Note du webmestre :
Pierre Foglia a publi� une chronique dans le quotidien La Presse du 17 f�vrier 2005 dans laquelle il s'en prend � Franco Nuovo du Journal de Montr�al qui aurait accuss� La Presse de prendre le parti d'Outremont dans le choix d'un emplacement pour le nouvel h�pital de Montr�al � parce que nos grands grands patrons, les Desmarais, nous le commanderaient �.

Quelques extraits :
Ce qui me f�che ici, c'est qu'Andr� Pratte, et � travers lui tout notre journal, a �t� trait� de pute par une des plus joyeuses guidounes de la profession, Franco Nuovo du Journal de Montr�al. Il est gentil, Franco, mais qu'est-ce qu'il est con. Il est beau, mais qu'est-ce qu'il est nul. �a fait 10 fois que je lui dis : arr�te d'�crire, fais de la radio, �a para�t moins.
(...)
Regarde, Franco, le jour o� tu vas comprendre quelque chose que j'aurai pas compris, je prends ma retraite.
(...)
Tu devrais appeler Andr� No�l, Franco, �a te ferait une bonne chronique si tu l'�cris pas comme les autres en 20 minutes.

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Franco Nuovo a r�pondu le lendemain.

18 f�vrier 2005

Cette chronique s'adresse � vous tous, mais surtout � Pierre Foglia, vous savez le gars de la page 5 de l'autre journal qui a fait, hier, une douloureuse mont�e de lait digne d'une chatte aux mamelles engorg�es.

Alors, Foglia, c'est pas dr�le d'�tre pris � partie dans une histoire de convergence, hein ?

Je comprends.

�a t'�nerve particuli�rement depuis quelque temps, on dirait. Probablement parce qu'avant, quand on pensait convergence, c'�tait toujours Quebecor. Jamais La Presse, Power, Gesca, le Parti lib�ral, les Desmarais ...

Or, depuis quelque temps, cela a chang�.

Et �a t'�nerve d'autant plus parce que tu sais que les patrons ne tiennent pas notre plume, du moins celle de la plupart d'entre nous.

�a t'�nerve tellement que le 2 d�cembre 2004 d�j�, dans une chronique intitul�e Pro Domo, tu d�fendais avec v�h�mence ton int�grit� et celle de tes coll�gues.

Ce qui t'honore puisque tout, comme moi, tu b�n�ficies d'une libert� totale qui nous permet � l'occasion de prendre la plume au nom d'autres journalistes tenus, eux, � plus de r�serve.

Vieux et pr�somptueux

Maintenant, Foglia, revenons � ce que tu as �crit me concernant. Que tu me trouves nul ou beau m'est compl�tement �gal. T'es pas mon genre, Foglia; trop vieux, trop grognon, et peut-�tre un pou bougon.

L'autre chose, Foglia, tu �cris : � Franco, le jour o� tu vas comprendre quelque chose que j'aurai pas compris, je prends ma retraite. � Tu peux la prendre, Foglia, parce que quand on ne sait pas de quoi on parle, plut�t que de r�agir par pulsion et dire ainsi n'importe quoi, il vaut mieux fermer sa gueule. Par exemple, tu m'accuses d'avoir trait� votre �ditorialiste, Andr� Pratte, de pute. Je ne sais pas o� tu as pris �a. Tu dis ensuite que j'accuse La Presse de faire honteusement la promotion du site d'Outremont. Je n'ai pas �crit �a non plus, mais je me suis demand�, c'est vrai, si La Presse se chargeait des relations publiques du lobby des gens d'affaires d�sireux de voir le CHUM s'installer � Outremont. Et je vais t'expliquer pourquoi.

Sache d'abord que, tout comme toi, je me fous compl�tement de l'emplacement du CHUM, tant qu'il y a consultation et non pression. Alors, ce n'est pas le fond de cette histoire qui m'a indign�, mais la forme. Et si je me fie � ce que tu as �crit dans ta chronique du 27 janvier � Je m'indigne presque toujours sur la forme, alors que vous, c'est plut�t sur le fond.� Eh ! bien, moi aussi, c'est la forme, Foglia, la fa�on dont tout �a se fait.

