Nicaragua
                                         Introduction

Le Nicaragua n'est pas un pays touristique. Il ne propose en effet aucune attraction touristique majeure, comme des iles paradisiaques pour la plongee ou des sites mayas.
De plus, le pays a connu une sombre histoire politique, et l'ouragan Mitch a acheve ce qui restait encore debout dans ce pays !
Tout ca pour dire qu'on trouvera au Nicaragua ce qu'on trouvera. A priori, deux belles villes coloniales, des ascensions de volcans et un lac immense, avec des requins d'eau douce. Voila.

Rappel historique : Le front sandiniste de liberation (communiste) a pris le pouvoir dans ce pays et virant par les armes le dictateur qui regnait depuis 40 ans. Bien sur, ca n'a pas plu a Ronald Reagan, l'oncle Sam, qui a finance les "contras", ces contre-revolutionnaires qui ont plonge le pays dans une guerre civile avec pour objectif de limiter l'expansion du communisme en Amerique Centrale. Voila comment les americains, une fois de plus, apres le Guatemala, ont joue un role primordial, et morbide, dans une guerre civile, en s'occupant de ce qui ne les regardait pas...mais que faisait l'Onu a l'epoque ??? (la meme chose qu'aujourd'hui...).

Passage de la frontiere

Pour la premiere fois depuis le debut de notre voyage, on s'est probablement fait rouler a une frontiere. En sortant du Honduras, le type nous demande 100 lempiras pour nous deux, soit 5 euros. Aucun recu possible, si ce n'est un petit bout de papier avec un tampon dessus, pas vraiment valable ! Bon, c'est pas non plus la fin du monde....A la frontiere du Nicaragua, c'est tellement le bordel que des dizaines de types nous propose leur aide pour passer la frontiere (idem cote Honduras). On se dit bon, si ca peut accelerer les choses, surtout vu la file de 500 metres de long de camions qui attendaient sur le bas cote !

Pour quitter le Honduras, c'etait simple, mais pour rentrer au Nicaragua ca a bien pris une heure, et heureusement que le type etait la pour nous aider ! Il courait partout d'un bureau a l'autre, sans que l'on comprenne vraiment ce qui se passait. Ca a coute bonbon a la fin, si on ajoute les 7 dollars par personne, plus 10 pour la voiture, plus une assurance obligatoire a 12 dollars !

C'est aussi la premiere fois ou il n'y a pas de changement notable entre les pays  : le Nicaragua ressemble pour beaucoup au Honduras, en un peu plus vallonne, c'est tout.

Les premieres villes traversees ne nous laisseront pas un souvenir imperissable, malgre l'interet qu'elles etaient supposees avoir selon notre guide! Ca ne s'annonce pas terrible !

S
alva Negra, Leon et le volcan Cerro Negro

Pres de la ville de Matagalpa, se trouve un hotel allemand connu dans tout le Nicaragua, le Salva Negra. L'entree est indiquee par un vieux char rouille. Au programme, ballades dans la foret humide qui entoure l'hotel. Puis, degustation (pour Pascal) face a un petit lac et avec les cris des singes hurleurs en fond musical d'une...choucroute !!! Dur de se croire au Nicaragua !

On rejoint la ville de
Leon, belle ville coloniale. Plusieurs eglises assez sympas au programme. Un soir, un type nous aborde en francais. Il est nicaraguayen (?) mais parle couramment anglais, francais, allemand, espagnol bien sur et italien ! Il a l'air sympa et on se donne rendez-vous le soir au parc central pour discuter un peu.
10 minutes apres l'avoir retrouve, il essaie de nous vendre quelquechose bien sur! On aurait du s'en douter : il a ammenage dans sa maison une chambre d'hotes, et si on reste plus de temps a Leon, il se propose de nous la louer, pour un prix vraiment tres bas. Bon, on va voir, et c'est vrai que la chambre est superbe, dans une maison sympa....et puis ca permet de decouvrir un peu les habitants du pays....Genial, non ? Oui mais il y a un petit probleme...en 5 minutes de visite, le type caresse la cuisse de pascal, lui met la main sur le genoux et
meme une main aux fesses !!!!! Tout ca avec Majida a cote, qui n'a rien vu, le mec etant discret ! Pascal pretexte un soudain mal de ventre et dit "on rentre a l'hotel" !
Quand meme, on veut bien que l'homosexualite soit encore un delit au Nicaragua, mais quand meme c'est plutot direct comme approche !!!

