’Homme priant ,
A l’éclat d‘un rubis enchâssé dans la pierre .
C’est le temps de l’amour
L’amour a de l’encens l’envoûtante fragrance
Qui monte de l’autel en arabesques d’or
Lorsque l’Homme en prière offre comme un trésor
La coupe débordant du flot de sa souffrance .
C’est le temps de l’amour
L’Amour a du soleil l’éclat incandescent
Qui réchauffe nos cœurs prisonniers de la pierre
Quand leur morne froidure à la chaude lumière
S’abandonne et se meurt en souffle évanescent.
L’Amour a du cristal l’éclat éblouissant
Qui transperce notre âme en quête de prière
Quand Dieu semble échapper dans sa nuée altière
A mon désir profond de Son feu tout puissant ;
L’Amour a du mistral la force de la Vie
Qui conduit pas à pas notre âme inassouvie
Vers l’Homme écartelé sur le bois de la croix .
Dans le champ de l’Amour fleurit notre âme en peine
Bénissant l’Eternel à l’unisson des rois
Qui chantent dans la nuit la beauté de leur reine !
( dans l’argile du temps )
Atteignant les confins des terres habitées ,
L’amour a du mistral un besoin d’infini ,
Ou , comme un doux zéphyr distillant ses risées ,
Il amène à bon port l’Homme , par Dieu , béni .
C’est le temps de l’amour
L’amour a de la soie une exquise brillance
Reflet mystérieux d’un monde sidéral
Dont les étoiles d’or , au déclin vespéral ,
Sont témoins éternels de sa luxuriance .
C’est le temps de l’amour
Tout donner sans retour , geste d’amour suprême !
Donner , c’est recevoir , s’offrir au vent d’autan
Pour courber les blés d’or , se fondre à l’océan
Pour renaître en embruns opalins que Dieu sème .
C’est le temps de l’amour
L’amour a du cristal la pure transparence ,
Tel le regard de Dieu sur l’enfant torturé .
Vibrant à l’unisson d’un silence éthéré ,
Ce petit corps souillé transcende la souffrance .
C’est le temps de l’amour
L’amour se pose sur le cœur
Comme un papillon sur la fleur
Féconde
L’amour se pose sur le cœur
Comme un soleil sur la froideur
Du monde
L’amour se pose sur le cœur
Comme un souffle sur la fraîcheur
De l’onde
L’amour se pose sur le cœur
Calice d’or où le bonheur
Abonde
( au fil du cœur )
C’est l’amour violé , l’innocence flétrie ,
La pureté d’un cœur que pervertit le mal
Comme le diamant perd l’éclat du cristal
Lorsque meurt le soleil à l’or d’une prairie .
C’est le temps de l’amour
A cet enfant qui pleure , au faible qui chancelle ,
A notre humanité condamnée à la mort ,
Combien de charité , d’actes de réconfort
Ont apporté l’espoir d’une joie éternelle !
C’est le temps de l’amour
Dans Sa miséricorde , intègre , Dieu pardonne
A cet Homme odieux , lâche , vil , égorgeur
Qui règne sur le monde , ignoble ravageur
D’une terre promise à la fleur qui rayonne .
C’est le temps de l’amour
Pouvoir dire « je t’aime »
Au soleil triomphant
Pouvoir dire « je t’aime »
Sur un berceau d’enfant
Pouvoir dire « je t’aime »
A ce papillon blanc
Pouvoir dire « je t’aime »
A ce corps palpitant
Pouvoir dire « je t’aime »
A l’ami complaisant
Pouvoir dire « je t’aime »
A la femme qui souffre
A cet enfant qui pleure
A l’homme au bord du gouffre
A toi , seul , sans demeure
Pouvoir dire « je t’aime »
A mon pire ennemi ,
Au bourreau qui torture
Au violeur perverti
Odieuse blessure
Pouvoir dire « je t’aime »
Geste d’amour suprême
( au fil du cour )
A l’ombre d’un tilleul chante la tourterelle .
