Dans toutes les sociétés monogamiques ou polygamiques, quelle que soit la punition infligée (par exemple la lapidation), il y a toujours eu de l’adultère. Cette relation sexuelle se fait en secret, ce qui crée un malaise ; il faut y voir la nature étouffée du libertinage qui perce le voile épais de la monogamie. Si les gens commettent l’adultère, c’est qu’ils ont besoin de diversité pour maximiser leur plaisir. Besoin, faut-il le rappeler, qui est dicté par la nature. Le libertinage, tout comme l’orgie, canalise ce besoin de diversité dans une pluralité de partenaires. L’acte extraconjugal ne se fait pas dans le secret, mais au vu et au su de tous. L’union est même célébrée par les libertins qui y voient une addition dans les affections qui dynamisent le corps social.
L’adultère autorisé est donc une façon qu’ont les protagonistes amoureux de s’assurer une diversité de physionomies et de caractères, diversité qui maximise le plaisir consommé. L’adultère avoué, encouragé, multiplie l’affection qu’ont les gens pour autrui, qu’ils voient toujours dans une perspective potentiellement érotique. L’autre devient un amant potentiel, ainsi les gens sont moins froids entre eux, ils ne veulent pas blesser délibérément pour conserver leur charme. Le monogame, sécurisé par la permanence de sa situation, sera désagréable avec tout le monde, sauf avec son conjoint, sans craindre de perdre l’affection de sa moitié. Le libertin considère tous les libertins comme sa “moitié”.
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