Cet episode est aussi revelateur du comportement des locaux : tres direct. Plusieurs personnes ont siffle ou meme drague Majida avec Pascal a cote. Ils sont assez nerveux, durs et tres directs.

Le Nica est le pays des volcans. Pascal escalade
le Cerro Negro avec Majida qui prefere l'attendre en bas. Le Cerro Negro est un volcan tout noir, en activite, et qui nous fait sa petite eruption tous les 4 ans. Nous, on est arrive entre deux. Pour arriver au pied du volcan, il y avait un chemin de terre de plusieurs kilometres....La voiture a vraiment souffert, mais on a aussi raye la peinture a cause des branches que l'on frolait a notre passage !


                                             
Managua

La capitale du Nicaragua est une des villes les plus surprenantes que l'on ait vue. Pas franchement touristique, ni belle, la quasi-totalite des touristes prefere l'eviter a cause de la pauvrete et des risques que cela entraine. Comment decrire Managua ? Pas evident ! D'abord c'est une capitale de 2 millions de personnes, qui est situee au bord d'un lac immense. Ensuite, la ville s'etend en longueur, et a ete completement detruite en 1972 par un tremblement de terre. Depuis, elle n'a pas vraiment ete reconstruite... Vu de haut, Managua ressemble a une jungle, a une foret... Une immense foret dont depasseraient quelques constructions modernes (hotels, batiments administratifs) et quelques toits. Impossible de deviner qu'il y a la 2 millions d'habitants.
Au detail, c'est saisissant. Il y a des bidonvilles un peu partout, construits directement sur les ruines laissees par le tremblement de terre. Il n'y a pas de petites rues, que des grandes avenues avec plein d'arbres, et des zones entieres sont inhabitees. On a croise un troupeau de vaches allant paitre en plein centre ville ! A cote de cela, il y a des centres commerciaux made in us tout neufs, luxe insupportable a cote de la misere des bidonvilles...A 50 metres de la maison du president, il y a des tas d'ordures par terre.... La cathedrale elle-meme est le resultat de tout ca : tres grande, tres belle mais sinistre  : il n'y a pas de toit, l'interieur est completement vide, et elle menace de s'ecrouler donc l'entree est fermee au public !

Notre hotel ? Les fondations sont en beton, ainsi que le sol de l'etage. Les murs des chambres sont des toles de bois assemblees plus ou moins bien ensemble (aeration naturelle des chambres...), et le toit, c'est une tole en fer, et c'est tout. C'est ca Managua, des vagues fondations encore en beton, et des materiaux provisoires et peu chers au dessus... On ne regrette pas d'avoir passer deux jours dans cette ville si bizarre.

              
L'ancienne maison de retraite du dictateur ...

D
ans un pays pauvre et en ruine, c'est toujours amusant, si on peut dire, de voir ou vivait le dictateur de l'epoque, Somoza. Il avait fait construire sa residence secondaire au bord du Pacifique, et fait construire egalement une belle route pour y aller plus vite de Managua. Aujourd'hui, le domaine a ete rachete par une societe italienne qui l'a transforme en ...hotel 5 etoiles avec un luxe inoui ! On peut quand meme se ballader la-dedans, en croisant de riches americains qui n'ont probablement meme pas idee de l'endroit ou ils sont, et qui ne quitteront probalement pas les limites de cet hotel. Mais ils auront ete au Nicaragua ! Comme par hasard, tous les commerces autour de cet hotel sont tres chers, les restos idem, alors qu'ils jouxtent de veritables bidonvilles...On ne s'attarde pas dans ce Nicaragua sorti de l'espace et qui pue le fric.

