Texte d'opinion, texte argumentatif et dissertation philosophique



1. Texte d'opinion et texte argumentatif

Quelle est la diff�rence entre un texte d'opinion et un texte argumentatif? Exp�rience faite au d�but de l'ann�e scolaire 97-98, sp�cialement avec mes �l�ves tout droit arriv�s du secondaire, il n'est pas facile de le d�terminer clairement. Certains croient qu'il n'y a pas de diff�rence, qu'il s'agit l� de deux expressions d�signant la m�me chose, alors que d'autres s'�vertuent � pr�ciser la diff�rence, mais n'y parviennent que difficilement, bien obscur�ment.

On m'a remis un document provenant de la Polyvalente Le Bois� de Victoriaville sur le sujet. En fait, il s'agit d'un double document: "Document 1" s'intitule "Guide de r�daction d'un texte d'opinion en 5e secondaire" et comprend 11 pages. "Document 2" s'intitule "Guide de r�daction Discours argumentatif" et contient 19 pages. Or, dans le premier document, on explique, en fait, ce qu'est un texte argumentatif et, dans le second, "discours argumentatif" ne revient plus et on ne lit toujours que "texte d'opinion"!!

Conclusion: il n'y a donc pas de diff�rence entre les deux! On d�signe par l� le m�me genre de texte!

MAIS!

Il y a bel et bien une diff�rence entre un simple texte d'opinion et un texte argumentatif. La question est de la trouver et, surtout, de la formuler clairement! Je m'y essaie.

R�glons d'abord le probl�me technique soulev� par le document de la Polyvalente Le Bois�: en fait, ses auteurs devraient y exclure l'expression "texte d'opinion" et la remplacer carr�ment par "texte argumentatif" car, tel que d�fini, il s'agit bel et bien d'un v�ritable texte argumentatif:


"Un texte qui vise � convaincre le lecteur que j'ai raison d'avoir tel point de vue � propos de tel sujet. Pour le convaincre, je vais argumenter (raisonner) en pr�sentant mes arguments, en les expliquant � l'aide de proc�d�s techniques et en utilisant divers types de preuves qui appuient mon opinion." (p.2)




On peut s'y fier, c'est l� la d�finition d'un texte argumentatif. De plus, la structure d'un tel texte, telle qu'expliqu�e dans ce double document, est exactement celle d'un texte argumentatif:



Structure d'un texte argumentatif:

Une introduction comprenant sujet amen�, pos� et divis�.

Un d�veloppement constituant l'argumentation elle-m�me.

Une conclusion qui r�sume d'abord le d�veloppement et qui, ensuite, cr�e une ouverture.




Donc, ce qui a �t� enseign� en 5e secondaire, c'est la r�daction d'un texte argumentatif et non d'un simple texte d'opinion. Alors, en quoi consiste ce dernier et, diable, pourquoi est-ce que je dis toujours "un simple texte d'opinion"? Par ce mot, j'indique, sans le dire clairement, qu'un texte argumentatif est sup�rieur � un texte d'opinion et je pr�sume que ce dernier ne vaut pas grand'chose, � part d'�tre, peut-�tre, un exercice litt�raire, un exercice de formulation �crite. (D'ailleurs, l'examen du Minist�re, � la fin de la 5e secondaire, a pour but de v�rifier la fa�on dont on ma�trise la langue fran�aise, et non la valeur de l'argumentation.)

Selon mes �l�ves qui voyaient une diff�rence entre un texte d'opinion et un texte argumentatif, les aspects suivants caract�risent un texte d'opinion par rapport � un texte argumentatif:


La diff�rence, selon mes �l�ves:


Texte d'opinion

Texte argumentatif

Son but est simplement d'exprimer ce que l'on pense et de l'expliquer � l'aide de quelques arguments (raisons pour lesquelles on pense cela). Son but n'est pas simplement d'exprimer notre point de vue, mais de convaincre, de persuader notre lecteur ou notre lectrice, souvent en utilisant le proc�d� de la contre-argumentation. ("Certains disent que.... mais ils ont tort car...")
Qu'on ait raison ou pas importe peu, puisqu'on formule simplement ce que l'on pense. Le lecteur n'a pas � porter de jugement. Bref, dans un texte d'opinion, on peut dire n'importe quoi! Le but �tant de convaincre et de persuader, montrer et prouver qu'on a raison est important. Le contenu d'un texte argumentatif se juge!
Les arguments (raisons) apport�s n'ont pas besoin d'�tre "scientifiques" ou r�els. On peut m�me en inventer (inventer des faits, des statistiques), si on veut. Ils n'ont pas besoin, non plus, d'�tre expliqu�s et fond�s sur des faits r�els. Les arguments apport�s doivent �tre r�els, correspondre � la r�alit� et �tre expliqu�s suffisamment pour avoir une certaine force de conviction, sinon une force de conviction certaine.
Le "JE" ou le "NOUS" est permis, puisqu'il s'agit simplement de formuler notre opinion, ce que nous pensons. On �vite l'utilisation du "JE" et m�me du "NOUS" que l'on remplace par des formules impersonnelles ou neutres, objectives, �non�ant des faits.


