Journal d’information et d’action humanitaire                                  octobre-décembre 2006   N°8

SOMMAIRE

Edito : un cœur à la dimension du monde

 

P2 : réclamer une amnistie générale au Rwanda

 

p2 : les FDU condamnent la réaction rwandaise

 

p4 : la peine de mort

 

p3 : la culture du mensonge mise à plat par Matata

 

P4 : secours catholique 60 ans en faveur de la charité

 

P5 : Grands Lacs

Environ 1000000 de personnes vont être jugées par les cours populaires « gacaca » (lire gatchatcha) dont 694614, soit 70%, qui sont déjà en cours de jugement. Et les arrestations ne cesseront pas de monter, alors qu’ en créant ces tribunaux en 2002, la commission spéciale estimait seulement à 761446  le nombre de dossiers de présumés génocidaires. Une allure qui fait grincer les dents. Lire p4.

 

A KIGALI, PLUS DE France…

 

La décision du juge français Bruguière de dresser des mandats d’arrêt internationaux contre le président rwandais et ses neufs collaborateurs, dans l’attentat du 6 avril 1994 qui a déclenché  le génocide, a fait un tollé à Kigali. Tous les intérêts français sont fermés ou boycottés, mais aussi la plupart des jeunes chômeurs fuient vers les campagnes.

A Paris, une manifestation des associations de ressortissants rwandais est prévue le 22 décembre prochain. La FEDAR, le collectif AJIIR, le CLIIR, le COSAR et l’ensemble de la société rwandaise en Europe organisent en même temps une conférence-débat au Musée social, 5 rue Las-Cases, Paris 7ème, métro Solférino. Selon le communiqué, l’objet de la manifestation est de soutenir cette décision du juge français, de « protester contre l’impunité au Rwanda et l’impartialité du Tribunal pénal international». Mais il est à noter qu’une autre manifestation s’est déroulée le 6 décembre contre cette décision.

P6 : LIVRES

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LIRE TEMOIGNAGE AU SUJET DE LA PRESENCE FRANCAISE AU RWANDA DES ANNEES 90… pp7-8.


 

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Un cœur à la dimension du mondeéditorial

 

 

 

Au nom d’une vraie solidarité …

 

La mondialisation qui a touché tous les domaines de la vie planétaire, de l’économie à la technologie et de la politique à la culture, n’a malheureusement pas encore encré sa logique dans le cœur humain. La recherche du plus commun diviseur se répand pour adapter un produit familial ou communautaire à un format universel, mais l’universalité des valeurs fondamentales peine à gagner les cœurs de tous les hommes. L’individualisme, le racisme, l’exclusion, le communautarisme et les mouvements sectaires se multiplient dans nos sociétés actuelles. Ce qui creuse davantage d’inégalités dangereuses entre les hommes.

 

Les initiatives inutiles

Certains entreprennent des projets d’appui au développement social, mais la société n’en bénéficie pas. Des actions charitables qui intéressent les membres de la communauté actionnaire perdent leur profondeur. De même la région où s’orientent des œuvres devrait être bien différente de celle d’où sortent les bienfaiteurs. Ainsi, aider plus loin de soi – de chez soi – devient aider mieux. La loi du mort kilomètre s’appliquerait à l’envers. Mais, cette optique est une vocation à part entière. Des femmes et des hommes qui ne pensent qu’à ceux qu’ils ne voient pas, ne connaissent pas, ne partagent ni race, ni origine géographique. Ceux-là connaissent la valeur de la vie dans son universalité. Ils soulagent les difficultés des gens, au-delà même du visible. Ils tentent de ressusciter les morts, quand ils se préoccupent des survivants. Et même si, évidemment la charité bien ordonnée commence par soi-même, ces initiatives ne sont pas inutiles.

G

 

… pour un Rwanda où la famille et la communauté se sont brisées

 

Dans un des pays de ce monde, le Rwanda, une guerre, puis un génocide ont détruit les valeurs familiales et communautaires. Les grandes dispersions des survivants ont engendré beaucoup d’orphelins et de veuves. Plus d’un million de personnes de cette catégorie, soit 20% de la population.

Je viens d’observer pendant plus de dix ans la vie des personnes exilées et d’enquêter, bien qu’à bâton rompu, sur la situation de voisinage au Rwanda. Plus rien de commun n’existe. L’injustice et la misère se côtoient. Les membres d’une même communauté ne peuvent plus se défendre. Les quelques valeurs communautaires ont cédé à l’individualisme béant issu des sentiments de peur (peur d’être assimilé à la personne pour qui je témoigne, un frère, un parent). Ce qui rend propice le renforcement d’autres vices.

Mais, la question qui reste posée est de savoir si les gens qui nient leurs frères devant la justice, peuvent être solidaire avec les gens du monde qu’ils ignorent.

Par contre il existe des valeurs universelles qui nous unissent tous, tel que la vérité et la solidarité. Raison pour laquelle nous en appelons au monde entier de prêter l’oreille à ce qui se passe au Rwanda dans les tribunaux populaires. L’adoption des enfants, l’aide aux familles démunies, les correspondances avec le monde entier peuvent sortir nos frères de cet enfermement.  Après tout, nous sommes d’une même famille humaine, il suffit que notre cœur soit grand comme le monde et que le monde soit aussi petit que la paume de notre main.

