10.2
Fondements du modèle de croissance
intégrale
Le modèle de croissance intégrale proposé se fonde sur sept impératifs missionnaires bibliques : Matthieu 28:19-20, Marc 16 :15-20, Matthieu 25:31-46[1], Jean 17:21[2], Matthieu 10 :7-8[3], Luc 10 : 8-9[4] et Matthieu 22:37-40[5]. Son but est la croissance intégrale de la communauté. Comme un arbre qui pousse et porte du fruit, la croissance numérique est visée pour multiplier les personnes touchées par la grâce de Dieu et pour multiplier les services de salut et d’entre-aide dans le milieu. Ce qui est visé, c’est l’instauration d’activités qui feront découvrir l’amour de Dieu au monde, qui invitent les personnes à accepter le salut en Jésus, qui fassent cheminer ces personnes vers la maturité chrétienne et qui les impliquent dans la mission de l’Église.
Il y a six éléments essentiels dans un modèle de croissance intégrale :
1) L’équilibre des fonctions de l’Église;
2) L’adaptation à la culture;
3) La connaissance des besoins, des pauvretés et des aspirations du milieu tant à l’intérieur de la communauté chrétienne qu’à l’extérieur;
4) La présence de qualité et d’amour dans les services;
5) La formation des membres de la communauté et les impliquant dans la mission pour leur croissance personnelle et la croissance de la communauté.
6) L’amélioration continue
Le modèle peut se schématiser comme suit : cliquez
ici
Les responsables de
la communauté cherchent la croissance intégrale de la communauté en déployant
de manière équilibrée les fonctions de l’Église, en formant les membres de la
communauté et en les impliquant dans la mission, en s’adaptant à la culture, en
repérant les besoins, les pauvretés et
les aspirations du milieu tant à l’intérieur de la communauté chrétienne qu’à
l’extérieur, en garantissant la présence de qualité et d’amour dans les
services; et enfin en mettant sur pied un processus d’amélioration continue des
activités de l’Église.
La recherche de croissance se fait à
quatre niveaux : 1) multiplier le nombre de personnes qui découvrent
Jésus, qui reçoivent son salut et qui s’engagent à le suivre en Église; 2)
faire croître ces personnes en leur faisant découvrir leurs dons et en les
impliquant dans des services d’Églises; 3) multiplier les responsables laïcs et
les activités missionnaires de service social et d’évangélisation; 4) faire
croître en qualité et en amour les services et les activités de l’Église.
La tâche principale des responsables est d’orienter la communauté vers la croissance en impliquant les laïcs et en leur donnant une formation pour qu’ils offrent qualité et amour dans le service. La communauté vise à répondre aux besoins humains et spirituels de ses propres membres et des personnes du milieu : Les activités d’évangélisation et de catéchisation répondent, entre autres, à la quête de sens et à la quête de Dieu. Les activités spirituelles (prière, retraites, liturgie, sacramentalisation, cours bibliques, etc.) répondent à la quête de Dieu et au besoin de savoir. Elles permettent de faire grandir la communauté dans l’amour. Les activités de socialisation (communion) brise la solitude environnante et font de la communauté un signe de communion.
Les activités pour découvrir les dons et les intérêts des chrétiens en vue de les impliquer dans la mission répondent à leur besoin de se sentir utiles et reconnus dans la communauté. Les activités de formation dans l’exercice des dons répondent au besoin de croissance des membres. Les activités pour découvrir les souffrances, les détresses et les aspirations des personnes tant à l’intérieur de la communauté qu’à l’extérieur permettent de mettre en œuvres des activités ajustées aux besoins réels. Les activités d’évaluation permettent de répondre aux attentes des bénéficiaires quant à la qualité et à l’amour présent dans les services d’Église.
Il est aussi important de tenir compte de ce qui est
réalisable avec les ressources humaines et matérielles de la communauté et de
ce qui est déjà réalisé par d’autres communautés chrétiennes ou organismes
environnant. Il s’agit de ne pas dédoubler les services et d’être réaliste, on
ne peut pas tout faire.
