30 ao�t 2004

En 2008, la Chine vise la plus haute marche

Alain Leauthier

Sur un mur d'immeuble, juste en face du centre de presse d'Oaka, une banderole rouge �toil�e et ces mots, hier : �Merci aux athl�tes chinois. A vous revoir � P�kin, 2008.� Pendant pr�s de trois semaines, le message avait �t� d'encouragement : �Bienvenue aux athl�tes chinois.� Des tissus ou des drapeaux aux couleurs de la r�publique populaire de Chine, le public en a vu partout � Ath�nes. Dans les stades. Les h�tels. Les caf�s. Au village olympique. Au village m�dia. Comme un avant-go�t du raz de mar�e qui se pr�pare � domicile.

Subtil balancement
L'empire du Milieu n'a pas rat� ses JO grecs : il est deuxi�me au nombre de m�dailles d'or, derri�re les Etats-Unis, troisi�me derri�re la Russie en nombre absolu. Dans un interminable discours liminaire, bien dans la double tradition de la hi�rarchie confuc�o-communiste, Yuan Weimin, le pr�sident du Comit� olympique chinois (COC), a analys�, sport par sport, discipline par discipline, les r�sultats de ses 639 athl�tes pr�sents � Ath�nes. Conclusion : �Nous avons trois m�dailles d'or de plus qu'� Sydney et des m�dailles de toutes couleurs dans beaucoup plus de comp�titions. Donc nous progressons, notamment dans des secteurs o� n'existions pratiquement pas, mais nous n'avons pas encore la premi�re place. Ce qui ne veut pas dire que nous ne pourrons pas la prendre un jour.�

Tout l'art de la diplomatie chinoise (sportive, en l'occurrence) tient dans ce subtil balancement entre la modestie apparente et le contentement n�cessaire pour �aller de l'avant�. Justement, dans la glorieuse perspective 2008, ils y vont. Avec des moyens �importants mais qui demeurent raisonnables, couverts � 50 % par l'Etat et � 40 % par des soci�t�s priv�es�, selon Li Furong, autre dirigeant du COC. Pour les Jeux d'Ath�nes, a-t-on appris, l'enveloppe globale �tait d'� peu pr�s 100 millions de dollars.

Pour 2008, �on a �valu� les besoins et on va op�rer des r�ajustements�. Ne pas en demander plus. Est-il besoin de pr�ciser que la Chine, elle, n'entend pas prendre le moindre retard dans sa pr�paration ? Celle des sites, d'abord, Jacques Rogge ayant m�me d� demander aux organisateurs de ralentir leur marche forc�e pour �viter les frais d'installations inoccup�es des ann�es � l'avance. La strat�gie pour gagner : �Nous concentrer sur nos points les plus forts afin d'avoir une sup�riorit�.� Mais sans n�gliger pour autant les secteurs faibles.

Pari. Nationalistes mais pragmatiques, les dirigeants du sport chinois n'h�siteront pas � faire appel � des entra�neurs �trangers si besoin est. C'est d�j� le cas pour le hockey, le hand, le basket, le cano�-kayak. Rien n'est ferm�. �Nous allons en inviter d'autres. Il est dans notre politique d'ouverture au monde d'apprendre, pour forger ensuite notre propre exp�rience et notre propre mod�le�, a pr�cis� Yuan Weimin. On parle de sport, bien s�r. L'objectif est, �videmment, d'�tre meilleur qu'� Ath�nes. Oui mais encore ? D�passer les Etats-Unis, la Russie ? Dominer l'Asie, Japon en t�te, dont Rogge a vant� le dynamisme ? �a, Weimin ne peut ni ne veut le dire aussi brutalement. Mais il n'y a gu�re de doute. Le pari sera � peu pr�s � ce niveau : la plus haute marche du podium mondial.


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Guy Maguire, webmestre, SVPsports@sympatico.ca
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