Tout cela me semble effectivement bien pr�senter la diff�rence entre les deux types de texte et l'on voit bien que le texte argumentatif est nettement sup�rieur au simple texte d'opinion. Ajoutons-y d'autres pr�cisions:





Autres pr�cisions:

Texte d'opinion

Texte argumentatif

Il se contente de communiquer les go�ts, les sentiments, les pr�f�rences non discutables de la personne. Il communique un point de vue, des id�es qui doivent �tre d�montr�es, prouv�es, puisqu'elles peuvent �tre controvers�es.
Il a pour but d'exposer et d'exprimer nos croyances, qui sont des opinions souvent toutes faites auxquelles on n'a pas pris le temps de r�fl�chir. Il a pour but d'exposer nos convictions, lesquelles sont des croyances ayant �t� examin�es, soupes�es, r�fl�chies, de sorte que nous sommes capables de donner les raisons qui nous am�nent � consid�rer une id�e comme vraie et de convaincre d'autres personnes de son bien-fond�.
Il communique simplement un point de vue, il exprime, sans fournir ou expliquer les raisons. Il justifie, c'est-�-dire rend acceptable, fond� sur des bases solides.
Il contient davantage de jugements, souvent � l'emporte-pi�ce et non justifi�s, non expliqu�s. Il contient une argumentation tournant essentiellement autour de la th�se � d�montrer.






Illustration

Pour mieux comprendre ces donn�es qui peuvent sembler abstraites, donnons quelques exemples de textes d'opinion et de textes argumentatifs.

Exemple # 1

Pour qui se prennent-ils?
(Journal L'UNION, Opinions du lecteur, 15 juin 1994)

J'ai en main votre journal du mercredi 1er juin et je n'en reviens pas! En page �ditoriale, je vois d'abord un article d'un certain Roger Martineau qui se fend d'un long article sur Jean Chr�tien et sur le "m�chant" gouvernement du Canada. Puis je passe � un autre, celui-l� d'un certain R�ginald Sorel, lequel condescend � nous parler de Dieu et de J�hovah. Mais pour qui se prennent-ils, ces deux ti-culs? Il faudra s�rement dire � ces deux hurluberlus que l'histoire du Canada et la th�ologie, c'est carr�ment au-dessus de leurs moyens. Pourquoi pas aussi leur r�v�ler qu'ils oeuvrent dans un journal "r�gional" et que leurs �lucubrations historiques et th�ologiques ne nous int�ressent absolument pas. Des fois, c'est pour dire, je me surprends m�me � m'ennuyer de Besmargian et d'Alcide Fleury! Mais le pire dans tout �a, c'est que vous nous privez m�me du plaisir d'annuler notre abonnement � L'UNION.
Georges P Nadeau, Princeville


Commentaire

Ne soyons pas tendres, ici. Cet �crit est un texte d'opinion de la pire esp�ce qui soit. Ce M. Nadeau n'exprime m�me pas ce qu'il pense, il exprime simplement ce qu'il ressent, son sentiment, son �tat d'�me: "Je n'en reviens pas!" "�a ne nous int�resse absolument pas." "Il m'arrive de m'ennuyer..." Il n'y a aucune argumentation pour appuyer ses affirmations grosses comme le bras et accusatrices � l'�gard de deux personnes, qualifi�es de "ti-culs" (quel m�pris!) et d'hurluberlus. Il n'y a que de gros jugements � l'emporte-pi�ce: "C'est carr�ment au-dessus de leurs moyens", "�lucubrations historiques et th�ologiques". Bien entendu, il n'y a aucune preuve ni m�me d'explication � ces jugements.

Simple expression d'�tats d'�me, d'�motions, de jugements? Simple texte d'opinion!




Exemple # 2


Aux lib�raux qui r�fl�chissent
(Journal La Nouvelle, Opinions du lecteur, 7 ao�t 1994)