Direction le
volcan Massaya, pour faire son ascension, ce qui est le sport national ici ! Le Nicaragua est vraiment le pays des lacs et des volcans. Majida a adore ce volcan : on peut monter jusqu'au cratere.... en voiture !! On fait une longue ballade a pied autour de l'impressionant cratere, le plus etonnant etant les odeurs : soit du soufre bien sur, mais aussi....de la rhubarbe !!! Et non, on a rien fume, on vous jure !

Le soir quand meme une grosse deprime de Pascal....On a ete a 2 doigts de rentrer en France.... Mais la journee qui a suivi nous a reconcilier avec notre voyage et nous a donner du baume au coeur !

                                         
Volcan Mombacho

Il y a des journees comme ca, juste apres un coup de cafard....Au reveil, la patronne de l'hotel nous vend le lonely planet sur le Costa Rica pour ...1 euro ! Il en valait 30 au minimum neuf.

Ensuite, cela devait etre une simple ascension de volcan...On arrive au parc naturel du Mombacho, et que voit-on ? Canopy Tour ! On revait d'en faire depuis notre depart !! Il s'agit d'une ballade dans la cime des arbres en se laissant glisser sur un cable metallique tendu entre deux arbres.....

Le prix ? 40 euros pour les etrangers, 30 euros pour les locaux. C'est cher mais on se dit que l'on va faire passer Majida pour une locale....Arriver dans la tienda avant de commencer le parcours, le type nous demande ... 15 euros chacun !! On ne sait pas pourquoi les prix ont subitement baisse, et en plus le mec nous a pris TOUS LES DEUX, pour des nicaraguayens...???? Pascal commence a s'inquieter serieusement !!

C'etait extraordinaire....1500 metres de cables, 15 stations donc parcours....On se lance dans le vide, et on prend une vitesse vertigineuse des les premiers metres !! Majida tremble nerveusement a la sortie de la premiere ligne, mais s'habitue vite. Pour corser le tout, on aura aussi fait la position du Superman : alonge a l'horizontal , les mains en avant, tenu par le cable en se demandant comment, indescriptible sensation !
Ensuite, position la tete en bas.....frayeur et hurlement garantis !!

Pour se remettre de tout ca, on se fait une ballade a pied de deux heures autour du cratere, vue epoustouflante sur le Lago Nicaragua.

                                                
Granada

C'est la plus belle ville du Nicaragua, et de loin, mais aussi une des plus belles villes coloniales de notre voyage.

Pascal aurait mieux apprecier s'il n'etait bien malade ! Le truc immanquable : le tour en caleche dans la ville, un vrai truc de nana, fallait voir Majida ! Aller, Pascal ne va pas faire son macho, il a aussi trouve ca "pas mal".

De Granada, on part pour
l'ile d'Ometepe, situee sur le Lac Nicaragua, 6 heures de bateau pour rejoindre l'ile. On est entasse dans le bateau au milieu des vivres. Sur l'ile, il y a deux volcans. Notre choix se porte sur le Maderas, car une belle foret humide l'entoure.
Majida n'etait pas tres inspiree par cette montee impressionnante, mais elle est finalement du voyage. Lever a ...4h30 le matin ! On prend un bus a 5h00 de notre petit village, qui nous emmene en une heure au pied du volcan. Pascal, toujours aussi malade, a des vertiges et est bleme. Majida trouve l'idee d'escalader ce volcan de plus en plus mauvaise. On est les seuls du groupe a parler espagnol (il y a un couple d'anglais et un americain avec son fils de ...8 ans !) et le guide parle avec Pascal qui ne capte pas un mot et qui arrive a peine a repondre oui ou non...la tete tourne... Heureusement, avant d'entamer la montee, on passe dans un ranch manger un bon petit dej : ca ira mieux par la suite. L'ascension commence, et on ne regrettera pas d'etre venu : c'est la plus belle foret humide de notre voyage, avec des plantes surprenantes, et le tout dans une brume humide qui donne une sensation de lieu magique.
Au bout de 4 heures d'ascension plutot rude, il y a une desente en rappel de 20 metres bien sympathique. On arrive finalement dans le cratere, qui est un lac, mais on a une visibilite d'a peine 10 metres dans notre brume epaisse, donc on repassera pour la vue.
Apres un petit repos d'une heure, on entame la descente qui durera 3 heures : bien plus difficile que la montee ! Du fait de la fatigue, les genoux commencent a etre douloureux, les jambes flagolent, et le chemin est extremement glissant (plusieurs chutes dignes de Pierre Richard dans notre groupe, dont 3 pour Majida decidement toujours prompte a se faire remarquer...).
Retour au ranch, Pascal a recupere des couleurs, ca doit etre l'air de la montagne et l'effort. Puis retour vers 18h00 a l'hotel, apres cette longue et eprouvante journee, un gros repas et un GROS DODO !!!

