| MONDE IRRÉMÉDIABLEMENT DÉSERT et autres poèmes | ||||||
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| Dans ma main Le bout cassé de tous les chemins Quand est-ce qu'on a laissé tomber les amarres Comment est-ce qu'on a perdu tous les chemins La distance infranchissable Ponts rompus Chemins perdus Dans le bas du ciel, cent visages Impossibles à voir La lumière interrompue d'ici là Un grand couteau d'ombre Passe au milieu de mes regards De ce lieu délié Quel appel de bras tendus Se perd dans l'air infranchissable La mémoire qu'on interroge A de lourd rideaux aux fenêtres Pourquoi lui demander rien? L'ombre des absents est sans voix Et se confond maintenant avec les murs De la chambre vide. Où sont les ponts les chemins les portes Les paroles ne portent pas La voix ne porte pas Vais-je m'élancer sur un fil incertain Sur un fil imaginaire tendu dans l'ombre Trouver peut-être les visages tournés Et me heurter d'un grand coup sourd Contre l'absence Les ponts rompus Chemins coupés Le commencement de toutes présences Le premier pas de toute compagnie Gît cassé dans ma main. (Saint-Denys Garneau, Les Solitudes) Les grands saules Les grands saules chantent Mêlés au ciel Et leurs feuillages sont des eaux vives Dans le ciel Le vent Tourne leurs feuilles D'argent Dans la lumière Et c'est rutilant Et mobile Et cela flue Comme des ondes. On dirait que les saules coulent Dans le vent Et c'est le vent Qui coule en eux. C'est des remous dans le ciel bleu Autour des branches et des troncs La brise chavire les feuilles Et la lumière saute autour Une féerie Avec mille reflets Comme des trilles d'oiseaux-mouches Comme elle danse sur les ruisseaux Mobile Avec tous ses diamants et tous ses sourires |
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