L’élégante orchidée épouse un liseron .
La montagne , au lointain , pointe son éperon .
Tout n’est qu’amour de Dieu , beauté surnaturelle !
C’est le temps de l’amour
« Pour des amants ,
Dans la forêt du monde
L’amour est une clairière »
De l’Académie Française
Dans la forêt du monde
Pour deux cœurs amoureux ,
L’ombre d’une rotonde
Se referme sur eux
Dans cette tour d’ivoire
Ils sculptent leur bonheur
Et fondent en ciboire
L’intime de leur cœur
Dans la forêt du monde
Il est une clairière
Où leur amour féconde
La divine lumière
( au fil du cœur )
Ô toi , femme bénie , à genoux près du feu ,
Contemplant ton enfant dans son lit de dentelle !
Ton chant sculpte en son cœur l’or d’une ritournelle ..
Qu’à jamais ton amour illumine son jeu ..
Ô toi , femme bénie , abandonnée à Dieu
En consacrant ta vie à cette aube immortelle !
Que s’embrase ton âme à l’astre qui constelle
La voûte de ton cœur dans un ultime adieu ..
Femme , bénie es-tu , source féconde et pure ,
Ruisselant comme un baume aux creux de la blessure
Que le mal , à jamais , grave dans notre chair ..
Comme un soleil levant , incandescente flamme ,
Tu réchauffes le monde au feu de ton éclair
Irisant dans la nuit l’opale de son âme ..
De ces regards aimants rayonne la tendresse
Comme naît la fraîcheur de la brume du soir .
A l’ombre d’une croix , le couple vient s’asseoir ,
Déposant à son pied le poids de la vieillesse .
C’est le temps de l’amour
Au souffle de l’amour notre âme s’abandonne
Et se laisse porter d’un néant de froideur
Vers l’horizon sans fin d’un monde rédempteur
Où , pour l’éternité , la voix de Dieu résonne .
Chant d’amour de l’Epoux
Dans l’airain de l’amour , pour Toi , ma Sulamite ,
J’ai sculpté le chemin qui mène à ton enclos
Où je veux t’amener , dans ce doux nid bien clos ,
A pousser les soupirs d’une femme séduite ;
Vers la voûte étoilée à l’éclat sans limite ,
Je laisserai monter de ces bourgeons éclos ,
Le parfum délicat dont use le héros
Pour émouvoir le cœur de la belle Aphrodite .
Longtemps tu m’as cherché dans cette blanche nuit
Dont une horrible angoisse encore me poursuit ,
Et tu m’as retrouvé .. Je veux que tu sois mienne !
Que la myrrhe et l’encens honorent ta beauté !
Qu’en ce monde souffrant notre amour parvienne
A ramener à Dieu toute l’humanité !
( la Sulamite )
….
Tandis que mon Dieu reste
Superbe en son enclos ,
D’un doux parfum céleste
J’honore son repos .
Mon Bien-Aimé se couche
Contre mon sein brûlant ,
Exhalant de sa bouche
Un murmure troublant
Il est comme une grappe
Au soleil de midi
Qui de pourpre se drape
Aux vignes d’En Gaddi !
Tes yeux sont des colombes ,
O Toi , mon tendre Amour ;
A mon cri tu succombes ,
Te donnes sans retour ..
O Toi , mon Roi que j’aime ,
Ton lit délicieux
Exhale au matin blême
Des parfums précieux ..
Je suis Ta fleur princière ,
Narcisse de Saron ,
La sève printanière
Au pays d’Aaron .
….
( la Sulamite )
Tu me combles d’amour
Et ton âme enflammée
Eternise le jour ..
Tes yeux sont des sitelles
Qui chantent à mon cœur
Leurs belles pastourelles
Pour un époux vainqueur ;
Ta chevelure brune
Ondule au vent marin
Qui rafraîchit la dune
Sous le ciel azurin .
Tes dents sont la margelle
D’un puits d’amour profond
Où se penche l’agnelle
Et l’écho lui répond ;
Du satin écarlate
Ta lèvre a la splendeur.
