![]() et le v�lo |
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7 juillet 2003
Les sprinters sont des d�linquants et m�me parfois des bandits. Coups d'�paule, coups de coude, � 70 km � l'heure dans un virage, oe n'est pas loin de la tentative de meurtre. Mais il ne faut pas tout confondre. Les sprinters n'ont rien � voir avec la chute d'hier. Jos� Gutierrez, l'Espagnoi qui est tomb� � un demi-kilom�tre de la ligne d'arriv�e, entra�nant la moiti� du peloton dans sa chute, ne disputait pas le sprint. On ne sait pas pourquoi Gutierrez est tomb�. Lui non plus, sans doute. Une maladresse, peut-�tre m�me pas la sienne. Ce qui est s�r, c'est que les sprinters n'ont rien � voir l�-dedans. Impeccables, les sprinters, hier. Un sprint d'anthologie gagn� par le meilleur sprinter de l'heure, Alessandro Petacd�, qui coiffait l'Australien McEwen, son plus proche rival. Logique. Transparent.
� la flamme, on se demandait o� �taient pass� Petacchi et ses �quipiers de la Fassa Bortolo. Il n'y en avait que pour les McEwen, Freire, Zabel. O� est Petacchi ? Il �tait o� il devait �tre, � l'aff�t, dans les roues. Il a surgi aux 300 m�tres. Facile. Frustrant. Tout �a pour �a. Cette longue balade dans les bl�s pour ces 300 m�tres-l�. Cette pompeuse travers�e de Paris, pour �a. Les sous-bois de la for�t de Fontainebleau, s�rement une des plus belles for�ts de France. Pour �a ? Quand c'est la montagne qui accouche d'une souris, au moins on a l'air des hauteurs, mais quand c'est la plaine ?
Ce qui commnence � �tre criant, c'est le d�calage entre les exploits d'antan, qu'on nous rab�che � pleines pages (Tour de centenaire oblige), et la monotonie de la course actuelle. � La monotonie d'aujourd'hui est soluble dans le suspens d'hier �, �crit Blandine Hennion dans le journal Lib�ration. J'allais le dire autrement : ce Tour d�gouline de nostalgie. Et plus on �voque les for�ats de jadis, plus on trouve forc�ment que les coureurs d'aujourd'hui se pognent le cul. Attendez, je suis injuste. Ils ne sont pas paresseux, ils manquent de culot. Ils sont soumis � la dictature du peloton, qui impose, dans les �tapes de plat, une course parfaitement ennuyeuse. Comme l'a �t� celle d'hier, comme le seront celle d'aujourd'hui et celle de demain. Apr�s le premier sprint, trois jeunes Fran�ais ont tent� l'aventure. Quand j'ai demand� � ma voisine, une journaliste hollandaise, qui �tait en �chapp�e, elle a hauss� les �paules :
Quelle importance ? De toute fa�on, ils vont se faire manger, vous le savez bien.
Effectivement, le peloton les a aval�s � 25 kilom�tres de l'arriv�e.
Plus on �voque les �pop�es de jadis, plus on trouve la course d'aujourd'hui st�r�otyp�e. Plus on �voque les duels �piques du pass�, Coppi-Bartali, Koblet-Kubler, Poulidor-Anquetil, Merckx-Ocana, plus on trouve que cet Armstrong roule en carrosse vers un succ�s programm�.
Qui donc �crivait que la course elle-m�me, dans son d�roulement sportif, ne donnait plus gu�re � r�ver, que le plus souvent les �v�nements se produisent � la p�riph�rie de la course elle m�me ? Ne cherchez pas, c'est dans mon texte de samedi. Cette premi�re �tape abonde largement dans mon sens. L'�v�nement de cette premi�re �tape est une chute qui a envoy� au tapis 50 coureurs, dont Levi Leipheimer, un Am�ricain qui pouvait terminer dans les 10 premiers, ex-co�quipier de Armstrong, aujourd'hui leader de l'�quipe Radobank. Le voil� hors-course avec une fracture du bassin comme son co�quipier Marc Lotz durement touch� au visage. Un autre Am�ricain et pas des moindres, le Bostonais Tyler Hamilton, que l'on voyait sur le podium, d�cidera ce matin s'il prendra ou non le d�part. Il souffre d'une fracture � l'�paule gauche. Hamilton venait de conna�tre une saison exceptionnelle, on le voyait sur le podium. Tr�s grosse perte pour le Tour s'il devait renoncer. � noter que dans cette chute, Armstrong aussi est tomb�, apparemment sans cons�quence. Je croyais que la pire chose qui pouvait arriver au Tour �tait une victoire d'Armstrong sans opposition. Il y aurait pire encore : qu'il le perde sur une chute.
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