POUR UNE AMNISTIE GENERALE ET LA LIBERATION D’UN PEUPLE NON RESPONSABLE DU GENOCIDE

UN JUGE FRANÇAIS ACCUSE LE PRESIDENT RWANDAIS DE CRIMINEL, LE GOUVERNEMENT RWANDAIS COUPE LES RELATIONS DIPLOMATIQUES. 

  

Les Rwandais de la diaspora réunis dans le parti FDU condamnent fermement la réaction rwandaise.

 
Mme Ingabire Umuhoza Victoire
Présidente des Forces Démocratiques Unifiées 
dont le siège est au Pays Bas
 

D’après la déclaration rendue public le 25 novembre 2006, par l’opposition rwandaise, FDU - INKINGI,  celle-ci « regrette la décision unilatérale du gouvernement rwandais de rompre les relations diplomatiques avec l’Etat français. Cette décision a été prise par un conseil extra-ordinaire des ministres convoqué, expressément, le 24 novembre 2006 par le Général Paul KAGAME. Ceci constitue une fuite en avant dans l’espoir de manipuler l’opinion nationale et internationale pour que des criminels continuent d’échapper

à la justice.

Nous  considérons que le fait que la justice française, en toute indépendance et en réponse à des plaintes déposées par des justiciables ayant qualité pour saisir la justice en France, ait décidé d’engager des poursuites contre Paul Kagame et les neuf autres suspects pour  assassinats et complicité d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, à savoir l’attentat du 06 avril 1994 contre l’avion présidentiel rwandais, n’est en aucune façon un

acte hostile à l’Etat rwandais de la part de l’Etat français. »

Douze ans déjà, sous les barreaux. Les chiffres des condamnés, puis des accusés, puis des suspects, ne cessent de grimper. Un million déjà dans quelques mois, histoire de condamner le nombre de criminels à la hauteur de celui des victimes occasionnées.  Et finalement, on s’attend à ce que d’ici dix ans, tout le monde ou presque, aura passé quelques années sous les verrous de la justice rwandaise moderne. Et la population rwandaise sera majoritairement faite d’anciens prisonniers soumis à des corvées réglementaires pour le reste de leur vie. Tous les enfants rwandais qui ne sont pas orphelins du génocide auront au moins des parents corvéables.

De là à nous poser des questions sur cette allure catastrophiques des derniers temps au Rwanda. Si la justice doit encore attendre longtemps pour exister au Rwanda, pour quoi l’attendre en prison ou sous corvées.

Actuellement, les Rwandais perdent un jour de travail pour assister à des jugements où la vérité est monnaie très rare. Plus de 90% de personnes accusées ou condamnées doivent l’être à titre du crime de génocide.

L‘on peut déplorer la globalisation machiavélique qui n’a comme seul profit de réduire un peuple entier en esclavage en le condamnant de génocidaire. La poursuite de ces manœuvres ne traduit que l’initiative génocidaire elle-même.

Puisse le gouvernement rwandais et le Monde entier intervenir pour renverser la tendance ! Considérer qu’une très petite minorité de responsables politiques et militaires issus du gouvernement de l’époque et de la rébellion FPR sont les seules responsables du crime. Que les petits paysans ont été victimes à la fois de la pression et de la peur, de la pauvreté et de la guerre avant de commettre quelques forfaits dont la motivation n’était pas du tout le génocide. Des crimes d’assassinat non prémédités, involontaires vis-à-vis des traumatismes psychologiques que le pouvoir et les médias de la haine venaient de propager. Le contrôle de la raison n’était pas possible pour beaucoup. Ceci pris en compte, pas moins de 80% de dossiers seraient classés sans suite.

Ainsi, que seuls les auteurs vraiment responsables, les médias et les milices qui ont pris le peuple en otage après la mort du président Habyarimana, ainsi que les auteurs de cette mort, bien sûr, soient poursuivis, aussi bien au TPIR qu’à Kigali, afin que le soleil de la raison fasse éclore les fleurs de la paix.

 


 

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association

 

