
Michel Danis
Ma premi�re lecture d'un texte de Pierre Foglia remonte � plus d'un quart de si�cle. Le m�me journal mais dans une autre section : les sports.
Une �poque folle et effervescente, d�but 70. Une �quipe de journalistes soud�e serr�, audacieuse � souhait dans l'univers tr�s conformiste et scl�ros� de la nouvelle sportive. Des plumes originales, surprenantes, parfois irr�v�rencieuses mais toujours vraies, sinc�res et d�constipantes.
D�mystifiantes aussi, pour transmettre aux lecteurs la facette de "gars ben ordinaires" (Charlebois 70...) que les Jacques Beauchamp ou Jerry Trudel ne nous avaient pas d�voil�e. Glorieuses ann�es des Flashes � la King ou autres sauces savoureuses...
Certains d'entre vous se souviendront d'une colonne titr�e : Mon oeil sur le sport. Une seule colonne mince mais du haut jusqu'au bas de la grande page (avant le cahier tablo�d). Sign�e Pierre Foglia. L'oeil du bonhomme. L'oeil qui regarde, observe, scrute, analyse, soup�se, �value et nous garroche fluidement les mots de son t�moignage.
Le gars des sports s'est retrouv� en page A5 pour le grand d�lice g�n�ral.
Columnist, disent les anglos. Combien de ces billets ai-je d�vor�s au fil des ans? 1000, 1500, 2000 ? Jamais d'indigestion. � peine une dizaine par ann�e pour me laisser indiff�rent. Mais une autre dizaine (c'est beaucoup) pour me les scier � ras les hanches en me laissant pantois, �branl� et incr�dule de n'avoir pas su d�tecter moi-m�me l'angle de vision de son t�moignage sur un sujet maintes fois ressass� par la faune des m�dias.
Les histoires de vie vraies, crues et d�cap�es sans additifs. Les personnages subtilement d�peints avec un minimum de mots. Les objecteurs d�culott�s et les cabotins replac�s devant leur miroir.
Des controverses aussi. In�vitables sur des sentiers d�pourvus d'unanimit�. Des �clats d'obus qui pincent et qui blessent... l'amour-propre. Sale caract�re diront certains : il s'en gargarise, n'en doutez point.
Et ce diable d'homme envoie pa�tre tout �diteur d�sireux de publier quelque s�lection que ce soit parmi les livr�es que les sueurs de son labeur d�posent sur le menu de la Presse depuis tant d'ann�es.
Je n'ai jamais �crit quelque mot que ce soit � Pierre Foglia. Jamais rencontr� non plus. � vrai dire, je n'en ai rien � foutre. Je suis un fan, un accro intoxiqu� par 25 ann�es de doses inject�es semaine apr�s semaine. Et �a me d�mangeait de vous le dire....
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