CHAPITRE VII – RÉFLEXION SUR LA CROISSANCE NUMÉRIQUE DANS LA BIBLE

 

Les récits bibliques sont riches d’enseignements pour aider à comprendre ce que Dieu attend des êtres humains et particulièrement des pasteurs. À leur lumière nous pourrons comparer l’action pastorale des personnages bibliques à celle préconisée par les auteurs du MCE.  Nous allons découvrir que la croissance numérique du peuple de Dieu est avant tout une promesse divine, qui, depuis Abraham, s’est transmise de génération en génération. Cette promesse se réalise lorsque le peuple de Dieu est fidèle à l’Alliance. Alliance dont le sens essentiel a été rappelé et précisé par Jésus. 

 

7.1      La croissance numérique : une promesse reliée à l’Alliance

 

7.1.1  Les promesses d’expansion numérique

 

Dès le livre de la Genèse, il y a des promesses d’expansion numérique faites par Yahvé à son peuple. Lorsque Dieu parle à  Abraham, il lui dit : Je rendrai ta postérité aussi nombreuse que la poussière de la terre : celui-la seul qui pourrait compter les grains de la poussière sur le sol, pourra compter ta postérité (Gen 13:16). Cette promesse est transmise de génération en génération. À Isaac, fils d’Abraham, Dieu dit : Je suis le Dieu d'Abraham, ton père; ne crains point, car je suis avec toi; je te bénirai, et je multiplierai ta postérité, à cause d'Abraham, mon serviteur (Gen 26:24). Et à Jacob : Je te rendrai fécond, je te multiplierai, et je ferai de toi une multitude de peuples… (Gen 48:4). Cette promesse est retrouvée dans les livres des prophètes. Jérémie en parle lorsqu’il adresse, au nom de Dieu, ce message au Peuple d’Israël : Je les multiplierai, et ils ne diminueront pas; je les honorerai, et ils ne seront pas méprisés (Jer 30:19). Le Roi David en fut lui-même le destinataire: De même qu'on ne peut compter l'armée des cieux, ni mesurer le sable de la mer, de même je multiplierai la postérité de David, mon serviteur… (Jer 33:22).

 

Au chapitre dix-sept de la Genèse, une précision importante nous est donnée :  La promesse de croissance numérique est reliée à l’observation de l’Alliance. Lorsque Dieu parle à Abraham, il lui dit : J'établirai mon alliance entre moi et toi, et je te multiplierai à l'infini (Gen 17:2). Le terme bérit (alliance) désigne essentiellement cette promesse faite à Abraham qui comporte la multiplication du peuple dont YHWH est le Dieu[1]. Si le peuple est fidèle à l’Alliance, la croissance se réalise. Ainsi le prophète Ézéchiel écrit : Je traiterai avec eux une alliance de paix, et il y aura une alliance éternelle avec eux; je les établirai, je les multiplierai, et je placerai mon sanctuaire au milieu d'eux pour toujours (Ez 37:26).

 

Yahvé a promis à Abraham non seulement la terre de Canaan mais aussi une postérité nombreuse comme les étoiles du ciel et comme le sable qui est au bord de la mer. (Gen 22:17). Et c'est sur la base de ces promesses que Dieu a conclu son Alliance[2] : Maintenant, si vous écoutez ma voix et gardez mon alliance, je vous tiendrai pour mon bien propre parmi tous les peuples, car toute la terre est à moi (Ex 19:5).

 

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[1] Cf. P. BUIS, « Comment au septième siècle envisageait-on l’avenir de l’Alliance? Étude sur Lev. 26,3-45 », dans Question disputés d’Ancien Testament : Méthode et théologie par C. Brekelmans, Gembloux, Leuven University Press, 1974, p. 137.

[2] A. Jaubert, La notion d’alliance dans le Judaïsme aux abords de l’ère chrétienne, Paris, Editions du Seuil, 1963, p. 27.

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