![]() et le v�lo |
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2003
Quand je suis arriv� en Am�rique du Nord � 21 ans, je ne connaissais strictement rien au v�lo. La passion du v�lo m'est venue par Guy Morin, ex-coureur, denturologiste qui a toujours son bureau rue Chateaubriand. Mais j'ai d�j� racont� cela.
Guy avait pour compagne une sainte femme, Jos�e, qu'il appelait � Pinceau �, va savoir pourquoi. Je vous parlais d'amiti� dans ma chronique de samedi, Jos�e a �t� ma premi�re vraie amie dans ce pays. Tout me s�parait pourtant de cette Irlandaise farouchement canadian qui faisait le plus mauvais caf� de l'h�misph�re nord. Elle a pourtant r�ussi � m'en faire ingurgiter plusieurs hectolitres. Je venais de me s�parer, je prenais la chose douloureusement, j'arrivais chez elle dans un �tat comateux...
Je te fais un caf� ?
C'�tait le matin et elle me laissait dans la cuisine pour aller � ses courses ; c'�tait l'apr�s-midi et les enfants, Nancy et Guy junior, arrivaient de l'�cole, je jetais parfois un oeil sur leurs devoirs ; ou c'�tait tard le soir et elle s'inqui�tait : t'as rien dans tes poches ? Je m'�tais fait arr�ter deux ou trois fois dans la ruelle Chateaubriand en sortant de chez elle par les flics qui surveillaient l'arri�re des commerces de la rue Saint-Hubert. T'as rien dans tes poches ? Je lui lan�ais mon dime de hash qu'elle remisait, jusqu'� ma prochaine visite, dans son sac � main de petite madame. Raisonnable et tranquille, elle �tait l'�g�rie d'une bande d'excessifs qu'elle calmait par des attentions domestiques.
Je te fais un caf� ?
Non non, laisse faire Jos�e.
Mon anglais �tait plus approximatif, si c'est possible, qu'aujourd'hui, je lui faisais traduire les paroles des chansons de M�lanie. Mine de rien, je lui amenais aussi mes nouvelles blondes, c'�tait comme un examen que je leur faisais passer, sans le leur dire �videmment.
Fianc�e, t'ai-je d�j� pr�sent�e � Jos�e Morin ?
Non, pas moi.
Ah ah ! C'est pour �a.
Trop tard de toute fa�on. Jos�e est morte mardi matin � la Cit� de la sant� � Laval des suites d'une longue maladie, comme on dit. Cette longue maladie, qui porte deux noms. On peut l'appeler cancer. Mais on peut aussi l'appeler la vie.
Salut, belle madame.
(Cette chronique a peut-�tre �t� publi�e le Jeudi 3 juin 2004 ou mise sur l'internet le 3 juin 2004 ? ? ?)
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