![]() et le v�lo |
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17 juillet 2001
Pontarlier
C'est le bus des Telekom qui est arriv� le premier, Place du Mar�chal-Juin, hier matin. Non attendez, le premier � se montrer hier matin, c'�tait le soleil. Puis le bus des Telekom. Jan Ullrich est descendu du bus, il a regard� le soleil et il a dit yesss, comme ma petite voisine. Mais il l'a dit en allemand, �a a donn� une sorte de croassemment, y����...
Les �quipes arrivent une heure avant le d�part � leur quartier r�serv�, g�n�ralement la grande place du centre-ville. Les m�canos v�rifient une derni�re fois l'alignement des roues, les coureurs signent des autographes, donnent des entrevues. La t�l� allemande s'est empar�e d'Ullrich.
Adoss� � son autobus, Walter Godefroot, g�rant des Telekom, lit un commentaire de Jalabert dans le journal L'�quipe, qu'un confr�re vient de lui mettre sous le nez : � Je mise sur Ullrich, dit Jalabert, il m'impressionne plus que Armstrong �...
Il va d'abord falloir reprendre les 13 minutes � ce Kivilev qu'on a oubli� dans l'�chapp�e d'hier, bougonne le g�rant des Allemands.
Vous trouvez que c'est beaucoup, 13 minutes ?
Eh ! C'est treize fois une minute, hein !
C'est juste pour vous glisser en passant que le niveau n'est pas vraiment plus haut que dans le vestiaire du Canadien... L'ambiance des d�parts varie avec le temps, et avec les difficult�s du parcours que vont emprunter les coureurs. Ce lundi matin, on a beaucoup reparl� de la folle �tape de la veille, et de celle du lendemain. Celle du jour n'angoissait personne, juste � l'humeur des coureurs on pouvait deviner qu'il ne s'y passerait rien.
Un mouvement de foule, l'autobus des US Postal qui vient d'arriver. Sans Lance Armstrong qui d�barquera plus tard, comme une rock-star, d'une voiture aux vitres teint�es. � l'appel de leur nom, les coureurs vont signer la feuille de d�part. Oups, j'ai failli en renverser un, dieu qu'il est petit, le 124, Alexandre Botcharov... Connais pas. Excusez-moi, jeune homme... Il me fait signe que c'est pas grave. Ils sont souvent gentils, disponibles, timides. Cet Andrei Kivilev tiens, le grand b�n�ficiaire de l'�chapp�e de dimanche: �Pensez-vous pouvoir gagner le Tour de France?� Le pauvre gar�on bredouille. Il n'a jamais vu autant de micros. Il ne gagnera pas le Tour de France rien que pour ne pas avoir � r�pondre � nos questions.
Tiens, Serpellini, le fils du copain de Marinoni. Marco !... On a parl� cinq minutes. Ses bobos, la m�t�o, Hunter ce coureur d'Afrique du Sud qui est dans son �quipe. Ils n'ont pas de grandes confidences � nous faire...
Je cherche le 164, c'est vous ? Sylvain Chavanel ? Vous avez 22 ans et vous �tes le plus jeune coureur du Tour. Racontez-moi comment c'�tait dimanche, sous la pluie ?
C'�tait dantesque !
Eh bien ! Dantesque ? Comme vous causez !
C'est le titre du journal local, tenez lisez.
Je ne veux pas savoir ce qu'il y a dans le journal, jeune homme. Je veux savoir comment vous, vous avez v�cu ces 222 km sous la pluie. Comment vous sentiez-vous ?
Mouill�, monsieur.
Le bus des Festina est arriv� le dernier. La premi�re personne � sortir du bus, c'est justement celle que j'attendais.
Bonjour, M. Sanquer !
H� le Qu�b�cois !
Tu parles qu'il m'a reconnu. Dans le Tour 97, je lui t�l�phonais trois fois par jour, en pleine course, sur son cellulaire. Je lui posais toujours la m�me question : � Comment va Gordon Fraser ? � Il �tait tann� ! En 97, Yvon Sanquer �tait directeur sportif de la Mutuelle de la Seine-et-Marne, la plus modeste, pour ne pas dire la plus n�cessiteuse, des �quipes cyclistes � n'avoir jamais particip� � un Tour de France. Dans cette �quipe, le Canadien Gordon Fraser faisait des d�buts difficiles. Tous les jours, j'�crivais un papier sur Gordon et tous les jours j'emb�tais Sanquer. Il �tait tann� ! D'autant plus que ses coureurs �taient d�pass�s, que l'intendance ne suivait pas, pas de personnel, pas de moyens, un autobus qui ressemblait � une roulotte...
