CHAPITRE 30ORDRE ET LIBERTÉMilton Friedman a titré son principal livre " Capitalisme et liberté " en défendant la thèse de la liberté de commerce avec le moins d'entraves possible pour assurer la prospérité. Le mot Liberté a un sens économique de " liberté de choix du consommateur ". Je remets en cause la prospérité à tout prix sur la maxime de Alexandre Dumas fils : " l'argent est un bon serviteur et un mauvais maître. Je suis favorable à l'autonomie nationale et régionale plutôt qu'à l'ouverture au commerce au plus bas prix. Je supporterais des propositions en faveur des protections douanières pour favoriser l'essor de l'industrie locale avec des limites variables. Toute la mesure est de décider quand un avantage devient uniquement un privilège au profit du producteur. J'ai l'esprit d'un professionnel et je pense comme un banquier. Je sais apprécier l'importance de la formation professionnelle de la main-d'uvre spécialisée et je mesure le succès d'une entreprise par son bénéfice net. L'incompétence a des coûts directs assumés par les entreprises et des coûts indirects assumés par la société et les payeurs de taxes. Quand j'achète une voiture, je sais que j'achète un risque associé à cette voiture dont une bonne part des dépenses sera défrayée pour les réparations de ma voiture. Je peux espérer rouler ma voiture tant que les coûts en réparation seront moins élevés que la somme retirée de la vente de ma voiture usagée. Si ma voiture est de bonne qualité, je peux espérer la rouler pendant six ou sept ans avant que les pièces mécaniques soient suffisamment usées pour que l'ensemble des dépenses de réparations ne dépasse pas le prix que j'obtiendrais sur le marché des voitures d'occasion. Si ma voiture est mal construite, j'aurai des réparations coûteuses dès ma première année d'utilisation. Je sais que sur une période de sept ans, j'économise à acheter une bonne voiture. Je suis intéressé à connaître les meilleures voitures sur le marché et à posséder une information indépendante des fabricants de voitures car tous les vendeurs me diront que leur entreprise fabrique les meilleures voitures et que leur concessionnaire offre le meilleur service. Quand j'achète un produit, je ne connais pas la qualité de la voiture, la qualité de la viande que m'offre mon épicier, les mesures de sécurité prises par ma compagnie aérienne sur laquelle j'ai l'habitude de voyager, la qualité de construction de ma maison même si je suis ingénieur car tous les murs et les plafonds sont plâtrés et peinturés. | ||
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Je chauffe ma maison à l'électricité en espérant que le courant me sera fourni tout l'hiver, que l'eau du robinet sera disponible et buvable toute l'année et que je n'aurai pas à subir de reflux de mes égouts. J'habite un quartier paisible. Si j'habitais près d'une centrale nucléaire, je me sentirais rassurer de savoir que les normes de qualité sont strictes et strictement appliquées. Certaines gens ont peur des centrales nucléaires, je peux choisir une usine de produits pétroliers, une usine de produits chimiques, une prison ou une usine qui rejette des produits toxiques ou qui attire la vermine par son manque d'hygiène. Je suis favorable au maximum d'entraves aux mauvais producteurs. J'aime l'ordre, la jouissance paisible de mes biens et j'y gagne de la liberté à occuper mon temps à des activités qui m'apportent plus de plaisirs. Si la voie publique au coin de ma rue est achalandée, je trouverai difficile de m'engager sur la voie principale, mais, si un feu de circulation me donne la priorité durant vingt secondes à chaque minute, je n'ai plus à me soucier du danger que représente mon entrée sur la voie principale. J'attendrai patiemment que le feu de circulation me donne la priorité et j'entrerai sur la voie principale en toute sécurité. Les voitures circulant sur la voie principale n'ont plus à se soucier des voitures qui pourraient sortir imprudemment de la voie secondaire et le risque d'accident est diminué. Le feu de circulation dicte ma conduite de même que celle de tous les conducteurs et personne ne remet en cause le principe du feu de circulation au carrefour routier sauf les mécréants. Le feu de circulation est-il une entrave ou un bénéfice ? Pour la société, il est un bénéfice, car il réduit le risque d'accident. Ceux qui ne respectent pas le feu rouge sont des hors-la-loi. Les flux de production sur les marchés sont comme les voitures qui circulent sur la route et les réglementations sont utiles lorsqu'elles servent