![]() et le v�lo |
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20 novembre 2003
Je vais avoir l'air de revenir sur l'affaire Jeanson, je reviens en fait sur ce mauvais documentaire - � hauteur d'homme - dans lequel vous avez tellement aim� ha�r les journalistes. On vous a montr� des journalistes en train de bousculer (un peu) le pouvoir et au lieu d'applaudir, vous avez critiqu� la forme. Or c'est pr�cis�ment par la forme que vous vous faites baiser � tour de bras par le pouvoir. L'intox - celle dispens�e par les spin doctors - est tr�s exactement l'art de ma�triser � ce point la forme qu'on ne sera jamais oblig� de r�pondre du fond.
Mais je ne veux pas parler de cela non plus. C'est seulement que vos r�flexions sur les journalistes me sont rest�es en travers de la gorge. J'ai failli m'�touffer cent fois en parcourant nos pages d'opinions. Et depuis je m'�touffe chaque fois que je vous entends d�conner � pleins tubes sur une nouvelle affaire - les mariages gais par exemple ou le voyage de Mme Clarkson, la gouverneure g�n�rale. Vous rappelez-vous ce d�bat-l� ? Il y avait ceux qui disaient que c'�tait une gabegie et ceux qui leur r�pondaient non non non, pour une fois que le Canada va montrer ses artistes � l'ext�rieur plut�t que ses hommes d'affaires... Ce somptueux voyage culturel avait un th�me, la norditude. Vous souvient-il qu'on ait interrog� ce th�me-l� ? Pas une foutue seconde. La norditude est pourtant la derni�re tarte � la cr�me de la nouvelle culture canadienne dont Mme Clarkson et son c�l�bre �poux sont les joyaux. Au lieu de s'int�resser au co�t de voyage, que ne vous �tes-vous questionn� sur le sens de cette norditude qui est en train de nous faire une identit� en forme de toundra, et Seigneur que nous la m�ritons donc.
Qu'est-ce qu'on disait ? Je ne sais plus, mais vous avez devin� que j'�tais de m�chante humeur et, rus�s comme vous l'�tes, que vous y �tiez peut-�tre pour quelque chose. C'est que je vous entends dire mille folies sur tout et sur rien, je vous vois passer � mille milles de votre cible, je vous vois prendre des rumeurs pour des faits, et en m�me temps je vous entends dire que les journalistes manquent de rigueur. Et je capote. Je re�ois des divagations, je re�ois du vomi de rat, je ne m'en plains pas, sauf que je ne comprends pas comment vous pouvez � la fois exiger de la rigueur des m�dias et en montrer si peu...
Tiens, ce courrier de M. Jasmin Charbonneau. � Dans le cas Jeanson vous n'�tes pas cr�dible. Votre amour du cyclisme, votre amiti� avec elle et votre f�minisme plus f�ministe que les f�ministes vous enl�vent toute cr�dibilit�. � C'est Fran�oise David qui va �tre surprise d'apprendre que je suis plus f�ministe qu'elle parce que j'aime le cyclisme f�minin.
M. Paul Michaud, de Saint-Lambert, n'est gu�re plus cons�quent quand il me d�nonce en ces termes aupr�s de la direction de La Presse : Comment ce journaliste peut-il exiger toute la v�rit� de cette athl�te du haut niveau quand lui-m�me nous a racont� qu'il avait suivi une cours de croissance personnelle qui l'avait gu�ri dans une universit� qui n'existe m�me pas ? Qu'il commence donc par �tre lui-m�me un journaliste de haut niveau. � Dire que j'ai d�j� enseign� aux analphab�tes et que j'avais du fun.
Il faudrait que je vous fasse lire ceux qui pensent que c'est ma faute si Mlle Jeanson en est rendue l�. C'est moi qui l'aurais d�nonc�e. Ah ! si j'avais ferm� ma grande gueule au d�part...
Croisant l'int�ress�e par hasard dans un couloir apr�s sa conf�rence de presse de lundi, je lui ai notifi� qu'on me reprochait d'�tre son bourreau. Et cela, mademoiselle, ce n'est rien � c�t� de ceux, plus nombreux encore, qui pr�tendent, au contraire, que je vous appr�cie trop. Je vous fais gr�ce de leurs libidineuses suspicions, j'ai beau leur r�p�ter que je suis p�d� comme un poodle, ils ne me croient pas. Elle a bien voulu se fendre d'un p�le sourire.
Soyons clairs, quand je dis que vous d�connez sur l'affaire Jeanson et sur bien d'autres choses, je ne parle pas de vos opinions. Encore que quelques-unes soient si primaires qu'on pourrait les dire primales, de l� � pr�tendre qu'on est plus pr�s ici du hurlement du coyote que de l'opinion, il y a un pas que je ne franchirai pas par respect pour les coyotes.
Je vous embrasserai une autre fois.
page mise en archives le 20 novembre 2003 SVP