| Le postcolonialisme | ||||||
| Le postcolonialisme n'est pas un courant que l'on ne peut voir que sous un seul angle bien pr�cis. On peut s'int�resser � la pens�e ou la philosophie de cette influence. Puis ensuite s'int�resser � ses caract�ristiques. Le terme "postcolonialisme" n'a pas de p�re connu, mais on pense qu'il a �t� utilis� pour les premi�res fois au commencement du XXe si�cle pour se pr�ciser dans la formation de la culture du "Harlem Renaissance of World War One" des ann�es '20, la culture ayant pr�c�d� le mouvement de la n�gritude des ann�es 1940-50. Ce mouvement �tait alors bien inscrit dans la revue l'�tudiant noir d�butant en 1934. Aim� C�saire avait alors �crit: "Les jeunes N�gres d'aujourd'hui ne veulent ni asservissement ni assimilation. Ils veulent �mancipation." Durant la d�c�nnie des ann�es soixante, ce regard critique sur la soci�t� et ses �crits s'est poursuivit avec la "Commonwealth Litterature", un sous ensemble de la litt�rature anglaise, que l'on lie entre autre � William Walsh et Joseph Jones. Dans les �crits r�cents, cette th�orie litt�raire s'est alli�e avec le postmodernisme. Ainsi, la litt�rature de la fin des ann�es 60 au milieu des ann�es 80 trahit l'influence de ce nouveau courant de pens�es d�nonciateur et revendicateur qui traverse la soci�t�. Les caract�ristiques Au niveau de l'�nonciation L'une des premi�res caract�ristiques du texte postcolonial qu�b�cois est qu'un �l�ment ext�rieur met en branle la qu�te de soi du personnage central. La situation finale, pour sa part, est laiss�e ouverte. Le lecteur doit donc imaginer les suites possibles... on parle ainsi d'une lecture plurielle et d'une remise en question des indices textuels. De plus, l'�nonciation dans le roman postcolonial s'�tablit fr�quemment selon un parcours initiatique dans lequel s'inscrit un narrateur � la premi�re personne, un "Je" conscient de la pratique d'�criture et l'inscrivant au sein de sa qu�te personnelle. Il peut �galement s'�tablir, dans ce type de roman, une pluralit� des voix narratives, diff�rents narrateurs, qui font rarement un discours unifi�. Puis afin de mieux brise le cadre traditionnel de narration, il arrive que le lecteur soit interpell� par le r�cit. Exemple: " Et toi, lecteur, vois-tu comment r�soudre cette impasse?" Ce discours para-textuel brise la cl�ture traditionnelle et laisse profiler l'ombre multiple du lecteur r�el. Par une rupture de la lin�arit� narrative, le texte postcolonial instaure une pluralit� d'id�es, un discours de l'h�t�rog�ne o� plusieurs figures prennent positions et concourent � une vision globalisante et sans limite des th�mes. Au niveau de la di�g�se Le roman traite des diff�rentes �tapes de la cr�ation litt�raire: de l'�criture de la lecture de la traduction du travail critique L'art par sa r�f�rence � la cr�ation apparait dans ce type de roman; qu'il soit question: de peinture de musique de danse Au niveau de la narration: La di�g�se du roman postcolonial comprend plusieurs proc�d�s d'autorepr�sentation tels que: la mise en ab�me la r�duplication la m�taphore la figuration Du point de vue du code: On retrouve dans le texte postcolonial diff�rentes figures telles que: la parodie l'intertextualit� la structure de surformalisation des jeux du signifiants des jeux de champ lexical * L'intertextualit� place dans le r�cit des indices qui permettent de suivre une hypoth�se de lecture. Elle instaure un dialogue entre des textes, un dialogue g�n�rateur d'action. Le narrataire: Il joue un r�le important au sein de la repr�sentation. En effet, � la mani�re du narrateur �crivain ou du personnage auctorial, le narrataire poss�de une fonction privil�gi�e dans le roman autor�f�rentiel. Il repr�sente une preuve d'autorepr�sentation et d�tient un lien d'homologie avec le lecteur r�el. L'autorepr�sentation: L'autorepr�sentation est une structure signifiante du postcolonial selon trois niveaux. Le discours qu'elle instaure a la capacit� de se d�signer comme �criture ou litt�rature postcoloniale. L'autorepr�sentation cr�e des significations immanentes � l'oeuvre. Si d'un c�t� elle permet une productivit� au niveau de l'�criture, elle brise l'unit� du texte, elle en d�range la logique interne et ab�me compl�tement certains niveaux de signifiance. Par l'autorepr�sentation, la repr�sentation s'�croule car il y a affaiblissement et m�me abolition de la mimesis romanesque. Le personnage postcolonial: Le peronnage postcolonial est pr�sent� et utilis� d'une mani�re bien particuli�re et sert de r�f�rent de lecture. De prime abord, le r�cit campe les actants de fa�on assez traditionnelle. La personnalit� du personnage central est cern�e peu � peu au fil de sa qu�te puisqu'il se cherche et se d�finit en cours de narration. Son caract�re n'est pas livr� clairement et le lecteur doit le d�coder � partir d'indices donn�s par le r�cit. Ainsi nom et pr�nom sont r�v�lateurs, ils forme un embryon de programme de lecture dans le roman