Vous avez rebondi et comment, M. Sanquer ! Vous voil� directeur de la Festina, la troisi�me meilleure �quipe du Tour, vous voil� directeur de Christophe Moreau qui sera s�rement sur le podium � Paris, de Casero qui n'en sera pas loin, vous aviez deux gars dans l'�chapp�e folle d'hier... eh bien mon vieux �a marche les affaires ! Savez-vous quoi ? Vous avez l'air d'un notaire de province...
C'est un compliment ?
C'est un portrait.
Apr�s le scandale Festina, apr�s avoir foutu tout le monde dehors sauf Christophe Moreau, le fabricant de montres espagnol s'est reb�ti une �quipe au-dessus de tout soup�on (dans son esprit, du moins). Ce fut la chance de Sanquer, petit prof d'�ducation physique tr�s hi-tech, qui passe ses nuits � rentrer sur ordinateur les donn�es des cardio-fr�quentiom�tres de ses coureurs. Sanquer ne tra�nait aucune casserole, c'est tout ce que voulait Festina. Elle aurait pris un �ne, pourvu qu'il f�t blanc. Sanquer a reb�ti Festina en deux ans autour de Moreau et trois super Espagnols, Angel Casero, Iban Sastre, et surtout Joseba Beloki, mais Beloki est parti chez les Once � l'intersaison.
F�ch� d'avoir perdu Beloki, M. Sanquer ?
Oui et non. Des fois, trop de leaders ce n'est pas bon non plus.
Comment est Moreau ? A-t-il les moyens de faire mieux que quatri�me comme l'an dernier ? Peut-il gagner le Tour ?
Est-ce que je peux vous r�pondre dans deux jours ? Ce qui est certain, c'est que Christophe n'est plus le m�me coureur que l'an dernier. Il vient de gagner le Dauphin� en g�rant, pendant deux jours, une avance d'une seule petite seconde, il grimpe comme il a jamais grimp�, il fait la course en avant, il est irr�prochable...
Vous y �tes pour quelque chose ?
Je ne sais pas, mais c'est le coureur que j'ai le plus engueul�.
Plus que Gordon Fraser ?
Oh mon dieu, Gordon... Il secoue la t�te, sans me r�pondre directement. N'emp�che, vous vous souvenez, il y a trois ans, j'�tais � la recherche d'un sponsor, puisque la Mutuelle de Seine-et-Marne se retirait du v�lo... Eh bien, je suis toujours � la recherche d'un sponsor, Festina reprend ses billes � la fin de la saison...
M�me si Christophe Moreau gagne le Tour de France ?
Ce serait �videmment une toute autre donne...
AUJOURD'HUI - Serguei Ivanov, le Russe de l'�quipe italienne Fassa Bortolo a gagn� l�g�rement d�tach� � Aix-les-Bains, dans l'indiff�rence g�n�rale. Tout au long de la journ�e, la seule pr�occupation des coureurs comme des suiveurs, le seul sujet de conversation: l'�tape d'aujourd'hui, Aix-les-Bains-l'Alpe d'Huez, 209 kilom�tres, col de la Madeleine, col du Glandon, et les 21 virages en �pingle de l'Alpe d'Huez. L'Alpe d'Huez �c'est la descente la plus longue du monde�, vante les d�pliants de la station de ski. Les coureurs vont la monter cette descente.
Ce soir, on va tout savoir. On va savoir Armstrong. On va savoir Ullrich. On va savoir Beloki. Christophe Moreau. On va savoir ce que vaut le fr�le Kivilev. J'oubliais Botero. C'est lui, le Colombien de la Kelme, Santiago Botero qui va gagner l'Alpe d'Huez.
DORMEZ BRAVES GENS - Pour remplacer Juan Antonio Samaranch, les membres du Comit� international olympique avaient le choix entre un bandit: le Cor�en Kim Un-Yong; un diplomate -m�me s'il est chirurgien de profession- le Belge Jacques Rogge; et Richard Pound que l'on pr�sente toujours comme le money-man du mouvement olympique, mais qui est avant tout un homme d'action, sans doute celui qui a le plus contribu� � la transformation du CIO et qui pr�tendait le moderniser encore davantage. Il fallait s'y attendre, les membres du CIO ont choisi le diplomate, la stabilit�, la continuit�. Je veux dire, ils ont choisi de continuer de dormir sur le confortable matelas de millions que NBC leur paie en droits de retransmission.
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