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et le v�lo

25 juillet 2001

J'ai dit la route, pas la vie !

Sarran

� partir de tout de suite, on peut faire autre chose en suivant le Tour, on n'est pas oblig� d'�tre l� � prendre des notes, kilom�tre 23, �chapp�e du num�ro 141. Non, non. Mardi par exemple, je suis all� jogger. J'ai laiss� m�rir la bonne �chapp�e, quand j'ai vu qu'ils �taient 25, qu'� peu pr�s toutes les �quipes �taient repr�sent�es, j'ai dit bon, le peloton ne va pas se mettre � chasser derri�re ceux-l�, c'est donc, v�ritablement, la bonne �chapp�e. Et comme il reste trois heures de course, je peux faire autre chose...

D'ailleurs, mardi, je n'�tais pas sur le parcours. J'ai une �tape d'avance. Je suis � Sarran, o� les coureurs ne seront que ce soir. Je raconte tout cela dans un autre papier (page A1). N'emp�che, je n'ai rien manqu� de l'essentiel de cette �tape, la plus longue du Tour, 232 km, entre Pau et Lavaur, Lavaur que les touristes ne connaissent pas, mais qui est une tr�s jolie ville dans la grande banlieue de Toulouse. J'y ai travaill� quelques mois dans une imprimerie, il y a de cela au moins cent mille ans.

Donc, je suis all� jogger sur une toute petite route ombrag�e, mais qui montait l�g�rement. Je me disais, je vais revenir par la m�me route, et �a va �tre le fun, �a va descendre l�g�rement. Pas du tout! Cette putain de route montait dans les deux sens! � l'aller comme au retour. Comment cela se peut-il? Je vous pose la question. C'est une colle, r�ponse � la fin de ce texte.

Je reviens donc de jogger, je prends ma douche, j'allume la t�l�, les 25 ont maintenant 20 minutes d'avance. Le peloton derri�re est emmen� par les US Postal qui font du cyclotourisme.

Que va-t-il se passer devant ? Facile. Cherchez le sprinter. Il y en a un: Alessandro Petacchi. Les 24 autres ont tous le m�me flash : si on l'emm�ne avec nous, il va nous sauter � la ligne. Il faut l'attaquer avant. Mais quand ?

La fin de la course va se jouer dans ce �quand�. Ne pas laisser ses forces dans une attaque trop h�tive. Ne pas laisser partir n'importe qui. Tous contre Petacchi. Mais aussi, tous contre tous...

� 30 kilom�tres, attaque d'un autre Italien, Marco Pinotti. Dans la t�te des 24 autres : trop t�t.

� 20 kilom�tres, le Marco Pinotti en question n'a toujours que 15 secondes d'avance. Dans la t�te des 23 autres: il est cuit. Vingt-trois oui. Il y en a un 24e qui pense autrement: Rik Verbrugghe, de la Lotto. �Si je rejoins l'Italien maintenant, avant qu'il se rende, se dit le Belge, � deux on peut tenir.� Les d�s sont lanc�s. Un as pour Verbrugghe. Ils n'ont pas �t� rejoints. Le Belge l'a emport� au sprint. Cinq secondes derri�re eux, Alessandro Petacchi, le sprinter, se mordait les mains. Maladetta...

C'est facile, le v�lo, quand c'est pas des filles. � la fin du cours, si vous avez bien travaill�, je vous expliquerai pourquoi les filles, c'est incroyablement plus compliqu�.

Pour revenir � Verbrugghe, m�me s'il est � trois heures d'Armstrong au g�n�ral, ce n'est pas un pied de c�leri. Ce printemps, il a enlev� une classique, je ne sais plus laquelle, il a enlev� aussi le Criterium International et le prologue du Tour d'Italie � la moyenne assez incroyable de 58 km/h. Un tr�s gros rouleur. Un vrai Flahute. Le vent, la pluie, les pav�s, les bordures, amenez-en. S�rement autre chose aussi. Peut-�tre qu'il fait du camping avec Lance Armstrong...

L'Am�ricain a admis, lundi, � Pau, qu'il utilisait r�guli�rement une tente d'altitude pour am�liorer le transport d'oxyg�ne dans son sang (la chose est permise)... Anyway, si vous vous demandez pourquoi ce Verbrugghe est � trois heures de Lance Armstrong au classement g�n�ral, c'est tout simplement qu'il ne grimpe pas. Il a souffert comme une b�te dans l'Alpe d'Huez et le Tourmalet, port� par la seule id�e d'en gagner une apr�s la montagne. Voil� qui est fait.

On devrait revoir le m�me genre d'�tape mercredi entre Castelsarrasin et Sarran o� je suis d�j�. Deux cent vingt-sept kilom�tres. Un parcours casse-pattes, sensiblement plus exigeant que celui de mardi. On va beaucoup voir Jalabert. J'en mets ma main au feu. Et Dekker. Et peut-�tre encore Verbrugghe.

Ah oui, ma devinette. Pourquoi la m�me route qui monte dans un sens, monte aussi dans l'autre sens ? Comment cela se peut-il ? Vous allez �tre d��u. En fait, la route est plate. La c�te est dans ta t�te...

Arr�te, j'ai dit la route, j'ai pas dit la vie.


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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