LE CENTRE DE LUTTE CONTRE L’IMPUNITE ET L’INJUSTICE AU RWANDA  (CLIIR) avertit le gouvernement britannique et dénonce la culture du mensonge du pouvoir rwandais. 
Extrait d’une Lettre ouverte aux autorités britanniques
Sa Majesté, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Ministre (tous),
 (…)
 L’objet de ce courrier concerne particulièrement le cas de quatre Rwandais pourchassés sur votre territoire par le régime du Président rwandais, le Général Paul KAGAME. Ces Rwandais, qui croyaient trouver la sécurité et la dignité humaine dans votre Royaume, sont devenus des hommes à abattre par le pouvoir de Kigali. Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda souhaite apporter sa modeste contribution pour empêcher que les autorités judiciaires britanniques tombent dans le piège du chantage permanent que les autorités rwandaises continuent d’exercer sur les pays occidentaux qui ont hébergé les intellectuels Hutu, une race très menacée et en voie de disparition au Rwanda. (…).
 – le Centre vous demande d’examiner avec la plus grande prudence tout mandat d’arrêt et toute demande d’extradition présentés par les autorités rwandaises, notamment pour des raisons suivantes:
 1) Mandats d’arrêt contre tout opposant réel ou supposé
2) La culture du mensonge imposée au peuple rwandais comme un «nouveau mode de vie»
3) L’existence de deux gouvernements parallèles: «l’invisible qui a réellement le pouvoir » et celui de « façade »
Au sujet du deuxième point, l’association prend un exemple sur le déroulement actuel des Tribunaux populaires GACACA – dont le cas le plus médiatisé a été celui du Père blanc belge Guy Theunis, où la majorité des problèmes du Rwanda sont liés à la culture du mensonge. 

« Cette culture a des racines qui remontent politiquement au temps de la monarchie et a été déjà  dénoncée en 1958 par un prêtre Tutsi, l’Abbé Stanislas Bushayija, curé de la paroisse Kamonyi. Dans son article intitulé «Aux origines du problème Bahutu au Rwanda», on lit notamment : «A vrai dire, les principes d’équité que les Belges voulaient faire prévaloir dans le domaine de la justice, de la propriété, de la liberté et des droits de la personne humaine quelle qu’elle fût, déroutèrent le Mututsi et le firent douter de la finesse de l’Européen.

Celui-ci lui parut plus un technicien, une sorte de magicien qu’un diplomate, comme le prouvent les expressions kinyarwanda encore courantes : Abazungu ntibazi ubwenge (les Européens ne sont pas malins).  Si le Mututsi reconnaît à l’Européen ses compétences dans le domaine technique, - électricité, physique, mathématique, etc., - s’il lui reconnaît l’intelligence du livre (ubwenge bwo mu gitabo), il déplore son absence de finesse d’esprit.  Savoir travestir la vérité, donner le change sans éveiller le moindre soupçon est une science qui fait défaut à l’Européen et que le Mututsi est fier de posséder. Le génie de l’intrigue, l’art du mensonge sont à ses yeux des arts dans lesquels il s’enorgueillit d’être fort habile : c’est là le propre du Mututsi et, par contagion et par réflexe de défense, de tout Munyarwanda ».
« C’est justement cette culture du mensonge qui empêche les Rwandais de mettre en place une véritable Commission Vérité, Justice et Réconciliation qui pourrait permettre aux Rwandais d’établir la vérité sur tous les dramatiques conflits politiques et ethniques qui ensanglantent le pays de l’époque monarchique à aujourd’hui. C’est cette culture qui a toujours empêché au Rwanda l’instauration d’un Etat de droit et de la démocratie, hier comme aujourd’hui. C’est cette culture qui fait qu’une oligarchie au pouvoir
aujourd’hui exploite et prend le peuple rwandais en otage.  
C’est cette culture qui fait que l’art de mentir et de travestir la vérité  est le premier critère de recrutement des nouveaux magistrats rwandais «sélectionnés» par les chefs militaires et politiques du Front patriotique Rwandais (FPR) impliqués dans les crimes de génocide et contre l’humanité au Rwanda, en Ouganda et en République Démocratique du Congo. Ce sont ces nouveaux magistrats, soumis à cette sorte de gouvernement parallèle dont le pouvoir occulte est immense, qui veulent exporter dans les pays occidentaux leur chasse à l’homme pratiquée au Rwanda et celle qu’ils mènent contre les intellectuels Hutu réfugiés dans votre Royaume et dans plusieurs autres pays du monde. C’est cette petite Mafia Tutsi qui organise la chasse à l’homme contre les quatre Rwandais réfugiés dans votre Royaume, à travers un système judiciaire qui lui est totalement soumis. Pour votre information, tous les anciens magistrats intègres, libres et indépendants ont été tués, limogés ou contraints de s’exiler (Voir notre Dossier sur l’Epuration ethnique de la Magistrature, publié en Avril 1997). »
 

Secours catholique-caritas international : 60 ans de charité.

 

La CARITAS très connue pour ses actions de solidarité en Afrique et dans le monde est l’œuvre du Secours Catholique. La délégation de l’Essonne, en région parisienne, a célébré l’anniversaire à Evry

 

A Evry, dans l’Agora, ce 22 octobre, nous avons accompagné une équipe du Secours Catholique de Dourdan dans la célébration de ce grand anniversaire de la Bonne Cause. Une dizaine de bénévoles tous sexagénaires ainsi que deux familles de Saint-Chéron et deux de Dourdan se sont noyées dans un public de plus de deux mille personnes issues de plusieurs nationalités présentes en France. L’universalité du Secours Catholique se lisait ouvertement. Mais en plus du service habituel, le plaisir était surtout au rendez-vous comme toutes les fêtes spectaculaires. L’acrobatie, la magie, la danse, la musique et la comédie musicale. Il n’y a pas eu de champagne versé, mais de gros cœurs se sont ouverts en images et en paroles.

