![]() et le vélo |
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6 juillet 2003
PARIS - Je n'y croyais pas. Je n'y crois toujours pas. Mais je ne demande qu'à être confondu. Je parle du départ du Tour de France de Québec, en 2008, dans le cadre des fêtes du 400e anniversaire de la Vieille Capitale.
J'ai fait un petit pas, quand même. Ce n'est pas la balloune que je croyais. Le projet est pris très au sérieux par les gens du Tour, notamment par son directeur adjoint et chargé des projets spéciaux, Daniel Baal, qui, en plus, la chose n'est pas indifférente, aime beaucoup le Québec, où il est allé souvent et où il vient d'être reçu par le maire L'Allier, on imagine avec les égards de circonstance.
Une forte délégation de Québec assiste en ce moment au départ du Tour, elle est très menée par un jeune homme, Patrice Drouin, PDG de Gestev, qui organise des événements un peu partout dans le monde, Québec bien sûr, Vancouver, Australie, Autriçhe. Le genre très pragmatique. « Pour l'instant, évalue-t-il, je dirais que c'est 50-50. Nous discutons encore de la faisabilité de la chose. L'obstacle à surmonter est d'ordre technique. L'intérêt est là, c'est certain. Est-ce faisable ? C'est ce que nous regardons avec les Français. Nous avons dîné hier soir avec M. Baal et nous avons abordé pour la première fois le consentement des équipes. Seront-elles favorables à ce long déplacement ? Leur accord est central et dépend des conditions qu'on leur offrira. Je parle surtout des conditions de course, surtout au retour, comment permettra-t-on aux coureurs de récupérer de ces six heures de décalage horaire...
Avez-vous parlé d'argent ?
Nous n'avons pas encore abordé les questions financières.
J'ai entendu le chiffre de 10 millions d'euros ?
Cela pourrait effectivement tourner autour de ça.
Si c'est le bon chiffre, 10 millions d'euros pour deux jours de course, et presque une semaine de pub dans le monde, 1000 journalistes, toutes les télé d'Europe et des États ? Le maire Jean-Paul Lallier qui mène le dossier au plan politique, réussirait un sacré bon coup. Bien sûr, il faudrait compter aussi avec les frais inhérents à ce genre d'événements : réfection des routes, aménagements urbains pour la sécurité des coureurs et du public, et sans doute quelques cadeaux, du genre billets d'avion gratuits, peut-être aussi l'hébergement...
Sur le plan de l'organisation de la course elle-même, aucun problème. Yvan Waddell, l'ancien coureur, président du Grand Prix de Beauce, se fait fort de trouver les parcours adéquats pour un départ de Tour. Les Français n'ont aucun doute là-dessus de toute façon, et on n'en est pas là du tout.
La question bête à poser, c'est : pourquoi le Tour irait-il donc à Québec, avec toutes les complications d'intendance que cela suppose ? Sans compter la grogne des Français de la France profonde, qui n'aiment pas beaucoup quand leur Tour sort de l'Hexagone, même pour aller en Belgique. Alors en Amérique, imaginez ! C'est le Tour de France ou c'est le Tour du monde ?
La réponse nounoune que l'on m'a faite : les directeurs du Tour sont très sensibles à l'argument historique, au 400e anniversaire...
Mon cul. Si vous saviez comme cela leur passe 400 000 kilomètres au-dessus de la tête ! Les 10 millions, oui. En Europe, c'est 3 millions pour organiser un départ du Tour de France. Déjà là, il y a un bon profit. Mais je ne vois pas que cela soit suffisant pour tout le dérangement que cela causera. Alors quoi ? Une percée du cyclisme professionnel en Amérique ? Il est déjà là, le cyclisme professionnel, en Amérique. Un bon peloton, des équipes, comme Saturn par exemple, qui pourraient avantageusement faire le Tour. De très bons coureurs. Un calendrier un peu étriqué, mais bon, c'est tout ce que le marché permet...
Alors ? Alors je ne sais pas, mon vieux, pourquoi le Tour de France irait à Québec en 2008, et c'est pourquoi je n'y crois guère. Ils restent aux L'Allier, Patrice Drouin et Yvan Waddell deux grosses montagnes à franchir: convaincre les équipes et leurs sponsors. Pourquoi, en effet, la Loto belge enverrait-elle une équipe au Québec ? Et la Radobank ? Et la Boulangère et les Assurances AGR2 ? Et les prêts par téléphone Cofidis ? L'autre montagne c'est la caravane, le manque à gagner pour les petits annonceurs franco-français de la caravane, le fromage Coeur de Lion, le café Machin, etc., qui n'ont aucun marché au Québec. Songe-t-on à former une caravane locale ?
Pas de réponse du Tour avant l'an prochain, peut-être pas avant 2005. L'an prochain, le Tour partira de Liège. Londres a posé sa candidature pour 2006, et Utrech, en Hollande, pour 2007.
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