Lorsque ton rire éclate
S’envole ma pudeur .
Sa courbure effilée
Que j’aime apprivoiser
Dessine un azalée
Pour donner un baiser !
….
Mon Bien-aimé que j’aime
Est plus beau que Phébus !
Cette beauté suprême
A l’éclat d’Uranus :
Ses boucles que j’effleure
Au creux du clair-obscur
Parfument ma demeure .
Sa tête est d’un or pur !
Ses yeux sont des colombes
Se baignant dans le lait ,
Au milieu des palombes
Qui survolent d’un trait
Cet océan d’eau vive .
Sa joue est un massif
Où mon âme est captive ,
Dont le parfum lascif
Livre les aromates
Que distille l’amour
Au creux de mes stigmates ..
Ses lèvres font le tour
De ma gorge mutine
Dont le teint a,du lys,
La blancheur opaline !
…..
( la Sulamite )
Mon Bien-aimé me donne
Son amour à cueillir .
A lui je m’abandonne ..
Je me sens défaillir !
Passons dans le village
Les heures de la nuit
En doux vagabondage
Où l’amour nous conduit ..
Dès que l’aube s’annonce ,
Aux vignes nous irons
Arracher à la ronce
Les tendres liserons ;
Dès que le soleil brille
Nous irons découvrir
Sur la première vrille
La fleur prête à s’ouvrir ..
Alors je serai tienne.
Au creux de ta pudeur
Il faudra que je vienne
Déposer mon bonheur !
….
( la Sumamite )
J’ai ciselé ton corps au burin de l’amour ,
Sculptant dans le satin la courbe délicate
D’un sein abandonné qu’une main douce flatte
Lorsque tombe la nuit pour que meure le jour .
J’ai puisé dans tes yeux au merveilleux contour
L’eau vive d’un bonheur où ta splendeur éclate
A l’ombre de ton âme , et sa flamme écarlate
Féconde le sillon d’un champ prêt au labour .
Au galbe d’une épaule où mon cœur s’abandonne
J’ai trouvé la douceur d’un parfum qui se donne
Au souffle du matin dans un premier baiser .
Au creux de ta pudeur dont je force l’armure ,
Je love le désir que je veux apaiser
Comme un torrent fougueux qui se rend et murmure !
( la Sulamite )
« par ta miséricorde ,
…
Rassure-nous devant les épreuves
en cette vie où nous espérons
le bonheur que Tu promets «
( liturgie de la messe )
Espérance pour l’Homme !
Espérance pour l’Homme en un Dieu triomphant
Du Mal qui le conduit aux abîmes du doute !
Espérance pour l’homme émergeant du néant
En un salut divin aux confins de sa route !
Espérance pour l’Homme
Quand le sang des martyrs témoigne d’une force
Qui transcende le doute , annihile la peur ,
Abolit la souffrance , où la foi se renforce
Au feu pur de l’amour , promesse de bonheur !
Espérance pour l’Homme
La Résurrection du Fils de Dieu , Lumière
Un instant tamisée au linceul de la Mort
Pour renaître , éclatante , illuminant la Terre
Comme brille le phare au chenal de tout port !
Quand l’ombre opalescente, où son âme repose ,
S’incline , amère et froide , aux pieds de sa douleur ,
L’Homme blessé gémit , contemplant la pâleur
D’une flamme promise au déclin d’une rose !
Plus jamais sur son cœur , dans une apothéose ,
Ne tombe la rosée où perle la blancheur
D’une aube nuptiale , éphémère fraîcheur ,
Argentant la pudeur d’une anémone éclose !
Pourquoi tant de tristesse au creux de cette nuit
Où l’Homme a consumé le Mal qui le détruit ?
Combien de temps lui faudra-t-il attendre ?
Mais Dieu , dans sa bonté , fera poindre le jour
Où le flambeau sacré renaîtra de sa cendre
Sous le souffle puissant et royal de l’Amour !
