![]() et le vélo |
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25 avril 2006
À la fin de la saison dernière le cycliste Charles Dionne a eu le mérite d'être mis sous contrat par une des 20 équipes professionnelles du Pro Team qui est la ligue nationale du cyclisme, l'équipe Prodir Saunier Duval, tenue de participer à toutes les grandes épreuves de la saison, dont les trois tours, de France, d'Italie et d'Espagne.
Charles Dionne, j'ai déjà pris sa défense ici, est un bon coureur, pas si loin du Tour de France, surtout dans cette sympathique petite équipe espagnole aux ambitions relativement modestes. Pas si loin et en même temps à des années-lumière, selon ses résultats. Sa première urgence, avec son contrat d'un an, était d'impressionner son employeur pour s'assurer d'une job pour l'an prochain. Or son début de saison est une faillite totale. Blessé, je n'en doute pas, mais zéro résultat, rien, nada. Absent du récent tour de Géorgie, inexistant au tour de Californie, sur son insistance me rapporte-t-on, on lui a permis de prendre le départ de trois grandes classiques dont Paris-Roubaix : de la figuration.
Au top de sa forme, ses chances de participer au Tour de France à sa première année étaient de une sur 1000. Avec ce début de saison catastrophique, pas une sur un million. Pourtant, 20 fois depuis le début de la saison j'ai lu et entendu que Charles Dionne allait très certainement participer au Tour de France. Rumeur alimentée par lui-même évidemment. Encore vendredi dernier, à la radio, dans une entrevue pathétique, à un confrère complaisant (ma note : Robert Frosy), Charles disait qu'il lui restait une petite chance. On est le 21 avril, supputait-il, le Tour part le ler juillet, hum, ça va être juste. Il faut rêver, disait-il pour s'excuser. Quelqu'un pourrait-il lui expliquer la différence entre rêver et délirer ?
Les athlètes ont très souvent recours à ce procédé. Cas classique, la blessure pour excuser une contre-performance. Je pense à un célèbre sprinter, son ischio-jambier, une merveille d'ischio-jambier, ne le faisait jamais autant souffrir que lorsqu'il ratait sa qualification pour les demi-finales. Le lendemain dans le journal : ennuyé par une vive douleur à l'ischiojambier qui l'a presque immobilisé aux 50 mètres, X ne s'est pas qualifié pour la demi-finale.
Mensonge que l'athlète se fait à lui-même. I1 faut bien comprendre que de très nombreux athlètes vivent dans la chiasse du positivisme à longueur d'année, qui leur fait perdre tout contact avec leur réalité. Au fait, ce n'est même pas un mensonge, c'est de la pensée magique : c'est écrit dans le journal ? C'est vrai.
Ben tiens, hier j'ai participé au demi-marathon de la Haute-Yamaska : une heure et 10 minutes. C'est écrit dans le journal.
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