Oui, je me suis interrog� sur le r�le de La Presse et de tes patrons dans ce dossier. Je m'interroge encore. Et ce n'est pas seulement � cause des �ditoriaux souvent contradictoires de ton ami Pratte qui, telle une girouette, entre le printemps et l'hiver, a chang� souvent d'avis sur l'emplacement du fameux CHUM. Le 17 avril, par exemple, il se rangeait du c�t� de Saint-Luc, s'appuyant sur les recommandations de MM Johnson et Mulroney. Le 27 novembre, il n'en avait plus que pour Outremont. Entre temps, �videmment les gens d'affaires et la famille Desmarais �taient intervenus dans le dossier.

Le lien flagrant
Maintenant, Foglia, je vais te raconter une histoire et peut-�tre t'apprendrais-je quelque chose que tu ne savais pas.

Le ler f�vrier, en arrivant au bureau, j'ai pris mes messages. J'en avais au moins un et il disait ceci : � Bonjour Franco, H�l�ne Desmarais � l'appareil, j'ai des informations pour toi sur le CHUM. On pourrait peut-�tre en discuter. Est-ce que tu pourrais me rappeler au num�ro...

J'ai rappel�, elle n'y �tait pas, sa secr�taire m'a assur� qu'elle me rappellerait. Elle l'a fait, mais j'�tais parti pisser. Deuxi�me message : � Bonjour, Franco, tu peux me rappeler. � Et je l'ai rappel�e.

Foglia, les messages sont toujours sur mon r�pondeur, veux-tu les �couter ? � l'�poque, j'avais prot�g� ma source qui pourtant, par son intervention, d�montre le lien flagrant entre les Desmarais et le site d'Outremont.

Au fait, tu sais qui est H�l�ne Desmarais. Elle est, Foglia, ce qui n'est pas n�gligeable compte tenu de ce qui nous concerne, l'�pouse de Paul Desmarais Jr., pr�sident du conseil et co-chef de la direction de la soci�t� et pr�sident du conseil, Corporation financi�re Power, ainsi que membre du C.A. de Gesca � qui appartient La Presse � 100 %.

Elle est pr�sidente du conseil et chef de la direction du CEIM, pr�sidente du C.A. des HEC, pr�sidente de C.A. et du comit� ex�cutif de la Soci�t� de d�veloppement �conomique Ville-Marie, etc. Y en a des pages comme �a.

Elle est aussi une lobbyiste influente qui a paass� tellement de coups de fil au bureau de Philippe Couillard qu'il en est rouge; le t�l�phone, et peut-�tre Couillard aussi. Elle est aussi de ces gens d'affaires qui, le 5 janvier, ont sign� une lettre destin�e au premier ministre et publi�e dans La Presse.

La bru
H�l�ne Desmarais est donc la belle-fille, la bru du big boss, l'honorable Paul Desmarais. Power, Gesca, La Presse, �a te dit quelque chose, Foglia ? En passant, Foglia, quand, la derni�re fois, avec ta grande gueule, as-tu os� remettre en question les Desmarais et leur empire ?

Alors, v'l� que l'�pouse d'un de tes grands patrons m'a appel� pour me parler du CHUM pendant une bonne heure sur un ton suggestif. Est-ce normal, �a, Foglia ? Je te rappelle que je bosse au Journal de Montr�al.

Tu permets une question : que dirais-tu si la femme de mon grand boss � moi te t�l�phonait pour te donner des informations qu'elle souhaite te voir �crire ? �a n'�veillerait pas chez toi quelques soup�ons ?

