![]() et le v�lo |
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17 juillet 2003
Timoth�e, ce jeune homme de 17 ans dont je vous parlais r�cemment, est mort dimanche soir � l'h�pital Sainte-Justine, dans cette chambre 23 qu'il partageait avec Edwige, sa m�re, depuis de tr�s longs mois.
Sa mort annonc�e ne m'a pas surpris. Sa vie, par contre, m'aura interpell� jusqu'� la fin. Pourquoi ? La question m�ne directement � Dieu, m�me quand on n'y croit pas. Pourquoi cet enfant, pourquoi cette souffrance ?
Invariablement Dieu r�pond : Pour vous. Le plus troublant c'est que, effectivement, tr�s certainement, cet enfant malade nous rendait meilleurs. Tr�s certainement, Timo appr�ciera le clin d'oeil, c'�tait son expression favorite quand il �tait petit. On lui disait Timoth�e, viens-tu avec nous au lac ? Tr�s certainement, r�pondait-il avec le s�rieux d'un petit notaire. Il avait onze ans, il �tait d�j� plus vieux que nous.
Je dis que sa mort ne m'a pas surpris, un peu quand m�me.
T'as eu ton message? m'a demand� la t�l�phoniste quand j'ai appel� au journal.
Quel message ?
Timoth�e est mort.
Fuck ! Mon cri de mort (mon cri � la mort) a retenti � travers la salle de presse. Je travaille dans le coin des Am�ricains, ceux du Herald et de Velo News. David a lev� la t�te.
Something wrong, Pierre ?
Non. Tout est bien.
� Jancy son p�re, � Evelyne, � Carole, � Jean-Marie, aux m�decins, aux infirmi�res de l'h�pital Sainte-Justine, � Leucan, vous �tes tous admirables. Edwige, que la vie vous soit douce enfin. Je vous embrasse belle madame.
C'�tait donc � l'arriv�e de Gap. Le lendemain, Gap-Marseille, tout droit, en suivant le lit dess�ch� de la Durance. Prends l'autoroute, dans deux heures t'es � Marseille, m'ont conseill� des habitu�s de la caravane du Tour. Un charme jusqu'� Aix-en-Provence. Un peu avant Aix, un panneau sur le bas-c�t� avertissait : ralentissez, bouchon. Je suis entr� dans le bouchon � 11 h, j'en suis sorti une heure et demie plus tard, j'avais fait trois kilom�tres en une heure et demie. Pas un arbre. Le goudron fondait sous les roues de ma bo�te de t�le. Je m'en suis sauv� en trichant, en roulant sur la bande de s�curit� pour aller emprunter la premi�re sortie qui se pr�sentait. Et bien entendu, je me suis perdu. Et merde ! C'est o� Marseille ?
Vous lui tournez le dos, mon p�vre ! Vous �tes � Rognes ici. Et pourquoi vous voulez aller � Marseille, c'est une ville de bandits. Le Tour de France ? C'est bouch� partout. � l'heure que vous vous arriverez � Marseille, ils seront rendus � Paris !
Est-ce qu'il y a un h�tel dans le coin ?
Y'a le mas de la Tr�varesse qui prend des touristes, allez-y voir.
On acc�de au mas par un chemin qui file � travers des friches incendi�es o� les cigales faisaient un raffut de tous les diables. Vos gueules les cigales, je file pas pour �couter du Steve Reich. Le mas a surgi au bout du chemin qui n'allait pas plus loin. �a ! Un mas ? Y'en a des pareils sur le boulevard Taschereau, on appelle �a des motels. Ni t�l�, ni t�l�phone, 42 euros ! Pas loin de 70 $.
� quelle heure voulez-vous d�jeuner demain matin ?
Je ne sais pas, huit heures.
Si vous ne le savez pas, qui va le savoir ? Il m'a engueul� aussi parce que ma voiture �tait mal gar�e. Un gros de la tribu des babouins. Son fils tenait la r�ception, gai de toute �vidence. Un pr�jug�, dites-vous. Non, de l'amusement. Je pensais � Pagnol, je pensais que ses films auraient �t� moins c�leri-r�moulade s'il y avait eu dedans un p�d� av� l'assent.
Je suis all� voir l'arriv�e de l'�tape au caf� du village. Puis j'ai appel� au bureau pour dire que je n'�crirais pas. C'est pour �a qu'il n'y avait pas de chronique hier. Pour Timoth�e un peu aussi.
Ce matin, je me suis lev� de bonne heure. Le babouin avait l'�cume aux l�vres quand il m'a ouvert la porte de la salle � manger: qu'est-est que c'est que �a ! Vous aviez dit huit heures, le pain n'est m�me pas arriv�...
Je songe � publier un guide des h�tels pic-pic de France, au lieu de leur mettre des toques je leur mettrai des bols de toilette. Deux et demi, celui-l�.
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