postcolonial. Il y a �galement des personnages guides dans le roman postcolonial. Qu'ils soient temporels, spirituels, r�f�rentiels ou fictifs, ces guides �clairent le parcours du protagoniste. Ils permettent au personnage central d'accomplir sa qu�te. Les caract�ristiques physiques des personngages sont peu importantes et lorsqu'il y en a, celles-ci sont en lien avec l'action du r�cit. L'espace physique: Dans le roman postcolonial, l'espace physique correspond � l'espace int�rieur du personnage principal. Parall�lement, il arrive que le protagoniste cherche � se retrouver gr�ce � l'univers imaginaire d'un livre. S'il a un rapport direct avec l'�criture (auteur, traducteur, �diteur), celle-ci institue une esp�ce d'espace vital, un lieu o� se livrer, o� vivre sa qu�te. C'est beaucoup plus l'espace int�rieur que le monde physique o� le personnage �volue qui un �l�ment d�terminant dans le r�cit postcolonial. Le temps du r�cit: Dans ce roman, le temps est � l'image de l'espace. Il est facile d'en situer le contexte sans qu'il ne soit marqu� de fa�on absolue. Dans la mesure o� le sujet du r�cit est le narrateur de sa propre histoire, il est parfois in�vitable que le temps de la fiction se confonde au temps de la narration. Le temps sera ordonn� dans le r�cit de fa�on relative: le personnage se situant dans le temps selon les �tapes importantes de sa qu�te. Le roman postcolonial est plus pr�cis s'il est question de moments historiques puisque l'un de ses objectifs est la remise en question de l'histoire et des grands savoirs. Les faits historiques cit�s dans le roman permettent alors de situer lesujet dans le temps et de pr�ciser son identit� en rendant plus significatifs les points tournants de son parcours int�rieur. Les jeux de langage: Les jeux de langages, tr�s pr�sents dans ce type d'�crit, viennent nuancer le sens de la narration. Tout sens, au m�me titre que l'illusion r�f�rentielle, dispara�t au profit de la recherche de la forme. Le sens s'efface au profit de la sonorit�. Avec le roman postcolonial, on atteint la multiplication des sens en raison m�me de l'utilisation qu'on y fait du langage, ce qui provoque l'�clatement de la lin�arit� du discours mais ne l'an�antit pas. Les jeux de langage entra�nent le lecteur sur une autre sc�ne que celle de la r�alit� et rappellent la mat�rialit� de leur support, signalant le processus d'�criture, ce dernier servant � l'�tablissement et � la r�solution de la qu�te personnelle du protagoniste. Th�matiques postcoloniales: L'identit� (qu�te: personnelle et aussi sociale) La r�vision de l'histoire (m�tar�cits) Les tabous sociaux (homosexualit�, racisme, violence) Le processus d'�criture (�criture,lecture,traduction, �dition) Figure de l'alt�rit�: La perspective postcoloniale s'attache � des litt�ratures en contact, donc � des situations o� une litt�rature �crite coexiste avec une ou plusieurs litt�ratures �crites en une ou plusieurs autres langues sur le m�me territoire. Cette situation de coexistence de plusieurs alt�rit�s provient d'une histoire coloniale qui a consist� dans l'imposition d'une culture colonisatrice pr�sent�e comme sup�rieure aux cultures des pays colonis�s. La prise de conscience forc�e des diff�rences et de l'existence d'entit�s "autres" a g�n�r� des textes revendicateurs mais aussi tr�s humanistes ax�s sur l'ouverture sur autrui. Par la coexistence de plusieurs langues, la litt�rature postcoloniales affiche en son sein un plurilinguisme de plusieurs niveaux. Ainsi, on retrouve dans le texte postcolonial, beaucoup d'oralit�, d'approximations, d'autocorrection de la narration, de pr�cisions parenth�tiques, d'interpellations du lecteur qui multiplient les niveaux de langage. De plus, il y a dans le texte postcolonial une prise de conscience de l'Autre et des diff�rences qui le d�finissent qui permet toute une strat�gie d'�criture autour de la communication, qu'elle soit litt�raire ou orale. L'Autre peut aussi devenir un territoire inconnu plein de rebondissement et de nouvelles connaissances. Les protagonistes postcoloniaux doivent aller vers l'Autre pour s'ouvrir sur le monde, �tre compris ou, mieux encore, survivre. Ce mouvement vers autrui cultive la tol�rance envers le diff�rent, l'�tranger et s'initie souvent par des concessions, des n�gociations. L'alt�rit� est un th�me bien moderne qui r�pond � de nouveaux �v�nements sociologiques. Avec le ph�nom�ne d'imigration grandissant, la notion de l'Autre prend une toute nouvelle envergure que "le voisin d'� c�t�". Jusqu'� un certain point, la soci�t� moderne est en perp�tuelle colonisation jusqu'� que cet �tat sociologique passe dans les moeurs. Au plan g�n�ral, la th�orie postcoloniale et les oeuvres qu'elle �tudie et d�fend peuvent appara�tre comme les composantes d'une entreprise multiculturelle, dessinant pour la premi�re fois dans l'histoire un certain cosmopolitisme litt�raire � l'�chelle mondiale. |
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