à bien réguler la circulation sur les marchés encombrés du commerce. " Ordre et liberté " comme " capitalisme et liberté " vont beaucoup plus loin qu'une simple affaire de commerce. " Capitalisme " a une signification mythique au sens que Karl Marx en a fait l'ennemi à vaincre de la production où le travail de l'un profite à l'autre et " Liberté " a le bon sens de liberté de commerce où la consommateur gagne au change de la concurrence. " Ordre " renvoie au sens de respect de la loi, de l'autorité et de la discipline. " Liberté " est constitué d'un ensemble blanc, conforme à la morale, du droit à l'expression sans violence et à la jouissance paisible de ses biens dans les limites de la loi, de l'ordre public et des bonnes murs et " Liberté " est constitué d'un ensemble gris dont il reste à définir. Le sens large du mot " Liberté " est le pouvoir d'agir sans contrainte, libre comme un oiseau d'aller où il veut, comme il veut et quand il le veut. Le sens social du mot " Liberté " est exprimé par Montesquieu dans son livre " L'esprit des lois " : " La Liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent ". | ||
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" Ordre et liberté " n'a pas un contour aussi défini que la définition de Montesquieu car les lois ne sont pas toutes identiques d'une région à l'autre et il existe de mauvaises lois dans toutes les régions du monde car les gouvernements les modifient régulièrement. Une loi parfaite aurait un statut permanent. La définition de Montesquieu donne un contour précis au mot " Liberté ", mais le contour change à tous les ans. Avec " Ordre et liberté ", je me situe à l'extérieur de la définition de Montesquieu et du sens large du mot " liberté " colporté par une culture américaine dans laquelle les expériences perverses sont valorisées et nommées comme la " mode de l'heure ". La " liberté " est aussi une expérience sociale et des moyens économiques de subvenir aux besoins essentiels à sa santé et au plaisir de vivre. J'étais plus libre au Togo sous la dictature du général Eadema que je le suis à ma résidence de Rimouski. Les rimouskois m'imposent la contrainte d'être marginalisé et les fonctionnaires de Immigration Canada à Accra au Ghana retiennent ma femme au Togo depuis un an. J'avais des entrées de fonds au Togo nettement supérieures à celles que j'ai depuis mon retour au Canada. Au Togo, je profitais également du soleil et d'une température estivale 365 jours par année. La " liberté " n'est pas seulement l'envers de mes obligations comme citoyen. L'ordre et la liberté ne sont ni parfaitement complémentaires, ni opposés. Ce sont les deux faces de la même pièce de monnaie. L'ensemble est la stabilité de la société et l'épanouissement des individus dans la société. L'ordre et la liberté se comparent le mieux aux deux gravures de la pièce de monnaie que chaque société détermine selon ses coutumes et ses bonnes murs. Les zones grises sont plus ou moins grandes et plus ou moins foncées selon les cultures, mais l'ensemble des sociétés doit exclure la zone noire du sens large du mot " liberté " pour le bien de l'humanité. L'homme a l'intuition innée de ce qui est bien et de ce qui est mal et l'oiseau a une cervelle d'oiseau. Les malchanceux que la génétique n'a pas favorisé se retrouvent en institution. Les marchands d'illusions présentent des " libertés " dont la vraie nature est de tendre des pièges à ceux qui pensent faire des alliances avec eux. Il existe quelques pièges qu'il faut à tout prix éviter dont les drogues et les produits d'inhalations qui altèrent l'esprit, les manipulateurs et la consommation abusive d'alcool. Mahomet a placé la limite de la consommation d'alcool à zéro aux musulmans pour empêcher l'homme de perdre ses facultés de raisonner. L'expérience de ma vie est un exemple de la définition trompeuse de Montesquieu de la " liberté ". J'ai prêté de l'argent à mes deux cousins en toute bonne foi. Je n'ai pas de preuve du prêt d'argent à l'ami James de Jean et j'avais un billet probablement prescrit sur le prêt d'argent accordé à Daniel Campagna. J'ai ramassé mes biens obtenus par héritage sur le pavé de la propriété de Maurice D. Campagna et ce dernier a gardé une lame de scie qu'il avait payé. J'ai adressé quelques lettres à la parenté pour dire que Daniel et Jean ne voulait pas me remettre de l'argent que j'avais prêté à leur demande. J'ai reçu une poursuite en diffamation du Ministère de la justice du Québec pour avoir dit qu'on me devait de l'argent sur un billet prescrit. | ||
