| La modernité dans Borduas et Courbet | |||||||
| Une vision évolutive commune de l’art Le peintre français Gustave Courbet, dans son Manifeste du réalisme, tout comme Paul-Émile Borduas, dans le Refus Global, voit l’art d’une façon évolutive. En effet, Borduas croit que les objets tangibles « requièrent une relation constamment renouvelée, confrontée, remise en question. » En disant ceci, il démontre une certaine croyance au progrès que l’on peut aussi remarquer dans la citation suivante : « Nous protestons contre ce qui est, mais dans l’unique désir de le transformer, non de le changer. » Il dit donc que confronter et remettre en question l’art est le seul moyen de le faire progresser, évoluer. Courbet a, lui aussi, une vision évolutive de l’art. Quand il dit : « il ne faut jamais rien recommencer, mais marcher toujours de synthèse en synthèse, de conclusion en conclusion », il affirme que le seul moyen de faire réviser l’art – il croit au donc progrès – est de le confronter sans cesse, de le travailler. De plus, défendant qu’aucun artiste ne peut reproduire une époque passée sans régresser, il dénonce l’art historique : « C’est en ce sens que je nie l’art historique au passé. » L’art est, dans les deux cas, considéré comme de plus en plus déconcertant pour le public. Courbet dit : « Spécialement, l’art en peinture ne saurait consister que dans la représentation des objets visuels et tangibles pour l’artiste. » Il refuse donc de créer l’illusion du réel. Quant à Borduas : « L’activité académique a un autre prestige à notre manque de jugement. » En effet, l’art en est si déconcertant que le public, non-habitué à ce type de créations artistiques, préfère les œuvres de l’académie qui, ne transgressant point les normes, sont moins choquantes. Cette citation démontre aussi que Borduas croit que l’académisme est dépassé, tout comme Courbet dans l’extrait suivant : « Ainsi s’explique que les écoles archaïques de toutes sortes se réduisent toujours aux plus inutiles compilations. » Elles n’ont rien fait pour évoluer, ni confronter les œuvres, ni mettre à profit les enseignements du passé. La recherche de l’universalité chez Courbet et Borduas D’après Courbet, « Chaque époque doit avoir ses artistes qui l’expriment et la reproduisent pour l’avenir. » On rêve donc d’éternité, que son art passe pour la postérité plutôt que pour le public immédiat. Cette recherche d’universalité est aussi présente dans le Refus Global de Borduas : « Supprimez les forces précises de la concurrence des matières premières, du prestige, de l’autorité et elles seront parfaitement d’accord. » Il prône leur abolition au profit de l’égalité. Il ajoute : « Ces voyages sont aussi dans le nombre l’exceptionnelle occasion d’un réveil. L’invivable s’infiltre partout. Les lectures défendues se répandent. Elles apportent un peu de baume et d’espoir. » Bref, il vante une culture plus grande, plus répandue, plus universelle, qui amène une ouverture nouvelle sur le monde. On entre donc à pieds joints dans l’art international. On renonce au nationalisme ainsi qu’au régionalisme; ces deux types d’art n’offrent aucune ouverture sur le monde, restant centré sur son chez soi. |
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