RAINBOW
WARRIOR EXPLOSÉ EN OCÉANIE
histoire
du rainbow warrior
Un groupe de militants nord-américain pacifistes et écologistes
embarque à bord du Phyllis Cormack, un bateau de pêche, pour
rejoindre le site des essais nucléaires d'Amchitka en Alaska. Ces
"combattants de l'arc en ciel" veulent s'interposer, en se plaçant
au centre de la zone d'essai, pour empêcher l'explosion de la bombe.
Ils baptisent leur mouvement : "Don't make a wave" "Ne faites pas de vague".
L'engagement de ces militants d'un genre nouveau est couronné de succès.
Dès 1972 les Etats Unis cessent les essais nucléaires atmosphériques.
Très vite, le groupe cherche un nom plus évocateur de sa double
préoccupation : environnement et pacifisme. Les termes "green" (vert)
et "peace" (paix) sont ceux qui résument le mieux leur démarche.
Greenpeace est né !
1972 : Première campagne contre les essais nucléaires français
Après la victoire sur les Etats Unis, la France, est, à cette
époque, la seule puissance nucléaire occidentale à effectuer
des essais nucléaires atmosphériques. Paris s'apprête
à lancer un nouvel essai sur l'atoll de Moruroa, dans le Pacifique
Sud. Via la presse néo-zélandaise, Greenpeace recrute des volontaires
prêts à s'opposer à ces essais. David McTaggart et un
équipage de cinq hommes appareillent le 30 avril sur un ketch de 12
mètres, le Véga. Après de nombreuses intimidations,
la marine Française éperonne le Véga, l'obligeant à
accoster à Moruroa. Le bateau est fortement endommagé.
L'équipe du Véga n'a pu que retarder l'essai, pas l'empêcher.
L'année suivante, le Véga retourne à Moruroa. Les militaires
français arraisonnent le bateau et brutalisent McTaggart qui perdra
partiellement l'usage d'un oeil. Un membre de l'équipage à
cependant pu filmer toute la scène à l'insu des militaires
français. Une photo montre clairement les commandos français
tabassant un équipier du Véga. La version des autorités
françaises, qui prétendait que McTaggart s'était blessé
en glissant, est contredite. La presse internationale relate ces incidents,
la France stoppe ses essais nucléaires atmosphériques dès
1974.
1975 : Sauvons les baleines
La chasse commerciale des baleines étant pratiquée depuis
des années de façon intensive, un nombre croissant d'espèces
est en voie d'extinction. A la conférence des Nations Unies, en 1972,
un appel quasi unanime est lancé pour l'adoption d'un moratoire de
dix ans, Interdisant toute chasse. Les nations baleinières ignorent
cet appel.
Greenpeace décide alors d'aller affronter les baleiniers sur leur
propre terrain, et prend pour cible, à bord du Phyllis Cormack, la
flotte baleinière soviétique. Les activistes s'interposent
entre les harponneurs et leurs cibles. Un harpon frôle les protestataires
et s'en va blesser un cachalot. A nouveau, l'image des zodiacs de Greenpeace
tentant de s'interposer entre les baleiniers et les cachalots fait le tour
du monde. Tout au long des années suivantes, Greenpeace va conduire
d'autres actions contre les flottes du Japon, de la Norvège, de l'Islande,
de l'Espagne, de l'Australie, de l'ex Union Soviétique et du Pérou,
sur toutes les mers du globe. En 1982 c'est la victoire : La Commission Baleinière
Internationale adopte un moratoire non limité sur la chasse commerciale.
En 1994, à l'initiative notamment du gouvernement français,
la même commission établi le sanctuaire baleinier des mers australes
autour de l'Antarctique. Le Japon et la Norvège, vont toutefois, sous
couvert de recherche scientifique, perpétuer le massacre.
De 1975 à 1985
En 1977, les premiers bureaux européens sont ouverts à Paris
et Londres. Après le Canada est les Etats Unis l'organisation s'implante
également en Allemagne, au Pays Bas, en Espagne, dans les pays scandinaves
et en, Océanie. De nouvelles campagnes sont conduites, notamment contre
les pollutions par les produits toxiques. Greenpeace s'oppose à l'immersion
des déchets toxiques mais aussi radioactifs en mer. En 1983, les militants
français révèlent la disparition de 41 fûts de
déchets venant du dramatique accident de Seveso. L'opposition au commerce
des déchets devient un sujet d'attention majeur pour Greenpeace. L'organisation
redouble également d'efforts pour mener à bien ses campagnes
prioritaires de lutte contre les essais nucléaires et la chasse baleinière.
