| VERLAINE PARLE DE SES CONTEMPORAINS... | ||||||
| TEXTE EXTRAIT DE " CHARLES BAUDELAIRE " ������������������������������������������������������������������������ Parlez de Charles Baudelaire � quelques-uns de ces amateurs qui forment le z�ro des cent cinquante Parisiens na�fs assez pour lire encore des vers, il vous r�pondra infailliblement, ce z�ro, qui est un multiplicateur, par le clich� suivant : " Charles Baudelaire, attendez donc. Ah! oui ! celui qui a chant� la Charogne ! " Ne riez pas. Le mot m'a �t� dit, � moi, par un " artiste ", et � d'autres, peut-�tre bien par vous, lecteur... Voil� pourtant comme se font les r�putations litt�raires dans ce pays �minemment spirituel qui a nom la France, comme chacun sait. C'est, du reste, un peu l'histoire des Rayons jaunes , le plus beau po�me � coup s�r, de cet admirable recueil, Joseph Delorme ; que pour mon compte je mets, comme intensit� de m�lancolie et comme puissance d'expression, infiniment au-dessus des j�r�miades lamartiniennes et autres.Le public et la critique firent, en ce temps-l�, des plaisanteries fort d�licates sur le pauvre Werther carabin, pour me servir du foudroyant bon mot de ce po�tique M. Guizot . Le public est bien toujours le m�me. La critique, reconnaissons-le, comprend mieux ses devoirs qui sont, non de hurler avec les loups et de flatter les go�ts du public, mais de le ramener, ce public hostile ou indiff�rent, au v�ritable criterium en fait d'art et de po�sie, et cela de gr� ou de force. Le public est un enfant mal �lev� qu'il s'agit de corriger. La profonde originalit� de Charles Baudelaire, c'est, � mon sens, de repr�senter puissamment et essentiellement l'homme moderne; et par ce mot, l'homme moderne, je ne veux pas, pour une cause qui s'expliquera tout � l'heure, d�signer l'homme moral, politique et social. Je n'entends ici que l'homme physique moderne, tel que l'ont fait les raffinements d'une civilisation excessive, l'homme moderne, avec ses sens aiguis�s et vibrants, son esprit douloureusement subtil, son cerveau satur� de tabac, son sang br�l� d'alcool, en un mot, le bilio-nerveux par excellence, comme dirait H.Taine.Cette individualit� de sensitive, pour ainsi parler,Charles Baudelaire, je le r�p�te, la repr�sente � l'�tat de type, de h�ros, si vous voulez bien.Nulle part, pas m�me chez H. Heine, vous ne la retrouverez si fortement accentu�e que dans certains passages des Fleurs du mal . Aussi, selon moi, l'historien futur de notre �poque devra, pour ne pas �tre incomplet, feuilleter attentivement et religieusement ce livre qui est la quintessence et comme la concentration extr�me de tout un �l�ment de ce si�cle. Pour preuve de ce que j'avance, prenons, en premier lieu, les po�mes amoureux du volume des Fleurs du mal . Comment l'auteur a-t-il exprim� ce sentiment de l'amour, le plus magnifique des lieux communs, et qui, comme tel, a pass� par toutes les formes po�tiques possibles? En pa�en comme Goethe, en chr�tien comme P�trarque, ou, comme Musset, en enfant ? En rien de tout cela, et c'est son immense m�rite. Traiter des sujets �ternels, - id�es ou sentiments, -sans tomber dans la redite, c'est l� peut-�tre tout l'avenir de la po�sie, et c'est en tout cas bien certainement l� ce qui distingue les v�ritables po�tes des rimeurs subalternes. L'amour, dans les vers de Ch. Baudelaire, c'est bien l'amour d'un Parisien du XIX si�cle, quelque chose de fi�vreux et d'analys� � la fois; la passion pure s'y m�lange de r�flexion, et si les nerfs �garent par moment l'intellect, en d�cuplant l'action des sens, le nescio quid amarum de Lucr�ce, qui n'est autre que l'incompressible essor de l'�me vers un id�al toujours reculant, fait entendre sans cesse � l'oreille obs�d�e son implacable rappel � l'ordre. Me suis-je bien fait comprendre ? ( ... ) ... La po�tique de Charles Baudelaire qui, s'il n'avait eu soin de la p�remptoirement formuler en quelques phrases bien nettes, ressortirait avec une autorit� suffisante de ses vers eux-m�mes,peut se r�sumer en ces lignes extraites, �� et l�, tant des deux pr�faces de sa belle traduction d'Edgar Poe que de divers opuscules que j'ai sous les yeux. " Une foule de gens se figurent que le but de la po�sie est un enseignement quelconque, qu'elle doit tant�t fortifier la conscience, tant�t perfectionner