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J'ai répliqué en expédiant quelques lettres d'insultes et un idéogramme à la parenté en utilisant un modèle socio-économique que j'avais développé. Les rimouskois m'ont témoigné du mépris depuis l'envoi des idéogrammes jusqu'à dire d'une manière malicieuse que je consommais de la cocaïne. J'ai pris le recteur de l'université sur la ligne ouverte d'une émission de radio et j'ai clamé le mépris dont j'ai été victime par certains membres du personnel de l'UQAR. Il n'y a jamais eu une action contre les lois criminelles canadiennes sauf l'infraction de sorcellerie de l'article 323 du code criminel lors de mon passage à la résidence du Bic dont il faut faire la preuve hors de tout doute raisonnable. Il n'existe pas de sanctions pour les abus de confiance entre membres d'une même parenté, pour une action vile de dire sans parler de quitter, pour se servir du Ministère de la justice du Québec comme moyen de violence et de lancer des idéogrammes sur un modèle socio-économique par des tenseurs de spatialité dont les seuls initiés sont les conseillers de la boîte noire. L'ordre social impose des responsabilités aux individus, aux sociétés commerciales, aux ordres religieux et aux gouvernements. L'ordre social est la règle du bon fonctionnement des sociétés. Le bon fonctionnement social a un rapport avec le temps, la garantie que les générations futures pourront profiter des mêmes avantages que la génération présente sans avoir à payer les dettes d'un abus des biens naturels et de la dilapidation du capital acumulé. L'ordre social impose la responsabilité de préserver les communautés contre les agresseurs, de préserver l'intégrité de la personne libre, d'assurer la regénération de la nature, le recyclage des déchets et l'entretien des infrastructures. " Capitalisme et liberté " omet de traiter du grave problème de chômage et Milton Friedman le savait. Ce n'est pas un hasard s'il avait lancé un groupe de travail sur l'économie du travail. Les élèves ont dépassé le maître et le maître s'en est retiré. Le marché du travail est une fonction indépendante. L'emploi n'est pas la responsabilité exclusive du gouvernement, mais de l'organisation du travail qu'impose les classes dirigeantes des particuliers, des hommes politiques, des hauts fonctionnaires et des détenteurs de capitaux. L'ensemble de la société nourrit généreusement ces preneurs de décision et les décideurs ont un devoir moral d'établir un équilibre entre les machines et les classes de salarié. Il est faut de dire qu'une machine est plus performante que la main-d'uvre si celle-ci laisse sur le pavé la main-d'uvre qui jadis travaillait. Comme la société n'est pas exempt de fauteurs de troubles et de gens mesquins, la coordination est nécessaire pour que l'activité économique globale ramène le taux de chômage à la nouvelle définition du plein emploi selon les courbes revues par les néo-keynésiens. Le plein emploi oscille entre 2% et 5%. Les fainéants n'ont qu'à prendre des vitamines ou courir les soupes populaires. En 20 ans au Québec, les gouvernements successifs ont été incapables de s'élever au-dessus des débats partisans et des querelles de clochers pour établir un plan cohérent de réduction des sans-emploi. Le Québec a un produit intérieur brut " PIB " de 175 milliards de dollars canadiens alors que l'Ontario a un PIB de 323 milliards de dollars canadiens. Tout cela est inacceptable. | ||
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L'ordre est lié aux responsabilités et la liberté en est liée aux droits individuels. Il existera toujours des cas à la frontière de l'éthique et du droit. J'aime citer de bons auteurs et je veux donner la dernière pensée à Andreï Soljénitsyne : " Moi qui ai passé toute ma vie sous le communisme, j'affirme qu'une bonne société où il n'existe pas de balance juridique impartiale est une chose horrible. Mais une société qui ne possède en tout et pour tout qu'une balance juridique n'est pas, elle non plus vraiment digne de l'homme. Une société qui s'est installée sur le terrain de la loi sans vouloir aller plus haut, n'utilise que faiblement les facultés les plus élevées de l'homme. Le droit est trop froid et trop formel pour exercer sur la société une influence bénéfique. Lorsque toute la vie est pénétrée de rapports juridiques, il se crée une atmosphère de médiocrité morale qui asphyxie les meilleurs élans de l'homme. Et face aux épreuves du siècle qui menacent, jamais les béquilles juridiques ne suffiront à maintenir les gens debout. " | ||