5 juillet 2006
Pierre Foglia
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FRONTI�RES- Pour revenir au foot en partant du Tour de France, j'ai d� traverser trois fronti�res. La premi�re, entre la France et l'Allemagne, c'est la fronti�re qu'on remarque le moins, surtout que la France dont je parle ici, c'est l'Alsace farouchement fran�aise dans son coeur, certes, mais dans sa culture? Sinon dans sa culture, dans son affabilit� un peu compass�e, l'Alsace est plus allemande que fran�aise.
Le seconde fronti�re est plus cons�quente. C'est la fronti�re entre deux sports qui n'ont rien � voir. Le v�lo et le foot. Le premier est secou� de scandales, le second aussi, mais c'est bien le seul point sur lequel ils se rejoignent. Le v�lo est un sport en perte de vitesse, presque plus de jeunes pour s'inscrire dans les clubs cyclistes en Europe, beaucoup moins de courses, la raison en est moins le dopage que l'air du temps, le v�lo est un sport dur, or nous vivons un temps mou.
Le foot c'est tout le contraire: universel. Sa derni�re grande conqu�te: l'Australie. Seule l'Am�rique du Nord r�siste encore.
Un v�lo pour votre fille ou votre fils s'il veut aller frotter dans le peloton c'est 4000 $. Le foot c'est gratuit. T'as m�me pas besoin de ballon, j'ai jou� au foot toute mon enfance avec des balles que l'on fabriquait avec des vieux chiffons, avec des cailloux, avec des ch�taignes, avec des bouts de bois, avec n'importe quoi. Tu joues au foot. Tu ne joues pas � p�daler, tu te cr�ves � p�daler.
La troisi�me fronti�re que j'ai d� traverser, c'est la fronti�re entre un sport, le v�lo, et une religion, le foot. Hors des aficionados dont je suis, la foule du v�lo en est une de badauds, de piqueniqueurs. Je n'en reviens pas, chaque fois, comme le Fran�ais moyen venu voir passer le Tour de France avec sa famille n'a aucune foutue id�e de ce que peut bien �tre une course de v�lo.
La foule du foot c'est le contraire, dans chaque spectateur un coach et un int�griste. M'en voudra-t-on beaucoup si j'ajoute un con? Je crois sinc�rement que le foot, ce jeu si beau, si simple, rend un peu con. Pas le jeu lui-m�me, bien s�r. Mais sa surconsommation. � la fin, un match de foot n'est que cela: un match de foot. En parler pendant huit pages, comme ce matin, alors qu'il n'avait pas encore �t� jou�, hol� coll�gues, quand le sport d�borde � ce point sur le quotidien, obnubile (obnu-d�bile ?) � ce point les pens�es, on n'est plus dans le sport, on est dans la religion. Et la religion rend con, vous pouvez le v�rifier tous les matins en lisant votre journal, Kandahar, Gaza, Kaboul, T�h�ran, Rome, Tel Aviv.
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