« la charité d’aujourd’hui est la justice de demain »

Le mot charité qui fait grincer des dents à pas mal de gens aujourd’hui n’a pourtant pas perdu son sens d’origine. Dans l’article un des statuts fondateurs de 1946, il est stipulé que l’association vise à promouvoir la charité chrétienne. Dans l’allocution du président du Secours Catholique de l’Essonne, Georges Métrier, seule la méthode de travail évolue avec la transformation rapide de la société. Ainsi, la distribution de biens et de nourriture cède de plus en plus place à tout ce qui contribue à lutter contre l’exclusion.

Une autre attention particulière a été portée vers l’activité des bénévoles et leur besoin aussi. A travers eux qui sont souvent des personnes âgées vivant seules, le contact avec des familles en difficulté qui recourent à eux leur apporte la chaleur humaine. Et donner se confond avec recevoir.

M. Georges Métrier, président du Secours Catholique de l’Essonne et le Président du Conseil Général de l’Essonne, M. Michel Berson (photo ci-contre).

Un nouveau partenariat Secours Catholique – Conseil Général de l’Essonne

Michel Berson, Président du Conseil Général de l’Essonne, était invité d’honneur à cet anniversaire. Il a vivement félicité le Secours Catholique pour son combat effectif contre la grande fragmentation de la société moderne. Il reconnaît l’importance du rôle des associations dans la réduction des contrastes créés par la montée des richesses et l’extension de la pauvreté sous toutes ses formes. Le Conseil Général veut s’appuyer sur la proximité du Secours Catholique et sa méthode de travail bien élaborée pour agir ensemble. Il réaffirme que la culture du bénévolat n’est pas reconnue alors qu’elle demeure l’expression de la condition humaniste.

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Grands Lacs

 

La peine de mort sera-t-elle abolie un jour au Rwanda ?

La question est actuellement en débat et le nombre impressionnant des condamnés à mort en est la principale raison. Selon Maela Bégot, sociologue française partie enquêter dans les couloirs de la mort rwandais pour le collectif Ensemble contre la peine de mort (ECPM), « 1492 d’entre eux attendent dans les prisons surchargées du pays sans trop savoir quel sera leur sort. La majorité de ces personnes ont été condamnées pour des crimes commis dans le cadre du génocide », affirme-t-elle. « Mais il existe également de nombreux cas de personnes condamnées à mort pour des crimes de droit commun comme l’assassinat, le viol ou l’avortement, passibles de la peine capitale selon le code pénal rwandais. » Beaucoup estiment que ces chiffres risquent d’augmenter encore avec la nouvelle phase des procès des gacacas (tribunaux populaires mis en place pour accélérer les jugements des prisonniers du génocide de 1994) prévue pour ce mois de juin. « Près de 70 000 suspects de génocide sont susceptibles d’être condamnés », juge Domitille Mukantaganzwa, secrétaire exécutive du service national des juridictions gacaca, interrogée par Syfia International.

Certains militants des droits de l’Homme pensent donc que les autorités seront incapables d’exécuter une telle masse de gens. Pour Maela Bégot également, « il est impensable d’envisager des exécutions de masse qui provoqueraient sans aucun doute l’indignation internationale, comme cela a été le cas en avril 1998 ». 24 personnes avaient été fusillées publiquement dans différents stades du pays dans le cadre de la politique de « lutte contre l’impunité » entreprise par le gouvernement au lendemain du génocide. Attentif aux demandes d’une société encore traumatisée, celui-ci avait décidé d’en faire son cheval de bataille. Il n’y a cependant pas eu d’exécution au Rwanda depuis 1998. Les autorités appliquent depuis un moratoire de fait. Elles condamnent mais n’exécutent pas, d’où le nombre monumental des condamnés en attente dans les couloirs de la mort.

Le soutien américain et l’expérience irakienne.

La condamnation à mort récente de Sadam Hussein a donné beaucoup de satisfaction au Président américain G. Bush. Le Rwanda étant dans le précarré américain, il est fort possible que la position américaine pèse en faveur du maintien de cette peine capitale dans le code pénal rwandais.

Le Congo, enfin, démocratique.

La publication du verdict des urnes de la présidentielle du 29 octobre mercredi soir a été accueillie différemment à travers le pays. Dans les provinces de l’est du pays où le candidat Joseph Kabila Kabange a bénéficié d’un vote massif, la victoire de ce dernier a été saluée dans la liesse générale, tandis que dans celles de l’ouest, fief de son challenger Jean-Pierre Bemba, c’était le calme, a constaté radio okapi.net.

Zone de Texte:  La crise électorale caractérisée en grande partie par les querelles sur la nationalité et la filiation douteuses du candidat Joseph Kabila, aboutit ainsi à une accalmie démocratique. N’ayant pas pu prouver qu’il n’était pas Congolais, le peuple décide enfin de le garder au trône avec 58% des voix.  Au moins un président est élu pour la première fois, au Congo, après 46 ans d’indépendance.