Les personnes du milieu et la communauté chrétienne
expriment des besoins, vivent des souffrances, portent des désirs et des
inquiétudes auxquels, idéalement, le cheminement chrétien apporte un certain
nombre de réponses. Sans cette conviction essentielle que la Bonne Nouvelle et
les activités ecclésiales sont une réponse aux besoins fondamentaux de l’être
humain, la communauté chrétienne perd de sa raison d’être et de son élan missionnaire.
L’ensemble des ressources et des énergies de la communauté chrétienne est
mobilisé dans le but d’aider les personnes du milieu à trouver des réponses à
leur quête et à les faire cheminer vers l’accueil du salut, la croissance
spirituelle et l’implication dans des services d’Église.
Selon Marc 16:15 et Luc 15:3-7,
l’Église concentrera une grande partie de ses efforts à aller à la recherche de
la brebis perdue. Mais le terme « perdue », comme nous l’avons vu, ne
concerne pas seulement la dimension eschatologique
du salut. Être perdu, c’est être pauvre à différents niveaux, c’est manquer
d’espérance, de pardon, d’affection, d’amis, etc. Et en tout cela, la vie
ecclésiale et le message de l’Évangile peuvent apporter une réponse si la
communauté chrétienne se donne comme objectif d’organiser les activités de
l’Église pour lutter contre ces différents niveaux de pauvreté. Il convient donc de se mettre à l'écoute du
milieu, d'aller à la rencontre de ses habitants, de s'efforcer de comprendre
leurs souffrances, d'anticiper leurs besoins et leurs attentes et d’adapter les
activités de l’Église pour être réellement à leur service. Sans forcément élaborer des
stratégies complexes, il convient d'adopter une attitude d'écoute active et
confiante. Ignorer les besoins actuels des personnes, ce serait s’enfermer dans
le confort du Statu Quo.
L’amélioration et l’écoute concernent tant les services
rendus aux personnes qui cheminent à l’intérieur de la communauté, que celles
qui lui sont étrangères car la qualité se mesure par la satisfaction à la fois
des personnes qui font partie de la communauté chrétienne et de celles qui n’y
viennent pas ou peu. Lorsque les chrétiens sont insatisfaits, plusieurs
préféreront ne rien dire et aller ailleurs. Mais, dans une approche pastorale
et missionnaire visant la qualité, les personnes insatisfaites sont une des
« ressources » majeures de la communauté car elles peuvent donner des
indications concrètes pour améliorer continuellement les services offerts. Il
est nécessaire alors de leur donner les moyens de s’exprimer et de prendre des
initiatives. Cela peut se faire par une enquête d'opinion à l’intérieur de la
communauté chrétienne et à l’extérieur. Ainsi il est possible de connaître
l'appréciation des personnes sur les services offerts et sur le vécu
communautaire ecclésial. Une telle enquête faite à intervalles réguliers,
évaluera les progrès accomplis et permettra de repérer les nouvelles attentes
du milieu.
Retour
à la table des matières
Commentaires
et suggestions :
[1] Mat 25:31-46 : En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de
ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait…
[2] Jean 17:21 : … que tous
soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi soient en
nous, afin que le monde croie que tu m'as envoyé
[3] Matthieu 10 :7-8 : Allez,
prêchez, et dites: Le royaume des cieux est proche. Guérissez les malades,
ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu
gratuitement, donnez gratuitement.
[4] Luc 10 : 8-9 : Dans quelque
ville que vous entriez, et où l'on vous recevra, mangez ce qui vous sera
présenté, guérissez les malades qui s'y trouveront, et dites-leur: Le royaume
de Dieu s'est approché de vous.
[5] Mat 22:37-40 : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et
de tout ton esprit : voilà le plus grand et le premier commandement. Le second
lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. À ces deux
commandements se rattache toute la Loi, ainsi que les Prophètes.