les moeurs, tant�t enfin d�montrer quoi que ce soit d'utile... La Po�sie, pour peu qu'on veuille descendre en soi-m�me, interroger son �me, rappeler ses souvenirs d'enthousiasme, n'a d'autre but qu'elle-m�me; elle ne peut en avoir d'autres et aucun po�me ne sera si grand, si noble, si v�ritablement digne du nom de po�me, que celui qui aura �t� �crit uniquement pour le plaisir d'�crire un po�me... " - � ...La condition g�n�ratrice des oeuvres d'art, c'est-�-dire l'amour exclusif du Beau, l'id�e fixe. � A moins d'�tre M. d'Antragues, on ne peut qu'applaudir et que s'incliner devant desid�es si saines exprim�es dans un style si ferme, si pr�cis et si simple, vrai mod�le de prose et vraie prose de po�te.Oui, l'Art est ind�pendant de la Morale, comme de la Politique, comme de la Philosophie, comme de la Science, et le Po�te ne doit pas plus de compte au Moraliste, au Tribun, au Philosophe ou au savant, que ceux-ci ne lui en doivent. Oui, le but de la Po�sie, c'est le Beau, le Beau seul, le Beau pur, sans alliage d'Utile, de Vrai ou de Juste. Tant mieux pour tout le monde, si l'oeuvre du po�te se trouve, par hasard, mais par hasard seulement, d�gager une atmosph�re de justice ou de v�rit�. Sinon, tant pis pour M. Proudhon. Quant � l'utilit�, je crois qu'il est superflu de prendre davantage au s�rieux cette mauvaise plaisanterie. Une autre guitare qu'il serait temps aussi de rel�guer parmi les vieilles lunes et qui, non moins b�te, est plus pernicieuse, en ce sens, qu'un peu de vanit� pu�rile s'en m�lant, elle fait des dupes jusque chez les po�tes, c'est l'Inspiration, l'Inspiration ce tr�teau! - et les Inspir�s - ces charlatans! - Voil� ce qu'en dit Baudelaire, et tous les artistes l'en remercieront comme d'une bonne justice faite : " ...Certains �crivains affectent l'abandon, visant au chef d'oeuvre les yeux ferm�s, pleins de confiance dans le d�sordre et attendant quc les caract�res jet�s au plafond retombent en po�me sur le parquet... les amateurs du hasard, les fatalistes de l'inspiration.... les fanatiques du vers blanc... " Comme cela vous venge bien - n'est-ce pas ? - des luths , des harpes, des brouillards et des tr�pieds ?ces quelques mots d�daigneux et cinglants. Quels coups de cravache, sonores et doux � l'oreille, appliqu�s - combien d�ment ! - sur les reins de ces �nergum�nes de com�die qui vont hurlant : Deus, ecce Deus ! au nez du bourgeois qui s'effare et croit que c'est arriv� ! Et puis, � quelle hauteur la th�orie qu'ils entra�nent ne rel�ve-t-elle pas le po�te, trop longtemps r�duit, par d'absurdes pr�jug�s,� ce r�le humiliant d'un instrument au service de la Muse, d'un clavier qu'on ouvre et qu'on ferme, qu'on ach�te, peut-�tre, d'un orgue de barbarie, d'une serinette, que sais-je, moi ! ( Les id�es ind�centes engendrent des m�taphores analogues, pardon! ) La Muse, ah ! ne profanons pas plus longtemps ce mot auguste, non plus que le mot d'Apollon, les deux plus magnifiques symboles peut-�tre que nous ait l�gu�s l'antiquit� grecque; la Muse, c'est l'imagination qui se souvient, compare et per�oit. Apollon, c'est la volont� qui traduit, exprime et rayonne! Rien de plus.C'est assez beau, je crois. Les "Passionnistes" n'ont pas plus � se louer de Charles Baudelaire que leurs complices les Utilitaires et les Inspir�s: " Le principe de la po�sie est, strictement et simplement, l'aspiration humaine vers une beaut� sup�rieure et la manifestation de ce principe est dans un enthou- siasme, une excitation � l'�me - enthousiasme tout � fait ind�pendant de la passion qui est l'ivresse du coeur, et de la v�rit� qui est la p�ture de la raison. Car la passion est naturelle, trop naturelle pour ne pas introduire un ton blessant, discordant, dans le domaine de la Beaut� pure, trop famili�re et trop violente pour ne pas scandaliser les purs D�sirs, les gracieuses M�lancolies et les nobles D�ses- poirs qui habitent les r�gions surnaturelles de la po�sie. " N'est-ce pas, en d�finitive, tout ce que peuvent attendre des po�tes orthodoxes ces pitoyables h�r�siarques? ... Ce que veut Baudelaire, on l'a d�j� pu deviner par ce qu'il repousse et ce qu'il veut pour le po�te ; c'est, tout d'abord, l'Imagination, � cette reine des facult�s �, dont il a donn� dans son Salon de 1859 ( Revue Fran�aise, n� du 20 juin ) la