L'INTRODUCTION

Sujet divis� (SD)


Une fois le sujet amen� et pos�, il reste � le "diviser". Qu'est-ce que cela veut dire? Tout simplement ceci: comment vais-je faire la d�monstration de ma th�se, s'il s'agit d'une dissertation argumentative (th�se � d�fendre et � justifier)? Comment vais-je pr�senter une conception ou un point de vue, s'il s'agit d'une dissertation-expos�? Comment vais-je faire pour comparer deux conceptions, deux th�ses ou deux points de vue, s'il s'agit d'une dissertation comparative? Comment vais-je critiquer une conception, s'il m'est demand� de faire une dissertation critique?

Eh! bien, retenez que "sujet divis�" veut tout simplement dire donner le plan de son argumentation, le plan du d�veloppement de sa dissertation. (C'est la raison pour laquelle j'ai toujours pr�f�r�, � "SA, SP, SD", la formule: "Sujet annonc�, probl�me pos� et plan de l'argumentation". Mais enfin...)

Que l'on divise ou non son d�veloppement, c'est-�-dire le corps de sa dissertation, en parties bien identifi�es, le plan de l'argumentation repr�sente les grandes �tapes de notre d�monstration: par quoi va-t-on commencer? Qu'est-ce qui suivra et par quoi va-on terminer? C'est pr�cis�ment ce qu'il faut indiquer � "Sujet Divis�".



Reprenons les m�mes sujets que pour "Sujet Amen�" et "Sujet Pos�". Chaque illustration forme, ici, une introduction compl�te.

PROF DE PHILO X a pos� la question suivante, � laquelle il vous faut r�pondre: "D'apr�s vous, l'�tre humain est-il fait pour travailler?"

Votre id�e (th�se), c'est OUI parce que selon votre perception, c'est la production qui nous caract�rise, nous les �tres humains, et que quelqu'un qui n'a pas d'emploi, ou qui ne fait rien de ses grandes journ�es, ne peut qu'�tre perdant. Or, vous savez qu'en ces ann�es 1990, le ch�mage est tr�s �lev�. Vous �tes parti de cette situation, de ce fait, pour amener votre sujet; vous avez pos� la question en d�bat, ainsi que votre th�se. Voici le sujet divis�:

Depuis le d�but des ann�es 1980, on ne cesse d'entendre des mauvaises nouvelles: fermetures d'usines, mises � pied massives, ch�mage grandissant, pr�carisation de l'emploi, r�cession �conomique, coupures et compressions budg�taires, appauvrissement de la population... Ces tristes et alarmantes r�alit�s ont des incidences sur le travail qui semble n�cessaire � l'�tre humain. Que devient-on lorsqu'on ne travaille pas? L'�tre humain n'est-il pas fait pour travailler? � notre avis, oui, c'est m�me l� l'essentiel de sa natureet c'est ce que nous allons d�montrer en expliquant d'abord la nature productive de l'�tre humain, tant sur le plan physique que mental, et en montrant les cons�quences n�gatives de l'absence de travail sur un individu et sur la soci�t� elle-m�me.

Remarquez qu'ici, "sujet divis�" annonce un d�veloppement en trois parties:

I. La nature productive de l'�tre humain

II. Les cons�quences du non-emploi pour l'individu

III. Les cons�quences du non-emploi pour la soci�t�



PROF DE PHILO X a donn� le mandat suivant: pr�senter la conception rationaliste de l'�tre humain et juger de sa valeur, selon nous.

Vous savez, donc, que la conception rationaliste de l'�tre humain en est une parmi bien d'autres, et qui a �t� formul�e il y a d�j� plus de 2000 ans. Vous avez amen� et pos� le sujet en fonction de cette donn�e. Voici, maintenant, le sujet divis�:

Voil� d�j� quelques mill�naires commen�ait la grande aventure philosophique de l'humanit�. Tout au long de ces nombreuses ann�es, il s'est �labor� ce que l'on appelle aujourd'hui des conceptions de l'�tre humain. L'une d'entre elles, la conception rationaliste, m�rite que l'on s'y attarde. �labor�e par les penseurs grecs depuis plus de 2000 ans et toujours pr�sente � travers les si�cles jusqu'� aujourd'hui, sa p�rennit� ne serait-elle pas un gage de sa qualit� et de la justesse de ses dires? Avant de nous prononcer sur cette conception, il nous est essentiel d'en conna�tre les fondements et les pr�ceptes de base. A la lumi�re de ces informations, il nous sera alors possible d'en d�terminer la valeur, sp�cialement au niveau des cons�quences qu'elle peut avoir dans notre vie de tous les jours.

Remarquez qu'ici, "sujet divis�" annonce un d�veloppement en deux parties:

I. Pr�sentation de la conception rationaliste

II. Appr�ciation critique




Variante pour le m�me sujet:

"Qui suis-je? D'o� viens-je? O� vais-je? Quel est le sens de la vie humaine? Que sommes-nous venus faire sur cette terre?" Voil� une s�rie de questions que chacun finit par se poser un jour ou l'autre. Or, toutes les philosophies ont elles-m�mes tent� de r�pondre � ces questions. L'une d'entre elles est le rationalisme, qui nous propose une vision de ce que nous sommes, � savoir des �tres dou�s de raison, et qui nous m�ne � viser comme but un contr�le et une ma�trise de soi toujours plus grande. Que penser de cette conception de l'�tre humain? Est-elle juste et peut-elle nous aider � mieux vivre? En ce qui nous concerne, nous croyons que oui et c'est ce que nous expliquerons non sans avoir, au pr�alable, expos� les grandes lignes de cette conception.


