au fil de la vie

 

médaille d’ OR

Prix Martin SAINT-RENE dit le PRINCE des POETES

2003

de l’Académie des Poètes Classiques de France

 

 

 

Pierre GRAND’EURY

( poésie classique – illustrations de Françoise GRAND ‘EURY )

 

 

 

http://monsite.wanadoo.fr/poesiepge/

«  Pierre GRAND’EURY a composé le recueil Au fil de la vie avec la même précision de l’élan artistique, la même ampleur éblouissante des visions que lorsqu’il commandait les arabesques mouvantes de la Patrouille de France.

Il a quitté relativement jeune l’Armée de l’Air mais il a continué à s’élever toujours plus haut, avec ses ailes de poète, vers un idéal de beauté, de bonté et d’amour. Hélas, que découvre-t-il en survolant le monde ? L’horreur infernale du mal et la détresse insoutenable . Ses ailes sont meurtries mais la lumière est toujours en lui… celle de la Foi, celle de l’Amour total suprême qui n’a d’égal que l’évocation du Cantique des cantiques, ce chef d’œuvre de l’Humanité qui

Est devenu également le sien dans la Sulamite :

… Ton corps s’ouvre à l’Amour comme une fleur éclose …

La forme des poèmes est variée mais toujours respectueuses des règles de l’art. A ses pantoums, dont les visions simultanées ont des retours tantôt lancinants, tantôt éblouissants, alternent des sonnets sculptés dans le marbre, des quatrains isolés, concis comme des aphorismes et des chants aux vers courts d’une harmonieuse fraîcheur intemporelle.

Ainsi s’écoule au fil de la vie qui, tout au long de ce recueil, développe le thème philosophique du temps qui passe déjà abordé par l’auteur dans ses précédents recueils mais étudiés ici dans toute ses phases de longueur et d’intensité différentes, suivant le moment de la vie.

Soulignés par des leitmotive, se déroulent le Temps de Dieu, le temps de l’Homme, celui de l’Amour, celui de l’Espérance, et le temps du Silence où l’âme rejoint Dieu !

« Lorsque l’ultime note à la fin d’un cantique

Dans l’infini se perd, le silence qui suit

Reste encore prière et l’âme alors, sans bruit,

A l’encens se confond en volute mystique »

« Le Phénix immortel », le Temps, inépuisable dans ses phases toujours renaissantes est illuminée par la Femme, la sienne, Françoise, par la Sulamite, la Vierge, Mère Thérésa…, la Terre …

« Ô toi, femme bénie, à genoux près du feu,

Contemplant ton enfant dans son lit de dentelle »

Le recueill est illustré par Françoise GRAND’EURY dont le talent allie harmonieusement les traits fermes à la fluidité souple des lignes pures de la Vie. Elle souligne les flots d’images bouleversantes qui revêtent la pensée entraînée par un rythme régulier qui lui donne le maximum d’ampleur et de beauté.

Marie-Thérèse HORTE-MALET

Sociétaire de la Société des gens de Lettres, de l’Académie

des Poètes Classiques de France, de la Société des Poètes

Français, de la Société des Poètes Classiques

 

Prologue

Le monde est transcendé .. divine fulgurance !

Des mains du Créateur a jailli la beauté ..

Dans le froid de la nuit le mal perd patience !

La toge de Satan cèle l’iniquité ..

Des mains du Créateur a jailli la beauté

Comme perle du lys la subtile fragrance !

La toge de Satan cèle l’iniquité ..

Souillure d’un enfant en sa pure innocence ..

Comme perle du lys la subtile fragrance

C’est pour l’Homme que Dieu distille sa bonté ..

Souillure d’un enfant en sa pure innocence ..

Larmes , poussière d’or en leur banalité .

C’est pour l’Homme que Dieu distille sa bonté ..

Dans le champ de l’amour , le feu de l’espérance .

Larmes , poussière d’or en leur banalité .

Pour un monde entraîné dans la déliquescence !

Dans le champ de l’amour , le feu de l’espérance .

La croix offre au cosmos sa verticalité !

Pour un monde entraîné dans la déliquescence

Deux bras écartelés .. l’horizontalité !

La croix offre au cosmos sa verticalité !

Le long du bois sacré s’enroule la garance ..

Deux bras écartelés .. l’horizontalité !

Le monde est transcendé .. divine fulgurance !

 

 

Voici le temps pour l’Homme , à l ‘aube de ce jour ,

De naître de l’intime abandon d’une mère ..

Fulgurance mystique au creuset de l’amour

Pour deux corps éblouis aux confins du mystère !

Ce fut le temps pour Dieu de donner sans retour

Au froid nu du cosmos le feu de sa lumière .

Sa largesse infinie épouse le contour

D’un éternel bonheur promis à notre terre .

 

Le temps de Dieu

Les temps de l’Homme

 

C’est le temps du sourire à l’Autre qui l’attend ,

D’une franche amitié ; quelle indicible joie !

La ferveur d’un chant pur que Dieu , du ciel ,entend ,

Transcende la splendeur d’une arche qui flamboie .

En ces instants bénis , Dieu , magnanime , étend

Sur les blés ondulant comme un voile de soie ,

Une batiste d’or ; exalté , l’Homme tend

La vasque de ses mains au soleil qui rougeoie .

 

 

 

Que s’arrête le temps , une seconde encor..

Que se fige en l’instant la perle de rosée

Gardant le souvenir de notre âme apaisée

Lorsque naît la beauté dans un silence d’or .

Que dans l’éternité se fige le décor

D’une chambre dorée où la belle épousée

Se donne éperdument , à peine apprivoisée ,

Pour trouver dans l’amour le plus divin trésor .

Prendre le temps d’aimer dans un monde sordide

Comme un rayon épouse un pétale livide

Ou le nuage plein féconde le désert ..

Laisser aller le temps au rythme de sa vie

En cueillant en chemin les fruits d’un ciel ouvert

Aux aspirations d’une âme inassouvie ..

( dans l’argile du temps )

 

 

Le temps de Dieu

Les temps de l’Homme

 

C’est le temps du silence où résonne en nos cœurs

Le bruissement pur et fécond des étoiles !

Ecouter au matin le murmure des fleurs

Quand se donne au soleil le parfum de leurs voiles ..

Dieu ne se perçoit bien que dans les profondeurs

Du secret de ton corps , toi , l’Homme qui dévoiles

La richesse d’une âme aux subtiles couleurs

Comme un peintre exposant la beauté de ses toiles .

Le temps de Dieu

Les temps de l’Homme

 

C’est le temps de l’amour consumé par le feu

Du regard d’une femme adorée , éblouie ,

Unissant à jamais , dans un troublant aveu ,

Deux êtres destinés au commun d’une vie .

Qu’il est beau cet amour , cet abandon à Dieu ,

De ces corps enflammés quand leur âme assouvie

Découvre enfin la paix , accalmie au milieu

De notre humaine route au malin asservie .