( « dans l’argile du temps )
En toi redonne vie à Dieu qui sait attendre :
Ouvre à nouveau ton âme au frisson de l’Amour .
Au pied de ce calvaire où tu viens le surprendre ,
Quand ton désespoir naît à la chute du jour .
Ouvre à nouveau ton âme au frisson de l’Amour .
Réanime le feu qui veillait sous la cendre .
Quand ton désespoir naît à la chute du jour ,
Au creux du frais vallon où l’ombre va s’étendre .
Réanime le feu qui couve sous la cendre .
Ouvre à l’humanité l’ivoire d’une tour .
Au creux du frais vallon où l’ombre va s’étendre
La mort offrait sa proie à l’œil noir du vautour .
Ouvre à l’humanité l’ivoire d’une tour .
Laisse aller ton âme au vent qui vient la pendre .
La mort offrait sa proie à l’œil noir du vautour .
Mais déjà tu réponds aux voix que j’aime entendre .
Laisse aller ton âme au vent qui vient la prendre .
Pour s’offrir au feu d’or qui perle au point du jour .
Car déjà tu réponds aux voix que j’aime entendre .
Comme l’épi se donne au champ prêt au labour .
Pour s’offrir au feu d’or qui perle au point du jour ,
Le fleuve se confie au secret d’un méandre
Comme l’épi se donne au champ prêt au labour .
En toi renais , enfin , ce Dieu qui sut attendre !
( dans l’argile du temps )
Dans le froid de la nuit , quand tout semble perdu ,
Lorsque la rose , au loin , de perles s’auréole ,
Attendre l’aube bleue et l’oiseau qui s’envole ,
Comme naît par miracle un jour inattendu ;
Dans un monde sans foi , quand le sang répandu ,
Au nom d’un Dieu trahi , profane l’acropole ,
Espérer que la vie , en cette nécropole ,
Renaisse du tombeau d’un Satan confondu ..
Dans le froid , dans le sang , émerge l’espérance
Arrachée au néant de l’horrible souffrance
D’un monde sans amour , flétri , déliquescent .
Au plus noir de la vie attendre la lumière
Qui jaillit du cosmos en or incandescent ,
Rayonnement divin au creux d’une prière !
( « dans l’argile du temps « )
La rosée du matin, sublimant le soleil ,
Auréole d’opale une larme de joie
Que la beauté du monde , en ce jour qui flamboie ,
Fait perler de nos yeux embués de sommeil .
Le chant de cet oiseau , surpris dans son réveil ,
S’accorde à l’unisson d’un monde qui tournoie
Comme au souffle divin toute la vie ondoie ,
Enchâssant dans ses plis un calice vermeil !
Notre âme a tant rêvé d’être l’enluminure
Parant notre corps d’homme en quête de droiture
Quand le cœur s’abandonne aux élans de l’amour !
Mais devant nous le Mal a dressé la barrière
De notre humanité qui nous cache le jour ..
Attendre dans la nuit que perle la lumière !
Espérance pour l’Homme
Ce malade guéri , cette femme stérile
Qui va porter l’enfant qu’elle a tant désiré ,
Tous ces miraculés , la preuve indélébile
D’un divin protecteur , par l’amour inspiré !
Espérance pour l’Homme
Est le pardon de Dieu pour la faute avouée ,
Inépuisable baume au pli de la douleur
Du pécheur épuisé par sa marche vouée
Aux ornières du mal , aux à-pics du malheur !
Espérance pour l’Homme
La sainteté de vie , exemple d’excellence ,
D’un Charles de FOUCAULT , d’une Mère TERESA ,
La prière absolue au creuset du silence ,
La charité donnée au cœur de Calcutta !
Dans une rougeoyante et sinistre plongée
Vers l’univers glacé des mondes chancelants ,
Le soleil transcendait les stigmates brûlants
Témoins du sang versé dont la Terre est gorgée !