Majida, le lendemain matin : une vrai petite grand-mere, qui decide de passer la journee au lit a bouquiner pour recuperer de ses efforts !!!

Pascal : pas question de rester au lit a ne rien faire ! Je prend le bus pour rejoindre la plus belle plage de l'ile. La, je trouve un type qui loue des chevaux : 35 cordobas de l'heure (2 euros !)...Je part donc SEUL avec mon fidele
Girafe (c'est son petit nom)...C'est la premiere fois que je me retrouve seul avec un cheval, sans guide, sans personne. J'ai demande un canasson qui a du repondant et qui aime le galop : on part sur la longue plage et la, moment sublime, je m'offre de longs galops avec Girafe, sur la plage de sable noir, deserte, sous l'oeil des deux volcans de l'ile... Moment magique du voyage ou je suis en harmonie avec la nature... Le plus dur, c'est de freiner Girafe, qui prend plaisir a ces petits galops, et au bout d'une demi-heure, c'est moi qui suit completement trempe de sueur !!

L'apres-midi, ca sera une petite ballade tranquille de deux heures pour aller a cheval avec 3 anglaises et le guide a une source d'eau (de qualite douteuse selon moi). En 2 jours 5 anglais(e)s de 18/19 ans rencontres sur l'ile : dans ce pays, il y a une coutume d'interrompre les etudes entre le bac et l'universite pendant un an : les 6 premiers mois sont passes a travailler au pub du coin pour mettre de l'argent de cote, et les 6 derniers mois, a voyager en backpacker...Si seulement en France, ca pouvait etre la meme chose ! Mais la mentalite n'est pas vraiment la meme, ce qui est bien dommage...


                          
Nous avons rencontre le paradis

On n'etait pas trop chaud pour y aller, et le couple d'anglais du volcan Maderas a acheve de nous convaincre : il faut aller a Corn Island nous ont-ils dit !
Le probleme c'est que c'est une sacre aventure pour s'y rendre a frais reduits, car cette ile (en fait ces deux iles) se situe sur la cote caraibe du Nicaragua, qui est quasiment deserte et sans route !

Voila notre impressionant periple :
Tout commence a Managua, ou on laisse la voiture. Un bus
part d'un marche excentre pour la petite ville de El Rama. Il faut qu'on raconte cette aventure en bus pour ceux qui ne connaisse pas ca, c'est a vivre !

Vivez une experience inoubliable : Le bus nicaraguayen !

