![]() et le v�lo |
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29 juillet 2001
D'abord vous dire que ne je suis plus sur le Tour. Je suis de retour. Je n'ai pas fait l'�tape Orl�ans-Evry comme les coureurs. J'�tais d�j� � Evry, alors j'ai fait Evry-Frelighsburg pour une courte escale avant de repartir pour Edmonton et les Championnats du monde d'athl�tisme.
Eh non, je ne verrai pas le Tour arriver sur les Champs-�lys�es. Cela ne me prive de rien. Je n'ai jamais trouv� tr�s amusante cette traditionnelle derni�re �tape qui tient tout autant de la randonn�e cyclotouriste que de la marche triomphale. On verra, en t�te du peloton, Armstrong et Ullrich, une coupe de champagne en main, trinquer � la sant� du v�lo qui a bien besoin de leurs voeux. Puis les 144 rescap�s remonteront dix fois les Champs-�lys�es, du Jardin des Tuileries � l'Arc de Triomphe. Apr�s un dernier sprint massif, que remportera encore Zabel � moins qu'on lui fasse une offre int�ressante. Imm�diatement apr�s cela, le Tour se d�fera, se d�maillera, s'annulera en quelques secondes comme une pastille d'Alka Seltzer dans un verre d'eau, ploc ploc fizz fizz, deux minutes apr�s le sprint final, tu te retrouves tout seul comme un con avec tes valises dans le hall de l'h�tel Concorde. O� sont-ils donc tous partis ?
Anyway, je suis bien loin de l�. J'ai fait le voyage de retour entre un jeune cadre de la FTQ, une Roumaine tr�s maigre qui lisait La tante Julia et le scribouillard de Vargas Llosa, et juste � c�t� d'elle, un industriel gasp�sien qui revenait de C�te d'Ivoire o� il veut aller p�cher industriellement la langouste �parce que la morue, c'est fini�. Juste avant l'embarquement, j'avais �t� interpell� par un employ� de la ville de Lachine qui s'ennuie des chroniques de football de Bob Duguay, il trouve que j'�cris un peu comme lui, mais pas assez. Je suis d'accord, j'ai le pied moins l�ger sur les choses de la vie. Bob se serait inform� sur la langouste, il aurait dit une niaiserie du genre: pardon monsieur, j'ai entendu dire que la langouste �tait le dromadaire de la mer, a-t-elle une bosse ou deux? Voil� ce que Bob aurait dit. Je suis, moi, d'une race moins d�contract�e, mais qui vit plus longtemps. Vous m'attendez un instant, je voudrais toucher du bois...
Ma fianc�e - mais non, ma fianc�e n'est pas en bois, j'ai chang� de sujet, c'est vous qui �tes sur le d�calage ou c'est moi? - ma fianc�e, disais-je, m'attendait � Dorval avec des fleurs du jardin, quelques marguerites, du tr�fle, deux cosmos et un tournesol. Et le r�sultat de l'�tape.
Zabel ? Quelle surprise !
GARDE-ROBE - Il reste quand m�me un dernier d�tail � r�gler dans l'�tape de dimanche: l'attribution du maillot vert, le plus prestigieux apr�s le jaune. Le maillot vert r�compense le sprinter le plus r�gulier... L'Australien Stuart O'Grady le portait ce matin au d�part de Corbeil. Mais il l'aura perdu ce soir � Paris. Seulement deux points le s�parent d'Erik Zabel. Pour L'Allemand, plus rapide qu'O'Grady, ce sera un sixi�me maillot vert de suite...
Puisqu'on en est aux maillots, finissons de vider la garde-robe du Tour, le maillot blanc (pour le meilleur jeune de moins de 25 ans) ira � l'Espagnol Oscar S�villa. Celui de la montagne est accroch� aux �paules de Jalabert qui n'est pourtant pas, loin s'en faut, le meilleur grimpeur de ce Tour. Le meilleur, c'est Armstrong, mais Jalabert est pass� plus souvent en t�te des cols de deuxi�me, troisi�me, et quatri�me cat�gories. Voil�.
� L'INSU DE LEUR PREIN GR� - Addendum � mon papier de l'autre jour sur les cortico�des... Plusieurs pharmaciens me font remarquer que oui, c'est juste, certains cortico�des sont aussi des anabolisants, mais pas la Ventoline comme je l'aurais laiss� entendre... Je ne l'ai pas pr�cis� non plus, mais cela allait de soit: l'usage abusif des cortico�des n'est pas le seul fait des cyclistes. L'asthme, cette terrible maladie, frappe beaucoup chez les skieurs de fond, les nageurs, les avironneurs et autres marathoniens qui, les pauvres, n'ont pas d'autre choix que de demander une prescription � leur m�decin. Notons tout de m�me que quelle que soit la prescription, un athl�te ne peut recevoir de corticos par injections intraveineuses ou intramusculaires. Sauf que le r�glement ne dit rien des intra-articulaires. Que pensez-vous que font les athl�tes ?