Parmi les grands dossiers qui l’attendent, figurent l’unification du territoire en cours de démembrement politique et la paix dans l’Est avec la présence rwandaise toujours explosive.

 
UNE PLAINTE, LA PREMIERE CONTRE PAUL KAGAME
 
Monsieur Paul Rusesabagina qui tire sa notoriété du fil Hôtel Rwanda et dont les milieux politiques rwandais attendent la candidature aux prochaines élections présidentielles, écrit au Tribunal International pour le Rwanda en ces termes :
<<Objet : Plainte contre Le Général Paul Kagame et les membres du haut commandement Militaire du FPR.
Monsieur Le Procureur,
Je soussigné Paul Rusesabagina, citoyen rwandais né à Murama dans la préfecture de Gitarama Le 15 juin 1954, résidant à l’adresse ci-haut mentionnée et exerçant les métiers d’humanitaire et d’homme d’affaires, viens par la présente, m’adresser à votre compétence pour porter plainte contre Le Général Paul Kagame, Chef de l’armée du Front Patriotique Rwandais (FPR) ainsi que contre les membres du haut commandement militaire du FPR, et vous demande de les poursuivre pour crimes de guerre, crimes  de génocide et crimes contre l’humanité commis sur ma famille à la prise de ma région natale par Le FPR en juin 1994, et sur d’autres membres de la population  rwandaise, du 1er janvier 1994 au 31 décembre 1994. ( …) >>
Fait et signé à Bruxelles, le 15 novembre 2006. 
L’allure de la justice « gacaca »

Derrière ce tableau de résultat, un bilan accablant de la crise d’honnêteté des magistrats de la juridiction et l’incapacité aux citoyens de témoigner en faveur des inculpés, de peur d’être arrêtés et traduits devant ces cours auxquelles tout le monde est obligé d’assister, sacrifiant une journée de travail chaque semaine.

dépasse les attentes !

 

Se référant à l'enquête menée conjointement en juin par des experts juristes, s’adressant à IPS (inter press service news agency en juillet dernier) Mukantaganzwa déclarait que c’était une certitude que l'effectif total des personnes à comparaître devant les gacaca s'élevait à 761.446 génocidaires présumés, mais que l’introduction de nouveaux dossiers pouvait accroître ce chiffre et prolonger le mandat de cette juridiction au-delà de décembre 2007.

 

Effectivement, au mois d’octobre, déjà 694.614 personnes sont inculpées auprès de 6300 juridictions gacaca. 2000 autres juridictions n’avaient pas encore rendu leurs chiffres.

Durant ces trois derniers mois, 2546 personnes jugées ont été acquittées, 2718 condamnées à moins de 7 ans de prison, 3616 à une peine allant jusqu’à 12 ans de prison, 2724 à une peine allant jusqu’à 15 ans, 3452 à une peine allant jusqu’à 30 ans de prison.

Lors d’une conférence de presse, la Secrétaire exécutive des juridictions gacaca a mis en garde les personnes condamnées vis-à-vis du délit de récidive. Même les personnes acquittées ne sont jamais sûres de ne pas être de nouveau appréhendées et réintroduites en justice.

 

Modération des Grands Lacs – Automne 2006 – p4


Grands Lacs (suite)

Un pacte de sécurité et de développement signé dans la conférence de Naïrobi, le 15 décembre 2006

Angola, Burundi, République Centrafricaine, République du Congo, République démocratique du Congo, Kenya, Ouganda, Rwanda, Soudan, Tanzanie et Zambie.

 

 

 

Les 11 Chefs d’Etat présents dans cette deuxième conférence des Etats de l’Afrique des Grands Lacs ont signé le Pacte de sécurité et de développement, les engageant à tourner le dos

aux conflits frontaliers et à investir dans la démocratie, voie qui conduit au développement. Ce Pacte, ouvre le chantier d’énormes défis pour chaque pays.

Ce second sommet intervient après un premier sommet tenu à Dar Es-Salaam (Tanzanie) en novembre 2004, au cours duquel les chefs d’Etat de la région avaient signé une déclaration sur la paix, la sécurité, la démocratie et le
développement, au sortir de la guerre qui avait opposé
plusieurs d’entre eux en République démocratique du Congo. Le projet émanait du Conseil de sécurité et l’Onu qui appelaient en 2000 à une conférence internationale sur
la sécurité de la région.

Ont été également associés à cette conférence, des pays
cooptés, notamment le Botswana, l’Egypte, l’Ethiopie, le
Malawi, le Mozambique, la Namibie et le Zimbabwe. Bien sûr que l’on ne saurait oublier les Nations unies, l’Union
africaine, l’Union européenne, les organisations régionales qui ont pris une part active à sa mise en place.

Le thème principal de cette conférence est la paix, la sécurité et le développement de cette région aux immenses potentialités, mais confrontée à des guerres destructives qui ont appauvri ses populations, retardant ainsi son développement. L’objectif de cette conférence est ainsi de faire taire les armes, de favoriser la
convivialité politique au plan national et la coexistence
pacifique entre les Etats de la région pour sous-tendre la
promotion des peuples des Grands Lacs.