 

 

Le temps de Dieu

Les temps de l’Homme

 

Le voilà donc Son temps , dans toute son horreur ,

Quand l’enfant outragé rend son âme angélique

Sous les coups meurtriers de l’infâme tueur

Flétrissant cette chair , petit corps angélique .

Pourquoi , Dieu tout puisant , en Ta juste fureur ,

Ne terrasses-Tu pas l’assassin fanatique ?

Ne vois-Tu pas briller , dans toute leur candeur ,

Ces perles d’innocence , émouvante supplique ?

Le temps de Dieu

Les temps de ‘Homme

 

C’est le temps de la guerre où culmine le mal

Sur des monceaux de corps , innocentes victimes ,

Un morbide théâtre au décor infernal

Où s’activent , hautains , les acteurs de ce crime .

Pourquoi , Dieu , tous ces morts , cette nuit de cristal ?

Sinistre puanteur des dépouilles opimes

Dont Satan triomphant , tyrannique et brutal ,

Se drape des linceuls , lauriers illégitimes !

 

 

Le temps de Dieu

Les temps de l’Homme

 

C’est le temps de la peine où le cœur se morfond

Dans le dédale froid de la désespérance

Lorsque l’Homme , blessé , dans un sommeil profond ,

Plonge pour oublier le fil de sa souffrance .

Dieu pleure , compatit , et sa douleur se fond

Au feu de Son amour . Quelle magnificence

Dans ce flot de bonté qui se donne et répond

A la détresse humaine en sa munificence !

Le temps de Dieu

Les temps de l’Homme

 

Mais c’est aussi le temps de vivre intensément

De la beauté du monde en sa noble parure

Pour l’Homme émerveillé quand , amoureusement ,

Il consume la sève au feu de la nature !

Et Dieu se réjouit car , dans son cœur aimant ,

A l’Homme Il a donné la Terre , enluminure

De vert , de bleu et d’or ; le feu , l’onde , le vent

Pétrissent le chemin de l’humaine aventure .

 

 

Le temps de Dieu

Les temps de l’Homme

 

Prendre le temps d’aimer , à l’ombre du silence ,

Le langoureux murmure étonné du ruisseau

Qui courtise une rose au pied d’un arbrisseau ,

Effleurant sa pudeur dans une révérence .

Se plaire à sublimer , dans sa magnificence ,

La beauté d’un sourire au chevet du berceau

Lorsque l’enfant s’éveille en radieux faisceau

Illuminant les cieux de sa pure innocence .

Laisser aller son âme à l’écoute de Dieu

En confiant son cœur , pour toujours , en tout lieu ,

Au doux feu de l’amour qui réchauffe le monde .

Harmoniser sa vie à la marche du temps ,

Au babil de l’enfant , au murmure de l’onde ,

Pour offrir à son corps un éternel printemps .

( dans l’argile du temps )

 

 

Le temps de Dieu , les temps de l’Homme

 

C’est le temps de prier pour l’Homme confiant

A l’auteur de ses jours le poids de sa souffrance .

Au pied de cette croix , prosterné , suppliant ,

Il s’abandonne à Dieu , divine providence .

Dans sa miséricorde , sur ce fils gémissant ,

Le Père s’attendrit ; en sa grande clémence

Il pardonne et dépose au front de son enfant

Le sceau de Son amour , éternelle semence .

Le temps de Dieu

Les temps de l’Homme

 

C’est le temps de la mort , au creux froid d’un matin ,

Un terme à la souffrance , à la joie , accordées ,

Où l’Homme agonisant transcende son destin

Dans cet adieu poignant aux rouges orchidées .

L’intimité de Dieu , telle un nid de satin ,

Concentre dans son cœur l’éclat des apogées

De notre parcours d’Homme , un fleuve adamantin

Qui roule dans ses flots nos rêves d’odyssées !

 

 

Le temps de Dieu

Les temps de l’Homme

Ainsi les temps de l’Homme , en sa fragilité ,

Unis au temps de Dieu , pour une éternité ..

 

Sur les chemins rugueux d’une terre escarpée

L’Homme blessé se donne au feu qui le conduit

Vers l’extase sublime où son cœur est séduit

Par le mystique éclat d’une étoile jaspée .

Lorsque l’aube s’éveille , émouvante épopée ,

Au soleil triomphant d’une sinistre nuit ,

Son âme exulte et vibre à l’insondable bruit

Qui perle de l’abîme en grave mélopée .

Un total abandon à l’amour éternel !

Communion sacrée à l’éther irréel !

Mystère d’un destin de bonheur et de sang !

Jailli du pur Alpha d’une gerbe de feu

A l’ultime Oméga d’un parcours flambloyant ,

Emanant du cosmos , l’Homme retourne à Dieu !

( dans l’argile du temps )

 

 

 

dans le silence on entend Dieu le silence est l’âme des choses

Marthe ROBIN proverbe français

le silence est un peu de ciel à voir ce que l’on fut sur terre

qui descend vers l’Homme et ce qu’on laisse

Ernest PSICHARI seul le silence est grand

tout le reste est faiblesse

Alfred de VIGNY

il est bon d’attendre en silence silence devant Yahvé

le salut de Dieu Lamentations 3-26

Habaquq 2-20

Silence , toute chair , devant Yahvé des cieux , tu fais entendre

Zacharie 2,17 la sentence ; la terre a peur

Prie et se tait !

Le silence qui suit du Mozart Psaume 76-9

Est encore du Mozart

Sacha GUITRY

 

Laisser aller son âme à l’ombre du silence

Aux marches de l’autel où brille l’ostensoir

Pour l’Homme agenouillé , lorsque tombe le soir ,

Confiant à son Dieu sa profonde souffrance .

Dans le silence , on entend Dieu !

 

Au creux froid de la nuit , écouter le silence

Qui perle du néant , subtil bruissement

D’un monde sidéral en son achèvement

Pour l’homme y pressentant la divine Présence .

Dans le silence , on entend Dieu !

 

Ruisselant des éclats des bombes explosées ,

Le sang humain se mêle aux nuages de feu

D’où tombe sur les morts le silence de Dieu

Comme un linceul moiré de Ses larmes sacrées .

Dans le silence , on entend Dieu !

 

 

 

Prendre le temps d’aimer à l’ombre du silence ,

Le langoureux murmure étonné d’un ruisseau

Qui courtise une rose au pied d’un arbrisseau ,

Effleurant sa pudeur dans une révérence .

Se plaire à sublimer , dans sa magnificence ,

La beauté d’un sourire au chevet du berceau

Lorsque l’enfant s’éveille en radieux faisceau ,

Illuminant les cieux de sa pure innocence .

Laisser aller son âme à l’écoute de Dieu

En confiant son cœur , pour toujours , en tout lieu ,

Au doux feu de l’amour qui réchauffe le monde .

Harmoniser sa vie à la marche du temps ,

Au babil de l’enfant , au murmure de l’onde ,

Pour offrir à son corps un éternel printemps !

 

( dans l’argile du temps )

 

 

Enchantement divin d’une aube qui s’éveille

Au murmure ébloui d’un ruisseau qui s’éprend

De la fraîche rosée ou de l’oiseau qui prend

Son matinal envol que l’azur ensoleille .