Nimbé de la fraîcheur d’une rose ouvragée ,
Emergeant du néant aux confins scintillants ,
Le soleil porte en lui les espoirs jubilants
De l’âme s’élevant jusqu’à son apogée !
Mystérieusement , dans ce monde abyssal ,
Se transforme en beauté la souillure du Mal !
Chaque soir rougissant renaît en aube claire !
Comme un ostensoir d’or rayonnant sur l’autel ,
Le soleil prend pour l’Homme , en ce temps jubilaire ,
La parure et l’éclat du Phénix immortel !
( « dans l’argile du temps « )
Espérance pour l’Homme
Tous ces jeunes allant aux Journées Mondiales ,
Lumière et Sel sur Terre au cœur d’un Monde froid
Ayant perdu le sens des immémoriales
Agapes des chrétiens à l’aube d’autrefois !
Espérance pour l’Homme
L’apaisement du cœur pour le pauvre en prière
Déposant humblement son fardeau de malheur
Aux pieds du Christ en croix d’où naît une lumière
Qui s’unit à ses larmes pour embaumer son cœur !
Espérance pour l’homme
Est la Miséricorde , absolue , infinie ,
Du dieu qui l’aime et qui lui parle cœur à cœur .
Profanateur , auteur de la pire avanie ,
L’Amour l’accueillera comme un soleil vainqueur !
L’opale sur l’autel au for d’un clair – obscur
Diffuse en perles d’or le feu d’une lumière
Comme luit une étoile émergeant de la terre
Lorsque l’aube au lever se consume en azur !
L’Homme , dans la tourmente , en quête d’un cœur pur ,
Rayonne en chants d’Amour le froid de sa misère
Comme monte d’un chœur une ultime prière
Ajoutant à l’encens le parfum d’un fruit mûr .
Mystérieuse flamme en opale moirée ..
Etonnante espérance en l’Homme restaurée..
L’infini transcendé par le bois d’une croix ..
Moirure de l’amour , traits de feu d’un cantique ..
Sur la pierre d’autel , à l’unisson des voix ,
C’est Dieu qui se révèle en sa beauté mystique !
Espérance pour l’Homme
La beauté de ce Monde , irréfutable preuve
D’un divin créateur , Maître de l’Univers ,
Des perles de rosée où le pinson s’abreuve
A l’éther sidéral , aux abysses des mer
Espérance pour l’Homme
Le soleil au levant d’un matin de lumière ,
Renaissant chaque jour des cendres de la nuit
Pour réchauffer les cœurs , le sol de notre Terre .
Encore un jour nouveau d’un bonheur gratuit !
Espérance pour l’Homme
Le rire de l’enfant qui chasse la tristesse ,
Le printemps qui renaît au froid de chaque hiver ,
Un sourire d’ami plein de délicatesse ,
Le vent qui s’abandonne au calme de la mer
Espérance pour l’Homme
Les fruits de l’Evangile en ses Béatitudes
Que le Christ a posés sur l’Arbre de l’Amour ,
Fruits de feu réchauffant ses mornes solitudes
Lorsque tout lui paraît mourir avec le jour !
Espérance pour l’Homme
L’ineffable sourire au soleil de la vie
De l’enfant trisomique , handicapé profond ,
Qui donne à notre cœur l’irrépressible envie
D’accueillir sans réserve un regard vagabond !
Espérance pour l’homme
Le total abandon ,divine Providence
Pour l’oiseau qui picore au frais d’un clair matin ,
A Dieu le Protecteur , l’Ami en confidence ,
Qui ne veut que son bien , Maître de son destin !
Espérance pour l’Homme
La mission que Dieu , dans sa munificence ,
Lui confie : être utile , ardent participant ,
Divine Parousie , à cette efflorescence
D’un monde en marche vers un Sauveur triomphant !
Espérance pour l’Homme
Que le don gratuit , absolu , d’une vie
Remise librement entre les mains de Dieu ,
Vouée à la prière , au service , à l’envie
D’être un témoin brûlant de l’Amour, divin Feu !