Je n'en reviens pas de la d�magogie utilis�e depuis le d�but de la campagne �lectorale par l'�quipe lib�rale de messieurs Johnson, Tremblay, Paradis, madame Dusseault et autres. "D�magogie", selon le petit Robert, c'est "la politique par laquelle on exploite les passions des masses." Dans le cas de la pr�sente campagne �lectorale et sans doute de la prochaine p�riode r�f�rendaire, c'est la peur qu'on exploite aupr�s des �lecteurs.
Regardons les arguments lib�raux, lanc�s jusqu'ici, de plus pr�s:
1- La faiblesse du dollar canadien et la r�cente hausse des taux d'int�r�t sont caus�s par l'incertitude qui entoure l'�lection au Qu�bec. Faux. C'est plut�t les taux am�ricains et la faiblesse de leur dollar qui se r�percute ici. La principale cause vraiment "canadienne", c'est la dette incontr�l�e du gouvernement f�d�ral.
2- �a va co�ter 6 milliards $ au Qu�bec pour enclencher la souverainet�, soit le montant des transferts que nous recevons d'Ottawa. Ridicule. Ce que les lib�raux ne disent pas, c'est que cet argent vient des imp�ts de plus de 25 milliards $ que les Qu�b�cois versent � Ottawa. En gardant nos imp�ts chez nous, on a amplement les moyens de "boucher ce trou", sans compter les milliards qu'on sauverait en �liminant les d�doublements entre les deux gouvernements.
3- Les lib�raux ont mieux gouvern� durant les neuf derni�res ann�es que le P.Q. de 1976 � 1985 parce que l'�cart du taux de ch�mage entre le Qu�bec et l'Ontario n'est que de 1,5% alors qu'il �tait de 2% apr�s la r�cession de 1982. Malhonn�te. La v�rit�, c'est que l'�conomie ontarienne a d�gringol� beaucoup plus cette fois-ci, se rapprochant du taux de ch�mage du Qu�bec, toujours plus �lev� que celui de l'Ontario. Il faudrait se rappeler que le Qu�bec a subi la derni�re r�cession parce que le f�d�ral a grimp� les taux d'int�r�t en 1990-1991 � 14% pour ralentir l'�conomie de l'Ontario. � ce moment, le ch�mage � Toronto �tait de 5% alors que celui du Qu�bec �tait � 10%.
4- Les lib�raux pr�tendent que cette �lection est r�f�rendaire et qu'�lire le P.Q., c'est enclencher la souverainet�. D�magogique. Le P.Q. s'engage enfin � tenir un r�f�rendum sur la souverainet� du Qu�bec dans les "x" mois qui suivront. Il ne fait que respecter la principale conclusion de la Commission B�langer-Campeau (cr��e par les lib�raux) et du Comit� Allaire (du parti lib�ral). Alors que les lib�raux ont reni� leur engagement (loi 150), le P.Q. respecte le sien et le peuple d�cidera. L'�lection ne porte donc pas sur la souverainet�.
J'esp�re que les partisans lib�raux qui ont lu ces commentaires r�fl�chiront car, quand on "s'arr�te pour r�fl�chir, un souverainiste ne devient pas f�d�raliste", il est plut�t port� � se demander si le parti lib�ral ne prend pas les �lecteurs pour des cruches en essayant de les avoir par la peur.
Claude Champigny, membre du P.Q. qui r�fl�chit.



Commentaire

Que l'on soit partisan ou non de la souverainet�, force nous est de constater qu'il s'agit l� d'un petit texte argumentatif de valeur. Il n'y a que de l'argumentation dans ce texte et ce, m�me dans le premier paragraphe qui constitue l'introduction (utilisation de la d�finition du mot d�magogie pour prouver que les lib�raux en ont fait preuve). Tout le texte ne fait que contre-argumenter, reprendre des arguments pour en faire voir la fausset� et l'aspect d�magogique.

Texte apportant les preuves de ce qui est affirm�? Texte argumentatif!





Exemple # 3

Contre la l�galisation des drogues

De plus en plus, les jeunes prennent de la drogue par simple curiosit� ou par l'influence d'autres jeunes. Mais quel effet pourrait avoir la l�galisation de la drogue dans notre soci�t�? Moi, je crois que ce serait nocif pour les raisons suivantes: d�pendance assur�e, mauvais rendement au travail, augmentation de la violence.

Pour commencer, si on l�galisait les drogues, on aurait un gros probl�me de d�pendance de plusieurs personnes. Tout en endommageant leur sant�, les consommateurs pourraient s'approvisionner plus facilement. La soci�t� deviendait de moins en moins productive car les drogues ont la propri�t� de tuer les cellules qui sont irrempla�ables.

De plus, la l�galisation des drogues aurait une influence n�gative sur le taux de criminalit�. S'il y a des jeunes qui tuent pour avoir de la drogue, imaginez-vous toute une population.

En conclusion, les drogues sont n�fastes pour un bon fonctionnement de l'organisme et moi je m'opposerais totalement � ce que les drogues soient l�galis�es. On en a assez avec l'alcool.




Commentaire


Voil� un bel exemple de texte d'opinion qui n'a rien d'un texte argumentatif. Notez, d'abord, sa longueur: environ 170 mots. Comment voulez-vous expliquer et justifier quelque chose en si peu d'espace? Ce n'est gu�re possible.

Remarquez, aussi, qu'apparemment, la structure du texte est celle d'un texte argumentatif: il y a une introduction, un d�veloppement et une conclusion. Or, c'est pr�cis�ment dans le d�veloppement que se voit la diff�rence entre les deux types de texte! Examinons donc le contenu du d�veloppement de ce texte.

A "sujet divis�", on a annonc� trois arguments: la d�pendance, le rendement au travail et l'augmentation de la violence. Un texte argumentatif en bonne et due forme aurait donc compris un d�veloppement en au moins trois paragraphes, un pour chaque argument � expliquer � tour de r�le. Or, nous n'en avons que deux, ici.

Examinons le premier paragraphe du d�veloppement, qui commence par "Pour commencer". (Expression � �viter! Il faut utiliser, plut�t, des liens logiques et non strictement �num�ratifs.) L'argument est reformul� dans la premi�re phrase, mais la suite du paragraphe n'explique pas du tout la "d�pendance assur�e" qui nous est annonc�e. La deuxi�me phrase parle de sant� et d'approvisionnement plus facile, deux points qui auraient pu constituer d'autres arguments � expliquer mais qui ne le sont pas davantage que celui de la d�pendance. La troisi�me et derni�re phrase reprend l'�nonc� du troisi�me argument, encore l� sans aucune explication pour en justifier la v�racit�. Notez aussi qu'il n'est gu�re possible de voir le lien logique qu'il peut y avoir entre la productivit� au travail et des cellules (lesquelles??) tu�es irr�m�diablement!