Dans le silence , on entend Dieu !

 

D’un monde indifférent écouter le silence

Devant tant de malheur , de souffrance et d’horreur

Que l’Homme , par orgueil , égoïsme et fureur ,

Sème sur le chemin de sa déliquescence .

Dans le silence , on entend Dieu !

 

Comme l’éclair jaillit d’une subite flamme ,

Pour deux cœurs éblouis , quand l’amour les surprend ,

Le silence fait or exulte en eux et rend

Témoignage du feu divin qui les enflamme .

Dans le silence , on entend Dieu !

 

 

Le bruit répand ses flot , tumultueux torrents...

Je n’ai pas entendu le lancinant murmure

De l’enfant épuisé par la faim qui l’emmure

Dans le ghetto mortel d’un monde indifférent .

Les ors brûlent de feux où tout n’est qu’apparent ..

Je n’ai pas reconnu l’oiseau sous la ramure ,

Cet humble roitelet dont la noble parure

Nimbe de son éclat le voile transparent !

Par le vacarme fou , la lumière aveuglante ,

Mon cœur est abusé , comme l’onde cinglante

Trouble la vision d’un monde harmonieux .

Pour que je puisse encor écouter la souffrance ,

Cueillir l’humilité dans ce monde orgueilleux ,

Je laisse aller mon âme à l’ombre du silence ..

 

( Dans l’argile du temps )

 

Le silence est prière , un cœur à cœur mystique

Où Dieu rencontre l’Homme en toute intimité .

Exhalé de la pierre à la froide beauté ,

Il vibre à l’unisson de la voûte gothique .

Dans le silence , on entend Dieu !

 

Silence glacial sur le champ de bataille

Succédant aux appels désespérés et vains

Des blessés , des mourants , carnages inhumains

Dont tout le sang versé se fige sur l’intaille .

Dans le silence , on entend Dieu !

 

Comme dans la pénombre une pierre irradie ,

Pour le chant de l’oiseau le silence est l’écrin

D’où perle en notes d’or un andante serein

Prélude au jour qui naît , divine symphonie . .

 

 

Quand le soleil rejoint son lit impérial

Et réduit notre Terre à l’étoile qui pleure

L’éclat magnifiant sa gloire antérieure ,

Ecouter le silence éthéré , glacial ..

Lorsque la mort étend son linceul nuptial

Et fige dans l’onyx le temps qu’un soir effleure

Comme l’ombre envahit le seuil d’une demeure ,

Ecouter le néant du froid abbatial ..

 

Alors l’âme s’unit à la frêle harmonie

Qui perle du cosmos comme une symphonie

Et vibre à l’unisson .. Dieu , que ce chant est beau !

C’est la voix du silence .. Exhumé de ses voiles

Monte , comme un murmure émergeant d’un tombeau ,

Le bruissement pur et fécond des étoiles !

( dans l’argile du temps )

 

 

Lorsque l’ultime note , à la fin d’un cantique ,

Se perd à l’infini , le silence qui suit

Reste encore prière et l’âme , alors , s’unit

A l’encens qui s’élève en volute mystique .

Dans le silence , on entend Dieu !

 

Devant le désarroi , la peine , la souffrance

Que supporte un ami , l’être que l’on chérit ,

Cet enfant torturé , cet innocent proscrit ,

Rien ne peut remplacer la chaleur du silence .

Dans le silence , on entend Dieu !

 

Dans la touffeur du jour , lorsque brûle le sable ,

Au frais de l’oasis où vient mourir le soir ,

Le silence se fond au soleil , ostensoir

Pour l’Homme où Dieu se donne , Amour inépuisable .

Dans le silence , on entend Dieu !

 

Au creux du tabernacle enchâssé dans la pierre ,

Ecouter Dieu , Silence , opalin reposoir

Sur le marbre d’autel où l’Homme vient , le soir ,

Déposer , humblement , le poids de sa misère .

 

 

Ami ,

 

Ecoute le silence enchâssé dans la pierre ..

En fines gouttes d’or il se pose sur toi .

Sous l’arche de granit le Dieu d’amour , ton Père,

Transcende en pur cristal le feu de ton émoi .

En fines gouttes d’or il se pose sur toi .

Emergeant du cosmos il épouse la Terre ,

Transcende en pur cristal le feu de ton émoi ..

A genoux dans la nuit l’Homme se fait prière .

Emergeant du cosmos , il épouse la Terre .

Un silence de mort , un silence d’effroi ..

A genoux dans la nuit , l’Homme se fait prière ..

Larmes de désespoir , larmes de désarroi .

Un silence de mort , un silence d’effroi ..

Du vide de ton cœur jaillit une lumière !

Larmes d’un fol espoir , larmes source de foi ..

Ecoute le silence enchâssé dans la pierre !

( dans l’argile du temps )

 

 

Dans le silence , on entend Dieu !

Seul le silence est bon , au couchant de sa vie ,

Pour l’Homme impatient du salut de son Dieu

Qui , des cieux , fait entendre , avant l’ultime adieu ,

La sentence . La Terre a peur , se tait et prie . .

Dans le silence , on entend Dieu !

 

Dans l’agitation d’une vie absorbante

L’Homme est devenu sourd au cri du prisonnier ,

Insensible à l’odeur putride d’un charnier ,

Indifférent à son humanité souffrante .

Dans le silence , on entend Dieu !

 

Comme on entend le vent qui bruit dans les voiles ,

Ecouter , hors du temps , dans un monde irréel ,

L’âme et le cœur vibrant à l’infini du ciel ,

Le silence éthéré qui tombe des étoiles .

Ami , prends le temps du silence

 

 

Ecouter le silence éthéré de la pierre

Quand au pied de l’autel où l’Homme vient s’asseoir

Le cantique se rend à la chute du soir

Comme dans l’océan s’apaise la rivière

Attendre dans la nuit que brille une lumière

Pour l’ Homme agenouillé devant un ostensoir

D’où perle un clair-obscur comme renaît l’espoir

D’une paix retrouvée au creux de la prière

Quand tout semble perdu , laisser aller son cœur

Au souffle de la vie , indicible douceur

D’un zéphir apaisant sur un front nostalgique .

Au fil de la souffrance , esquisser le contour

D’un monde transcendé par une foi mystique.

Dans l’argile du temps , Dieu cisèle l’Amour !

( dans l’argile du temps )

 

Qui peut , mieux qu’un poète , enluminer l’amour ?

Sur un parchemin d’or naît une ligne pure

Comme au creux du désert ondule la courbure

Du sable de la dune au fugace contour.

Il grave au diamant l’ivoire de la tour

Où l’Homme cherche Dieu , diaphane parure

Pour l’âme s’exhalant de cette créature

En quête d’infini lorsque se meurt le jour .

Dans la plus froide nuit , sa plume reste ferme.

Le poète résiste au doute qui l’enferme .

Des perles de la pluie émerge un arc-en-ciel .

Même dans la douleur et la désespérance ,

Sous les noirs tourbillons d’un vent démentiel ,

Il puise dans l’amour toute sa fulgurance !

