![]() et le v�lo |
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28 juillet 2001
L'un a �t� �lev� par sa m�re, dans la grande banlieue de Houston, Texas.
L'autre aussi a �t� �lev� par sa m�re. � Rostock, port lugubre de la Baltique, Allemagne de l'Est. C'�tait � l'�poque o� le Mur s�parait encore deux mondes.
Les apparences sont trompeuses. Le plus g�t� des deux n'a pas �t� celui qu'on pense. � Je n'ai jamais �t� malheureux en RDA, reconna�t Jan Ullrich. Le syst�me �tait lib�ral et g�n�reux avec les athl�tes de haut niveau. J'avais tout ce que je voulais. C'est quand le mur de Berlin est tomb� que j'ai commenc� � m'inqui�ter pour mon avenir. �
Lance Armstrong l'a eu plus dur. Le Texas vient de passer une loi qui interdit � deux cyclistes de rouler de front, c'est vous dire qu'il faut avoir une sacr�e envie de gagner le Tour de France pour faire du v�lo au Texas au lieu de jouer au football...
� Quels auront �t� vos moments de plus grand bonheur dans ce Tour de France ? � lui a demand� un confr�re au lendemain des Pyr�n�es. La r�ponse de l'Am�ricain est tomb�e sans une h�sitation : � Que ce soit dans le Tour ou � l'entra�nement, ce que j'aime dans le v�lo, c'est cet instant de bien-�tre qu'on ressent juste apr�s s'�tre fait vraiment mal �...
Ullrich, c'est le contraire. Ce qu'il aime le moins dans le v�lo, c'est l'effort... Quand il sort de sa bulle communiste, il ne sait pas trop o� aller. � tout hasard, il entre dans une p�tisserie et c'est la r�v�lation, l'extase! C'est �a qu'il veut faire dans la vie: manger des babas. Il prend 12 livres en une demi-heure. Son entra�neur le sort de la p�tisserie � coup de pied dans le cul. Son immense talent lui permet quand m�me de devenir champion du monde amateur. Engag� par la riche �quipe Telekom, il finit deuxi�me � son premier Tour de France. Il gagnera le suivant et devient tr�s riche et tr�s gros.
Cette ann�e, en allant courir le Tour d'Italie pour perdre des kilos, il a fait un effort dont convient Walter Godefroot, le patron de la Telekom, mais pour ajouter aussit�t : � Jan pourrait faire mieux... Pour cela, il faudrait qu'il souffre plus. Qu'il s'entra�ne dix mois par ann�e comme Armstrong. Ce n'est pas dans sa nature. Sa deuxi�me place le satisfait totalement. �
Armstrong a d�velopp� son talent autrement. Il l'a dit: en se faisant mal parce que, il l'a dit aussi, ce qu'il aime dans le v�lo � c'est cet instant de bien-�tre qu'on ressent juste apr�s s'�tre fait vraiment mal. �
Un jour, Armstrong s'est fait vraiment tr�s tr�s mal. M�me qu'il allait mourir. Et puis, il n'est pas mort. Alors maintenant m�me quand il se fait vraiment tr�s mal, il a m�me pas mal.
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