Dans un texte argumentatif, chaque paragraphe du d�veloppement expose, explique et justifie un argument par diverses preuves. Or, ici, il n'y en a aucune. De plus, ce paragraphe contient quatre arguments simplement formul�s, sans aucune explication! Voil� l'une des caract�ristiques d'un texte d'opinion: on exprime ce que l'on pense, mais sans prendre la peine de l'expliquer!

Le deuxi�me paragraphe du d�veloppement n'est pas mieux et est r�dig� dans le m�me style. En quoi la l�galisation des drogues aurait une influence n�gative sur le taux de criminalit�? Nous n'en savons rien! La phrase qui suit cet �nonc�, "s'il y a des jeunes qui tuent pour avoir de la drogue, imaginez-vous toute une population", reste bien myst�rieuse! On ne peut savoir ce qui est sous-entendu ou pr�suppos�, ici, comme raisonnement. Quoi que ce soit, il faudrait au moins que ce soit sur la table et non sous la table!

Si on relit l'introduction, on s'aper�oit que rien n'a �t� prouv� ou d�montr�: la d�pendance "assur�e", le mauvais rendement au travail et l'augmentation de la violence ne sont aucunement expliqu�s.

Texte sans argumentation, sans preuves apport�es? Simple texte d'opinion!




Exemple # 4

Contre la l�galisation de la drogue

Dans le dictionnaire, au mot "drogue", on retrouve entre autres la diff�rence entre drogue dure (h�ro�ne, coca�ne, LSD), qui engendre rapidement une d�pendance physique, et drogue douce (marijuana, haschich), n'entra�nant pas n�cessairement de d�pendance physique. En ce qui me concerne, je suis contre la l�galisation de toute drogue pour les effets nocifs qu'elle a sur la sant� mentale et physique de l'individu et pour les enjeux collectifs que repr�senterait une telle l�gislation sur la soci�t�.

Au niveau des r�percussions sur la sant� physique, une drogue, de par sa nature, n'a rien en soi qui puisse en justifier un usage libre et quotidien. En ce qui concerne les drogues douces, les effets tels que perte de m�moire, mauvaise concentration et baisse de l'app�tit ne sont que quelques exemples de ces m�faits facilement observables. Pire encore, lorsqu'on parle de drogues dures, elles affectent, sans contredit, la sant� physique de ses consommateurs en allant m�me jusqu'� d�truire des cellules du cerveau et ce, sans compter la d�pendance physique qu'elles entra�nent. Comment, alors, pr�ner et favoriser l'usage d'un produit si dommageable pour la sant�?

L'effet psychologique de la drogue sur un individu en est un autre qui devrait contribuer � �liminer l'usage des drogues. La d�pendance physique entra�ne automatiquement le consommateur dans un �tat f�brile au niveau psychologique. La drogue, tout comme l'alcool, place l'individu dans un perp�tuel conflit de consommation et de non-consommation. Tout comme l'alcoolique, la personne aux prises avec cette d�pendance refuse souvent l'�vidence de la domination de la drogue sur elle. Le plaisir simple de vivre et de bien fonctionner � travers la r�alit� quotidienne devient morne et insens� aux yeux de celui qui cherche des artifices continuels dans la consommation de drogues. C'est la m�me chose pour celui qui, au lieu de faire face � la vie, trouve un refuge dans une consommation r�guli�re, refuge bien illusoire qui se referme tranquillement sur lui aux d�pens de sa force mentale et morale.

Ainsi donc, � mon sens, accepter la drogue dans une soci�t� au m�me titre qu'un produit de consommation courante, m�me si elle est r�glement�e, est inacceptable pour les effets qu'elle a sur l'individu d�pendant. Ce l'est encore davantage si on tient compte des enjeux collectifs de cette l�galisation. Moins la drogue sera contest�e, plus elle sera utilis�e par un plus grand nombre de gens. Or, par le fait m�me, une soci�t� tol�rante et permissive risque fort de se laisser d�passer et de se retrouver avec un probl�me beaucoup plus grave que celui qu'elle a tent� de r�soudre par une l�galisation. Toute soci�t� qui repose sur l'id�al d'un mieux-�tre ne peut se porter � la d�fense d'une substance qui d�truit � petit feu la salubrit� de cette soci�t� et celle des individus qui la composent. Il ne faut pas oublier, de plus, que la drogue est intimement reli�e au milieu du crime, de la prostitution, de la violence et de la d�linquance. Une soci�t� saine, ou qui se veut telle, ne peut donc faire la promotion d'un tel produit.

L'atteinte � la sant� physique et mentale, ainsi que les enjeux sur la collectivit�, ne sont qu'un bref aper�u des d�g�ts engendr�s par la drogue. Cette pr�disposition � vouloir consommer plus jeune, plus librement, plus facilement, ne devrait en aucun cas �tre � l'origine d'une l�galisation (le principe de l'offre et de la demande). Cette tendance doit plut�t supposer une r�flexion personnelle reli�e � une r�flexion collective car la consommation de drogue est, en fait, un cri d'alarme.



