10.6 Conclusion
Les paragraphes précédents avaient pour objectif de
présenter les différents éléments d’un modèle missionnaire intégral. Nous l’avons
fait en expliquant leur articulation les uns par rapport aux autres et en les
situant dans une dynamique missionnaire. Le modèle est dit « de croissance
intégrale » parce que la mission y est comprise comme une entreprise pour
communiquer un salut global, c’est-à-dire comprenant une dimension temporelle
et une dimension eschatologique.
Plusieurs des conseils des pasteurs
reliées au MCE ont été intégrés. La recherche de croissance numérique n’est pas
mise de côté. Rejoindre le plus grand nombre fait partie de la mission
chrétienne. Ce fait s’éclaire lorsque l’on parle de la dimension
« catholique » de l’Église. Les disciples ont été envoyés à toutes les nations et le salut est
offert à tous les êtres humains.
Chaque personne est importante aux yeux de Dieu qui veut que chaque personne
bénéficie de son pardon, de son amour et de ses bénédictions. L’activité
missionnaire ne peut oublier une seule brebis, ignorer une seule souffrance,
car Jésus est mort afin que le monde entier reçoive le salut (Cf. Ac 4:12; Cf, Eph 2:12,19,22). Mais
ce ne sont pas tant les chiffres qui sont importants, que de vivre le précepte
de l’amour et d’être en constante tension pour rejoindre les besoins réels de
ceux et celles qui ne connaissent pas cet amour offert en Jésus-Christ.
Une approche intégrale utilise la gestion
pour être plus efficace et notamment des outils comme la recherche de qualité
dans les services, l’amélioration continue, le principe de subsidiarité,
l’écoute du milieu et de ses besoins, l’implication des membres de la
communauté dans des équipes missionnaires, le partage de l’information et la
planification.
Au
risque de nous répéter nous dirons que l’objectif missionnaire poursuivi par
l’Église locale dans ce modèle est basé sur les deux plus grands commandements
de la Loi, sur la parabole du jugement dernier et sur les impératifs
missionnaires des Évangiles de Matthieu et Marc. L’organisation de l’Église et
sa structure doivent viser à aller au secours des détresses du milieu (salut
temporel), à offrir le salut en
Jésus-Christ (salut eschatologique), à former des disciples et des membres
responsables impliqués dans la mission de l’Église, à évaluer les activités en
place et à prendre le chemin de l’amélioration continue.
La visée de l'Église n'est
pas de transmettre une culture ou de garder attrayant un folklore religieux.
Elle est de former des disciples de Jésus, capables d'appartenance, de prière
et de témoignage, cherchant dans l'Évangile une lumière qui éclaire et
transforme leur vie personnelle et sociale, engagés dans une conversion qui
touche leurs dynamismes affectifs, intellectuels, moraux et religieux[1].
Pour évaluer les actions de l’Église
la question n’est pas seulement : combien de personnes de plus cette année
dans l’Église ? Mais surtout : Nos
activités ecclésiales sont-elles aptes à communiquer l’amour de Dieu à toutes
les personnes du milieu ? Nos activités ecclésiales permettent-elles de
répondre aux besoins actuels et de faire cheminer les personnes de la
communauté vers un salut intégral ? Agit-on en fonction des différentes
dimensions du salut : eschatologique, sociale, etc.? Est-ce que l’on tient
compte de toutes les souffrances : spirituelles, humaines et matérielles ?
Il est nécessaire d’évaluer les actions ecclésiales de façon plus large que
la simple dimension numérique et de s’assurer que l’Église remplisse chacune de
ses fonctions.
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Commentaires
et suggestions :
[1] Comité
de recherche de l’assemblée des Évêques du Québec sur les communautés
chrétiennes locales, Risquer
l’avenir : Bilan d’enquête et prospectives, Montréal, Éditions Fides,
1992, p. 125.