1985 : On ne coule pas un arc en ciel !
Le Rainbow Warrior, navire amiral de Greenpeace a déjà une
belle histoire à son actif. Il a été la pièce
maîtresse des campagnes contre les baleiniers, l'immersion des déchets
radioactifs, le massacre des phoques gris... En 1983, en pleine guerre froide,
il pénètre dans les eaux interdites de Sibérie pour
documenter le massacre des baleines grises. En 1985, le Rainbow Warrior appareille
pour l'atoll de Rongelap, dans le Pacifique-Sud. A la suite d'essais nucléaires
américains effectués de 1946 à 1956, des poussières
radioactives ont recouvert Rongelap. Les répercutions sur la population
locale sont désastreuses : cancers, leucémies, malformations
génitales en nombre très élevé. Au cours de l'opération
"Exode" Greenpeace évacue toute la population de Rongelap vers l'île
de Mejato. Après avoir pris soin de ces premiers "réfugiés
de l'environnement", le Rainbow Warrior cingle alors vers Auckland, d'où
il doit repartir vers le site nucléaire français de Mururoa.
Le 10 juillet 1985, deux explosions secouent la coque du navire alors qu'il
mouillait dans le port d'Auckland. Le Rainbow s'enfonce dans les eaux du
port.
Fernando Pereira, photographe et compagnon de Greenpeace, trouve la mort
dans l'attentat. Le sabotage est évident. Les faux époux Turenge,
qui sont en fait le Capitaine Prieur et le commandant Mafart agents des services
secrets, sont rapidement arrêtés. Dans les semaines qui suivent,
les preuves contre le gouvernement français s'accumulent.
Sous la pression internationale, celui-ci finit par reconnaître les
faits. Le bateau a bien été coulé par les services secrets
français qui ont agi sur ordre, probablement du Président Mitterrand…
Charles Hernu, ministre de la défense du gouvernement Mauroy démissionne.
La tragédie a mis en lumière, dans le monde entier, le combat
de Greenpeace, lui donnant encore plus de force et de détermination
pour poursuivre ses missions. En France cependant, une campagne de désinformation
est orchestrée avec vigueur par les autorités. Il s'agit de
faire passer la France pour une victime, l'agresseur n'étant autre
que Greenpeace, organisation étrangère probablement manipulée
par des intérêts ennemis… La manipulation est efficace et la
suspicion entretenue coupe l'organisation du soutien de son public. Le bureau
français de Greenpeace est contraint de fermer ses portes en 1987.
1989 : Réouverture de Greenpeace France
Il faudra attendre 1989 pour que Greenpeace reparte, en France, sur de nouvelles
bases. La nouvelle équipe reprend le flambeau et engagent ses principaux
combats : arrêt des essais nucléaires français dans le
Pacifique, interdiction de l'immersion des déchets radioactifs, interdiction
de l'incinération des déchets en mer. Greenpeace continue à
étendre ses activités dans le monde. Un bureau est ouvert en
Russie. L'organisation met alors en évidence le danger qui pèse
sur la mer de Barentz et la presqu'ile de Kara où pourrissent les
sous marins nucléaires de l'ex-empire soviétique. Ce combat
sera ensuite poursuivi par le Capitaine Nikitine, ancien officier de l'armée
russe, et l'association norvégienne Bélonia. A la même
époque Greenpeace effectuera les premières images prouvant
que les russes continuent à immerger des déchets radioactifs
au large de leur côte orientale. Les applications civiles et militaires
de l'énergie nucléaire restent une préoccupation majeure
de Greenpeace. En 1992, à la veille du Sommet de la Terre à
Rio, le Président Mitterrand annonce qu'il suspend son programme d'essais
atomiques dans le Pacifique. Mais le Président Chirac, accédant
au pouvoir en 1995, relance ce programme nucléaire militaire. Il faudra
une nouvelle confrontation dans le Pacifique sud pour qu'il mette fin prématurément
à la campagne d'essai nucléaire qu'il avait programmé.
Dès 1996, la France s'engage à ratifier le Traité d'interdiction
définitive des essais nucléaires. Les autres pays du "club
nucléaire" sont aussi la cible de l'organisation qui protestera jusque
sur la place Tiannmen à Pékin pour obtenir un engagement du
gouvernement Chinois. Greenpeace en France peut alors se consacrer à
d'autres sujets importants: l'interdiction définitive des filets dérivants
dans les eaux européennes, l'opposition à la dissémination
commerciale des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM)
et toujours la lutte pour sortir au plus vite du nucléaire