Cliquez sur >> � droite pour faire dispara�tre les annonces. Page optimis�e pour Internet Explorer

18 mai 2006

AH LA LA ! (la suite)

Pierre Foglia

�a la donc eu un retentissement certain. Vous avez �t� nombreux � me dire combien la lalalisation du langage vous �nervait aussi. En fait, moi, elle ne m'�nerve pas, elle me d�sesp�re. J'y vois bien plus qu'une faute, j'y vois une corruption, un avachissement, un ramollissement bien de notre �poque... Bon, me voil� reparti, s'cusez...

Louise m'apprend que cette insertion d'une lettre superflue - le � l � de �a la - s'appelle une �penth�se. Je connaissais le mot, mais je suis un peu d��u. Je croyais que l'�penth�se d�signait seulement un proc�d� litt�raire, le c�l�bre merdreth�y�tre, pou�me, etc.

Vous n'y �tes pas, me dit Claire, de Rawdon. Vous ne ferez honte � personne en publiant les lalalisations des gens : ils sont si persuad�s de parler correctement que lorsque je dis �a a co�t� cher, on me reprend discr�tement, ah bon �a la co�t� cher ?

La premi�re d�nonciation publique est os�e par Mich�le : Julie Payette serait une grande sp�cialiste du �a la. Je soup�onne l'astronaute de tomber sur les nerfs de ma correspondante. Chut, ne le r�p�tez pas madame : moi aussi, pas capable. Marc Garneau non plus d'ailleurs. Je crois que c'est � cause des clich�s. Je ne sais pas pourquoi les astronautes - les Am�ricains sont pareils - ont un talent particulier pour collectionner les clich�s, les plus navrants �tant ceux qu'ils nous rapportent des cieux.

Seconde d�nonciation (de Marie-Jos�e), Robert Lepage, le 25 avril chez Bazzo : �a la un impact. Du m�me, d'innombrables �a la quelque chose, dans son entrevue � Bureau.

Des lecteurs attirent mon attention sur d'autres �penth�ses, puisque �penth�ses il y a, tr�s r�pandues aussi, telles quand qu'on, quand que et �a va t'�tre. M�me si la faute est du m�me tonneau syntaxique, le la m'�narve cent fois plus, sans doute parce que, se faisant avec la langue, il rend un son mouill� et moumoune, lalala. D'autres lecteurs s'agacent beaucoup aussi - pas moi - du redoublement du tu, tu manges-tu, tu viens-tu, tututu. Pas moi, disais-je, peut-�tre � cause du Tu m'aimes-tu de Desjardins, la plus belle chanson d'amour de tous les temps.

D'autres lecteurs comme Francesca s'�cartent un peu du sujet, � mon avis, en tombant dans le tic de langage, ces gens qui commencent leurs phrases par regarde, et les terminent aussi par regarde ou m�me par ergarde ! Les sportifs sont familiers de ces fixations comme �coutez, qui leur servent invariablement d'entame quelle que soit la question, �coutez... On t'�coute, envoye shoote. En passant, je me suis appliqu�, un midi, � compter les mais de Maisonneuve : 287 317 ! C'est des mais en ta... comme disait Moose Dupont.

Enfin, plusieurs lecteurs s'amusent des incessants aveux de Colette Provencher, la fille de la m�t�o du 10. Je dois vous avouer Pierre, je dois vous avouer Sophie qu'il pleuvra demain. Avouer, c'est reconna�tre qu'on a fait ou pas fait quelque chose. Vous pourriez dire � Pierre en ondes Je dois vous avouer, Pierre, que je n'ai pas mis de petite culotte ce matin, m�me si ce n'est pas vrai, juste pour voir sa t�te. Mais vous ne pouvez pas avouer qu'il va pleuvoir. Surtout qu'entre vous et moi, on commence � en avoir jusque-l� de toute cette pluie.

LE GRAND TOUR - Je fus du premier en 1994 ou 1995, on avait fini au parc La Fontaine devant la nouvelle Maison des cyclistes qu'on inaugurait pour l'occasion. Vous savez de quoi je parle ? Cette randonn�e d'� peu pr�s 2000 cyclistes, une semaine au mois d'ao�t, environ 100 kilom�tres par jour, pas de bagages, la f�te le soir... Douze ans plus tard, le gros peloton n'est toujours pas devenu un troupeau, la belle histoire continue, la belle histoire et toujours une histoire de plein air, de plein ciel, et de plein d'amis. Et le prix aussi en est un d'ami - moins de 700 $ pour la semaine.

Cette ann�e le Grand Tour passera trois jours au Vermont. Hol� ! Deux mille cyclistes � la douane am�ricaine ? Para�t que tout est arrang�. D�part de Morrisville (nord-est de Stowe) direction Lyndonville, retour au Qu�bec par Stanstead. Pas mal, mais y'avait beaucoup mieux. Notez pour la prochaine fois : les plus belles routes du nord du Vermont sont au centre de l'�tat, disons entre la 89 et la 14 et entre la fronti�re et une ligne au sud qui passerait par Cambridge, Jeffersonville, Craftsbury. De Jefferson, tu fais le col de Smugglers Notch pour le fun, mais en haut tu reviens, tu bascules pas vers Stowe, Stowe c'est Saint-Sauveur, qui veut aller � Saint-Sauveur ? � moins d'une invitation de R�jean. Mais je vous dis que c'est pas souvent.

LE LANGAGE - J'ai juste saisi une bribe du sujet de Maisonneuve � l'�coute ce midi. Il �tait question des gais. D'un sondage, d'une �tude, qui r�v�lait que l'homophobie �tait plus forte chez les gens moins scolaris�s. Qu'il �tait plus difficile d'�tre gai sur un chantier de construction que dans une universit�.

M�fions-nous des v�rit�s trop vraies. C'est s�r que les beaufs traitent le p�d� de p�d�, alors que le prof d'universit� traite son coll�gue gai de cher coll�gue. Mais au-del� des apparences, du langage donc, je ne suis pas du tout certain que les gais soient moins bien accept�s dans les milieux populaires que dans les milieux petits-bourgeois. �tre gai et avoir le choix, pas s�r que je ne pr�f�rerais pas un papa camionneur � un papa directeur de caisse populaire, ou m�me professeur.

Les �tudes qui pr�tent aux classes moyennes et sup�rieures plus de civilit� qu'� la classe populaire sont pr�par�es et faites par des gens de la classe moyenne et sup�rieure dont la r�f�rence en la mati�re est essentiellement le langage. C'est la classe moyenne qui a invent� le mot gai pour ne pas avoir � traiter de fifs ses enfants p�d�s.

On touche ici � un sujet d�licat. Le langage correct, est, effectivement, un rempart contre l'oppression de la grossi�ret�. Mais en m�me temps, ce n'est pas de la magie. On peut bien appeler Noir le n�gre qu'on a dans le coeur, on reste un encul�, et �a n'a rien � voir avec la classe sociale, �a � voir avec le coeur, je viens de le dire.


page mise en archives par SVP

Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
Consultez notre ENCYCLOP�DIE sportive

Hosted by www.Geocities.ws

1