Au Burundi, passer du radicalisme au réalisme.

 

Si ceci ne devait contribuer à raviver plus de confrontations entre ethnies ou à exploiter abusivement la notion de majorité numérique ethnique, il existe désormais une ASSOCIATION INTERNATIONALE POUR LA SECURITE ET LA SOLIDARITE DE LA COMMUNAUTE TUTSI DU BURUNDI « SurviT- Banguka ». Celle-ci a récemment écrit aux autorités pour ce qu’elle appelle « l’unité des Barundi dans la diversité des communautés ethniques ». Ses chercheurs proposent déjà une « démocratie des communautés ». Tel est l’extrait de sa lettre aux autorités burundaises :

« … l’Association Internationale pour la sécurité et la Solidarité des Tutsi du Burundi, SurviT-Banguka, exhorte tous les Burundais épris de paix à refuser toute escalade à l’exclusion et à la violence.

 

Aussi invite-t-elle tout rescapé du génocide et/ou de l’exclusion ethnique à garder la sérénité et la lucidité pour investir ses efforts dans la promotion du système de gestion sociopolitique que des chercheurs en droit constitutionnel international et en science politique appliquées au Burundi ont désigné par « la démocratie des communautés ». La démocratie des communautés est un système sociopolitique qui respecte et rassure toutes les communautés ethniques du fait qu’elle est basée sur les principes de représentation de chaque communauté par des délégués que cette dernière s’est elle-même choisis, de cogestion et d’alternance interethniques à tous les niveaux institutionnels du pays, y compris au sommet de l’Etat.

Juvénal NDUWIMFURA, Président et

Pacelli NDIKUMANA, Vice-Président

Extrait du site : www.tutsi.org

 

Vos envois de colis au Rwanda ….

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LIVRES

 

 


recto

BURUNDI 1965 : LA 1ÈRE CRISE ETHNIQUE
Genèse et contexte géopolitique
Points de vue concrets, par Augustin Mariro
dans la collection
HISTOIRE AFRIQUE NOIRE Burundi  des Editions L’Harmattan.

Le 19 octobre 1965, éclatait au Burundi la première crise ethnique hutu/tutsi, aboutissement d'une série de manipulations politiques internes et externes, issues elles-mêmes de la période coloniale puis de la décolonisation en pleine Guerre froide Est/Ouest. Cette crise éclaire celles plus graves qui lui succéderont, notamment en 1972 et 1993. L'auteur procède par questionnement, en soulignant les ambiguïtés et les non-dits des politiciens de l'époque, et en replongeant le dossier d'octobre 1965 dans son contexte international (montée de la Chine maoïste, la "Révolution Sociale" au Rwanda, la Crise institutionnelle suivie de la Rébellion muleliste en R-D Congo).

ISBN : 2-7475-9021-6 • novembre 2005 • 272 pages

 

«Au cœur des crises nationales au Rwanda et au Burundi: La lutte pour les ressources»,

par Marc Rwamacumu.

Coédité par l’UNRISD (United Nations Research Institute for Social Development ) et L’Harmattan 2004

Exposé sur WWW.UNRISD.ORG: Comme son titre l’indique, est un livre qui explore les causes des crises qui, depuis des années, plongent la région des Grands lacs dans un cycle d’horreurs sans nom. Le livre, écrit par le chercheur burundais Marc Rwabahungu pour le compte de l’Institut, a été coédité avec les éditions L’Harmattan, dans leur série intitulée Etudes africaines.

Cet ouvrage très documenté vient à point nommé enrichir le débat actuel sur la région des Grands Lacs. Depuis la décolonisation, cette région offre au monde un spectacle de crise et de guerre: mouvement balancier de réfugiés, violations des droits de l’homme, crimes contre l’humanité, génocide, destruction de l’environnement et pillages.
L’auteur aboutit à la conclusion que les crises que l’on observe entre Hutu et Tutsi du Rwanda et du Burundi sont des symptômes d’un mal très profond qui résulte essentiellement de la lutte pour l’avoir et le savoir qui sont les piliers du pouvoir. Parallèlement à ce conflit saillant se greffe d’autres conflits Hutu-Hutu et Tutsi-Tutsi d’origine clanique, régionale et individuelle et qui expliquent les raisons de la haine entre les habitants de ces pays. Pendant les grandes crises, c’est le cocktail de ces haines qui conduit à l’implosion. L’analyse des conflits dans la région est complexe et doit tenir compte de plusieurs facteurs souvent peu ou mal connus.

 

 
LA RUE DE LA VIE
Mon pays, mon père et mon coeur
Poèmes du Rwanda
 

Un recueil de poème de Philippe Mpayimana

 

Zone de Texte:  aux Editions L’Harmattan, Paris.

