Le droit d’altérer sa conscience

Si le libertin a le droit d’user de son corps sexué comme il l’entend, il a aussi le droit d’altérer sa conscience selon ses besoins. Personne n’a le droit de porter un jugement sur la substance ingérée par un individu responsable et consentant. L’usage de drogues, qu’il soit récréatif ou médicinal, ne peut être règlementé ni par les médecins, ni par les policiers et leurs généraux, les juristes. Rappelez-vous des sorcières, ces libertines !

Les substances, quelqu’effet qu’elles aient, sont des éléments extérieurs placés par la nature. L’humain incarné en elle a le loisir d’ingérer ces aliments pour ses besoins, dans la mesure où il peut s’en procurer. Que ce soit des aliments - qui ont leurs effets propres -, de la fumée de tabac, des narcotiques, des psychotropes ou des organes génitaux, les humains ont le droit inaliénable d’insérer dans leur corps ces matières placées par la nature et non par l’autorité politique.

L’amour peut être partagé avec autrui, il peut être aussi partagé avec des matières, comme des artefacts, des objets, des plantes, des nourritures, comme une bière qui nourrit ou du cannabis, gentiment inséré dans un space-cake. Mâcher du coca après les repas est léger mais tonifiant, et peut-être même que de fumer une pipe d’opium une ou deux fois dans sa vie n’est pas dramatique. L’extasy est plutôt innoffensive et le LSD serait le logiciel cérébral des années 2020, selon Timothy Leary. Comme en tout, les abus sont toujours nuisibles pour la santé. Mais c’est l’individu seul qui possède le jugement s’il commence à se nuire.

Les drogues concentrées (cocaïne, héroïne), fruits (ou cause?) de la prohibition, sont des outils médicinaux précis et, j’en conviens, ils se doivent d’être utilisés dans un encadrement collectif. Si quelqu’un est sur son lit de mort et qu’il agonise, personne ne possède le droit de lui refuser de prendre quoi que soit. Les joyeux psychologues sont toujours là pour encadrer les coquins libertins que nous sommes. Nous n’avons pas besoin de loi, nous avons besoin d’auto-discipline. Etre son propre médecin, voilà la thérapie libertine.

© Patrick Latendresse 2003

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