![]() et le vélo |
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10 juillet 2003
Noyers-sur-Serein - Rappel : mardi, j'ai quitté la route du Tour pour prendre celle de mon enfance qui m'a mené à Romilly-sur-Seine, la petite ville où j'ai grandi. Ce matin je rentrais donc au bercail, m'en allant rejoindre le Tour à Troyes d'où il part aujourd'hui pour filer vers le sud - il sera à Nevers oe soir, à Lyon demain - quand je me suis dit ouate-the-fuck, pour aller voir quoi au juste ? Le contre-la-montre par équipes est une opération comptable qui ne donne à voir que des chiffres, allons plutôt à Malminou. Et de là à Rigny-la-Nonneuse. Et dieu sait où après. Malminou ! J'ai commencé à aimer la langue française - nous parlions italien à la maison - par la musique dans les noms des villages autour de Romilly. Nous allions aux champignons à Malminou et chercher des poulets de ferme à Rigny-la-Nonneuse. La Nonnette je comprendrais, mais la Nonneuse ? On allait aussi, je ne sais plus quoi y faire, à Périgny-la-Rose, à Ossey-les-trois-Maisons, à Vulaines, pas Vilaines, Vulaines...
Que la campagne française est belle. Bien sûr les paysages n'ont pas l'ampleur qu'ils ont chez nous, ni les ciels, l'infini des nôtres. La campagne française est toute dans la douceur de ses vallons, la campagne française est blonde de ses blés, et bordée du rouge des coquelicots des fossés. Des routes si petites qu'il faut mordre le talus quand on y croise un camion mènent à des villages endormis derrière leurs volets clos dans la touffeur du midi. Danne-le-Moinet ! Je venais jouer au basket à Danne-le-Moine, contre l'équipe locale. Je n'arrive pas à imaginer qu'il y avait assez de monde dans ce village pour former une équipe de basket. Dieu que je suis passé loin de la NBA !
Que la campagne française est belle. Vous me désespérez parfois quand je vous entends parler de la France comme ces Français qui parlent du Québec après être allés aux chutes Niagara et aux baleines à Tadoussac. Un jour je vous emmerai à Malminou.
Des villages assoupis du pays d'Othe je suis passé presque sans m'en rendre compte à ceux du Chablis pour arriver à Noyers-sur-Serein où le tour passera aujourd'hui. C'est un des plus beaux villages de France, mais chut, personne ne le sait encore, enfin presque personne. Un village de vignerons avec des maisons à linteaux comme en Alsace, des ruelles à gros pavés bombés où l'on se tord les chevilles. Le Tour de France passionne très modérément Noyers-sur-Serein toute occupée ces jours-ci par ses Rencontres musicales, on entend répéter les jeunes solistes du concours de piano dans tout le village.
J'ai trouvé à me loger à l'Hôtel de la vielle Tour, Place du marché aux Sels, l'unique hôtel du village, tenu par une Hollandaise qui m'a donné l'appartement de son fils.
Un jour je vous montrerai à voyager en France.
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