Commentaire

Que l'on soit pour ou contre la l�galisation des drogues, on peut parfaitement juger que ce texte est nettement sup�rieur au pr�c�dent. Il est argument� alors que l'autre ne l'est pas du tout. Cependant, l'argumentation (le contenu du d�veloppement) pourrait �tre am�lior�e car certains points ont tendance � �tre de simples affirmations plus que de v�ritables explications. Ainsi, au premier paragraphe du d�veloppement, les effets n�gatifs sur la sant� sont mentionn�s mais nous ne pouvons que croire sur parole l'auteur du texte. Quelles sont ses sources de r�f�rence prouvant que les drogues douces ont de tels effets? Je me souviens d'avoir lu quelque part, quant � moi, que la consommation de mari ou de "H" incitait les gens � manger davantage lorsqu'ils �taient sous l'effet de ces drogues, et je sais que beaucoup de musiciens en fument pour pratiquer ou faire des spectacles: cela les concentre, justement! Alors, qui croire? Il faudrait donc, ici, ajouter des �l�ments, sp�cialement sur les sources de r�f�rence, pour que l'argument invoqu� (effets n�gatifs) soit convaincant et ne soit pas ainsi sujet � la contestation. Il y aurait aussi sans doute lieu d'apporter des nuances sur ces effets, par exemple en pr�cisant les circonstances dans lesquelles l'usage d'une m�me drogue favorise la concentration ou, au contraire, rend l'esprit d�cousu et distrait.

Au deuxi�me paragraphe du d�veloppement, o� il est question des effets psychologiques des drogues, il semble sous-entendu que tout consommateur est d�pendant de la drogue qu'il prend. Il est aussi sous-entendu qu'il est sup�rieur de vivre le plaisir sans utiliser quelque drogue que ce soit, dans un �tat "straight", comme on dit, et non "gel�" ou "stone". Tels que formul�es, ces deux affirmations sont simplement prononc�es, mais sans explication � l'appui. Cela fait donc davantage texte d'opinion que texte vraiment argumentatif! Pour rem�dier � cette situation, il suffirait d'ajouter l'explication en question.

Exemple # 5

Tuer le tueur?

Fran�ois Brousseau

La condamnation � mort de Timothy McVeigh pour l'attentat d'Oklahoma City en avril 1995, d�cr�t�e par un jury et non par un juge selon la bizarre pratique am�ricaine, pose un grand nombre de questions. Revenons sur quelques-unes d'entre elles: l'une sur la pertinence de la peine capitale, et l'autre sur ce que repr�sentent politiquement McVeigh et les mouvements "fascisants" qui l'inspirent.

Le crime de Tim McVeigh est l'un des pires qui soient. Tuer 168 innocents pour d�stabiliser un gouvernement - son propre gouvernement - pour exterminer litt�ralement des fonctionnaires, pour faire avancer une cause "r�volutionnaire", voil� qui n'est pas tout � fait du g�nocide ni de l'�puration ethnique, mais qui n'en est peut-�tre pas si loin. L'horreur. Et c'est ce qui a pouss�, vendredi, un jury de 12 personnes � conclure que cet homme m�rite la mort.
En effet: avec un tel forfait, si McVeigh devait �tre �pargn�, alors cela voudrait dire que la peine de mort n'est jamais admissible, qu'elle ne devrait jamais �tre appliqu�e. Ne jamais infliger la peine de mort, quels que soient les arguments � son appui: telle est bien notre opinion. Mais la peine de mort n'est pas pour autant une question simple.
"Tu ne tueras point." Jamais. Mais le tueur, lui, a tu� et peut rester sans conscience de sa vraie, de sa profonde responsabilit� s'il s'en tire: le personnage principal d'un grand film am�ricain, le meurtrier de La derni�re marche (Dead Man Walking), se voit ainsi "sauv�" int�rieurement, en quelque sorte, � la veille de l'instant final, puisque c'est uniquement au moment o� la mort va le rejoindre qu'il comprend ce qui lui est arriv�, qu'il prend la mesure de sa responsabilit�, qu'il admet son crime et se r�concilie, d'une certaine fa�on, avec son destin et avec le prix qu'on doit payer pour ses actes... Autrement, s'il avait vu sa peine commu�e en emprisonnement � vie ou � 25 ans, il aurait sans doute continu� � se cacher derri�re ses faux-fuyants, � mentir et � se raconter des histoires...