( dans l’argile du temps )

 

 

C’est le temps de l’amour

De l’atome au cosmos , dans toute la matière ,

Des gouffres abyssaux à l’éther sidéral ,

Ont jailli du néant les chants purs d’un choral

Que Dieu , parfait Amour , a gravé dans la pierre .

C’est le temps de l’amour

C’est dans le cœur de l’Homme à l’image divine

Qu’est déposé l’amour , ce précieux trésor ,

Rayonnant à jamais , comme un ostensoir d’or ,

Sur un monde soumis au mal qui le domine .

C’est le temps de l’amour

 

Mystère de l’amour , autant brise légère

Que souffle impétueux , flamme sous le boisseau

Que fol embrasement , souplesse du roseau

Ou dureté du cœur , parjures ou prière .

C’est le temps de l’amour

 

A l’ombre du silence émerge de la nuit

L’insondable froideur d’une étoile nacrée

Dont la pâle lueur encore inaltérée

Marque notre chemin d’un or qui nous séduit .

A l’écho de l’amour s’élève un faible bruit,

Murmure opalescent sous la voûte sacrée

De cet Homme perdu dont l’âme torturée

Trouve la paix de Dieu lorsque le jour bleuit .

Au soleil qui paraît dans sa magnificence ,

Aimer s’abandonner comme , sans réticence ,

Un enfant qui se love au doux sein maternel ;

Alors résonne en nous cette extase infinie

De notre âme éblouie en quête d’éternel ,

Silence de l’amour qui perle en symphonie ..

( dans l’argile du temps )

 

 

C’est le temps de l’amour

 

Sourire illuminé d’une mère attendrie

Sur la mangeoire froide où repose l’Enfant ..

Mystère dans la nuit d’où monte , triomphant ,

Le murmure opalin d’une paix infinie .

C’est le temps de l’amour

Emotion d’un cœur au détour de la route ..

Ce doux pressentiment que se forge un destin

Au creuset de l’amour , l’espace d’un matin ,

Quand l’âme s’abandonne au charme qui l’envoûte !

C’est le temps de l’amour

 

Cette douce caresse au satin d’une épaule ,

L’ombre d’un pur désir effleurant la pudeur

D’un corps abandonné surpris dans sa candeur

Mais qui , déjà , répond au baiser qui le frôle .

C’est le temps de l’amour

 

 

à mon épouse

 

Au creux de ton amour j’ai déposé mon cœur

Comme un papillon d’or sur une fleur se pose !

A l’ombre d’un laurier se cache la tiédeur.

Dans l’arche de tes reins , vois , ma tête repose !

Comme un papillon d’or sur une fleur se pose ,

Au creux de ton amour j’ai lové mon bonheur.

Dans l’arche de tes reins , vois , ma tête repose !

Le nectar d’un pistil épanche son odeur .

Au creux de ton amour j’ai lové mon bonheur .

Tu rayonnes de joie au présent d’une rose .

Le nectar d’un pistil épanche son odeur .

L’apollon se complait dans sa métamorphose !

Tu rayonnes de joie au présent d’une rose .

De tes sens éveillés je me fais moissonneur !

L’apollon se complait dans sa métamorphose !

L’écume de la mer sème au vent sa blancheur ..

De tes sens éveillés je me fais moissonneur !

Je vois frémir ta lèvre où mon baiser se pose .

L’écume de la mer sème au vent sa blancheur ..

Ton corps s’ouvre à l’émoi comme une fleur éclose !

Je vois frémir ta lèvre où mon baiser se pose .

Au frisson du désir se mêle ta pudeur !

Ton corps s’ouvre à l’émoi comme une fleur éclose !

Au creux de ton amour j’ai déposé mon cœur .

 

 

 

Fulgurance mystique .. au feu de l’hyménée

Se consument les cœurs en total abandon.

C’est l’éblouissement quand l’amour se fait don ..

De la faveur de Dieu l’âme est enrubannée !

C’est le temps de l’amour

 

Au plus intime for du croyant , de l’athée ,

Brûle éternellement la flamme de l’amour .

Mais bien souvent le mal en voile le contour !

Dans tout jardin secret , une croix est plantée ..

C’est le temps de l’amour

A l’aube qui bleuit s’élève une prière ..

Silence de la pierre et pureté du cœur

Harmonieusement s’unissent en un chœur .

Ainsi naît de la nuit l’éclat d’une lumière .

C’est le temps de l’amour

 

De cette nef humaine , en un divin cantique ,

Monte comme un encens le plus beau chant d’amour

Que l’Homme puisse offrir à l’auteur de son jour ,

Cathédrale de pierre à la voûte gothique .

C’est le temps de l’amour

 

Toi , poète ,

 

Tu sais chanter l’amour

Comme le troubadour

Qui fleurit le bonheur

Sur des ruines d’horreur

Car du fond de l’enfer

Tu vois le ciel ouvert

 

Etre l’oiseau qui chante

Au matin triomphant

D’une nuit ruisselante

D’horribles flots de sang

Etre de la nature

Le témoin éternel

Drapé de la vêture

Du poète immortel

Etre porteur d’amour

Et le semer au vent

Fécondant le labour

De son divin ferment

( au fil du cœur )

 

 

Eternel résurgent d’un infini cosmique ,

L’amour a du torrent l’impétuosité ,

Du lac majestueux , la somptuosité ,

Transcendant cette eau pure en baptême mystique .

C’est le temps de l’amour

 

Semblable au diamant qu’effleure une lumière ,

L’amour pur , ce trésor divin et flamboyant

Que Dieu , dans sa bonté , donne à l’Homme priant ,

A l’éclat d‘un rubis enchâssé dans la pierre .

C’est le temps de l’amour

 

L’amour a de l’encens l’envoûtante fragrance

Qui monte de l’autel en arabesques d’or

Lorsque l’Homme en prière offre comme un trésor

La coupe débordant du flot de sa souffrance .

C’est le temps de l’amour

 

L’Amour a du soleil l’éclat incandescent

Qui réchauffe nos cœurs prisonniers de la pierre

Quand leur morne froidure à la chaude lumière

S’abandonne et se meurt en souffle évanescent.

L’Amour a du cristal l’éclat éblouissant

Qui transperce notre âme en quête de prière

Quand Dieu semble échapper dans sa nuée altière

A mon désir profond de Son feu tout puissant ;

L’Amour a du mistral la force de la Vie

Qui conduit pas à pas notre âme inassouvie

Vers l’Homme écartelé sur le bois de la croix .

Dans le champ de l’Amour fleurit notre âme en peine

Bénissant l’Eternel à l’unisson des rois

Qui chantent dans la nuit la beauté de leur reine !

 

( dans l’argile du temps )

 

 

Atteignant les confins des terres habitées ,

L’amour a du mistral un besoin d’infini ,

Ou , comme un doux zéphyr distillant ses risées ,

Il amène à bon port l’Homme , par Dieu , béni .