 

43 poèmes ou 43 moments de réflexions de l'auteur au sujet d'un pays déchiré par la guerre et les massacres inter-ethniques. L'atteinte portée à l'unité de la famille et à l'épanouissement de son amour inspire ses thèmes. Il évoque les situations de l'école, la mort et l'exil comme élément séparateur. Une histoire qui se déroule sur 18 ans : de 1986 à 2004. Le temps qui vit son pays basculer du havre de paix à l'enfer du siècle. Mais aussi le temps qui mûrit son amour dont la lueur éclaire désormais la rue de la vie.

ISBN : 2-296-01017-2 • septembre 2006 • 94 pages

Prix éditeur : 11 € / 72 FF

 

 

La carte postale de la mémoire

et la réconciliation.

Par TUZAasbl pour 2€

Au verso vous avez une page vierge pour vos correspondances.

 

NOTRE JOURNAL VOUS SOUHAITE UN JOYEUX NOEL ET UN HEUREUX NOUVEL AN 2007. N’oubliez pas de faire un geste de solidarité à la fin et au début de chaque année.


 

 


La France au Rwanda, ce que je crois.

 

Mpayimana Philippe, journaliste.

 

 

Au mois d’avril 2004, j’ai eu l’honneur de répondre aux questions d’une journaliste de TV5 Monde. Le Président Paul Kagame venait d’humilier la France

Zone de Texte:

publiquement au stade de Kigali, en exigeant qu’elle présente ses excuses au peuple rwandais pour  « sa responsabilité dans le génocide ». Je considérais cette position de l’ancien chef rebelle rwandais comme une revanche déplacée contre celui qui a soutenu son adversaire, le gouvernement Habyarimana. J’ai demandé à ce que tous les rôles positifs de la coopération militaire française avant le génocide et ceux de l’opération turquoise qui a mis fin au génocide soient aussi pris en considération afin que les milliers de rescapés Tutsi et Hutu qui doivent leur vie à l’opération turquoise puissent témoigner librement du salut français.

Si le traître silence naturel des Rwandais risque de compromettre l’éclosion de la vérité, le développement bicéphale de l’actualité des relations franco-rwandaises va exposer prématurément au monde la triste réalité de la division cataclysmique du peuple rwandais et le sens de sa tragédie.

En France, deux manifestations différemment organisées par « la communauté rwandaise de France » se déroulent actuellement, le 6 et le 22 décembre ; l’une contre l’autre pour la décision du juge terroriste français Bruguière d’inculper le président Kagame pour son rôle dans le déclenchement du génocide. L’occasion de dévoiler le conflit ethnique qui oppose les Rwandais l’éclate au grand jour, alors que tous les programmes d’éducation civique dans ce pays s’efforcent « avec succès » de taire toute expression des différences sociales ou raciales. Je ne trouve pourtant pas défavorable à la paix et au développement national, les différences naturelles.

L’engagement de la France au Rwanda, comme nous l’entendions dans nos mentalités de jeunes citoyens, n’a jamais été dirigé en faveur d’une ethnie contre une autre. Ses causes ont toujours été justes. Quand tous les partis politiques d’opposition ont demandé à la France de se retirer du Rwanda en 1993 sous la demande du front rebelle, elle s’est retirée et ce qui a suivi, tout le monde le sait. La France n’avait même pas le droit de participer à la mission onusienne de maintien de la paix, dont elle est pourtant la grande artisane qui a pesé dans l’accord de paix d’Arusha du 4 août 1993. Elle pouvait faire valoir son droit de participer à la mission de soutien de sa mise en application, la MINUAR. Celle-ci, qui a été présente, a eu joué un grand rôle dans cette histoire, mais nous remarquons que le Général Roméo Dallaire et l’ONU ne s’inquiètent de rien.

Le développement des relations entre le Rwanda et la

France n’a rien perdu de la divergence d’opinion sur des crises internationales entre la France et les Etats-Unis principalement, mais le ralliement du Rwanda du côté anglo-saxon abuse de cette position visiblement non française pour casser profondément les liens pourtant naturels que tous les peuples du monde partagent, à savoir la défense des droits humains et des valeurs universelles telle la vie d’un peuple, la vie des citoyens. C’est ceci, je pense, qui a toujours motivé la France à intervenir dans nos pays. D’autres motivations peuvent certainement exister, mais pas celles de commettre des crimes allant au génocide, encore moins au Rwanda. L’implication actuelle de la France dans notre crise est plutôt une distraction d’un peuple vis-à-vis de l’analyse intrinsèque de ce qui le ronge. C’est la façon de brouiller les cartes pour qu’à jamais aucune voix salvatrice des personnes abandonnées par le Monde, comme les réfugiés hutu du Congo, ne se lève.

Les quelques images de l’armée française de l’opération turquoise que j’ai au Rwanda et les imageries populaires rwandaises que j’en ai entendu, convergent vers une force qui est venue sauver les Tutsi plus que les Hutu. La seule option qui pouvait avoir un cachet pro-hutu aurait été de combattre militairement le FPR, mais cela ne figurait pas dans la mission. Si l’interposition française au Rwanda a contré l’avancée de la rébellion dans une grande partie du pays, le résultat appréciable fut l’arrêt des hostilités et la protection de la population menacée dans cette partie du pays. La présence française dans la zone turquoise a rassuré en premier lieu les Tutsi qui étaient menacés d’extermination par les miliciens interahamwe. 8000 dans le camp de Nyarushishi et plusieurs autres milliers dans la zone, principalement à Bisesero, entre juin et août 1994.