Ici aussi, "sujet divis�" annonce un d�veloppement en deux parties, les m�mes que dans l'exemple pr�c�dent.



Autre exemple, pour l'id�e d'un auteur � commenter ou critiquer

PROF DE PHILO X a donn� le mandat suivant: pr�senter, puis juger ce principe de Socrate: "Il ne faut jamais r�pondre � l'injustice par l'injustice." Suis-je d'accord avec ce principe?

En ce qui vous concerne, vous savez que cela arrive souvent qu'on r�ponde � un acte injuste par un acte injuste, mais que cela ne donne rien, au contraire, �a ne fait qu'augmenter la spirale de violence. Vous avez donc amen� le sujet par un exemple de r�ponse � une injustice par une autre injustice, puis formul� le principe de Socrate, puis pos� la question en d�bat et donn� votre th�se. Il reste � dire comment vous aller expliquer celle-ci.

Que de fois pouvons-nous �tre tent�s de nous faire justice nous-m�mes lorsque nous avons subi un tort quelconque! � simplement regarder des parties de hockey, on peut constater qu'une telle r�action est fr�quente. Voici qu'un joueur a fait un "mauvais coup" � son adversaire, mais l'arbitre n'a rien vu... "Attends que je te rende la pareille, � la prochaine occasion!" Et c'est effectivement ce qui se produit, bien souvent. C'est l� une attitude sans doute bien naturelle, mais que refusait Socrate, qui avait comme principe qu'il ne fallait jamais r�pondre � l'injustice par l'injustice. Or, devons-nous partager ce principe? A cette question, nous r�pondons oui, car le bien et la justice sont des valeurs sup�rieures qui excluent toute forme de vengeance personnelle. Si on nous fait du tort, il faut que nous recourions � des moyens l�gaux pour r�tablir nos droits et avoir justice. Pour expliquer cette id�e, nous allons d'abord pr�senter l'argumentation de Socrate lui-m�me, telle qu'expos�e dans le petit dialogue de Platon, "CRITON", puis nous l'enrichirons de nos propres id�es pour l'appuyer.


"Sujet Divis�" annonce, ici, un d�veloppement en deux parties:

I. L'argumentation de Socrate

II. Mon appui � Socrate




Autre exemple, pour l'expression d'un point de vue personnel


PROF DE PHILO X a donn� le mandat suivant: Commentez la phrase suivante: "Les vacances, ce n'est pas fait pour travailler mais pour se reposer!"

Un voisin faisant des r�parations � son chalet vous a servi � amener le sujet. Vous avez formul� votre th�se en disant que les vacances n'ont pas pour seul but de se reposer. Voici le plan d'argumentation que vous annoncez:

Cet �t�, me pr�lassant au soleil et me laissant couler la vie douce pendant mes vacances que je jugeais bien m�rit�es, je voyais mon voisin faire des r�novations � son chalet. Une id�e m'est alors tout de suite venue � l'esprit: � Les vacances, ce n'est pas fait pour travailler, mais pour se reposer! � Un peu plus tard, r�fl�chissant de plus pr�s � cette id�e, je me suis dit qu'il y aurait sans doute des nuances � y apporter. Que les vacances ne soient pas faites pour travailler, soit; mais ont-elles simplement pour but de se reposer? Certainement pas. Pour le d�montrer, nous allons d'abord voir le cas de ceux et celles qui travaillent pendant leurs vacances et qui, de ce fait, mettent malheureusement une croix dessus; nous traiterons ensuite de la fonction � repos � des vacances, pour montrer que celles-ci comprennent bien d'autres choses de plus important encore, et qui constituent le vrai sens des vacances.

Ici, "sujet divis�" annonce un d�veloppement en trois parties:

I. Le cas de ceux et celles qui travaillent pendant leurs vacances

II. Les vacances, pour se reposer?

III. Le vrai sens des vacances


Notez que, dans cet exemple, la question est pos�e et la th�se est formul�e par l'expression "Certainement pas", ce qui est bien peu et qui reste bien myst�rieux. La fa�on dont le sujet est divis� nous en apprend un peu plus: le vrai sens des vacances est ailleurs que dans le repos, mais o�? Autre myst�re! Voil� donc un genre d'introduction tout � fait correcte, mais qui se permet de laisser ses lecteurs et lectrices dans l'attente du contenu id�ologique! Ou bien on met cartes sur table de fa�on claire et nette en formulant sa th�se, ou bien on garde l'effet de surprise pour le d�veloppement. Ces deux fa�ons de proc�der, dans l'introduction, sont acceptables; c'est une question de choix personnel et de style.









En r�sum�:


Diviser son sujet, c'est simplement donner le plan de son argumentation.

Diviser son sujet, c'est indiquer les �tapes de sa d�monstration (g�n�ralement deux ou trois).

Diviser son sujet, c'est dire comment on va faire pour expliquer notre point de vue.





Maintenant, vous �tes, pour "Sujet Divis�", une chouette dipl�m�e!


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