C’est le temps de l’amour

 

L’amour a de la soie une exquise brillance

Reflet mystérieux d’un monde sidéral

Dont les étoiles d’or , au déclin vespéral ,

Sont témoins éternels de sa luxuriance .

C’est le temps de l’amour

 

Tout donner sans retour , geste d’amour suprême !

Donner , c’est recevoir , s’offrir au vent d’autan

Pour courber les blés d’or , se fondre à l’océan

Pour renaître en embruns opalins que Dieu sème .

C’est le temps de l’amour

 

L’amour a du cristal la pure transparence ,

Tel le regard de Dieu sur l’enfant torturé .

Vibrant à l’unisson d’un silence éthéré ,

Ce petit corps souillé transcende la souffrance .

C’est le temps de l’amour

 

 

L’amour se pose sur le cœur

Comme un papillon sur la fleur

Féconde

 

 

L’amour se pose sur le cœur

Comme un soleil sur la froideur

Du monde

 

 

L’amour se pose sur le cœur

Comme un souffle sur la fraîcheur

De l’onde

 

 

L’amour se pose sur le cœur

Calice d’or où le bonheur

Abonde

( au fil du cœur )

 

 

C’est l’amour violé , l’innocence flétrie ,

La pureté d’un cœur que pervertit le mal

Comme le diamant perd l’éclat du cristal

Lorsque meurt le soleil à l’or d’une prairie .

C’est le temps de l’amour

 

A cet enfant qui pleure , au faible qui chancelle ,

A notre humanité condamnée à la mort ,

Combien de charité , d’actes de réconfort

Ont apporté l’espoir d’une joie éternelle !

C’est le temps de l’amour

Dans Sa miséricorde , intègre , Dieu pardonne

A cet Homme odieux , lâche , vil , égorgeur

Qui règne sur le monde , ignoble ravageur

D’une terre promise à la fleur qui rayonne .

C’est le temps de l’amour

 

 

Pouvoir dire « je t’aime »

Au soleil triomphant

Pouvoir dire « je t’aime »

Sur un berceau d’enfant

Pouvoir dire « je t’aime »

A ce papillon blanc

Pouvoir dire « je t’aime »

A ce corps palpitant

Pouvoir dire « je t’aime »

A l’ami complaisant

Pouvoir dire « je t’aime »

A la femme qui souffre

A cet enfant qui pleure

A l’homme au bord du gouffre

A toi , seul , sans demeure

Pouvoir dire « je t’aime »

A mon pire ennemi ,

Au bourreau qui torture

Au violeur perverti

Odieuse blessure

Pouvoir dire « je t’aime »

Geste d’amour suprême

( au fil du cour )

 

A l’ombre d’un tilleul chante la tourterelle .

L’élégante orchidée épouse un liseron .

La montagne , au lointain , pointe son éperon .

Tout n’est qu’amour de Dieu , beauté surnaturelle !

C’est le temps de l’amour

 

«  Pour des amants ,

Dans la forêt du monde

L’amour est une clairière »

Jacques de BOURBON-BUSSET

De l’Académie Française

 

Dans la forêt du monde

Pour deux cœurs amoureux ,

L’ombre d’une rotonde

Se referme sur eux

Dans cette tour d’ivoire

Ils sculptent leur bonheur

Et fondent en ciboire

L’intime de leur cœur

Dans la forêt du monde

Il est une clairière

Où leur amour féconde

La divine lumière

( au fil du cœur )

 

Ô toi , femme bénie , à genoux près du feu ,

Contemplant ton enfant dans son lit de dentelle !

Ton chant sculpte en son cœur l’or d’une ritournelle ..

Qu’à jamais ton amour illumine son jeu ..

Ô toi , femme bénie , abandonnée à Dieu

En consacrant ta vie à cette aube immortelle !

Que s’embrase ton âme à l’astre qui constelle

La voûte de ton cœur dans un ultime adieu ..

Femme , bénie es-tu , source féconde et pure ,

Ruisselant comme un baume aux creux de la blessure

Que le mal , à jamais , grave dans notre chair ..

Comme un soleil levant , incandescente flamme ,

Tu réchauffes le monde au feu de ton éclair

Irisant dans la nuit l’opale de son âme ..

 

 

De ces regards aimants rayonne la tendresse

Comme naît la fraîcheur de la brume du soir .

A l’ombre d’une croix , le couple vient s’asseoir ,

Déposant à son pied le poids de la vieillesse .

C’est le temps de l’amour

 

Au souffle de l’amour notre âme s’abandonne

Et se laisse porter d’un néant de froideur

Vers l’horizon sans fin d’un monde rédempteur

Où , pour l’éternité , la voix de Dieu résonne .

 

 

 

 

Chant d’amour de l’Epoux

 

Dans l’airain de l’amour , pour Toi , ma Sulamite ,

J’ai sculpté le chemin qui mène à ton enclos

Où je veux t’amener , dans ce doux nid bien clos ,

A pousser les soupirs d’une femme séduite ;

Vers la voûte étoilée à l’éclat sans limite ,

Je laisserai monter de ces bourgeons éclos ,

Le parfum délicat dont use le héros

Pour émouvoir le cœur de la belle Aphrodite .

Longtemps tu m’as cherché dans cette blanche nuit

Dont une horrible angoisse encore me poursuit ,

Et tu m’as retrouvé .. Je veux que tu sois mienne !

Que la myrrhe et l’encens honorent ta beauté !

Qu’en ce monde souffrant notre amour parvienne

A ramener à Dieu toute l’humanité !

( la Sulamite )

 

….

Tandis que mon Dieu reste

Superbe en son enclos ,

D’un doux parfum céleste

J’honore son repos .

Mon Bien-Aimé se couche

Contre mon sein brûlant ,

Exhalant de sa bouche

Un murmure troublant

Il est comme une grappe

Au soleil de midi

Qui de pourpre se drape

Aux vignes d’En Gaddi !

Tes yeux sont des colombes ,

O Toi , mon tendre Amour ;

A mon cri tu succombes ,

Te donnes sans retour ..

O Toi , mon Roi que j’aime ,

Ton lit délicieux

Exhale au matin blême

Des parfums précieux ..

Je suis Ta fleur princière ,

Narcisse de Saron ,

La sève printanière

Au pays d’Aaron .

….

( la Sulamite )

 

 

  • Ô toi , ma bien-aimée !
  • Tu me combles d’amour

    Et ton âme enflammée

    Eternise le jour ..

    Tes yeux sont des sitelles

    Qui chantent à mon cœur

    Leurs belles pastourelles
    Pour un époux vainqueur ;

    Ta chevelure brune

    Ondule au vent marin

    Qui rafraîchit la dune

    Sous le ciel azurin .

    Tes dents sont la margelle

    D’un puits d’amour profond

    Où se penche l’agnelle

    Et l’écho lui répond ;

    Du satin écarlate

    Ta lèvre a la splendeur.

    Lorsque ton rire éclate

    S’envole ma pudeur .

    Sa courbure effilée

    Que j’aime apprivoiser

    Dessine un azalée

    Pour donner un baiser !

    ….