Des soldats français arrêtent trois Hutus rwandais lors de l'opération "Turquoise" au Rwanda, le 3 juillet 1994. | GAMMA/QUIDU NOEL

GAMMA/QUIDU NOEL

Des soldats français arrêtent trois Hutus rwandais lors de l'opération "Turquoise" au Rwanda, le 3 juillet 1994.


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Le 26 mai 1994, j’étais au village de Mahoko dans la préfecture de Gisenyi. J’étais moi-même coincé dans l’impossibilité de rejoindre ma région natale au sud. Les Français ont débarqué pour la première fois dans la localité. Les villageois les ont acclamés, se sont rassemblés et les ont écoutés. J’ai vu subitement des milliers de jeunes « miliciens » disparaître dans les bananeraies tout autour, tandis que les Français continuaient à enquêter de particulier en particulier. Les jours qui ont suivi, nous apprenions qu’un, deux, trois ou plusieurs rescapés Tutsi ont été repêchés par les Français et que par contre, les interahamwe capturés étaient attachés aux radeaux que des hélicoptères emportaient avant de les lâcher dans le vide au-dessus de la forêt de Nyungwe. Vrai ou faux, cette imagerie populaire transmet la conception du paysan de cette époque. La France était totalement contre la force génocidaire.

Le 12 mars 1997, j’étais à Ubundu au sein de trois cent mille réfugiés après la destruction du grand camp de Tingi-Tingi. Le Secrétaire d’Etat Français à l’action humanitaire Xavier Emmanuelli y a effectué une visite. Il s’est adresse de manière générale à la population en détresse et le souhait de la France était de sauver des vies humaines. Loin de pactiser avec une quelconque force politique ou militaire réfugié, il est resté partisan d’une intervention humanitaire qui malheureusement n’a jamais eu lieu. S’il y avait eu le moindre acte compromettant, la presse s’en serait emparée.

Des confusions graves qui persistent méritent d’être levées. Que le monde distingue les forces du mal des forces armées légalement constituées. L’amalgame qui profite aux idéologues de la division consiste à mettre les anciennes forces armées rwandaises dans le camp des miliciens génocidaires. Ces milices, quoique insaisissables de part leur organisation plus ou moins opaque, sont pourtant une réalité. Les quelques éléments de l’armée républicaine qui se seraient détachés pour entraîner les forces du mal sont condamnables. Mais aussi l’assaut massif de la jeunesse rwandaise dans l’armée aux grandes heures de la confrontation rebelle-gouvernement ne doit pas signifier la constitution de milices. Si parmi les

militaires à former la coopération militaire française aurait eu affaire avec cette  catégorie de soldats, il n’y aurait pas de rapport avec le génocide. Ce que je crois, c’est que parallèlement à l’armée, comme parallèlement à la radio nationale (mon domaine), des structures illégales, se sont développées dans le cadre des partis politiques. C’est dans ce seul cadre qu’une structure militaire ou médiatique fondée avec un gène de violence peut être circonscrit et condamné. Si la France s’est ralliée quelque part avec un responsable de parti dans ce cadre, elle serait digne de poursuite.

Malheureusement, les autorités actuelles du Rwanda ne veulent apparemment pas aller au fond des choses. Voir l’intérêt national à très long terme, sans se limiter à ce qui nuirait au gouvernement en place. Juger un membre du gouvernement n’est pas juger un Etat, et inversement introduire un Etat dans une querelle extra-nationale n’est pas digne d’un dirigeant responsable. L’occasion qui s’offre à tout chef d’Etat issu de l’opposition en général ou de l’ex-rébellion en particulier, actuellement, ne devrait pas être de démontrer sa raison, mais sa compréhension.

Pour le cas de nos pays qui sortent de la guerre, les chefs d’Etat sont des « hommes forts » qui ne seraient pas obligés de recourir à la fraude électorale pour se convertir en démocrates. Il suffit d’adopter des simples démarches de la Paix et du rassemblement. Le président rwandais peut très facilement s’affranchir des accusations actuelles, s’il parvenait à transmettre son image de rassembleur et d’homme de paix, à renoncer catégoriquement à toute attitude liée à son passé de maquisard, de rebelle et de pseudo-terroriste. Il est bien placé pour demander pardon au peuple rwandais et obtenir une absolution internationale. Ce n’est pas en excluant un Etat comme la France de son système diplomatique et en maintenant un langage globaliste contre ce qu’il appelle « aucun pardon aux génocidaires hutus réfugiés au Congo» qu’il surmontera la crise. Il n’est pourtant pas trop tard pour poser des grands gestes napoléoniens, en abolissant la peine de mort et en amnistiant des milliers de prisonniers accusés de participation à un crime dont eux-même sont victimes – car seuls les auteurs du génocide en sont coupables.

Telle est ma contribution à la paix du Rwanda.

 

 
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