17 f�vrier 2005

Picotte est le plus vieux de mes chats. Vous savez, la doudou des petits enfants, ce bout de flanellette tout effiloch�e qu'ils tra�nent partout pendant des ann�es et dont ils machouillent un des coins pour s'endormir ? Eh bien moi, ma doudou, c'est Picotte, je l'ai toujours dans les bras, dans mon cou, j'y m�chouille les oreilles, c'est de loin le plus gentil de mes chats, un peu d�penaill� maintenant qu'il est vieux, mais je suis plut�t mal plac� pour parier contre les vieux d�penaill�s.
C'est �a, Foglia ! Parle de tes chats ! Une bonne fa�on de ne pas parler du CHUM et de d�noncer ton journal.
Voyez comme vous pouvez �tes dans le champ des fois, j'allais justement vous parler du CHUM, pour vous dire deux choses.
La premi�re, c'est que je me contre-fous qu'on le construise � Outremont, � Saint-Luc, � l'H�tel-Dieu, au Stade olympique, � Mirabel ou � Pointe-Calumet. La derni�re fois qu'une question d'actualit� m'a laiss� aussi totalement indiff�rent, c'est quand on a parl� du droit de tourner � droite au feu rouge.
La deuxi�me chose que je veux vous dire sur le CHUM, c'est que je suis en conflit d'int�r�ts. Vous savez que le site d'Outremont est le projet du recteur de l'Universtit� de Montr�al, Robert Lacroix. Or, M. Lacroix a une fille qui s'appelle V�ronique et il se trouve que V�ronique Lacroix est la m�re biologique de Picotte. Ce n'est pas une blague, c'est ainsi que le Qu�bec est tricot� serr�... Biologique, c'est mani�re de parler, Mlle V�ronique a achet� Picotte dans un pet-shop de l'avenue du Mont-Royal, l'a �lev� un temps dans son appartement de la rue Marquette, et pour des raisons que ne nous d�taillerons pas ici, Picotte a rebondi chez moi un beau jour, en foyer d'accueil, o� il est depuis plus de 12 ans, mais il n'a jamais oubli� la rue Marquette, ni sa premi�re m�re, et ne comptez pas sur moi pour dire quoi que ce soit contre son grand-p�re maternel, Robert Lacroix.
D'autant plus, je vous le r�p�te, qu'il m'indiff�re totalement qu'on loge le CHUM ici, ou l�.
Ce qui m'indiff�re moins, c'est o� on loge mon journal dans cette histoire. D'aucuns accusent La Presse de prendre le parti d'Outremont parce que nos grands grands patrons, les Desmarais, nous le commanderaient. Comme ils m'ont s�rement command� ce papier. Non attendez, ce n'est pas ce qu'on dira, on dira que ce n'est pas n�cessaire de me commander, que je sais bien de quel c�t� mon pain est beurr�. Dites donc ce que vous voulez.
Je vous le demande quand m�me, se pourrait-il qu'Andr� Pratte notre �ditorialiste en chef, ait �crit 12 223 �ditoriaux en faveur d'Outremont tout simplement parce qu'il trouve le projet s�duisant ? Vous me direz cela tombe bien, les Desmarais aiment beaucoup le site aussi. Alors la vraie question devient celle-ci : cela tombe bien ou cela tombe comme �a ?
Il m'arrive tr�s souvent de ne pas �tre d'accord avec les �ditoriaux d'Andr�, il ne me viendrait jamais � l'id�e de le soup�onner de putasser. Contrairement � ce que le public s'imagine, la grande majorit� des journalistes sont de tr�s honn�tes travailleurs de l'information, mais chez quelques-uns, cette honn�tet� touche presque � la religion. Chez nous, Andr� No�l, par exemple et, autre exemple, Andr� Pratte. Je ne suis pas admiratif, ne croyez pas. Y m'�nervent. Je les trouve souvent pr�cautionneux. Cela dit, tu ne doutes pas d'Andr� No�l. Tu ne doutes pas d'Andr� Pratte.
Ce n'est pas grave que vous pensiez qu'on est tous des putes, �a ne nous emp�che pas de faire notre job, d'avoir du fun � le faire le mieux possible, et � la fin, quand on se couche le soir, c'est nous qui savons si on est des putes ou pas. Ce qui me f�che ici, c'est qu'Andr� Pratte, et � travers lui tout notre journal, a �t� trait� de pute par une des plus joyeuses guidounes de la profession, Franco Nuovo du Journal de Montr�al. Il est gentil, Franco, mais qu'est-ce qu'il est con. Il est beau, mais qu'est-ce qu'il est nul. �a fait 10 fois que je lui dis : arr�te d'�crire, fais de la radio, �a para�t moins.
La derni�re fois qu'il a parl� de moi, c'�tait � la suite d'un des meilleurs canulars de Macadam Tribus que j'avais prolong� dans ma chronique - au su de la r�alisatrice - mais Nuovo avait cru que j'�tais dupe et il avait dit cette chose �norme, venant de lui : Foglia a pas compris ! ! ! J'en pleure encore. Regarde, Franco, le jour o� tu vas comprendre quelque chose que j'aurai pas compris, je prends ma retraite.
Mais revenons au CHUM, Franco. Tu dis que La Presse fait honteusement la promotion du site d'Outremont. Tu permets une question ? Quels sont les obstacles au site d'Outremont ? Il y en a deux. La s�curit�, et les co�ts.
Quel journal a, le premier, accroch� le pompon � propos de la s�curit� ? Le Journal de Montr�al ? Non. La Presse, le 25 janvier � la une : chaque ann�e pr�s de 5000 wagons remplis d'explosifs, de chlore, d'acide sulfurique... etc. � la une de notre journal, sacrement, pas du tien. Et en 2 et 3 sous l'�norme titre : Des risques �lev�s, des tableaux d�taillent la nature des mati�res dangereuses, le nombre de wagons par ann�e, etc. Les textes sont d'Andr� No�l et de Pascale Breton.
Le 26, follow des deux m�mes sur le m�me sujet. V�rifie donc s'il y a de quoi dans ton journal ce jour-l�...
Quel journal encore revient sur la s�curit� le 4 f�vrier ? Le tien ? Non. Le mien. Mais notre manchette d'abord : Charest veut imposer son choix. Entre toi et moi, �a va pas tellement l'aider � l'imposer. En 2 le m�me jour : Le CP d�tournerait les explosifs, et en sous-titre : mais un volume important de mati�res dangereuses circulerait tout de-m�me � 100 m�tres de l'h�pital. Pascale Breton et Andr� No�l toujours.
Le 8 f�vrier. Quel journal r�v�le les co�ts cach�s du projet Outremont ? Le Journal de Montr�al ? Non. La Presse. Des travaux de plusieurs dizaines de millions de dollars n'ont pas �t� pris en consid�ration dans le calcul des co�ts... (Toujours No�l et Breton).
Dimanche, vous avez eu le culot d'appeler Pascale Breton pour lui demander si elle travaillait librement, si ses boss ne l'�coeuraient pas trop, pourquoi ne publiez-vous pas ses r�ponses ? Tu devrais appeler Andr� No�l, Franco, �a te ferait une bonne chronique si tu l'�cris pas comme les autres en 20 minutes, No�l, c'est le journaliste que je connais qui s'est fait le plus �coeurer par des boss dans sa carri�re, demande-lui donc comment c'est aujourd'hui � La Presse...
Allez, je t'embrasse pareil, je suis m�me pas f�ch� pour vrai, t'es trop nono.
une page mise en archives le 17 f�vrier 2005 par SVP