Le "Tu ne tueras point" ne devrait pas souffrir d'exception

Mais cet apparent et subtil plaidoyer en faveur de la peine de mort n'en est pas un. Il illustre plut�t la complexit� de cette question, une question que les �tats-Unis - arri�ration ou avant-gardisme? - sont l'un des derniers pays occidentaux � d�battre avec passion.
Tim McVeigh, lui, n'a exprim� aucun remords. Mais il est des meurtriers qui avouent et qui se repentent. Admettre et exprimer du remords devrait-il att�nuer la culpabilit�, sauver de la peine capitale? Dans les d�cisions de jurys, qui ne sont pas l'application m�canique de lois �crites mais font appel � l'�motion et la subjectivit� humaines, ces �l�ments jouent sans doute. Mais le fond de la question n'est pas l�. Tuer, c'est le crime ultime, supr�me. M�me si les arguments comme celui de Dead Man Walking portent loin et �branlent les adversaires de la peine de mort dans le cas de crimes crapuleux, prouv�s, non avou�s et encore moins regrett�s, le fond du plaidoyer anti-peine capitale reste simple, lapidaire, biblique � sa fa�on: "Tu ne tueras point." Point. Ind�pendamment de la valeur dissuasive de la peine (sujette � caution). Ind�pendamment des �conomies r�alis�es sur de co�teuses ann�es de r�clusion. Ind�pendamment de tout. (Mais allez expliquer cela aux parents des fillettes viol�es et assassin�es par Marc Dutroux.)
On a beaucoup parl� des milices, du mouvement � certains �gards fascisant qui a inspir� l'acte de McVeigh... Ce probl�me est r�el et les �tats-Unis y seront, si les tendances actuelles se confirment, de plus en plus expos�s au cours des ann�es � venir. De plus en plus, des groupes s'organisent en marge de l'�tat et de la soci�t�. Ils forment des communaut�s "hors champ", sortes de no man's land o� la police ne s'aventure plus, o� les lois de la Cit� sont suspendues.
La haine du gouvernement, la haine des employ�s f�d�raux renvoient � l'utopie du "no government", qui est un mythe fondateur am�ricain: le mythe du Far-West o� chacun se faisait justice... Cette mythologie, profond�ment ancr�e aux �tats-Unis, est � la base de l'inqui�tant essor des milices, du lobby des armes � feu, de la haine de l'�tat.
Ironie: McVeigh, un ancien h�ros de la guerre du Golfe, monomaniaque obsessionnel persuad� que le gouvernement f�d�ral est l'ennemi jur� des libert�s - dont le port d'arme individuel et la justice sommaire seraient les symboles par excellence - se voit aujourd'hui rattrap� par l'�tat f�d�ral, et par une loi du Talion qu'il ne d�sapprouverait pas lui-m�me.
Mais ind�pendamment de l'horreur du geste de McVeigh, le front anti-McVeigh manifeste �galement des tendances que l'on peut qualifier de fascisantes. De voir, le long des routes, ces effigies br�l�es du meurtrier, ces sosies sangl�s sur des chaises �lectriques, flanqu�es d'inscriptions haineuses, marqu�es d'un humour mauvais qui trahit une incroyable soif de vengeance, voil� qui donne froid dans le dos.
O� l'on voit un d�sir de lynchage, d'ex�cution populaire, de vengeance qui n'a qu'un rapport lointain avec la Justice. O� l'on mesure la popularit� en fl�che de la peine de mort, avec des condamnations qui remontent nettement depuis une vingtaine d'ann�es.
Le d�bat jamais fini sur la peine capitale - comme celui de l'avortement - sont de ceux o� la civilit� d'une soci�t� peuvent se mesurer. Tout autant pour les arguments de fond qui se font face sans jamais emporter la conviction, que pour la fa�on m�me qu'on a d'argumenter.
N'allons pas pr�tendre qu'il n'y a qu'un "bien" lib�ral et progressiste qui va de soi (l'abolition inconditionnelle et sans exception pour les femmes en mati�re d'avortement), affrontant un "mal" r�actionnaire et fascisant (la peine de mort en criant vengeance et en brandissant les t�tes coup�es; l'interdiction totale de l'avortement en invoquant la loi divine).
L'Am�rique n'affronte pas ces graves questions sociales avec toute la s�r�nit� qui s'imposerait. Tout de m�me, elle les affronte. Car, qu'on le veuille ou non, elles s'imposeront toujours � la conscience de l'humanit�.

Source: Le Devoir, 17 juin 1997



Commentaire

Il s'agit, ici, d'un �ditorial. Au secondaire, certains profs, dans certaines �coles, ont class� les �ditoriaux dans les textes argumentatifs. Or, tout �ditorial n'est pas forc�ment un texte argumentatif et, surtout, les �ditoriaux sont rarement construits et structur�s sous la forme "Introduction, d�veloppement et conclusion", du moins pas dans sa forme rigide, telle que nous l'avons pr�sent�e dans la section portant sur la structure d'une dissertation.

Remarquez, toutefois, qu'un texte, pour �tre argumentatif, peut prendre une autre forme que celle-l�, forme propre � ce qu'on appelle la dissertation. Il est extr�mement rare qu'un �ditorial soit r�dig� sous la forme d'une dissertation, ce qui ne les emp�che pas d'�tre des textes argumentatifs.

En ce qui concerne celui de Brousseau, il est difficile, � premi�re vue, de se prononcer pour savoir s'il s'agit l� d'un texte r�ellement argumentatif. Analysons-le de plus pr�s pour porter un jugement.