***
L’espérance est lumière, éblouissement, flamme
Dans la nuit de la mort, d’un sombre désespoir !
Née au feu de l’Amour, elle exulte en notre âme
Et brille pour le monde, éternel ostensoir !
Le cantique du soleil
Poème de Saint-François d’Assise
Loué sois-tu, Soleil ! «
Très Haut, tout Puissant,De toi naît la lumière
bon Seigneur, à toi les louanges, la gloire,D’un éclat sans pareil.
l’honneur et toute bénédiction.Loué sois-tu, mon frère !
A toi seul , très Haut, ces hommages sont dus et nul homme n’est digne de te nommer.De ton disque de feu
Jaillit l’incandescence
Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutesDu fol Amour de Dieu,
tes créatures, spécialement messirePure magnificence !
le Frère Soleil, qui fait le jour et par qui Tu nous éclaires ; et il est beau et Rayonnant avec grande splendeur ;Rayonnant de splendeur,
De toi, Très Haut, il porte signification.Tu réchauffes le Monde,
Irradiant nos cœurs
Au vibrato de l’onde !
Tu renais au matin
De chaque aube bénie,
Sauvant d’un noir destin
Les auteurs d’avanie !
Loué sois-tu, Soleil !
De toi naît la lumière !
Au plus noir de la nuit,
Loué sois-tu mon Seigneur,Gloire à toi, ma Sœur Lune !
pour Sœur Lune et les étoiles ;Ton disque d’argent luit,
dans les cieux tu les as formées,Fanal sur la lagune !
claires et belles
Au plus froid de l’éther,
L’escorte des étoiles,
Blanche écume de mer,
Te pare de leurs voiles !
Tu règnes dans les cieux.
Ta couronne de gloire,
Aux rubis précieux,
Brille comme un ciboire !
Tu nous donnes l’espoir
Car Dieu t’a faite belle,
Opalin ostensoir
Pour le pécheur rebelle !
Loué sois-tu Seigneur,
Loué sois-tu mon Seigneur,Pour le Vent notre Frère !
pour Frère vent et pour l’Air et le nuageLe sirocco rageur
et le serein et tous temps, par lesquelsOu la brise légère !
à tes créatures du donnes les soutiens
Pour l’Air pur de l’azur,
La beauté du nuage,
Le soir au clair-obscur,
Lorsque se meurt l’orage !
Comme le Vent, l’Amour
Nous emporte au grand large,
Au point de non retour
Vers l’ultime passage !
Emportés par les plis
D’une onde ensoleillée,
Tes enfants éblouis
Ont l’âme émerveillée !
Gloire à toi, ma Sœur l’Eau,
Loué sois-tu mon Seigneur,Emergeant de la terre,
pour Sœur EauAu pied d’un arbrisseau,
qui est fort utile et humbleAu creux d’une clairière !
et précieuse et chaste.
En flot torrentiel,
Toi, l’onde impétueuse,
Tu renais arc-en-ciel,
Arche majestueuse !
Eau perlant au matin
En gouttes de rosée,
Miroir adamantin
Pour la frêle orchidée !
Loué sois-tu, Seigneur,
Pour cette eau humble et pure,
Modèle de candeur
Pour une vie impure !
Loué sois-tu le Feu,
Loué sois-tu, mon Seigneur,Eclairant notre Monde,
pour Frère Feu, par quiTémoin de l’Amour-Dieu,
tu éclaires la nuit et il est beau,Chassant la Bête immonde !
et joyeux et robuste et fort !
Tu brilles dans la nuit,
Eternelle Lumière,
Espoir qui nous conduit
Au cœur d’une prière !
Toi, Feu, vivant et beau,
Comme un chêne robuste,
Tu deviens le flambeau
Que porte l’Homme juste !
Loué sois-tu, Seigneur !
Tu nous donnes la flamme
Qui brûle au fond du cœur
Pour exalter notre âme !