Tout d'abord, l'heure du depart : on nous dit bof 21h00, 21h30 a peu pres...?? Pas tres precis ! On se pointe une heure et demi en avance pour etre sur d'avoir une place assise. Le bus : une vieille machine dont on se demande comment elle peut encore avancer, sieges defonces sur lesquels vont s'entasser les locaux. On a bien eu raison de venir en avance car le bus est bonde. Il y a des gens debout, certains sont a 4 sur des banquettes de 3, heureusement on est tranquille sur notre banquette de deux places.
Dans ce pays ou il fait entre 30 et 35 degres en permanence et meme la nuit, on a eu froid pour la premiere fois !!! Et oui, tout le monde a decide d'ouvrir en grand sa fenetre, et il commence a faire serieusement frisquette, on sort alors...des serviettes de bains en guise de pull... A la reflexion, c'est un mal pour un bien : il vaut mieux avoir froid que de supporter l'odeur rance et ecoeurante de 60 latinos entasses dans un espace aussi reduit !!!
Comme c'est la nuit, on essaie de dormir : peine perdue ! Entre les enormes trous de la chaussee defonsee (les amortisseurs, on oublie) et la musique a fond du conducteur (une truie qu'on egorge sur des rhytmes tropicaux douteux), c'est mission impossible !
Pour rajouter au tableau il y a eu le gag du milieu de la nuit. Un type monte dans le bus en chemin. Chacun a un numero sur son ticket et chaque numero correspond a un siege. Le monsieur reclame donc son siege, le numero 17, juste derriere nous, ce qui est legitime, puisqu 'il ne veut pas rester debout pour les 5 heures de voyage restants. Probleme : le couple derriere nous ne veut pas se lever, rien a faire. Le premier responsable du bus arrive, c'est quoi ce bordel, palabres, etc... Le deuxieme responsable du bus s'en mele, rallume les lumieres, ce qui reveille les incroyables somnambules qui ont reussi a trouver le sommeil, et dit c'est quoi ce bordel. Nous on se marre. Et on apprecie dans ces moments de parler espagnol pour comprendre ce qui se passe. Le couple derriere nous a lui aussi un numero mais qui correspond a des sieges devant, mais a une banquette de 3 places ou il y a deja d'autres personnes qui elles aussi ne sont pas a la bonne place. Les deux responsables essaient de remettre chacun sur son bon siege pour que tout soit clair, ce que chacun refuse. Le ton est sur le point de monter d'un cran, et nous, on est mort de rire, mieux qu'au theatre ce bus. D'enquetes en interrogatoires, les responsables remontent jusqu'au noeud du probleme, et la, silence glacial dans le bus, tout le monde prend un air gene et regarde ses pompes : la cause du probleme, c'est une dame, disons, pour etre poli, qui a mange un peu trop de soupe quand elle etait petite. Elle est seule sur un siege de deux places, et Pascal avait dit a Majida plus tot dans la soiree "t'as vu, c'est bien, elle a paye deux places pour avoir toute la banquette et eviter les problemes"... Et bien non, perdu ! Plus personne ne cause, a l'evidence il n'y a pas moyen de mettre le type qui vient d'arriver a cote de la gr..dame. Moments inouis d'hesitation collective. Un autre larron, jusque la reste discret se leve, et va se placer a cote de qui vous savez. Effectivement, c'est un peu Lorel et hardy, le heros du bus arrive a glisser une demi fesse sur le cote du siege, pendant que la dame est etalee et jouit d'un sommeil profond et tranquille.
Tout est donc bien qui finit bien. On arrivera tous vivants vers les 4 heures du matin a El Rama, ce qui fera dire a Pascal dans un acces de fatigue que Dieu doit forcement exister vu les imprudences du conducteur, un dingue complet.

Apres le bus, la barque...

On a le droit de dormir dans le bus pendant une heure, car on attend le bateau de 6h00 du matin qui relie El rama a Bluefields sur la cote caraibes, car la route s'arrete a El Rama. Le bateau nous coute quand meme 10 dollars par personne, et mettra deux heures grace a ses moteurs puissants pour rejoindre la cote.
On arrive a
Bluefields en zombie, il est 8h00 du mat. On demande quand part le bateau qui fait la traversee jusqu'a Corn Island, notre destination : dans 3 jours on nous repond !! On est fait comme des rats, ou alors il reste l'avion, vraiment cher. Pascal court dans un comedor, le hamburger avale la veille dans la gare routiere (qui avait une sale gueule ) n'a pas loupe son affaire : il manquait plus que ca. On est au bord de la deprime, quand finalement on nous dit, il y a un bateau de pecheur qui part peut-etre aujourd'hui a Corn Island. On prend alors une barque qui nous emmene de l'autre cote de la baie. On fait ca en desespoir de cause. Le premier type rencontre nous dit que le seul bateau qui part a Corn Island est parti il y a une demi heure. Le second nous montre un bateau en ravitaillement de petrole : a priori il repart dans la journee pour Corn Island ! Un matelot descend du bateau et nous confirme l'info ! On saute de joie sur place ! On part voir le capitaine du port qui est le seul a pouvoir nous autoriser la traversee : il n'y voit pas d'inconvenient ! Ensuite on intercepte le capitaine du bateau par chance, et celui-ci nous donne son accord !! On a vraiment trop de bol. Le bateau de pecheurs de langoustes repartira 2 heures plus tard (passees a attendre sous le cagnard), avec nous comme passagers a bord.