D'abord, un texte argumentatif doit comprendre une th�se, une id�e centrale, une r�ponse � une question, g�n�ralement formul�e d�s l'introduction, et son explication, sa justification, expos�e dans le d�veloppement. Il se termine par une conclusion r�sumant ce d�veloppement et cr�ant une ouverture permettant au lecteur de poursuivre sa r�flexion. Or, nous n'avons pas, dans un �dito construit comme celui de Brousseau, la structure "Intro, d�veloppement, conclusion". On pourrait toujours consid�rer que le paragraphe en caract�res gras, sous le nom de l'�ditorialiste, en est une, mais! - Disons que c'en est une. Quelle est la th�se propos�e? Force est de constater qu'il n'y en a pas! Brousseau ne fait que revenir sur certaines questions reli�es � la peine de mort. On dirait donc qu'il s'agit d'un EXPOS� pur et simple, l'expos� de diff�rents faits, arguments et points de vue.

Vous aurez remarqu� que souvent, comme c'est le cas ici, on place une phrase-cl� au centre d'un �ditorial ou d'un article de fond, phrase-cl� qui a pour but de nous donner l'essentiel du contenu. Est-ce justement l� la th�se de l'auteur? Dans son texte, Brousseau dit, au deuxi�me paragraphe: "Ne jamais infliger la peine de mort, quels que soient les arguments � son appui: telle est bien notre opinion." Donc, c'est sa th�se, mais le texte lui-m�me ne la justifie pas � l'aide d'un ensemble d'arguments lui �tant reli�s. Il nous faut donc conclure que cet �ditorial n'est pas un texte argumentatif. D'ailleurs, l'auteur lui-m�me formule son but: examiner simplement les questions qui se posent, afin de nous faire r�fl�chir davantage sur la complexit� du sujet. Cet �ditorial n'est donc ni un texte d'opinion, ni un texte argumentatif. Il s'agit d'un EXPOS� ou, pourrait-on aussi dire, d'un TEXTE R�FLEXIF.

Pas de th�se appuy�e et expliqu�e par des arguments? Pas de texte argumentatif!



    En r�sum�:

    Quand les raisons sont donn�es mais restent inexpliqu�es;

    Quand on ne fonde pas ses affirmations sur des faits;

    Quand on se contente de dire un peu n'importe quoi sans justifier ses dires;

    Quand il n'y a aucun ou tr�s peu d'�l�ments pour convaincre;

    Quand les jugements port�s sont plus �motifs que rationnels;

    Quand on communique simplement ses pr�f�rences,

    On a affaire � un texte d'opinion.


    Quand un texte comprend la formulation d'un point de vue, d'une th�se;

    Quand cette th�se est expliqu�e � l'aide d'arguments eux-m�mes bien expliqu�s et bien fond�s,

    On a affaire � un texte argumentatif.



Remarques sur tout ce que vous venez de lire

1. Le JE est-il autoris� dans un texte argumentatif?

Les �l�ves ont mentionn� (premier tableau comparatif) qu'il ne fallait pas utiliser le JE ou le NOUS dans un texte argumentatif. En ce qui me concerne, je dirai qu'il est sans doute pr�f�rable de ne pas le faire et d'utiliser, plut�t, des formules objectives, des �nonc�s de faits, mais le JE ou le NOUS n'est pas interdit, bien au contraire, surtout si on vous demande d'expliquer et de justifier votre point de vue, votre pens�e. Dans ce cas, le JE ou le NOUS est appropri� et justifi�. D'ailleurs, dans mes exemples pour illustrer la technique de la dissertation, je l'ai utilis�. Par contre, dans le cas d'une dissertation-expos� ou comparative, dans laquelle il s'agit de pr�senter le point de vue de quelqu'un de fa�on objective, le JE n'a pas sa place. On le remplace par le nom de l'auteur, puisque c'est lui qui parle et pense!



2. Les textes de niveau coll�gial: des textes argumentatifs!

Au niveau coll�gial, il n'est pas question de r�diger de simples textes d'opinion. Ils sont m�me � bannir, � exclure! Comme vous l'avez vu, ils ne valent pas grand'chose et n'expliquent rien. Or, au coll�gial, on apprend � argumenter, � justifier et � fonder ses id�es, on apprend � examiner les id�es d'un point de vue rationnel et critique, que ces id�es soient les n�tres ou celles de quelqu'un d'autre. Tout le travail, donc, doit viser la meilleure argumentation possible.



3. Texte argumentatif et dissertation

Un texte quelconque peut �tre argumentatif sans avoir la structure "Introduction - d�veloppement - conclusion". Les �ditoriaux sont g�n�ralement des textes argumentatifs, de m�me que certaines lettres de lecteurs ou lectrices dans les journaux ou revues. Cependant, ils sont structur�s autrement. La caract�ristique propre d'une dissertation, par rapport � un texte argumentatif, est donc la structure du texte lui-m�me. Dans les cours de philosophie, ce que nous demandons, ce sont des dissertations.