plus subtile et en m�me temps la plus lucide d�finition. Le peu de place dont je dispose aujourd'hui m'emp�che, � mon grand regret, de citer en entier ce morceau unique.En voici du moins quelques fragments: -" Elle est l'analyse, elle est la synth�se, et cependant des hommes habiles dans l'analyse et suffisamment aptes � faire un r�sum� peuvent �tre priv�s d'imagina- tion. Elle est cela et elle n'est pas tout � fait cela. Elle est la sensibilit� et pour- tant il y a des personnes tr�s sensibles, trop sensibles peut-�tre qui en sont priv�es.C'est l'imagination qui a enseign� � l'homme le sens moral de la couleur, du contour, du son et du parfum. Elle a cr��, au commencemcnt du monde, l'ana- logie et la m�taphore...Elle produit la sensation du neuf... Sans elle toutes les facult�s, si solides ou aiguis�es qu'elles soient, sont comme si elles n'�taient pas, tandis que la faiblesse de quelques facult�s secondaires, excit�es par une imagina- tion vigoureuse, est un malheur secondaire. Aucune ne peut se passer d'elle, et elle peut suppl�er quelques-unes.." Apr�s l'imagination sine qua non, Baudelaire exige du po�te le plus exclusif amour de son m�tier. Une telle opinion qui chez les anciens - des hommes ! - avait force de loi, il faut savoir gr� � un artiste de la prof�rer hautement comme l'a maintes fois fait notre po�te, dans ces temps de mercantilisme o� tant d'Esa�s vendraient la po�sie pour un plat de lentilles ! Croyant peu � l'Inspiration, il va sans dire que Baudelaire recommande le travail ! Il est de ceux-l� qui croient que ce n'est pas perdre son temps que de parfaire une belle rime bien pr�sent�e, de chercher des analogies curieuses, et des c�sures �tonnantes, et de les trouver, toutes choses qui font hausser les �paules � nos Progressistes quand m�me, gens inoffensifs, d'ailleurs. Sur ce sujet, Baudelaire est implacable.N'a-t-il pas dit un jour : " L'originalit� est chose d'apprentissage, ce qui ne veut pas dire une chose qui peut �tre transmise par l'enseignement . " M�ditez bien ce paradoxe, et prenez garde que ce ne soit d'aventure une belle et bonne et profonde v�rit�. Dans un pr�c�dent article nous essayions de d�gager le temp�rament, l'aspect humain, l'�l�ment intrins�que - passez-moi le mot - de la po�sie de Baudelaire. Nous avons aujourd'hui � peu pr�s formul� son esth�tique. Prochainement nous verrons cette esth�tique � l'oeuvre. ( ... ) VERLAINE EVOQUE RIMBAUD : EXTRAIT DES " POETES MAUDITS " ������������������������������������������������������������� Nous avons eu la joie de conna�tre Arthur Rimbaud. Aujourd'hui des choses nous s�parent de lui sans que, bien entendu, notre tr�s profonde admiration ait jamais manqu� � son g�nie et � son caract�re. A l'�poque relativement lointaine de notre intimit�, Arthur Rimbaud �tait un enfant de seize � dix-sept ans, d�j� nanti de tout le bagage po�tique qu'il faudrait que le vrai public conn�t et que nous essaierons d'analyser en citant le plus que nous pourrons. L'homme �tait grand, bien b�ti, presque athl�tique, au visage parfaitement ovale d'ange en exil, avec des cheveux ch�tain-clair mal en ordre et des yeux d'un bleu p�le inqui�tant. Ardennais, il poss�dait, en plus d'un joli accent de terroir trop vite perdu, le don d'assimilation prompte propre aux gens de ce pays- l�, ce qui peut expliquer le rapide d�ss�chement sous le soleil fade de Paris,de sa veine, pour parler comme nos p�res, de qui le langage direct et correct n'avait pas toujours tort en fin de compte! Nous nous occuperons d'abord de la premi�re partie de 1'oeuvre d'Arthur Rimbaud, oeuvre de sa toute jeune adolescence, - gourme sublime, miraculeuse pubert�! - pour ensuite examiner les diverses �volutions de cet esprit imp�tueux, jusqu'� sa fin litt�raire. Ici une parenth�se, et si ces lignes tombent d'aventure sous ses yeux, qu'Arthur Rimbaud sache bien que nous ne jugeons pas les mobiles des hommes, et soit assur� de notre compl�te approbation (de notre tristesse noire, aussi ) en face de son abandon de la po�sie, pourvu, comme nous n'en doutons pas, que cet abandon soit, pour lui, logique, honn�te et n�cessaire. L'oeuvre de Rimbaud, remontant � la p�riode de son extr�me jeunesse, c'est-�-dire 1869, 70,71, est assez abondante et formerait un volume respectable. Elle se compose de