    ( la Sulamite )

     

     

    Mon Bien-aimé que j’aime

    Est plus beau que Phébus !

    Cette beauté suprême

    A l’éclat d’Uranus :

    Ses boucles que j’effleure

    Au creux du clair-obscur

    Parfument ma demeure .

    Sa tête est d’un or pur !

    Ses yeux sont des colombes

    Se baignant dans le lait ,

    Au milieu des palombes

    Qui survolent d’un trait

    Cet océan d’eau vive .

    Sa joue est un massif

    Où mon âme est captive ,

    Dont le parfum lascif

    Livre les aromates

    Que distille l’amour

    Au creux de mes stigmates ..

    Ses lèvres font le tour

    De ma gorge mutine

    Dont le teint a,du lys,

    La blancheur opaline !

    …..

    ( la Sulamite )

     

    Mon Bien-aimé me donne

    Son amour à cueillir .

    A lui je m’abandonne ..

    Je me sens défaillir !

    Passons dans le village

    Les heures de la nuit

    En doux vagabondage

    Où l’amour nous conduit ..

    Dès que l’aube s’annonce ,

    Aux vignes nous irons

    Arracher à la ronce

    Les tendres liserons ;

    Dès que le soleil brille

    Nous irons découvrir

    Sur la première vrille

    La fleur prête à s’ouvrir ..

    Alors je serai tienne.

    Au creux de ta pudeur

    Il faudra que je vienne

    Déposer mon bonheur !

    ….

    ( la Sumamite )

     

     

    J’ai ciselé ton corps au burin de l’amour ,

    Sculptant dans le satin la courbe délicate

    D’un sein abandonné qu’une main douce flatte

    Lorsque tombe la nuit pour que meure le jour .

    J’ai puisé dans tes yeux au merveilleux contour

    L’eau vive d’un bonheur où ta splendeur éclate

    A l’ombre de ton âme , et sa flamme écarlate

    Féconde le sillon d’un champ prêt au labour .

    Au galbe d’une épaule où mon cœur s’abandonne

    J’ai trouvé la douceur d’un parfum qui se donne

    Au souffle du matin dans un premier baiser .

    Au creux de ta pudeur dont je force l’armure ,

    Je love le désir que je veux apaiser

    Comme un torrent fougueux qui se rend et murmure !

     

     

    la Sulamite  )

     

     

    «  par ta miséricorde ,

    Rassure-nous devant les épreuves

    en cette vie où nous espérons

    le bonheur que Tu promets « 

    ( liturgie de la messe )

     

     

    Espérance pour l’Homme !

    Espérance pour l’Homme en un Dieu triomphant

    Du Mal qui le conduit aux abîmes du doute !

    Espérance pour l’homme émergeant du néant

    En un salut divin aux confins de sa route !

     

    Espérance pour l’Homme

    Quand le sang des martyrs témoigne d’une force

    Qui transcende le doute , annihile la peur ,

    Abolit la souffrance , où la foi se renforce

    Au feu pur de l’amour , promesse de bonheur !

     

    Espérance pour l’Homme

    La Résurrection du Fils de Dieu , Lumière

    Un instant tamisée au linceul de la Mort

    Pour renaître , éclatante , illuminant la Terre

    Comme brille le phare au chenal de tout port !

     

     

     

    Quand l’ombre opalescente, où son âme repose ,

    S’incline , amère et froide , aux pieds de sa douleur ,

    L’Homme blessé gémit , contemplant la pâleur

    D’une flamme promise au déclin d’une rose !

    Plus jamais sur son cœur , dans une apothéose ,

    Ne tombe la rosée où perle la blancheur

    D’une aube nuptiale , éphémère fraîcheur ,

    Argentant la pudeur d’une anémone éclose !

    Pourquoi tant de tristesse au creux de cette nuit

    Où l’Homme a consumé le Mal qui le détruit ?

    Combien de temps lui faudra-t-il attendre ?

    Mais Dieu , dans sa bonté , fera poindre le jour

    Où le flambeau sacré renaîtra de sa cendre

    Sous le souffle puissant et royal de l’Amour !

    ( « dans l’argile du temps )

     

    En toi redonne vie à Dieu qui sait attendre :

    Ouvre à nouveau ton âme au frisson de l’Amour .

    Au pied de ce calvaire où tu viens le surprendre ,

    Quand ton désespoir naît à la chute du jour .

    Ouvre à nouveau ton âme au frisson de l’Amour .

    Réanime le feu qui veillait sous la cendre .

    Quand ton désespoir naît à la chute du jour ,

    Au creux du frais vallon où l’ombre va s’étendre .

    Réanime le feu qui couve sous la cendre .

    Ouvre à l’humanité l’ivoire d’une tour .

    Au creux du frais vallon où l’ombre va s’étendre

    La mort offrait sa proie à l’œil noir du vautour .

    Ouvre à l’humanité l’ivoire d’une tour .

    Laisse aller ton âme au vent qui vient la pendre .

    La mort offrait sa proie à l’œil noir du vautour .

    Mais déjà tu réponds aux voix que j’aime entendre .

    Laisse aller ton âme au vent qui vient la prendre .

    Pour s’offrir au feu d’or qui perle au point du jour .

    Car déjà tu réponds aux voix que j’aime entendre .

    Comme l’épi se donne au champ prêt au labour .

    Pour s’offrir au feu d’or qui perle au point du jour ,

    Le fleuve se confie au secret d’un méandre

    Comme l’épi se donne au champ prêt au labour .

    En toi renais , enfin , ce Dieu qui sut attendre !

    ( dans l’argile du temps )

     

     

    Dans le froid de la nuit , quand tout semble perdu ,

    Lorsque la rose , au loin , de perles s’auréole ,

    Attendre l’aube bleue et l’oiseau qui s’envole ,

    Comme naît par miracle un jour inattendu ;

    Dans un monde sans foi , quand le sang répandu ,

    Au nom d’un Dieu trahi , profane l’acropole ,

    Espérer que la vie , en cette nécropole ,

    Renaisse du tombeau d’un Satan confondu ..

    Dans le froid , dans le sang , émerge l’espérance

    Arrachée au néant de l’horrible souffrance

    D’un monde sans amour , flétri , déliquescent .

    Au plus noir de la vie attendre la lumière

    Qui jaillit du cosmos en or incandescent ,

    Rayonnement divin au creux d’une prière !

    ( «  dans l’argile du temps «  )

     

    La rosée du matin, sublimant le soleil ,

    Auréole d’opale une larme de joie

    Que la beauté du monde , en ce jour qui flamboie ,

    Fait perler de nos yeux embués de sommeil .

    Le chant de cet oiseau , surpris dans son réveil ,

    S’accorde à l’unisson d’un monde qui tournoie

    Comme au souffle divin toute la vie ondoie ,

    Enchâssant dans ses plis un calice vermeil !

    Notre âme a tant rêvé d’être l’enluminure

    Parant notre corps d’homme en quête de droiture

    Quand le cœur s’abandonne aux élans de l’amour !

    Mais devant nous le Mal a dressé la barrière

    De notre humanité qui nous cache le jour ..