Apres la barque, le bateau de pecheur...

La traversee dure 6 heures sur une mer assez demontee. Il y a 7 ou 8 autres passagers, tous des locaux bien-sur pas des gringos aventuriers comme nous. Certains vomissent, les marins se marrent, et on est bien content de voir que notre medicament contre le mal de mer fait effet. Majida se voit proposer de passer la traversee sur un lit couchette, et vu le manque de sommeil de la nuit precedente, elle fera le voyage en dormant ! Pascal s'allonge a meme le sol en bois du bateau, entre les cordages, et ne tarde pas aussi a trouver le sommeil par intermittence. On paiera 8 dollars pour nous deux cette traversee de 6 heures ! Mais quel bonheur d'arriver enfin a Corn island, quelques 22 heures apres etre partis de Managua !!!


                                       Great Corn Island

Bonheur de courte duree ! Great Corn Island est glauque, avec des rastas dans le commerce de la drogue. Un des passagers du bateau nous a regarde de facon antipathique depuis le debut de la traversee. Comme par hasard, il nous attend a la sortie du port, s'arrete quand on s'arrete et repart quand on repart... Le type a une tronche louche, et il a essaye de contourner les controles de police a la recherche de drogue a deux reprises... Du coup, on prend un taxi pour le semer et arriver directement a notre hotel, cher et miteux.
On essaie de se venger dans une langouste : pas de bol, c'est la periode de reproduction, pas de langouste a 7 euros pour nous !!!
Decidement, l'eldorado n'est pas celui qu'on esperait, mais notre vrai destination c'est Little Corn Island que l'on rejoindra le lendemain matin.

Little Corn Island, notre definition du paradis...

Encore un bateau, cette fois hyper puissant pour rejoindre Little Corn Island apres une traversee de 45 minutes....Cette seule barque est l'unique moyen de connexion de Little Corn Island avec le reste du monde ! On debarque...Welcome to paradise ! ... Pas de route, pas de voiture, rien, vu comment l'ile est relativement inacessible... 400 types vivent la, sans tele, sans rien pour les relier au monde... Heureusement pour nous, il y a le minimum d'infrastructures touristiques : deux ou trois restos, quelques hotels dont certains minables, et....apres avoir marche pendant une demi heure a travers la foret sauvage de l'ile, on rejoint l'autre cote, ou nous attend ce qui va etre notre paradis pendant deux jours : quelques huttes, face a la mer des caraibes... La, pour etre peinard, on est peinard ! C'est le remake du film "la plage" : on n'est que deux couples dans ce lieu d'hebergement, plus le couple proprietaire, un allemand qui a pete un plomb avec sa femme espagnole, et qui ont decide de vivre loin de tout dans un endroit sauvage.
C'est rudimentaire ! la hutte est faite de bout de bois assembles et de feuilles de palmiers, la douche a l'exterieur, c'est un grand baril dans lequel on preleve de l'eau avec un bol,... On passe notre temps a ne rien faire. Ca fait du bien. Des vacances a l'interieur du voyage. Comme il y a pas mal de vent, il n'y a pas de moustiques, c'est plutot appreciable. On se repose en lisant dans un hamac face a la belle mer des caraibes. Par terre, noix de cocos et mangues sont en libre service, il n'y a qu'a se baisser pour les deguster ! On trouve des ananas juteux comme on n'en avait encore jamais mange auparavant. La vrai vie quoi ! Plages desertes et sauvages, cette ile est notre definition du paradis... Nature sauvage et inviolee, isolee du reste du monde et surtout encore loin des griffes de l'industrie touristique qui gache toujours tout. C'est magique d'etre la. Le paysan a cote de notre hutte nous refile quelques ananas, plus des cocos qu'il nous coupe avec sa machette, pendant qu'il nous explique comment il arrive a extraire l'huile des cocos en les faisant bouillir, pour nourrir son enorme cochon. Paysan en terre sauvage isolee certes, mais le monsieur est hyper sympa et parle anglais et espagnol, et oui...