po�mes g�n�ralement courts, de sonnets, triolets, pi�ces en strophes de quatre,cinq et de six vers. Le po�te n'emploie jamais la rime plate. Son vers, solidement camp�, use rarement d'artifices. Peu de c�sures libertines, moins encore de rejets. Le choix des mots est toujours exquis, quelquefois p�dant � dessein. La langue est nette et reste claire quand l'id�e se fonce ou que le sens s'obscurcit. Rimes tr�s honorables. Nous ne saurions mieux justifier ce que nous disions l� qu'en vous pr�sentant le sonnet des VOYELLES : A noir , E blanc, I rouge, U vert , O bleu, voyelles, Je dirai quelque jour vos naissances latentes. A, noir, corset velu des mouches �clatantes, Qui bombillent autour des puanteurs cruelles, .. Golfes d'ombre; E, candeur des vapeurs et des tentes, Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles; I, pourpres, sang crach�, rire des l�vres belles Dans la col�re ou les ivresses p�nitentes ; .. U, cycles, vibrements divins des mers virides, Paix des p�tis sem�s d'animaux, paix des rides Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux; .. O, supr�me Clairon plein de strideurs �tranges, Silences travers�s des Mondes et des Anges : - O l'Om�ga, rayon violet de Ses Yeux! La Muse (tant pis ! vivent nos p�res! ) la Muse, disons-nous, d'Arthur Rimbaud prendtous les tons, pince toutes les cordes de la harpe, gratte toutes celles de la guitare et caresse le rebec d'un archet agile s'il en fut. Goguenard et pince-sans-rire, Arthur Rimbaud l'est, quand cela lui convient, au premier chef, tout en demeurant le grand po�te que Dieu l'a fait. A preuve l'Oraison du soir , et ces Assis � se mettre � genoux devant ! ORAISON DU SOIR Je vis assis, tel qu' un ange aux mains d'un barbier, Empoignant une chope � fortes cannelures, L'hypogastre et le col cambr�s, une Gambier Aux dents, sous l'air gonfl� d'impalpables voilures. .. Tels que les excr�ments chauds d'un vieux colombier, Mille R�ves en moi font de douces br�lures ; Puis, par instants, mon coeur triste est comme un aubier Qu'ensanglante l'or jaune et sombre des coulures. .. Puis, quand j'ai raval� mes r�ves avec soin, Je me tourne, ayant bu trente ou quarante chopes, Et me recueille pour l�cher l'�cre besoin : .. Doux comme le Seigneur du c�dre et des hysopes, Je pisse vers les cieux bruns tr�s haut et tr�s loin, Avec l'assentiment des grands h�liotropes. Les Assis ont une petite histoire qu'il faudrait peut-�tre rapporter pour qu'on les compr�t bien. Arthur Rimbaud, qui faisait alors sa seconde en qualit� d'externe au lyc�e de ***, se livrait aux �coles buissonni�res les plus �normes et quand il se sentait - enfin! - fatigu� d'arpenter monts, bois et plaines, nuits et jours, car quel marcheur ! il venait � la biblioth�que de la dite ville et y demandait les ouvrages malsonnnants aux oreilles du biblioth�caire en chef dont le nom, peu fait pour la post�rit�,danse au bout de notre plume, mais qu'importe ce nom d'un bonhomme en ce travail mal�dictin? L'excellent bureaucrate, que ses fonctions m�mes obligeaient � d�livrer � Rimbaud, sur la requ�te de ce dernier, force Contes Orientaux et libretti de Favart, le tout entrem�l� de vagues bouquins scientifiques tr�s anciens et tr�s rares, maugr�ait de se lever pour ce gamin et le renvoyait volontiers, de bouche, � ses peu ch�res �tudes, � Cic�ron, � Horace, et � nous ne savons plus quels Grecs aussi. Le gamin, qui, d'ailleurs, connaissait et surtout appr�ciait infiniment mieux ses classiques que ne le faisait le birbe lui-m�me, finit par "s'irriter ", d'o� le chef-d'oeuvre en question. LES ASSIS Noirs de loupes, gr�l�s, les yeux cercl�s de bagues Vertes, leurs doigts boulus crisp�s � leurs f�murs, Le sinciput plaqu� de hargnosit�s vagues Comme les floraisons l�preuses des vieux murs : .. Ils ont greff� dans des amours �pileptiques Leur fantasque ossature aux grands squelettes noirs De leurs chaises; leurs pieds aux barreaux rachitiques S'entrelacent pour les matins et pour les soirs! .. Ces vieillards ont toujours fait tresse avec leurs si�ges, Sentant les soleils vifs percaliser leurs peaux, Ou, les yeux � la vitre o� se fanent les neiges, Tremblant du tremblement douloureux des crapauds. .. Et les Si�ges leur ont des bont�s; culott�e De brun, la paille c�de aux angles de leurs reins. L'�me des vieux