    Attendre dans la nuit que perle la lumière !

     

     

    Espérance pour l’Homme

    Ce malade guéri , cette femme stérile

    Qui va porter l’enfant qu’elle a tant désiré ,

    Tous ces miraculés , la preuve indélébile

    D’un divin protecteur , par l’amour inspiré !

     

    Espérance pour l’Homme

    Est le pardon de Dieu pour la faute avouée ,

    Inépuisable baume au pli de la douleur

    Du pécheur épuisé par sa marche vouée

    Aux ornières du mal , aux à-pics du malheur !

     

    Espérance pour l’Homme

    La sainteté de vie , exemple d’excellence ,

    D’un Charles de FOUCAULT , d’une Mère TERESA ,

    La prière absolue au creuset du silence ,

    La charité donnée au cœur de Calcutta !

     

     

     

    Dans une rougeoyante et sinistre plongée

    Vers l’univers glacé des mondes chancelants ,

    Le soleil transcendait les stigmates brûlants

    Témoins du sang versé dont la Terre est gorgée !

    Nimbé de la fraîcheur d’une rose ouvragée ,

    Emergeant du néant aux confins scintillants ,

    Le soleil porte en lui les espoirs jubilants

    De l’âme s’élevant jusqu’à son apogée !

    Mystérieusement , dans ce monde abyssal ,

    Se transforme en beauté la souillure du Mal !

    Chaque soir rougissant renaît en aube claire !

    Comme un ostensoir d’or rayonnant sur l’autel ,

    Le soleil prend pour l’Homme , en ce temps jubilaire ,

    La parure et l’éclat du Phénix immortel !

     

    ( «  dans l’argile du temps «  )

     

     

    Espérance pour l’Homme

    Tous ces jeunes allant aux Journées Mondiales ,

    Lumière et Sel sur Terre au cœur d’un Monde froid

    Ayant perdu le sens des immémoriales

    Agapes des chrétiens à l’aube d’autrefois !

     

    Espérance pour l’Homme

    L’apaisement du cœur pour le pauvre en prière

    Déposant humblement son fardeau de malheur

    Aux pieds du Christ en croix d’où naît une lumière

    Qui s’unit à ses larmes pour embaumer son cœur !

     

    Espérance pour l’homme

    Est la Miséricorde , absolue , infinie ,

    Du dieu qui l’aime et qui lui parle cœur à cœur .

    Profanateur , auteur de la pire avanie ,

    L’Amour l’accueillera comme un soleil vainqueur !

     

     

    L’opale sur l’autel au for d’un clair – obscur

    Diffuse en perles d’or le feu d’une lumière

    Comme luit une étoile émergeant de la terre

    Lorsque l’aube au lever se consume en azur !

    L’Homme , dans la tourmente , en quête d’un cœur pur ,

    Rayonne en chants d’Amour le froid de sa misère

    Comme monte d’un chœur une ultime prière

    Ajoutant à l’encens le parfum d’un fruit mûr .

    Mystérieuse flamme en opale moirée ..

    Etonnante espérance en l’Homme restaurée..

    L’infini transcendé par le bois d’une croix ..

    Moirure de l’amour , traits de feu d’un cantique ..

    Sur la pierre d’autel , à l’unisson des voix ,

    C’est Dieu qui se révèle en sa beauté mystique !

    ( dans l’argile du temps )

     

    Espérance pour l’Homme

    La beauté de ce Monde , irréfutable preuve

    D’un divin créateur , Maître de l’Univers ,

    Des perles de rosée où le pinson s’abreuve

    A l’éther sidéral , aux abysses des mer

     

    Espérance pour l’Homme

    Le soleil au levant d’un matin de lumière ,

    Renaissant chaque jour des cendres de la nuit

    Pour réchauffer les cœurs , le sol de notre Terre .

    Encore un jour nouveau d’un bonheur gratuit !

     

    Espérance pour l’Homme

    Le rire de l’enfant qui chasse la tristesse ,

    Le printemps qui renaît au froid de chaque hiver ,

    Un sourire d’ami plein de délicatesse ,

    Le vent qui s’abandonne au calme de la mer 

     

     

    Espérance pour l’Homme

    Les fruits de l’Evangile en ses Béatitudes

    Que le Christ a posés sur l’Arbre de l’Amour ,

    Fruits de feu réchauffant ses mornes solitudes

    Lorsque tout lui paraît mourir avec le jour !

     

    Espérance pour l’Homme

    L’ineffable sourire au soleil de la vie

    De l’enfant trisomique , handicapé profond ,

    Qui donne à notre cœur l’irrépressible envie

    D’accueillir sans réserve un regard vagabond !

     

    Espérance pour l’homme

    Le total abandon ,divine Providence

    Pour l’oiseau qui picore au frais d’un clair matin ,

    A Dieu le Protecteur , l’Ami en confidence ,

    Qui ne veut que son bien , Maître de son destin !

     

     

    Espérance pour l’Homme

    La mission que Dieu , dans sa munificence ,

    Lui confie : être utile , ardent participant ,

    Divine Parousie , à cette efflorescence

    D’un monde en marche vers un Sauveur triomphant !

     

    Espérance pour l’Homme

    Que le don gratuit , absolu , d’une vie

    Remise librement entre les mains de Dieu ,

    Vouée à la prière , au service , à l’envie

    D’être un témoin brûlant de l’Amour, divin Feu !

    ***

     

    L’espérance est lumière, éblouissement, flamme 

    Dans la nuit de la mort, d’un sombre désespoir !

    Née au feu de l’Amour, elle exulte en notre âme

    Et brille pour le monde, éternel ostensoir !

     

     

     

    Le cantique du soleil

     

     

    Poème de Saint-François d’Assise

    Loué sois-tu, Soleil ! «  Très Haut, tout Puissant,

    De toi naît la lumière bon Seigneur, à toi les louanges, la gloire,

    D’un éclat sans pareil. l’honneur et toute bénédiction.

    Loué sois-tu, mon frère ! A toi seul , très Haut, ces hommages sont

    dus et nul homme n’est digne

    de te nommer.

    De ton disque de feu

    Jaillit l’incandescence Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes

    Du fol Amour de Dieu, tes créatures, spécialement messire

    Pure magnificence ! le Frère Soleil, qui fait le jour et par qui

    Tu nous éclaires ; et il est beau et

    Rayonnant avec grande splendeur ;

    Rayonnant de splendeur, De toi, Très Haut, il porte signification.

    Tu réchauffes le Monde,

    Irradiant nos cœurs

    Au vibrato de l’onde !

     

    Tu renais au matin

    De chaque aube bénie,

    Sauvant d’un noir destin

    Les auteurs d’avanie !

     

    Loué sois-tu, Soleil !

    De toi naît la lumière !

     

     

    Au plus noir de la nuit, Loué sois-tu mon Seigneur,

    Gloire à toi, ma Sœur Lune ! pour Sœur Lune et les étoiles ;

    Ton disque d’argent luit, dans les cieux tu les as formées,

    Fanal sur la lagune ! claires et belles

     

    Au plus froid de l’éther,

    L’escorte des étoiles,

    Blanche écume de mer,

    Te pare de leurs voiles !

