16 ao�t 2004

Je n'�tais pas � la course de v�lo des filles. Je l'ai regard�e � la t�l�. Je sais qu'on va dire que les Canadiennes ont fait une course brillante. Ce n'est pas mon avis. Elles ont fait une course spectaculaire. Elles ont fait de la mousse, sauf que ce ne sont pas elles qui ont bu le champagne.
D'apr�s vous, la fille qui gagne, cette Australienne, cette Sara Carrigan, est-elle une meilleure coureuse que Lyne Bessette ? Absolument pas. Un cran en-dessous. Ben d'abord, pourquoi ce n'est pas Lyne Bessette qui gagne ? Parce qu'est elle tomb�e ? Mais non. Quand elle est tomb�e, elle avait d�j� jou� ses cartes. Et perdu.
Quand Lyne part en �chapp�e avec trois tours � faire, est-ce son coach, �ric Van den Eynde, qui lui commande cette op�ration suicide de 40 kilom�tres ? Je ne peux pas croire. Il faut que ce soit Lyne. Si c'est Lyne, pourquoi �ric ne l'a-t-il pas retenue ? Pourquoi la laisser faire un tour toute seule en avant ? Quand Bettini est parti dans la course des gars, il a assomm� le peloton. Bang. Personne n'a pu lui r�pondre. Bettini savait la fatigue du peloton. Il l'a pressentie. C'est ce qu'on appelle l'intelligence de la course, qui est plus de l'instinct que de l'intelligence, mais enfin... Au contraire, quand Lyne est partie, les Australiennes, les Allemandes n'�taient pas br�l�es. Dans leurs oreillettes, leurs coaches leur ont command� de ne pas partir apr�s Lyne. Vas-y ma grande, vas-y te br�ler...
Et pourquoi Manon Jutras bouchait tous les trous en d�but de course ? Les Canadiennes avaient-elles d�cid� qu'elles seraient les matrones du peloton ? Pourquoi la m�me Manon Jutras est-elle partie en chasse apr�s cette modeste Espagnole qui n'avan�ait pas et allait se faire rejoindre au train de toute fa�on ? Pourquoi Susan Palmer attaque avec deux tours � faire ? Qui lui passe cette commande de fou ? Apr�s la chute et l'abandon de Lyne, c'�tait d'attendre. C'�tait de surprendre pour la m�daille d'argent ou de bronze.
Je sais bien ce que vous pensez : au moins on les a vues. J'essaie de vous dire exactement le contraire, qu'on les a trop vues dans la course.
une page mise en archives le 16 ao�t 2004 par SVP