Madame Desmarais et moi avons discut� presque une heure, Foglia, comme si on �tait les meilleurs amis du monde. Charmante, d'ailleurs. Elle voulait surtout que je comprenne bien que son beau-p�re, homme par ailleurs malade qui se fait soigner au John Hopkins Hospital de Baltimore - pas au Qu�bec, mais aux �tats-Unis, parce que c'est tellement mieux -, n'avait rien � voir dans toute cette histoire. Qu'il a agi en faveur d'Outremont � la seule demande de l'Universit� de Montr�al et quel est all� n�gocier la cour de triage avait le CP avec l'accord de Jean Charest.

Au fait, j'allais oublier, Foglia, c'est bien elle qui m'a parl� d'Andr� Pratte, en soulignant que Lysiane Gagnon, Alain Dubuc et Pratte poussaient, en toute objectivit� (!), sur Outremont parce qu'ils avaient vu les deux projets � l'automne. On les leur avait montr�s � eux.

Tu te poserais pas des questions, toi, Foglia, sur les liens possibles entre La Presse, le CHUM Outremont, Qu�bec et les gens d'affaires qui font pression ? Te rappeler, aussi, en passant, qu'il est question ici d'�ditorialistes et que, par d�finition, ils refl�tent dans leurs �crits l'orientation du journal qui les emploie et qui t'emploie.

T'insistes sur Pratte, Foglia, n'a t'il pas d�j� go�t� en f�vrier 1994 � la m�decine de Paul Desmarais en perdant sa chronique parce que le boss n'avait gu�re appr�ci� ses propos. Le regrett� Claude Masson avait alors dit : � Quand on mord la main qui nous nourrit, il y a des cons�quences. � Tu continues � ne pas te poser de questions, Foglia ?

Elle m'a dit d'autres choses aussi, madame H�l�ne Desmarais, en plus de plaindre son pauvre beau-p�re. Elle m'a rappel� que Power redonnait de 2 � 3 % de ses profits � la soci�t�, aux h�pitaux, aux universit�s... Elle a dit que toute cette merde autour du CHUM �tait la faute des fonctionnaires et bien s�r des journalistes. Elle a m�me avanc� que l'int�r�t manifest� par GWL, une filiale de Power pour l'am�nagement en partenariat public-priv� du CHUM, �tait une invention de Kathleen L�vesque du Devoir. Madame Desmarais est d'ailleurs partisane avou�e d'une industrie de la sant�.

Apr�s, on a raccroch�, mais elle m'a ret�l�phon� le lendemain, 2 f�vrier. Cette fois, elle m'a fait appeler par sa secr�taire. Je ne lui ai pas retourn� l'appel.

Une derni�re chose
Une derni�re chose, chroniqueur, dans ton texte d'hier tu laisses croire que ton canard est celui qui � le premier a accroch� le pompon � sur la s�curit� du CHUM en disant que ce n'est surtout pas le JdeM qui aurait fait ce job. Tu parles de textes de La Presse du 25 janvier, du 26, du 4 f�vrier...

You-ou, Foglia, n'as-tu appris � lire qu'en 2005 ?

Laisse-moi simplement te signaler que Michel C. Auger signait le 20 novembre une chronique sur les points dangereux, une autre le 27 sur les co�ts et la s�curit�, une autre le 2 d�cembre sur les besoins r�els en espace de l'Universit� de Montr�al, une autre le 4 d�cembre sur les d�penses du CHUM, les 13 et 14 d�cembre d'autres chroniques sur les d�passements de co�ts. Et je t'�pargne la suite, les textes que d'autred ont �crits ainsi que l'abondant travail de Kathleen L�vesque dans Le Devoir.

Allez, Foglia, moi aussi je t'embrasse pareil; je suis m�me pas f�ch�, t'es pas con, t'es juste pr�somptueux et m�r pour la retraite. Or, il est temps, je crois, que tu sortes la t�te de ta liti�re. Tu verras, c'est fou tout ce qui se passe dehors.



Le Journal de Montr�al, 19 f�vrier 2005

une page mise � jour le 19 f�vrier 2005 par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca

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