soleils s'allume emmaillot�e Dans ces tresses d'�pis o� fermentaient les grains. . Et les Assis, genoux aux dents, verts pianistes, Les dix doigts sous leur si�ge aux rumeurs de tambour, S'�coutent clapoter des barcarolles tristes, Et leurs caboches vont dans des roulis d'amour. .. Oh ! ne les faites pas lever ! C'est le naufrage... Ils surgissent, grondant comme des chats gifl�s, Ouvrant lentement leurs omoplates, � rage! Tout leur pantalon bouffe � leurs reins boursoufl�s. .. Et vous les �coutez cognant leurs t�tes chauves Aux murs sombres, plaquant et plaquant leurs pieds tors, Et leurs boutons d'habit sont des prunelles fauves Qui vous accrochent l'oeil du fond des corridors ! .. Puis ils ont une main invisible qui tue ; Au retour, leur regard filtre ce venin noir Qui charge l'oeil souffrant de la chienne battue, Et vous suez, pris dans un atroce entonnoir. .. Rassis, les poings crisp�s dans des manchettes sales, Ils songent � ceux-l� qui les ont fait lever, Et de l'aurore au soir des grappes d'amygdales Sous leurs mentons ch�tifs s'agitent � crever. .. Quand l'aust�re sommeil a baiss� leurs visi�res, Ils r�vent, sur leurs bras, de si�ges f�cond�s, De vrais petits amours de chaises en lisi�res Par lesquelles de fiers bureaux seront bord�s. .. Des fleurs d'encre crachant des pollens en virgules Les bercent le long des calices accroupis, Tels qu'au fil des gla�euls le vol des libellules, - Et leur membre s'agace � des barbes d'�pis ! Nous avons tenu � tout donner de ce po�me savamment et froidement outr�, jusqu'au dernier vers si logique et d'une hardiesse si heureuse. Le lecteur peut ainsi se rendre compte de la puissance d'ironie, de la verve terrible du po�te dont il nous reste � consid�rer les dons plus �lev�s (...) La Force, nous en avons eu un sp�cimen dans les quelques pi�ces ins�r�es ci-dessus, mais encore y est-elle � ce point rev�tue de paradoxe et de redoutable belle humeur qu'elle n'appara�t que d�guis�e en quelque sorte. Nous la retrouverons dans son int�grit�, toute belle et toute pure, � la fin de ce travail. Pour le moment, c'est la Gr�ce qui nous appelle, une gr�ce particuli�re, inconnue certes jusqu'ici, o� le bizarre et l'�trange salent et poivrent l'extr�me douceur, la simplicit� divine de la pens�e et du style. Nous ne connaissons pour notre part dans aucune litt�rature quelque chose d'un peu farouche et de si tendre, de gentiment caricatural et de si cordial, et de si bon, et d'un jet franc, sonore, magistral, comme LES EFFARES Noirs dans la neige et dans la brume, Au grand soupirail qui s'allume, Leurs culs en rond, A genoux, les petits - mis�re ! - Regardent le boulanger faire Le lourd pain blond. .. Ils voient le fort bras blanc qui tourne La p�te grise et qui l'enfourne Dans un trou clair. Ils �coutent le bon pain cuire. Le boulanger au gros sourire Chante un vieil air. .. Ils sont blottis, pas un ne bouge, Au souffle du soupirail rouge Chaud commc un sein. Quand pour quelque m�dianoche, Fa�onn� comme une brioche On sort le pain, .. Quand sous les poutres enfum�es Chantent les cro�tes parfum�es Et les grillons, Que ce trou chaud souffle la vie, Ils ont leur �me si ravie Sous leurs haillons, .. Ils se ressentent si bien vivre, Les pauvres J�sus pleins de givre, Qu'ils sont l� tous Collant leurs petits museaux roses Au treillage, grognant des choses Entre les trous, .. Tout b�tes, faisant leurs pri�res Et repli�s vers ces lumi�res Du ciel rouvert, Si fort qu'ils cr�vent leur culotte Et que leur chemise tremblotte Au vent d'hiver. Qu'en dites-vous? Nous, trouvant dans un autre art des analogies que l'originalit� de ce"petit cuadro " nous interdit de chercher parmi tous po�tes possibles, nous dirions, c'est du Goya pire et meilleur. Goya et Murillo consult�s nous donneraient raison, sachez-le bien. ... Du Goya encore Les Chercheuses de Poux, cette fois du Goya lumineux exasp�r�, blanc sur blanc avec les effets roses et bleus et cette touche singuli�re jusqu'au fantastique. Mais combien sup�rieur toujours le po�te au peintre et par l'�motion haute et par le chant des bonnes rimes ! Soyez t�moins : .. LES CHERCHEUSES DE POUX Quand le front de l'enfant, plein de rouges tourmentes, Implore l'essaim blanc des r�ves indistincts, Il vient pr�s de son lit deux grandes soeurs charmantes Avec de