![]() et le vélo |
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27 janvier 2006
Je résume en deux lignes ce que Catherine Marsal a dit hier en écho à l'affaire Jeanson, cela donne ceci :
1 - André Aubut est un monstre.
2 - Geneviève Jeanson est une victime.
Prédateur sportif dit précisément Catherine Marsal. Bien vu. Pourquoi, vous les journalistes, et particulièrement, vous, M. Foglia, ami du clan Jeanson, ne l'avez-vous pas vu ?
Parce que je n'ai jamais été un coéquipier de Jeanson comme Mme Marsal. Parce que au-delà de cette limite on tombe dans le domaine privé. « Je n'aurais jamais laissé partir ma fille de 17 ans avec une personne de 40 ans en Arizona en camp d'entraînement pendant six mois sans vraiment savoir ce qui passait là-bas », dit Mme Marsal. Bien vu encore une fois, mais encore une fois, comment prévenir l'athlète qu'elle est en train de se faire « annexer » quand chaque fois que quelqu'un aborde ce sujet délicat, elle se dresse sur ses ergots : Tant que je vais être dans le vélo ce sera avec André (Aubut).
OK d'abord.
Rona non plus n'a rien vu. Le directeur des communications de Rona affirmait l'autre jour à mon collègue Drouin que oui oui il y avait une clause « dopage » dans le contrat de l'équipe, ce qu'il ne dit pas c'est qu'elle été ajoutée à regret, qu'on avait bien peur de briser de lien de confiance avec le clan Jeanson. Les grands patrons de Rona ont été prévenus dix fois contre Aubut - parfois de l'intérieur même de la boîte. Ils n'y ont jamais cru. À Hamilton, le grand patron Robert Dutton n'a pas hésité une seconde, devant les médias, à accorder toute sa confiance à Geneviève. Je le dis sans ironie, ces gens-là ont été admirables de respect, de confiance, d'honnêteté. De générosité aussi, Geneviève recevait deux salaires, un comme coureuse, un comme « porte-parole » de Rona, plus les bonis pour les victoires, plus les bonis pour les participations au Jeux olympiques ou au championnat du monde. Beaucoup plus que 100 000 $.
N'empêche que Rona, comme bien d'autres, s'est trompé. Au tout début ils avaient le choix entre Lyne Bessette et Jeanson. Ils ont pris Jeanson et ils y ont cru jusqu'au bout. Si ça trouve ils y croient encore. Aveuglement ? Croyez-vous que je sois bien placé pour répondre à ça ?
N'empêche qu'il se dit beaucoup de folies dans la foulée de cette histoire-là. J'entendais ce matin un collègue de la radio dire que Aubut était un très mauvais entraîneur. Pas vrai. Pas si mauvais que ça. Mal engeulé, pas d'allure, maniaque, très dur, pis ? Il y a toutes sortes de façon d'entraîner des athlètes d'élite. Toutes sortes de méthodes. Toutes sortes d'écoles. Des entraîneurs mal engueulés ? Ça pleut. Des petits dictateurs ? Plein ! Si tu veux pas de te faire bousculer, faut pas faire du sport à ce niveau-là. Faut faire des loisirs.
C'est pas quand l'entraîneur va trop loin que c'est grave. C'est quand il va trop près, c'est quand il va jouer dans la tête de l'athlète. Quand il devient un foutu gourou.
Ils fonctionnent tous pareil les gourous sportifs. Ils fonctionnent au secret, à la paranoïa, et surtout au chantage : sans moi tu ne gagneras rien. Ils fonctionnent aussi à l'isolement : éloigner les autres absolument.
Un jour des amis qui roulent fort vont s'entraîner dans Jay. Geneviève est là avec Aubut. Les gars reconnaissent Geneviève et en passant à côté l'encouragent gentiment : allez Geneviève ! Aubut les rejoint aussitôt : Hey les caves, quand j'aurai besoin de cheerleaders je vous ferai signe.
Bon c'est dit, Aubut est un monstre. Mais il y avait deux lignes. Et l'autre c'était : Geneviève Jeanson est une victime.
Victime ça veut dire innocente ? Je sais pas, je vous demande.
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