     

    Tu règnes dans les cieux.

    Ta couronne de gloire,

    Aux rubis précieux,

    Brille comme un ciboire !

     

    Tu nous donnes l’espoir

    Car Dieu t’a faite belle,

    Opalin ostensoir

    Pour le pécheur rebelle !

     

    Loué sois-tu Seigneur, Loué sois-tu mon Seigneur,

    Pour le Vent notre Frère ! pour Frère vent et pour l’Air et le nuage

    Le sirocco rageur et le serein et tous temps, par lesquels

    Ou la brise légère ! à tes créatures du donnes les soutiens

     

    Pour l’Air pur de l’azur,

    La beauté du nuage,

    Le soir au clair-obscur,

    Lorsque se meurt l’orage !

     

     

    Comme le Vent, l’Amour

    Nous emporte au grand large,

    Au point de non retour

    Vers l’ultime passage !

     

    Emportés par les plis

    D’une onde ensoleillée,

    Tes enfants éblouis

    Ont l’âme émerveillée !

     

    Gloire à toi, ma Sœur l’Eau, Loué sois-tu mon Seigneur,

    Emergeant de la terre, pour Sœur Eau

    Au pied d’un arbrisseau, qui est fort utile et humble

    Au creux d’une clairière ! et précieuse et chaste.

     

    En flot torrentiel,

    Toi, l’onde impétueuse,

    Tu renais arc-en-ciel,

    Arche majestueuse !

     

    Eau perlant au matin

    En gouttes de rosée,

    Miroir adamantin

    Pour la frêle orchidée !

     

    Loué sois-tu, Seigneur,

    Pour cette eau humble et pure,

    Modèle de candeur

    Pour une vie impure !

     

    Loué sois-tu le Feu, Loué sois-tu, mon Seigneur,

    Eclairant notre Monde, pour Frère Feu, par qui

    Témoin de l’Amour-Dieu, tu éclaires la nuit et il est beau,

    Chassant la Bête immonde ! et joyeux et robuste et fort !

     

    Tu brilles dans la nuit,

    Eternelle Lumière,

    Espoir qui nous conduit

    Au cœur d’une prière !

     

    Toi, Feu, vivant et beau,

    Comme un chêne robuste,

    Tu deviens le flambeau

    Que porte l’Homme juste !

     

    Loué sois-tu, Seigneur !

    Tu nous donnes la flamme

    Qui brûle au fond du cœur

    Pour exalter notre âme !

     

    Loué sois-tu ,Seigneur, Loué sois-tu, mon Seigneur,

    Pour notre Mère-Terre, pour sœur notre mère Terre,

    Modèle de splendeur qui nous porte et nous mène,

    Que le cosmos enserre ! et qui produit les fruits divers

    avec les fleurs colorées et l’herbe.

     

     

    La beauté d’un ciel pur,

    La fraîcheur d’une rose,

    La saveur d’un fruit mûr,

    L’herbe où le corps repose,

     

    De l’infiniment grand

    A l’infime parcelle,

    Dieu, partout, est présent

    Lorsque l’Homme chancelle !

     

    Maître de l’univers,

    Mon Seigneur, Tu nous donnes,

    Nous, tes enfants pervers,

    La Terre et Tu pardonnes !

     

    Loué sois-tu, Seigneur, Loué sois-tu, mon Seigneur,

    Pour la Mort corporelle pour ceux qui pardonnent pour ton

    Qui conduit au bonheur amour et qui subissent injustice et

    D’une vie éternelle tribulation ; et bienheureux ceux qui

    Tout Homme juste et droit persévèrent dans la paix, car, par toi,

    En marche sur la route, Très Haut, ils seront couronnés !

    Chemin abrupt, étroit, Loué sois-tu, mon Seigneur,

    Où se dissout le doute ! pour notre sœur la Mort corporelle,

    à qui nul homme vivant ne peut

    échapper ; malheureux ceux-là seuls

    Pitié pour le pécheur, qui meurent en péché mortel ! mais

    Malheureuse victime bienheureux ceux qui ont accompli

    Du mal dont la noirceur tes saintes volontés car la seconde mort

    Se confond à l’abîme ! ne pourra leur nuire.

     

    Loué sois-tu, Seigneur,

    Pour ton divin Pardon, Louez et bénissez mon Seigneur

    Refuge où notre cœur et remerciez-le et servez-le

    Se livre à l’abandon ! avec grande humilité « 

     

    Saint François d’Assise

     

     

    épilogue

     

     

     

    Prendre le temps d’aimer , une dernière fois ,

    D’épouser la beauté d’un monde qui se donne

    A l’Alpha glorieux , abyssal autrefois ,

    L’instant où Dieu créait l’Univers qu’Il ordonne .

     

     

     

    Une dernière fois , se confondre au silence,

    Au sommeil éternel , à cet ultime envol

    D’une âme qui s’arrache à la froideur du sol

    Pour quitter à jamais son humaine immanence !

     

     

     

    Et mourir à la vie

    Pour renaître à la Vie !

     

     

     

    Prix et autres récompenses

    attribués à Pierre GRAND’EURY

    sociétaire de : - l’Académie des Poètes Classiques de France

    l’Académie Internationale de Lutèce

     

     

     

    - médaille d’Argent : 25 ème grand concours international 1994

    de l’Académie Internationale de Lutèce – Paris

    pour les recueils

    Pierres de cathédrale et Comme une eau qui chemine

    ( vers libres – illustration Françoise GRAND’EURY )

     

     

    - médaille de Vermeil : 26 éme grand concours international 1995

    de l’Académie Internationale de Lutèce – Paris

    pour le recueil

    Au fil du cœur

    ( vers libres – illustration Françoise GRAND’EURY )

     

     

    - médaille d’ Or : 27 éme grand concours international 1996

    de l’Académie Internationale de Lutèce – Paris

    et le Prix d’honneur au grand concours littéraire international 1999

    de l’Académie Poétique et Littéraire de Provence

    pour le recueil

    la Sulamite

    Poèmes lyriques d’après «  le Cantique des cantiques « 

    ( poésie classique – illustration Françoise GRAND’EURY )

     

     

    promotion au mérite poétique 1999 ( plaquette de bronze ) de l’Académie

    des Poètes Classiques de France

     

    médaille d’ Or - coupe de Lutèce : 31 ème grand concours international 2000

    de l’Académie Internationale de Lutèce – Paris

    et Prix Miréio DORYAN de l’Académie des Poètes Classiques de France

    pour le recueil

    Dans l’argile du temps

    Je pétris mon chemin

    Dieu cisèle l’Amour

    ( poésie classique – illustration par Françoise GRAND’EURY )

     

     

     

    médaille d’OR - Prix Martin SAINT-RENE ( dit le PRINCE des POETES )

    2003

    de l’Académie des Poètes Classiques de France

    pour le recueil

     

    Au fil de la vie

    ( poésie classique – illustrations de Françoise GRAND’EURY )

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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