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et le vélo

27 juin 2000

Un livre pour l'été

Habituellement, je fuis les livres «d'athlète», tous pourris, tous complaisants. Une exception : Muhammad Ali - Le plus grand. Deux maintenant avec Il n'y a pas que le vélo dans la vie, de Lance Armstrong, ce Texan vainqueur du Tour de France l'an dernier, qui devrait répéter son exploit cette année.

Il n'y a pas que le vélo dans la vie, il y a aussi le cancer. 1996 après un début de saison en fanfare, Lance Armstrong, 25 ans, cafouille. Abandon au Tour de France, déception aux Jeux d'Atlanta. Fin septembre, fatigué, incapable de s'asseoir sur sa selle à cause d'un testicule enflé et douloureux, il décide de consulter : « J'ai pris une douche, je suis monté dans ma Porsche, le service d'urologie est situé dans le centre-ville (de Austin, Texas), le Dr Reeves avait des manières rassurantes. Deux heures plus lard, toujours aussi rassurant, il m'a dit de sa voix grave : Bon, je n'irai par quatre chemins. Vous avez un cancer des testicules avec des métastases importantes au poumon... Je suis remonté dans ma voiture, emprunté les rues sinueuses bordées d'arbres, pour la première fois de ma vie j'ai conduit lentement. Oh mon dieu ! le vélo c'est fini. Oh mon dieu ! je vais mourir... »

Quelques jours plus tard, on trouvait à Armstrong d'autres métastases, celles-là au cerveau.

J'ai connu Armstrong au Tour de France. Avant son cancer. Détestable personnage. Talentueux et stupide comme s'il était tout le Texas à lui tout seul. Une vraie tête de vache, avec des cornes comme ils en portent là-bas pour tout défoncer. Il reconnaît aujourd'hui : «Je courais comme un idiot, avec une impudence totale, je paradais, je me vantais, je détestais l'Europe »...

Sauf pour sa science de la course qu'il a peaufinée, sauf pour l'Europe qu'il a appris à aimer (il habite à Nice), Armstrong n'a pas changé. Pas pour la peine. Toujours aussi baveux. Toujours rouleur de mécaniques. N'empêche. Il a battu ses trois cancers 14 à 0. Il est remonté sur son vélo. Il a gagné le Tour de France. Moi qui déteste les livres d'athlètes, moi qui suis incapable d'entendre parler de maladie, j'ai pris autant de plaisir à suivre le déroulement de celle-là qu'à suivre une étape de montagnes dans le Tour de France. L'Izoard. La Croix de Fer. L'Alpe d'Huez. La gueule ouverte. Crachant le sang. Un sacré livre. Un livre d'aventures comme quand j'étais petit et que ma mère me criait : viens manger, et que je lui répondais : attends, encore deux pages.

Il n'y a pas que le vélo dans la vie, Lance Armstrong (avec Sally Jenkins), Albin Michel.


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