Loué sois-tu ,Seigneur,
Loué sois-tu, mon Seigneur,Pour notre Mère-Terre,
pour sœur notre mère Terre,Modèle de splendeur
qui nous porte et nous mène,Que le cosmos enserre !
et qui produit les fruits divers avec les fleurs colorées et l’herbe.
La beauté d’un ciel pur,
La fraîcheur d’une rose,
La saveur d’un fruit mûr,
L’herbe où le corps repose,
De l’infiniment grand
A l’infime parcelle,
Dieu, partout, est présent
Lorsque l’Homme chancelle !
Maître de l’univers,
Mon Seigneur, Tu nous donnes,
Nous, tes enfants pervers,
La Terre et Tu pardonnes !
Loué sois-tu, Seigneur,
Loué sois-tu, mon Seigneur,Pour la Mort corporelle
pour ceux qui pardonnent pour tonQui conduit au bonheur
amour et qui subissent injustice etD’une vie éternelle
tribulation ; et bienheureux ceux quiTout Homme juste et droit
persévèrent dans la paix, car, par toi,En marche sur la route,
Très Haut, ils seront couronnés !Chemin abrupt, étroit,
Loué sois-tu, mon Seigneur,Où se dissout le doute !
pour notre sœur la Mort corporelle, à qui nul homme vivant ne peut échapper ; malheureux ceux-là seulsPitié pour le pécheur,
qui meurent en péché mortel ! maisMalheureuse victime
bienheureux ceux qui ont accompliDu mal dont la noirceur
tes saintes volontés car la seconde mortSe confond à l’abîme !
ne pourra leur nuire.
Loué sois-tu, Seigneur,
Pour ton divin Pardon,
Louez et bénissez mon SeigneurRefuge où notre cœur
et remerciez-le et servez-leSe livre à l’abandon !
avec grande humilité «
Saint François d’Assise
épilogue
Prendre le temps d’aimer , une dernière fois ,
D’épouser la beauté d’un monde qui se donne
A l’Alpha glorieux , abyssal autrefois ,
L’instant où Dieu créait l’Univers qu’Il ordonne .
Une dernière fois , se confondre au silence,
Au sommeil éternel , à cet ultime envol
D’une âme qui s’arrache à la froideur du sol
Pour quitter à jamais son humaine immanence !
Et mourir à la vie
Pour renaître à la Vie !
Prix et autres récompenses
attribués à Pierre GRAND’EURY
sociétaire de : - l’Académie des Poètes Classiques de France
l’Académie Internationale de Lutèce
- médaille d’Argent : 25 ème grand concours international 1994
de l’Académie Internationale de Lutèce – Paris
pour les recueils
Pierres de cathédrale et Comme une eau qui chemine
( vers libres – illustration Françoise GRAND’EURY )
- médaille de Vermeil : 26 éme grand concours international 1995
de l’Académie Internationale de Lutèce – Paris
pour le recueil
Au fil du cœur
( vers libres – illustration Françoise GRAND’EURY )
- médaille d’ Or : 27 éme grand concours international 1996
de l’Académie Internationale de Lutèce – Paris
et le Prix d’honneur au grand concours littéraire international 1999
de l’Académie Poétique et Littéraire de Provence
pour le recueil
la Sulamite
Poèmes lyriques d’après « le Cantique des cantiques «
( poésie classique – illustration Françoise GRAND’EURY )
promotion au mérite poétique 1999 ( plaquette de bronze ) de l’Académie
des Poètes Classiques de France
médaille d’ Or - coupe de Lutèce : 31 ème grand concours international 2000
de l’Académie Internationale de Lutèce – Paris
et Prix Miréio DORYAN de l’Académie des Poètes Classiques de France
pour le recueil
Dans l’argile du temps
Je pétris mon chemin
Dieu cisèle l’Amour
( poésie classique – illustration par Françoise GRAND’EURY )
médaille d’OR - Prix Martin SAINT-RENE ( dit le PRINCE des POETES )
2003
de l’Académie des Poètes Classiques de France
pour le recueil
Au fil de la vie
( poésie classique – illustrations de Françoise GRAND’EURY )