Notre reve eveille durera 3 jours, avec pour conclure un petit snorkeling sympa avec raies et requins nourrices.
Retour a la civilisation : on ne se sent pas le courage de faire l'expedition de l'aller...Sur Great Corn Island, on prend un avion qui nous ramene a Managua en une heure et demi... Contraste hallucinant, passer en un rien de temps de cette ile sauvage et perdue a la capitale glauque du Nicaragua...
Little Corn Island, coup de coeur du voyage, 8 mois apres etre partis...

              
Station balneaire en devenir, San Juan del Sur

D
erniere etape avant de filer au Costa Rica, la station balneaire en devenir de San Juan del Sur. Une baie ouverte sur l'ocean pacifique. La ville n'a pas grand charme en soi, mais la nature aux environs est magnifique. Il y a quelques hotels, mais la route est defoncee. La plage est belle, mais les gens ici jettent leurs dechets sans se preoccuper de la nature, ce qui gache tout. Autour de la ville, des plages extaordinaires et desertes....mais pas de routes pour y aller... Dans la baie, les bateaux de pecheurs delabres sont amares a 30 metres du rivage, il n'y a pas de port prevu pour eux... Dans 10 ans, ca sera a coup sur une station balneaire internationale reputee, vu les investissements prevus. On a bien fait de passer par la avant !
On se rend en barque dans une plage sauvage, deserte, uniquement desservie par bateau-taxi. On est 7 personnes a se partager cette superbe plage avec des vagues geniales. Un petit hotel camping est la pour ceux qui veulent passer la nuit et repartir le lendemain. On aurait voulu aller voir une ferme de tortues geantes qui arrivent par centaines la nuit, mais c'est hors de prix, on renonce. Finalement, Pascal prend des lecons de surf. Pas facile.

Notre voyage au Nicaragua touche a sa fin, a nous le Costa Rica !
Les rubriques de Pascal :

- pas le courage de lire Ruben Dario en espagnol
- pas de plongee au Nicaragua effectuee
- l'anti-social qui perd pas son sang froid, apres 8 mois de vacances, est devenu cool et ne s'enerve plus
Il reste donc :

La rubrique de l'alcoolique anonyme:

le Nicaragua dans son genre fait assez fort en matiere de picole.
La biere : il y en a deux essentiellement. La Tona, excellente, legere, desalterante et goutue. Il y a aussi la Victoria, j'aime moins, sorte de Kronembourg locale sans distinction.

Le rhum: Le Flor de Cana est vendu et exporte dans toute l'amerique centrale. C'est un rhum excellent, qui peut se boire pur, comme se melanger au coca. Le centenario, vieux de 12 ans, vaut vraiment le coup!

ON A AIME , ON A PAS AIME:

On a aime:

- Le Nicaragua, terre de volcans.
- Little Corn Island, paradis sur terre
- Le canopy tour
- Ometepe et le volcan Maderas
- pays vraiment pas cher par certains aspects

On a pas aime:

- Le manque d'infrastructures touristiques, ce qui complique le voyage, voir empeche de faire certaines choses.
- L'ouest du Nicaragua jusqu'a Leon, pas terrible.
- Hotellerie assez minable, et plus cher qu�au Honduras ou Guatemala par exemple
- Les nicaraguayens : assez agressifs, directs, impatients... Rouler en ville est insupportable, un taxi qui s'arrete c'est un concert de klaxon inoui. C'est pas difficile d'imaginer comment ces gens qui ont le sang chaud ont pu se foutre sur la tronche pendant une decennie. Par contre, ils ont l'air de bosser.

Quelques exemples de prix au Nicaragua:

- 1 heure d'internet: 1.5 euro de l'heure
- une langouste : 9 euros
- une traversee en bateau de 6 heures: 3 euros
- une chambre d'hotel backpacker bas de gamme: 10 euros
- un mecano : on sait pas , on en a pas vu !!!!! youpi !!!!
- plein d'essence: 40 euros
- nutella: 4.5 euros
- un ticket de cinema: 2.5 euros
- une bouteille d'eau d'un litre et demi: 0.6 euros
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