fr�les doigts aux ongles argentins. . Elles assoient l'enfant devant une crois�e Grande ouverte o� l'air bleu baigne un fouillis de fleurs, Et dans ses lourds cheveux o� tombe la ros�e, Prom�nent leurs doigts fins, terribles et charmeurs. . Il �coute chanter leurs haleines craintives Qui fleurent de longs miels v�g�taux et ros�s Et qu'interrompt parfois un sifflement, salives Reprises sur la l�vre ou d�sirs de baisers. .. Il entend leurs cils noirs battant sous les silences Parfum�s ; et leurs doigts �lectriques et doux Font cr�piter, parmi ses grises indolences, Sous leurs ongles royaux la mort des petits poux. .. Voil� que monte en lui le vin de la Paresse, Soupir d'harmonica qui pourrait d�lirer : L'enfant se sent, selon la lenteur des caresses, Sourdre et mourir sans cesse un d�sir de pleurer. .... Il n'y a pas jusqu'� l'irr�gularit� de rime de la derni�re stance, il n'y a pas jusqu'� la derni�re phrase, restant, entre son manque de conjonction et le point final, comme suspendue et surplombante, qui n'ajoutent en l�g�ret� d'esquisse, en trembl� de facture au charme fr�le du morceau . Et le beau mouvement, le beau balancement lamartinien,n'est-ce pas ? dans ces quelques vers qui semblent se prolonger dans du r�ve et de la musique ! Racinien m�me, oserions-nous ajouter, et pourquoi ne pas aller jusqu'� cette confession, virgilien ? Bien d'autres exemples de gr�ce, exquisement perverse ou chaste � vous ravir en extase nous tentent, mais les limites normales de ce second essai, d�j� long, nous font une loi de passer outre � tant de d�licats miracles et nous entrerons sans plus de retard dans l'empire de la Force splendide o� nous convie le magicien avec son BATEAU IVRE : .. Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guid� par les haleurs; Des Peaux - Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant clou�s nus aux poteaux de couleurs . . J'�tais insoucieux de tous les �quipages, Porteur de bl�s flamands ou de cotons anglais. Quand avec avec mes haleurs ont fini ces tapages, Les Fleuves m'ont laiss� descendre o� je voulais. . Dans les clapotements furieux des mar�es, Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants, Je courus ! Et les P�ninsules d�marr�es N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants. . La temp�te a b�ni mes �veils maritimes. Plus l�ger qu'un bouchon j'ai dans� sur les flots Qu'on appelle rouleurs �ternels de victimes, Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots. . Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures, L'eau verte p�n�tra ma coque de sapin Et des taches de vins bleus et des vomissures Me lava, dispersant gouvernail et grappin. . Et, d�s lors, je me suis baign� dans le po�me De la mer infus� d'astres et lactescent, D�vorant les azurs verts o�, flottaison bl�me Et ravie, un noy� pensif parfois descend; . O�, teignant tout � coup les bleuit�s, d�lires Et rythmes lents sous les rutilements du jour, Plus fortes que l'alcool, plus vastes que vos lyres, Fermentent les rousseurs am�res de l'amour ! . Je sais les cieux crevant en �clairs, et les trombes, Et les ressacs, et les courants ; je sais le soir, L'aube exalt�e ainsi qu'un peuple de colombes, Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir. . J'ai vu le soleil bas tach� d'horreurs mystiques Illuminant de longs figements violets, Pareils � des acteurs de drames tr�s antiques, Les flots roulant au loin leurs frissons de volets; J'ai r�v� la nuit verte aux neiges �blouies, Baisers montant aux yeux des mers avec lenteur, La circulation des s�ves inou�es Et l'�veil jaune et bleu des phosphores chanteurs. . J'ai suivi des mois pleins, pareille aux vacheries Hyst�riques, la houle � l'assaut des r�cifs, Sans songer que les pieds lumineux des Maries Pussent forcer le muffle aux Oc�ans poussifs ; .. J'ai heurt�, savez-vous? d'incroyables Florides M�lant aux fleurs des yeux de panth�res aux peaux D'hommes, des arcs-en-ciel tendus comme des brides, Sous l'horizon des mers, � de glauques troupeaux ; . J'ai vu fermenter les marais, �normes nasses O� pourrit dans les joncs tout un L�viathan, Des �croulements d'eaux au milieu des bonaces Et les lointains vers les gouffres cataractant ! . Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises, Echouages hideux au fond des golfes bruns O� les serpents g�ants d�vor�s des punaises Choient des arbres tordus avec de noirs parfums. . J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants. Des �cumes de fleurs ont b�ni mes d�rades Et d'ineffables vents m'ont ail� par instants. . Parfois, martyr lass� des p�les et des zones, La mer, dont le sanglot faisait mon roulis doux, Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes, Et je restais ainsi qu'une femme � genoux, . Presqu'�le ballottant sur mes bords les querelles Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds, Et je voguais, lorsqu'� travers mes liens fr�les Des noy�s descendaient dormir � reculons. . Or, moi, bateau perdu sous les cheveux des anses, Jet� par l'ouragan dans l'�ther sans oiseau, Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses N'auraient pas rep�ch� la carcasse ivre d'eau, . Libre, fumant, mont� de brumes violettes, Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur Qui porte, confiture exquise aux bons po�tes, Des lichens de soleil et des morves d'azur, . Qui courais tach� de lunules �lectriques, Planche folle, escort� des hippocampes noirs, Quand les Juillets faisaient crouler � coups de triques Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs, . Moi qui tremblais, sentant geindre � cinquante lieues Le rut des B�h�mots et des Maelstroms �pais, Fileur �ternel des immobilit�s bleues, Je regrette l'Europe aux anciens parapets. . J'ai vu des archipels sid�raux ! et des �les Dont les cieux d�lirants sont ouverts au vogueur : - Est-ce en ces nuits sans fond que tu dors et t'exiles, Million d'oiseaux d'or, � future Vigueur ? . Mais, vrai, j'ai trop pleur�. Les aubes sont navrantes, Toute lune est atroce et tout soleil amer . L'�cre amour m'a gonfl� de torpeurs enivrantes. O que ma quille �clate ! O que j'aille � la mer! . Si je d�sire une eau d'Europe, c'est la flache Noire et froide o�, vers le cr�puscule embaum�, Un enfant accroupi, plein de tristesse, l�che Un bateau fr�le comme un papillon de mai. . Je ne puis plus, baign� de vos langueurs, � lames, Enlever leur sillage aux porteurs de cotons, Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes, Ni nager sous les yeux horribles des pontons! .. Maintenant quel avis formuler sur les Premi�res Communions, po�me trop long pour prendre place ici, surtout apr�s nos exc�s de citations, et dont d'ailleurs nous d�testons bien haut l'esprit, qui nous para�t d�river d'une rencontre malheureuse avec le Michelet s�nile et impie, le Michelet de dessous les linges sales de femmes et de derri�re Parny (l'autre Michelet, nul plus que nous ne l'adore), oui, quel avis �mettre sur ce morceau colossal, sinon que nous en aimons la profonde ordonnance et tous les vers sans exception ? Il y en a d'ainsi : Adona�! Dans les terminaisons latines Des cieux moir�s de vert baignant les Fronts vermeils Et, tach�s du sang pur des c�lestes poitrines, De grands linges neigeux tombent sur les soleils. .. Paris se repeuple, �crit au lendemain de la "Semaine sanglante", fourmille de beaut�s, ........................................................................................................................ Cachez les palais morts dans des niches de planches; L'ancien jour effar� rafra�chit vos regards; Voici le troupeau roux des tordeuses de hanches ! ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... Quand tes pieds ont dans� si fort dans les col�res, Paris! Quand tu re�us tant de coups de couteau, Quand tu gis, retenant dans tes prunelles claires Un peu de la bont� du fauve renouveau... ......................................................................................................................... ......................................................................................................................... Dans cet ordre d'id�es, les Veilleurs , po�me qui n'est plus, h�las ! en notre possession, et que notre m�moire ne saurait reconstituer, nous ont laiss� l'impression la plus forte que jamais vers nous aient caus�e. C'est d'une vibration, d'une largeur, d'une tristesse sacr�e! Et d'un tel accent de sublime d�solation qu'en v�rit� nous osons croire que c'est ce qu'Arthur Rimbaud a �crit de plus beau, de beaucoup ! Maintes autres pi�ces de premier ordre nous ont ainsi pass� par les mains, qu'un hasard