CHAPITRE IX – SOTÉRIOLOGIE
ET MODÈLES DE MISSION
Dans l’histoire de l’Église, la mission a souvent été vue comme service
de salut éternel. L’Église était spécialement au service de l’évangélisation[1]. Son but premier était la
rédemption du genre humain et l’implantation de nouvelles communautés
chrétiennes. C’est généralement cette même vision que l’on retrouve dans le
MCE. Nous allons voir qu’une mission basée uniquement sur les impératifs
missionnaires de la fin des Évangiles de Matthieu et de Marc risque de
favoriser une dichotomie entre la proclamation de l’Évangile et les œuvres
sociales. Cette dichotomie est accentuée lorsque l’on réduit le salut à sa
dimension eschatologique. Il est nécessaire de d’aborder la question du salut
d’une manière plus globale. Cela est possible en fondant la mission sur
d’autres textes de la Bible et en élaborant les activités de l’Église à partir
des besoins et de la culture des personnes du milieu. Ainsi sera garanti un
plus grand équilibre entre les différentes fonctions de l’Église.
Retour
à la table des matières
Commentaires
et suggestions :
[1]
Depuis quarante ans, les termes mission,
évangélisation et même témoignage ont souvent été employés pour
désigner une même réalité. La distinction entre évangélisation et mission n’est
pas claire; certains suggèrent que l’évangélisation concerne ceux qui ont
quitté l’Église ou qui vivent en milieu post-chrétiens, tandis que pour
d’autres la mission concerne ceux qui ne sont pas encore chrétiens. David Bosch
estime pour sa part que les termes sont indissociablement liés sans qu’ils
soient synonymes. La mission est plus large que l’évangélisation, elle concerne
toutes les activités de l’Église, tandis que l’évangélisation appelle à une
réponse devant le témoignage de ce que Dieu a fait et de ce qu’il fera. Elle
est une invitation qui ne juge pas et qui offre le salut comme cadeau actuel et
comme assurance de la joie éternelle; elle n’est possible que si la communauté
qui la présente vit d’une manière attirante.