4. Dans un texte argumentatif, faut-il absolument contre-argumenter?

C'est ce qu'ont dit les �l�ves (premier tableau comparatif). Il est possible que les professeurs de niveau secondaire ait sugg�r� la contre-argumentation comme proc�d� � utiliser dans la r�daction d'un texte argumentatif; il est m�me possible qu'ils aient oblig� les �l�ves � l'utiliser pour l'exp�rimenter et s'y familiariser. Tant mieux, car la contre-argumentation est l'un des proc�d�s argumentatifs que l'on peut utiliser. Cependant, ce n'est pas une obligation que de l'utiliser. L'important est, quel que soit le proc�d� utilis�, que la th�se exprim�e soit argument�e.



5. Peut-on inventer des faits?

L'utilisation des faits est un autre proc�d� argumentatif, au m�me titre que l'argumentation, l'exemple, le contre-exemple, l'argument de cause � effet, la d�finition, l'illustration, la comparaison, l'analogie... Ce que les professeurs de niveau secondaire ont dit, � propos de ce proc�d�, c'est qu'on pouvait effectivement inventer des faits, en autant que ceux-ci soient vraisemblables.

Exemple # 1:

Pour amener votre sujet portant sur la valeur des opinions, vous d�cidez de mentionner un fait pr�cis. Vous �crivez alors que derni�rement, en chambre, le premier ministre Lucien Bouchard a dit que la province de Qu�bec est la plus belle alors que le chef de l'opposition, Daniel Johnson, a soutenu le contraire. (Le contraire? �vitez ce mot car il est ambig�: Daniel Johnson aurait-il dit que ce n'est pas la plus belle, ou que c'�tait la plus laide?? "Le contraire", on ne sait pas toujours ce que c'est exactement!)

Voil� un exemple que je n'invente pas: je l'ai lu dans une copie! Cependant, je soup�onne fort que l'�l�ve qui a �crit cela l'a invent� de toutes pi�ces. Est-ce l� une invention acceptable? Non, parce qu'elle met en jeu des personnes r�ellement existantes. Dans un tel cas, il faut mentionner un fait r�el et v�ridique.

Exemple # 2:

Pour appuyer mes dires, je crois bon de citer un expert dans le domaine, mais je n'en connais pas. J'invente donc le professeur X ou le psychologue Y et je lui pr�te la phrase que je veux, allant dans le sens de mon id�e. Une telle invention n'est pas non plus acceptable. Lorsque l'on cite, la personne cit�e, de m�me que ses paroles, doivent �tre r�elles. De plus, qui cite doit indiquer sa r�f�rence!

Exemple # 3:

On vous a dit qu'une bonne preuve consistait � utiliser des statistiques pour appuyer vos dires. Vous voulez en utiliser mais, n'en ayant pas sous la main, vous en inventez: "50% des Canadiens sont pour et 50% sont contre la peine de mort." Lorsqu'on invoque des statistiques, celles-ci doivent �tre r�elles et on doit donner ses sources, comme pour le cas d'un auteur cit�. ON N'INVENTE PAS DES STATISTIQUES.

Exemple # 4:

Vous devez traiter de la violence familiale. Ne pas inventer un fait � ce sujet, ce serait parler d'un cas r�el qui s'est produit � tel endroit, dans telles circonstances et dont les acteurs principaux �taient X, Y et Z, par exemple, le cas d'Aurore, l'enfant-martyre. Mais vous pouvez aussi mentionner un cas ou une situation vraisemblable, dans le genre: une m�re d�sesp�r�e tue ses deux enfants et se donne ensuite la mort. Le cas est plausible, donc acceptable.



6. Opinion et id�e

Reprenons la d�finition d'un texte argumentatif donn�e par les professeurs de la polyvalente le Bois�:

"Un texte qui vise � convaincre le lecteur que j'ai raison d'avoir tel point de vue � propos de tel sujet. Pour le convaincre, je vais argumenter (raisonner) en pr�sentant mes arguments, en les expliquant � l'aide de proc�d�s techniques et en utilisant divers types de preuves qui appuient mon opinion." (p.2)

On a utilis�, ici, le mot opinion mais il serait pr�f�rable de le remplacer par id�e. Pourquoi? Parce qu'une opinion est un avis sur un sujet quelconque, tout comme l'est une id�e, mais la caract�ristique d'une opinion est d'�tre une id�e qui n'a pas encore �t� r�fl�chie, quelque chose que l'on croit �tre vrai mais qu'on n'a pas r�fl�chi, soupes�, jug�, critiqu�, pour examiner en profondeur sa validit� et sa force. Souvent, lorsqu'on a une simple opinion sur quelque chose, on ne sait pas comment la prouver. Par contre, lorsqu'une opinion a �t� r�fl�chie et examin�e de pr�s, et qu'on est capable d'apporter les preuves, qu'on est en mesure de d�montrer sa v�racit� ou sa plus grande vraisemblance que l'id�e contraire, on a alors affaire � une v�ritable id�e. Une opinion est une simple croyance alors qu'une id�e est une conviction.




2.La dissertation philosophique

Maintenant que vous savez quelle est la diff�rence entre un texte d'opinion et un texte argumentatif, et ce qui caract�rise une dissertation par rapport � un texte argumentatif quelconque, il vous reste � savoir quand et � quelles conditions une dissertation est de niveau philosophique. Cette explication exigeant la r�f�rence � plusieurs notions, cliquez ici pour avoir acc�s au document.

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