malveillant et le tourbillon de voyages passablement accident�s nous firent perdre. Aussi adjurons-nous ici tous nos amis connus ou inconnus qui poss�deraient les Veilleurs, Accroupissements, les Pauvres � l'�glise, les R�veilleurs de la nuit, Douaniers, les Mains de Jeanne-Marie, Soeur de charit� et toutes choses sign�es du nom prestigieux, de bien vouloir nous les faire parvenir pour le cas probable o� le pr�sent travail d�t se voir compl�t�. Au nom de l'honneur des Lettres, nous leur r�it�rons notre pri�re. Les manuscrits seront religieusement rendus, d�s copie prise, � leurs g�n�reux propri�taires. l est temps de songer � terminer ceci qui a pris de telles proportions pour ces raisons excellentes : Le nom et l'oeuvre de Corbi�re, ceux de Mallarm� sont assur�s pour la suite des temps; les uns retentiront sur la l�vre des hommes, les autres dans toutes les m�moires dignes d'eux.Corbi�re et Mallarm� ont imprim�, - cette petite chose immense. Rimbaud trop d�daigneux, plus d�daigneux m�me que Corbi�re qui du moins a jet� son volume au nez du si�cle, n'a rien voulu faire para�tre en fait de vers. Une seule pi�ce, d'ailleurs sit�t reni�e ou d�savou�e par lui,a �t� ins�r�e � son insu, et ce fut bien fait, dans la premi�re ann�e de la Renaissance, vers I873. Cela s'appelait les Corbeaux .Les curieux pourront se r�galer de cette chose patriotique mais patriotique bien, et que nous go�tons fort quant � nous, mais ce n'est pas encore �a. Nous sommes fier d'offrir � nos contemporains intelligents bonne part de ce riche g�teau, du Rimbaud ! Eussions-nous consult� Rimbaud (dont nous ignorons l'adresse, aussi bien vague immens�ment ), il nous aurait, c'est probable, d�conseill� d'entreprendre ce travail pour ce qui le concerne. Ainsi, maudit par lui-m�me, ce Po�te Maudit ! Mais l'amiti�, la d�votion litt�raires que nous lui vouerons toujours nous ont dict� ces lignes, nous ont fait indiscret. Tant pis pour lui ! Tant mieux, n'est-ce pas? pour vous. Tout ne sera pas perdu du tr�sor oubli� par ce plus qu'insouciant possesseur, et si c'est un crime que nous commettons, felix culpa, alors! Apr�s quelque s�jour � Paris, puis diverses p�r�grinations plus ou moins effrayantes, Rimbaud vira de bord et travailla (lui!) dans le na�f, le tr�s et l'expr�s trop simple, n'usant plus que d'assonances, de mots vagues, de phrases enfantines ou populaires. Il accomplit ainsi des prodiges de t�nuit�, de flou vrai, de nt presque inappr�ciable � force d'�tre gr�le et fluet. Elle est retrouv�e! Quoi ? l'�ternit�. C'est la mer all�e Avec les soleils. ................. Mais le po�te disparaissait. - Nous entendons parler du po�te correct dans le sens un peu sp�cial du mot. Un prosateur �tonnant s'ensuivit. Un manuscrit dont le titre nous �chappe et qui contenait d'�tranges mysticit�s et les plus aigus aper�us psychologiques tomba dans des mains qui l'�gar�rent sans bien savoire qu'elles faisaient. Une saison en Enfer, parue � Bruxelles, 1873, chez Poot et C'�, 37, rue aux Choux, sombra corps et biens dans un oubli monstrueux, l'auteur ne l'ayant pas "lanc�e" du tout . Il avait bien autre chose � faire. Il courut tous les Continents, tous les Oc�ans, pauvrement, fi�rement (riche d'ailleurs, s'il l'e�t voulu, de famille et de position), apr�s avoir �crit, en prose encore, une s�rie de superbes fragments, les Illuminations, � tout jamais perdus, nous le craignons bien . Il disait dans sa Saison en Enfer " Ma journ�e est faite. Je quitte l'Europe. L'air marin br�lera mes poumons, les climats perdus me tanneront. " Tout cela est tr�s bien et l'homme a tenu parole. L'homme en Rimbaud est libre, cela est trop clair et nous le lui avons conc�d� en commen�ant avec une r�serve bien l�gitime quc nous allons accentuer pour conclure. Mais n'avons-nous pas eu raison, nous, fou du po�te, de le prendre, cet aigle,et de le tenir dans cette cage-ci, sous cette �tiquette-ci, et ne pourrions-nous point par surcro�t et sur�rogation (si la Litt�rature devait voir se consommer une telle perte) nous �crier avec Corbi�re, son fr�re a�n�, non pas son grand fr�re - ironiquement ? non, m�lancoliquement ? o oui ! furieusement ? ah qu'oui ! - : Elle est �teinte Cette huile sainte, Il est �teint Le sacristain !... . |
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