LINGE SALE - Une lectrice que je f�licite pour son �-propos domestique, me demande : qui lave le linge des coureurs pendant trois semaines ?
� C'est moi �, m'a dit Sophie Leroscouet, femme � tout faire � l'emploi de la modeste �quipe Big Mat Auber. En passant, Sophie est la soeur de Christophe Leroscouet qui a d�j� couru le Tour de Beauce avec son club parisien de l'ASPTT. Anyway. Sophie, donc, lave le linge de ces messieurs et le s�che dans les machines qui se trouvent dans la soute de l'un des deux autobus de l'�quipe. 25 kg de linge sale par jour. Elle fait aussi les sandwichs pour le staff et remplit les 150 bidons quotidiens pour les coureurs. Le matin, elle ramasse leurs valises. Heureuse d'arriver � Paris, Sophie ?
Yessss !
� L'INSU DE LEUR PLEIN GR�,BIS - Depuis que les carabiniers italiens et les CRS fran�ais se sont mis � fouiller les valises, les poubelles et les chambres des coureurs, le dernier paradis de la dope, c'est le Tour d'Espagne (couru � l'automne). En Espagne, les coureurs ont la paix. Pas besoin d'attendre la nuit, pour aller se shooter subrepticement dans le winnebago de leur beau-fr�re que les suit de ville-�tape en ville-�tape. En Espagne, les coureurs peuvent arriver avec leur stock dans une valise. No problemo.
PAS RICHES - On me parle beaucoup d'argent dans les courriels sur le Tour. Combien gagnent-ils ? Peu. Disons moins de 200 000$ par ann�e pour les trois quarts des coureurs professionnels. Une indication, quand Lance Armstrong a �t� engag� par US Postal, il a sign� pour 250 000$ par ann�e. Il relevait d'un cancer, c'est vrai. Personne ne se doutait � ce moment-l� qu'il allait gagner trois Tour de France de suite, c'est vrai. Mais c'�tait quand m�me Lance Armstrong. Aujourd'hui, Armstrong est �videmment le coureur le mieux pay� au monde, je ne sais pas combien, mais beaucoup, plein. Loin de la plan�te Armstrong, les grandes vedettes italiennes Bartoli, Cipollini, Rebellin, re�oivent leur petit million de dollars par ann�e, Jalabert, Museeuw, Virenque nagent dans les m�mes eaux. Les tr�s bons coureurs qui ont beaucoup de point UCI mais pas le statut de stars, je pense � Dekker, � Verbrugghe, Beloki, tournent autour du demi-million. Et puis vient la masse des coureurs du peloton qui vivent assez chichement. Rien � voir avec le hockey.
ERREUR SUR LA PERSONNE - Toujours les courriels. � � vous lire, on comprend que ce Lance Armstrong, serait une mani�re d'Eric Lindros �... Ciel, me suis-je si mal expliqu� ? Notez que je n'ai jamais c�toy� Lindros, mais si je me fie � mes coll�gues qui couvrent le hockey, ce Lindros serait un gros b�b� g�t�, aussi mou dans la t�te qu'il peut �tre dur le long des bandes. Armstrong, lui, est dur de partout. Et brillant. Tr�s �gocentrique, et malgr� sa tr�s vive intelligence, incapable de se projeter dans la r�alit� du monde ordinaire, mais ils sont tous comme �a les athl�tes... C'est pour �a qu'ils se font si mal quand ils arr�tent.
TAISEZ-VOUS - R�ponse � M. Leonard Kroll et quelques autres: Oui, je me pompe vite sur la dope. Dans les deux sens d'ailleurs. Les cur�s m'�narvent quand ils avancent que la dope remet en question la l�gitimit� du sport en abolissant l'incertitude du r�sultat. Pour ce qui est du r�sultat, �tous dop�s� revient exactement au m�me que �tous � l'eau claire�. La dope ne fait pas des gu�pards avec des ch�vres. Avec des ch�vres, elle fait des ch�vres dop�es.
Mais me tapent encore plus sur les nerfs les tatas qui m'�crivent, � Foglia fait nous r�ver �. Mon cul. Le sport comme machine � ne plus penser, c'est pas mon truc. Le sport c'est de la culture, c'est pas pour dormir, c'est pour s'allumer. La dope existe, je la nomme. Faudrait pas oublier que ces trucs-l� donnent peut-�tre le cancer du foie, on ne sait pas. En attendant qu'on sache c'est peut-�tre une bonne id�e que les enfants n'en prennent pas pour devenir plus gros et plus forts, m�me si c'est un avantage d'�tre gros et forts quand on veut �tre remarqu� par les d�pisteurs de la Ligue nationale de hockey.
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