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Je suis un coureur des bois et mon travail consiste à
aller chercher des fourrures chez les tribus amérindiennes qui vivent
dans des régions très éloignées. Ce sont les
amérindiens qui trouvent les animaux, les piègent et les
nettoient et dans certains cas, ils portent la peau de l’animal pour l’assouplir
et la rendre plus grasse. Les peaux de castor engraissées sont les
plus demandées en France.
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Beaucoup de mes semblables sont des colons qui comme
moi délaissent leur terre pour rechercher le goût de l’aventure
et gagner de l’argent rapidement. Nous avons eu un congé de traite,
donné par les autorités et nous sommes donc à l’emploi
d’un traiteur. Le traiteur est celui qui achète mes fourrures pour
les envoyer en France.
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Mon travail est dangeureux et pénible et il faut
être très en forme pour le faire. Je peux partir en vogage
pour une période d’un an à dix-huit mois et parcourir de
grandes distances (plus de 2500 km) en canot et à pied. Il faut
faire du portage pour éviter les rapides et les chutes d’eau. Je
dors à la belle étoile sous mon canot pour me protéger
de la pluie et l’hiver, je creuse un trou dans la neige et je fabrique
un lit avec des branches de sapin ou de cèdre. Je n’ai qu’une seule
couverture pour me réchauffer. J’utilise des raquettes et
un toboggan pour transporter mes fourrures l’hiver.
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J’emporte très peu d’objets personnels pour laisser
plus d’espace aux marchandises de troc. Mes effets personnels sont mon
fusil et mes munitions, mon couteau, ma couverture et quelques provisions
pour me nourrir.
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Les marchandises pour l'échange de fourrures,
au moment du troc, sont principalement des fusils, des haches, des couvertures,
des chaudières et de l’alcool. Malheureusement, les amérindiens
réagissent violemment à l'eau-de-vie, c'est pourquoi le clergé
interdit le commerce de l'alcool avec eux. |
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Mon costume est emprunté aux amérindiens.
Je porte des mitasses, des mocassins et le brayet. Les mitasses sont des
guêtres qui se portent sur les mollets pour les protéger des
herbes et des branches pendant les longues marches. Le brayet est une culotte
courte. Les mocassins sont des souliers faits de peau d’orignal. Je porte
un gilet de laine ou de fourrure ainsi qu’un bonnet de castor. |
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Mes journées sont longues et peuvent durer dix-huit
heures. J’arrête seulement pour manger et dormir. Je peux souvent
parcourir des distances de 70 kilomètres par jour.
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Je dois manger des aliments riches pour poursuivre ma
route; mon menu se compose principalement de lard salé, de maïs
et de pois accompagnés de biscuits de froment et parfois d’animaux
que j’ai chassés.
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Je me rends directement chez les Amérindiens pour
échanger mes marchandises contre des peaux. Je fais du troc pour
obtenir des peaux de castor, de loutre, de renard, de vison, de martre,
de carcajou et de loup. Je prends également les peaux d’ours, d’orignal
et de chevreuil. Je passe l’hiver entier dans un village amérindien;
l’hiver est la meilleure saison pour la chasse car le pelage des animaux
est plus épais et plus soyeux.
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Je retourne en début d’été chez
le traiteur avec mon canot plein de fourrures pour me faire payer et ensuite
retrouver ma belle. |